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    FP n° 43 - L'Hôtel de Libreville - Le restaurant

     

     

    Axel Agambouet - ozima w'anèro

     

    FUTUR PROCHE n° 43

     

    FP n° 43 - L'Hôtel de Libreville - Le restaurantL'Hôtel de Libreville - Le Restaurant FP n° 43 - L'Hôtel de Libreville - Le restaurant

     

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    A l'heure du Dîner, elles se faufilèrent, bras-dessus bras-dessous, le long du long couloir, sanctuaire de l'Histoire africaine.... 

    Dans le Hall d'Entrée, une foule bruyante de touristes ou de locaux déchargés par les bus ou les navettes côtoyait au coude à coude, les clients pesamment libérés des 4x4, revenant d'excursions exotiques laborieuses effectuées dans les  profondeurs de la jungle 

    Eberluées, les deux amies se virent rapidement cernées par une clientèle de toutes origines qui semblait mourir de faim, attirée par l'attrait d'une cuisine locale devenue fort rare en ville... ou pressée de retrouver la bienheureuse et rafraîchissante douche de leur chambre... 

     

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    Curieux contraste entre les costumes d'un blanc immaculé des uns, les pierreries étincelantes sur des poitrines exhibées mises en valeur par de magnifiques robes longues, ou d'affriolantes combinaisons au décolleté plongeant des unes... 

     

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     tenue vestimentaire pour balade dans la jungle

     

    Et les fiévreux visages cramoisis, abrutis de soleil et de chaleur, émergeant des tenues de camouflage d'apprentis-aventuriers courbés sous le poids d'énormes sacs à dos,  crottés de boue jusqu'aux mollets... des autres, tout sexes confondus...

    Le Hall grouillait d'une agitation fébrile que les employés tentaient vainement de canaliser....

    Des exhalaisons d'herbes sauvages, de terre grasse, de transpiration, de fleurs exotiques disposées  à profusion, une vraie folie de fleurs, sur lesquelles surnageaient les senteurs des parfums épicés, fleuris, ou mentholés des clients,  se répandaient  par vagues sur le Hall devenu irrespirable... 

    Catlin et Mylan suffoquaient... 

    Les visages cramoisis, gavés de pittoresque et de souvenirs marchandés, s'apostrophant par dessus la mêlée, fanfaronnaient .... Ils semblaient flotter dans une sorte d'irréalité étrange.... 

    Les toilettes furent prises d'assaut par des êtres aux visages blêmes, préoccupés par leurs intestins torturés... 

    Des Hommes sévères se chamaillaient avec les employés en présentant des cartes professionnelles... exaspérés par la lenteur du service... Sans aucun doute des Hommes d'affaires jaloux de leurs prérogatives d'Hommes pressés... 

    Les employés gabonais s'occupaient de tous avec une grâce d'amabilité et une patience incroyables ! 

    Enfin, les êtres terreux disparurent dans les longs couloirs pendant que les clients chics disciplinés entraient par paquets dans le restaurant .... 

    A la porte du restaurant, Catlin se retrouva à côté d'une blonde dame avenante toute en rondeur et sourire, à la  chair comprimée dans un étroit corset noir lacé pailleté d'or qui pigeonnait sa lourde poitrine,  empaquetée dans une moulante jupe longue verte scintillante ... La dame s'épongeait discrètement le front à l'aide d'un mouchoir de dentelle odorant...

    Fort surprise, Catlin se demanda comment son Assistant Personnel et le Centre de Santé avaient pu lui permettre d'être aussi pulpeuse... C'est alors qu'elle remarqua, ahurie, que cette Dame ne portait pas de montre connectée ??? Etait-ce encore possible ? 

    Elle rencontra le regard sévère de Mylan qui l'avertit d'un rapide froncement de sourcils d'être indulgente... Catlin répondit au sourire sincère de la dame en l'enjoignant à passer devant elle.... Remerciement empressés de la dame qui fila à la place indiquée par le serveur... 

     

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    Bon nombre d'hommes avaient troqué le sempiternel costume blanc contre une légère tunique longue chamarrée ou brodée de parements dorés portée sur un souple pantalon blanc... qui mettait en valeur leur visage hâlé... 

    Le restaurant, délicieusement rétro, cultivait l'authenticité un brin sophistiquée propice à une proximité qui permettait les échanges entre voisins.... Des demies-vasques lumineuses ornant les murs crachaient un brouillard citronné rafraîchissant et anti-moustiques sur les clients.... pendant que de discrets climatiseurs diffusaient un air froid.... 

    Un  fabuleux spectacle d'un coucher de soleil encadré par les immenses baies du restaurant aux rideaux tirés, flamboyait tel un gigantesque incendie dans le ciel en teintes progressives, passant du rose à la couleur mandarine puis de l'indigo au rouge raisin.... illuminé par les phares de  la multitude de  Drônes... sillonnant le soir en tous sens.... 

    Un jardin se déployait autour de l'Hôtel et offrait aux yeux admiratifs la splendeur de leurs fleurs éclatantes et joyeuses... 

    Fascinées par la féerie qui s'offrait à elles, les deux amies ne virent pas Wanga qui tentait d'attirer leur attention par de grands gestes de bras...

    Wanga était subjugué par leur beauté... qui ne laissait personne indifférent ! Tous les regards étaient braqués sur elles... 

     

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    Les longs cheveux noirs lustrés de Mylan chatoyaient dans la lumière tamisée... Sous l'épaisse frange les grands yeux mordorés en amande légèrement maquillés brillaient comme pierres précieuses sur un visage parfait, aux traits fins empreints d'une douceur et d'une sensibilité à fleur de peau...

    Elle possédait un cou d'une délicatesse et d'un maintien digne d'une princesse asiatique, une démarche souple et élégante, des manières graciles...

    Elle était ravissante dans sa sublime tunique en dentelle blanche ornée d'une multitude de perles, recouvrant  un pantalon blanc tout simple. On eût dit une apparition, une source lumineuse dans l'encadrement de la porte.... A ses pieds, d'adorables nus-pieds de perles... 

     

     

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    Catlin pétillait dans une tenue excentrique au style africain qui s'entrouvait sur ses jambes longues et fines ! Wanga jubilait ! Ah ça, elle ne passait pas inaperçue !

    Elle promenait un regard malicieux sur les choses et les êtres... Sa mince silhouette élancée, qui prendrait vite quelques kilos sans Mano, son pragmatique Assistant Personnel, tant elle était gourmande, son fin visage aux traits réguliers encadré de folles boucles blondes qui retombaient en cascade sur ses épaules, son sourire éclatant, ses mains fines...

    Des sandalettes dorées ornées de pierres précieuses sublimaient sa peau foncée... Un subtil maquillage faisait ressortir ses yeux pers qui étincelaient sous la lumière... 

    Il pouvait lire en elle comme dans un livre ouvert ! C'était une femme magnifique, à la fois sauvage et vulnérable comme une enfant.... Un petit animal qu'il aimerait tant dompter.... câliner... Sa chair prit feu.... tandis qu'une flambée de jalousie l'envahit soudain, à son grand désarroi... Combien d'hommes la contemplaient ainsi que lui-même ? 

    Ce fut Catlin qui aperçut la première Wanga, béat d'admiration... Elle lut, malicieuse, son désarroi d'homme dans le regard de braise posée sur elle... Un délicieux frisson la traversa, puis se retournant vers Mylan, elle l'entraîna vers lui sans attendre le retour des serveurs très occupés qui tardaient.... 

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    Il émanait de lui une bonté radieuse tempérée par un corps d'athlète moulé sous une tunique blanche parée de deux bandes de motifs africains... Il était superbe !

    Sous le plaisantin se cachaient une intelligence acérée et la diplomatie indéniable d'un homme généreux... 

    Mylan, amusée, remarqua aussitôt le manège de Catlin, très en forme, qui caracolait vers lui avec fougue.... et le large sourire de Wanga qui riait sous cape... "Flamme contre Flamme !" pensa  t il, les yeux pétillants.... soudain rêveur....

    Il se leva et les reçut avec une sollicitude toute amicale et respectueuse.... et leur présenta à chacune un fauteuil en velours cramoisi... autour d'une petite table juponnée d'une blanche nappe damassée.... 

     

    Luciole

     

    A SUIVRE

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    Episodes n° 1 à 35 : sur la page n° 35 ICI  (cliquez)

     

    36 Partie - Catlin - les GES (gaz à effet de serre) - La Tempête - le Réchauffement climatique - La Santé et la Clim - Les moustiques - la Dingue - Le CDU (Centre de Données Universel) - Le Monde Confiné - la Serre de Catlin - les Drônes - La Presse - Le CDU s'explique - les Actions écologiques du CDU - Le réchauffement des eaux  - La sentence du CDU - Réponse de la Bourse - Chute des cours de la Bourse - Panique de CAtlin ...

    37 Partie : Sur les écrans : Dérik ! - Hologramme Hatsune Miku - Prévention anti-virale - Le Salon de Mylan - La Télé-Holographique en 3D - les Ravages de la Tempête - Les Robots jardiniers en action - le massacre des végétaux - La PUB connectée - Peur de vieillir - produits rajeunissants - petit Déj - sur l'Ecran : Dérik, Lilou, Jay - Appel de Catlin - le Gagon - le Parc Nal de Moukalaba Doudou - Départ programmé de Mylan et Catlin au Gabon.

    38è Partie - Colère de Mano - Insoumission de Catlin - Supériorité de Mano sur l'Humain - Humains incapabes sans l'IA - Performances gigantesques de la Machine - Moquerie humaine devant Machine "très conne" - Asservivement, Surveillance des Humains par la Machine - Le Monde vu par Mano - Revandication d'émancipation de Catlin - le Libre Arbitre - Catlin et Mylan au Gabon

    39ème Partie - Wanga - le Guide gabonais Fang - Avion supersonique futuriste - Aérodrome futur de Libreville - Beauté de Wanga - Les Monades de verre et d'acier de Libreville - Les morts utilisés comme engrais - Description succincte de Libreville - Le Rond Point de la Démocratie - Le Palais MBa - La Cathédrale Ste Marie - L'Eglise St Michel quartier NKembo - Le Palais Présidentiel quartier de la Sablière - le PORT MÔLE futur ... 

    40è Partie : Description de l'Hôtel à Libreville (Gabon) - Plongée dans l'Ancien Monde des années 2000 - La magnifique tapisserie végétale murale - Le fauvisme de l'orage omniprésent - Le décor envoûtant de masques, tableaux, figurines africains - Sublime Lucie - Malaise de Catlin - Mal Être de MYlan....
     
    41è Partie : L'Hôtel de Libreville - Gabon - Catlin - Les masques, les Tableaux africains - la couleur dominante de l'orange - le Silence de Mylan - le Salon rétro - les tableaux-évasion - la Terrasse couverte arborée - la Chambre - les fruits secs - la Douche.... à eau - le gel douche - le sèche cheveux - le miroir et le lit non connectés - la déco = témoin du Passé....
     
    42è Partie : L'Hôtel Libreville - Mylan - Lucidité de Mylan - Son Projet absurde ? - Ses Angoisses existentielles - Jalousie de Mylan envers Lilou - L'Amour, l'Orgueil et la Vanité - Les masques grimaçants - le Stress hydrique et  le Gaspillage de l'eau -  Solitude de Mylan - Les Faux amours - les mots - les Tableaux africains = qui exilent l'Etranger - Le Silence et les Mots - Juan Diego et ND de Guadalupe - l'Enfant de Lumière - Bénissez sans cesse - le Silence est d'or - Confiance en l'Amour - se réjouir du bonheur d'autrui - le Pardon et la Paix - La Rose sans épines - les retrouvailles entre Catlin et Mylan...
     

     

      

     23/03/2019 : 504 pages lues

     

     

     

     

     


    22 commentaires
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    Musique d'ambiance

     

    FUTUR PROCHE n° 42

     

    L'Hôtel de Libreville - Mylan

     

    FP n° 42 - L'Hôtel de Libreville - Mylan

     

    Le voyage en avion, le saut dans l'inconnu ramenaient Mylan à des vérités essentielles enfouies en elle. 

    Véritable tsunami d'émotions qui la clouait sur le lit dans des questionnements angoissés... qu'elle ne pouvait plus fuir... Comme piégée par la réalité !

    Tout ce qu'elle avait obstinément refoulé, années après années, resurgissait avec une violence inouïe, avec rage... 

    Un optimisme délirant l'avait soutenue jusqu'alors... l'avait déterminée à vivre encore de cette passion qui ne l'avait jamais quittée... Et Mylan entrevoyait désormais combien sa démarche de retrouver Dérik était absurde, combien cette démarche courrait à l'échec... 

     

    FP n° 42 - L'Hôtel de Libreville - Mylan

     

    Lilou 

    Elle ne comprenait pas pourquoi la présence de la jeune espagnole au visage de madone l'avait à ce point rejetée dans une position inconfortable de femme délaissée, abandonnée... ce qu'elle ne supportait pas, ce qu'elle n'acceptait pas...

    C'était comme la marque d'un fer rouge dans sa chair ! 

     

    FP n° 42 - L'Hôtel de Libreville - Mylan

     Dérik

    L'apparition incroyable de l'hologramme de Dérik (clic) au cours d'un  reportage à la Télé l'avait renvoyée de la façon la plus cuisante dans son passé qu'elle remâchait depuis inlassablement...

    L'amour ne serait-il qu'une empreinte d'orgueil ? Vanité que cette palpitation du coeur, ces soupirs, ces baisers, cette sombre ardeur dévorant la chair... ?

    Le soleil ardent qui irradiait dans la chambre malgré l'auvent et le tunnel de verdure de la terrasse inondait également son esprit de sa lumière crue, impitoyable...  

    FP n° 42 - L'Hôtel de Libreville - Mylan

     

    Une atmosphère de sorcellerie se dégageait de cet Hôtel... Les masques noirs grimaçants semblaient la fixer étrangement de leurs yeux vides, de leurs yeux morts... Elle frissonna... Ils étaient comme miroir de ses noires angoisses d'étrangère à elle-même... Auraient ils le pouvoir de transformer sa vie dans ce monde obscur dont ils étaient le reflet ? 

    Une onde froide traversa son corps qui s'accrut d'un subit sentiment d'impuissance... 

    La chambre était pourtant spacieuse... Les couleurs vives des tableaux exotiques donnaient vie au gris neutre des murs... Le chuintement du climatiseur chuchotait une brise froide....

     

    FP n° 42 - L'Hôtel de Libreville - Mylan

    L'eau de la douche avait été une bénédiction pour son corps assoiffé.... ce que n'apportait plus l'actuel "caisson d'hygiène corporelle" à air pulsé et micro-vibrations  (clic)... qui devenait l'élément incontournable des Tours connectées dans toutes les Villes de la Planète...

    Par quelle magie cet Hôtel avait-il encore l'autorisation d'utiliser l'eau à volonté, denrée de luxe si rare de part le monde depuis la fonte des glaces polaires, alors que le dessalement de l'eau de mer et les diverses technologies de pointe permettaient tout juste d'assurer une gestion rationnelle de cette ressource vitale ? 

    Le monde était sous stress hydrique, et de graves problèmes de ravitaillement en eau pesaient lourdement pour une grande partie des régions arides et semi-arides depuis 2030... 

    Mylan, l'esprit un instant distrait par ce problème qui préoccupait tout le monde, se sentit soudain accablée par ce gaspillage sans vergogne de l'eau dans cet Hôtel...

    FP n° 42 - L'Hôtel de Libreville - Mylan

     

    Puis ses tourments, tapis dans un coin de son cerveau pendant cette poussée d'adrénaline, revinrent se fracasser en masse dans son esprit.... 

    Comment parler avec des mots de ces mystères de l'âme ? Elle était si seule sur la rive... Il ne pensait plus à elle... Solitude immense de le savoir entre les bras d'une femme si belle aux yeux brûlants, offerte toute entière, son corps, ses seins, son sourire, ses paroles d'amour... 

     

    Le départ mystérieux de Dérik  (clic) qu'elle avait subi comme une lâche défection, un insupportable abandon, l'avait jetée dans des bras sans passion qui ternissaient sa virginité de femme seule..

    Elle s'était ennuyée de baisers et de caresses dérisoires sur lesquels se râpait le coeur.... Tristesse de la chair qui ne fondait plus en délices.... 

    Larges cicatrices du coeur qui laissaient solitaire ! Et tous ces amis qui s'étaient éloignés au fil des années, étrangers à ses difficultés... 

    Tous ces noeuds qu'elle avait tissé autour de Dérik l'avaient attachée à lui d'une manière indéfectible... 

    FP n° 42 - L'Hôtel de Libreville - Mylan

     

    Les mots murmurés s'inscrivaient et s'enregistraient dans la Tablette dans des océans de colère et de rage... l'amour se brisait dans un délire de mots désabusés...

    Mots baillant d'ennui d'un quotidien navré d'amertume.... dont elle avait honte. Elle se sentait comme une chose vide jetée dans l'abîme d'un avenir sans joie par une main invisible.... 

    Elle tourna le dos aux yeux morts des masques grimaçants, fixant la lumière crue des baies aux rideaux ouverts... les paupières gonflées de pleurs contenus.

     

     

    FP n° 42 - L'Hôtel de Libreville - Mylan

    Le climatiseur déroulait sa chanson glacée dans le long après-midi enfermé entre des murs  gris  balafrés par les couleurs criardes de ces tableaux africains qui vous exilaient sur des terres étrangères inconnues où se bousculaient les mots, les regrets, les événements heureux, les souvenirs tristes... 

    Un Amour qui s'était enivré de gloire l'avait laissée seule sur des rivages d'agonie sur lesquels se fracassait son âme... Un Amour si beau, si sincère dont elle avait été si fière... 

    Cet Amour allait-il mourir dans les bois touffus d'une jungle hostile au bout du voyage ?

    Dans son silence circulaient les mots... Les mots qui s'accumulaient sur la Tablette... Catlin vivait mal son silence, elle le savait.. 

    Mais ses mots avaient besoin d'un vrai temps de réflexion... Il valait mieux se taire, pour qu'ils deviennent audibles. La vraie parole n'a rien à voir avec le bruit du bavardage... 

    Il faut d'abord un silence pour que s'élaborent les mots...  Le silence est la dernière demeure des mots !

    Ce soir, elle donnera sa Tablette à Catlin ! Peut être ! Elle ne savait plus !

    FP n° 42 - L'Hôtel de Libreville - MylanMylan se sentait injuste sans en comprendre encore les raisons... N'était elle pas comme une enfant ingrate qui quémandait toujours des choses impossibles à satisfaire ? N'avait-elle pas contribué en partie à l'éclatement de son couple fragile ? 

    Elle avait été très contrariée de voir Catlin lui imposer un voyage d'agrément tout en comprenant fort bien son amie qui rêvait de retrouver sa patrie d'origine par son père... Il est vrai que toute l'organisation de Catlin, qui finançait le voyage via ses parents, était alléchante...

    Mylan lui en était fort reconnaissante, mais au fond d'elle, elle lui en voulait ! Sa dynamique et insouciante amie pour qui les choses de l'amour n'étaient que bagatelles d'une nuit,  ne pouvait comprendre ses tourments intérieurs...  Catlin ne percevait qu'une version déshabillée des choses ! De quoi se nourrissaient donc ses rêves les plus fous ? 

    Dans cette Société artificielle, abâtardie, les choses mauvaises étaient comme des signes d'émancipation... La noblesse d'âme, la gentillesse, la générosité, la gratitude...  étaient considérées, avec méfiance, comme signes de faiblesse... La vie sociale, manipulée par les Assistants Personnels, s'étiolait en sourires forcés ... Une chance que son bot, Do-Mi, était au bout du rouleau...  et lui laissait une paix relative... 

    Son âme la poussait à la gratitude... et au pardon ! Il était nécessaire de pardonner à sa tendre amie Catlin sa légèreté habituelle ! Sa petite voix intérieure, respiration de l'âme, l'enseignait doucement dans les zones d'ombres qui traversaient sa vie actuellement... Parfois, les humains passaient à côté des joies les plus profondes.... 

    FP n° 42 - L'Hôtel de Libreville - MylanElle pensa soudain à Juan Diego, rencontré à Notre Dame de Guadalupe (clic) (Mexico),

    cet Être exceptionnel qui "était venu du Paradis d'auprès de sa Dame pour les éclairer, Catlin et elle... affirmait qu'il se trouvait au plus profond de leur coeur..."

    Comment avait elle pu l'oublier ! Fascinée, elle comprit qu'il venait la réconforter dans sa détresse...

    Mais peut être que Juan Diego l'avait amenée tout doucement à envisager ce voyage vers Dérik pour régler un de ces problèmes intérieurs qui pourrissaient sa vie ??? qui l'empêchaient de progresser vers cette Vérité dont elle avait tant besoin ?

     

    Elle avait eu la certitude là-bas qu'elle avait à vivre quelque chose d'essentielle avec cet Être du Ciel... Juan Diego...

    FP n° 42 - L'Hôtel de Libreville - Mylan

     

    Une Force prodigieuse entra en elle... Image puissante de cette Dame qui balayait les idoles de tous les peuples...

    Cette Dame portant en son sein l'Enfant-Roi qui avait toutes capacités de régénérer le Monde... Cet Enfant de Lumière au Centre de toutes choses qui ouvrait les Portes du Paradis... et qui prônait un monde d'amour, source d'intarissables joies...

    "Le Ciel est en toi" lui souffla Juan Diego.... "Mais il te faudra le désir de t'y rendre... Cherche, Mylan, et tu trouveras ...."

    "N'oublie pas que ma Dame est venue parmi vous avec les paroles d'une Mère pour ses enfants... 

    "
    "Elle vient combattre en toi, avec toi,  tout ce qui réduit ta raison d'être....

    "Les coeurs sont secs, Mylan, ils maudissent ce qu'ils devraient bénir.... Bénie tout, ne te lasse de rien... 

    "Ta bouche a été bâillonnée pour t'empêcher de troubler ton amie avec tes divagations...Le sens-tu ? Il ne faut pas briser le roseau fragile...

    "Garde pour toi ton trouble intérieur... Il est passager ! Pourquoi t'empêtrer dans des regrets stériles... Ma Dame peut tout demander à son Fils Bien-aimé, dans les limites de ce que tu lui autorises... tout simplement ! 

    "N'oublie jamais l'Enfant-Roi, Source intarissable d'Amour, de Lumière et de Joie....

    "Cherche- Le ! Tu sais, la Joie s'accueille avec un coeur d'enfant... Ne sois plus comme une enfant gâtée qui refuse de s'émerveiller avec Lui de toutes les Grâces que tu reçois sans cesse

    "Mylan, il faut toujours se réjouir du bonheur d'autrui... sans l'ombre de la moindre jalousie !

    "Entends-tu ? Sois confiante en l'Amour : avec Lui, tu trouveras le Chemin de ton coeur ! Et tu verras, tu seras éblouie !"

    Mylan, enfin,  sanglotait et s'agrippa à l'espoir ! Son coeur s'ouvrit tout grand à la Grâce reçue et balbutia des remerciements... mais son coeur serré comprit le message... Elle sût qu'elle devait aller jusqu'au bout du chemin vers Dérik et enfin, se faire pardonner, pardonner, se pardonner et faire la paix avec lui. Alors seulement le lien de fer qui la liait avec lui ne sera plus... Seule la Tendresse subsistera !

    Ainsi, ce tourment diabolique qui la maintenait dans la désespérance s'appelait "Jalousie" ? Ce n'était qu'une vulgaire jalousie ? 

    Maintenant, elle pouvait suivre le chemin des écoliers dont rêvait Catlin... Il allait falloir se reprendre sans cesse pour ne plus montrer grise mine... même si le coeur aura des journées noires... 

     

    FP n° 42 - L'Hôtel de Libreville - MylanLa lumière désormais jetaient des lueurs vertes aquatiques sur les baies... Elle chuta dans le sommeil en rêvant de roses qui couvraient son lit... 

     

    Catlin, levée depuis bien longtemps, s'inquiétait ! Elle finit par toquer doucement à la porte de la chambre de Mylan... Son amie lui cria enfin : "Entre, Catlin"... 

    Avec stupéfaction, Catlin reçut le radieux sourire de Mylan encore toute barbouillée de sommeil comme un cadeau magnifique ! Une rose était posée sur le dessus de lit à la hauteur de ses genoux ... 

    FP n° 42 - L'Hôtel de Libreville - MylanPresque sans surprise, mais avec une joie immense, Mylan aperçut également la rose, qu'elle prit avec vénération... C'était une rose sans épines qui embaumait la chambre... Sans épines ! Les épines symbolisent les soucis, les tracas, les pépins de la vie... Le message était clair ! 

    "C'est Juan Diego qui est venu me rendre visite" murmura t-elle ...

    Catlin dut s'asseoir brusquement dans un des fauteuils de la chambre ! Elle mit du temps à réaliser l'indicible... Mylan, illuminée,  semblait être transportée dans un ailleurs merveilleux....

    Elle lui tendit les bras et Catlin, profondément soulagée, réconfortée, s'y précipita avec une tendresse qui la bouleversa...

     

    Luciole

     

    A SUIVRE....

     

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    36 Partie - Catlin - les GES (gaz à effet de serre) - La Tempête - le Réchauffement climatique - La Santé et la Clim - Les moustiques - la Dingue - Le CDU (Centre de Données Universel) - Le Monde Confiné - la Serre de Catlin - les Drônes - La Presse - Le CDU s'explique - les Actions écologiques du CDU - Le réchauffement des eaux  - La sentence du CDU - Réponse de la Bourse - Chute des cours de la Bourse - Panique de CAtlin ...

    37 Partie : Sur les écrans : Dérik ! - Hologramme Hatsune Miku - Prévention anti-virale - Le Salon de Mylan - La Télé-Holographique en 3D - les Ravages de la Tempête - Les Robots jardiniers en action - le massacre des végétaux - La PUB connectée - Peur de vieillir - produits rajeunissants - petit Déj - sur l'Ecran : Dérik, Lilou, Jay - Appel de Catlin - le Gagon - le Parc Nal de Moukalaba Doudou - Départ programmé de Mylan et Catlin au Gabon.

    38è Partie - Colère de Mano - Insoumission de Catlin - Supériorité de Mano sur l'Humain - Humains incapabes sans l'IA - Performances gigantesques de la Machine - Moquerie humaine devant Machine "très conne" - Asservivement, Surveillance des Humains par la Machine - Le Monde vu par Mano - Revandication d'émancipation de Catlin - le Libre Arbitre - Catlin et Mylan au Gabon

    39ème Partie - Wanga - le Guide gabonais Fang - Avion supersonique futuriste - Aérodrome futur de Libreville - Beauté de Wanga - Les Monades de verre et d'acier de Libreville - Les morts utilisés comme engrais - Description succincte de Libreville - Le Rond Point de la Démocratie - Le Palais MBa - La Cathédrale Ste Marie - L'Eglise St Michel quartier NKembo - Le Palais Présidentiel quartier de la Sablière - le PORT MÔLE futur ... 

    40è Partie : Description de l'Hôtel à Libreville (Gabon) - Plongée dans l'Ancien Monde des années 2000 - La magnifique tapisserie végétale murale - Le fauvisme de l'orage omniprésent - Le décor envoûtant de masques, tableaux, figurines africains - Sublime Lucie - Malaise de Catlin - Mal Être de MYlan....
     
    41è Partie : L'Hôtel de Libreville - Gabon - Catlin - Les masques, les Tableaux africains - la couleur dominante de l'orange - le Silence de Mylan - le Salon rétro - les tableaux-évasion - la Terrasse couverte arborée - la Chambre - les fruits secs - la Douche.... à eau - le gel douche - le sèche cheveux - le miroir et le lit non connectés - la déco = témoin du Passé....
     
    42è Partie : L'Hôtel Libreville - Mylan - Lucidité de Mylan - Son Projet absurde ? - Ses Angoisses existentielles - Jalousie de Mylan envers Lilou - L'Amour, l'Orgueil et la Vanité - Les masques grimaçants - le Stress hydrique et  le Gaspillage de l'eau -  Solitude de Mylan - Les Faux amours - les mots - les Tableaux africains = qui exilent l'Etranger - Le Silence et les Mots - Juan Diego et ND de Guadalupe - l'Enfant de Lumière - Bénissez sans cesse - le Silence est d'or - Confiance en l'Amour - se réjouir du bonheur d'autrui - le Pardon et la Paix - La Rose sans épines - les retrouvailles entre Catlin et Mylan...
     

     2640 pages lues 80-/03/2019


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  • Musique d'ambiance tout en lisant

     

     

    FUTUR PROCHE N° 41

     

    L'HÔTEL de Libreville

    CATLIN

     

    FP N° 41 - L'Hôtel de Libreville suite 2

    FP N° 41 - L'Hôtel de Libreville suite 2

     

    FP N° 41 - L'Hôtel de Libreville suite 2Sur la gaité orange subtilement éclairée des murs du long corridor menant aux chambres s'exposait la mémoire fragmentée des choses du passé - masques, tableaux vivement colorés, et pittoresques figurines... -

    sur laquelle se fracassait le silence inconfortable de Mylan.

     

    FP N° 41 - L'Hôtel de Libreville suite 2Interdite, intimidée, Catlin n'osait briser ce silence. 

    Elle aurait tant aimée voir Mylan dévider sa peine en se confiant à elle. Mais Mylan s'était comme engluée dans la toile d'un de ces cauchemars dans lesquels on se débat sans en trouver l'issue.

     

    Lucie poussa une porte qui s'ouvrit sur un étrange petit salon au style rétro, vestige d'une époque largement révolue, dont la banquette désuète et les fauteuils sans grâce s'illuminaient de tissu aux couleurs vives où prédominaient les oranges, couleur fétiche des patrons de cet Hôtel... 

     

     

    FP N° 41 - L'Hôtel de Libreville suite 2

    FP N° 41 - L'Hôtel de Libreville suite 2

     

    Des toiles représentant des scènes africaines affichaient leurs couleurs chaudes sur la blancheur des murs, offrant l'évasion ou le rêve....

     

     

    Le silence s'y coulait, troublé par le babil des oiseaux et le murmure cristallin d'une fontaine sur la terrasse couverte qui se devinait derrière les grandes baies vitrées fermées...


    FP N° 41 - L'Hôtel de Libreville suite 2Havre de verdure, illuminé par le rouge flamboyant de grosses fleurs, où de petits fauteuils et une petite table incitaient au repos, à la rêverie ou à la lecture.

    Parfum envoûtant des fleurs qui s'insinuait dans le salon...

     

    Le bourdonnement continu de la circulation sur la route non loin rebondissait contre les vitres qui vibraient légèrement..

     

    FP N° 41 - L'Hôtel de Libreville suite 2

     

    Les deux chambres, flanquées chacune d'une salle de bain, s'ouvraient de chaque côté du salon... dans lesquelles attendaient leurs valises... 

    FP N° 41 - L'Hôtel de Libreville suite 2

     

    Des fruits secs, des tranches de fruits frais étaient disposés dans plusieurs compotiers sur la table du salon tandis qu'une cruche de citronnade fraîche entourée de verres givrés invitaient au rafraîchissement...  

     

    Lucie se retira discrètement pendant que les deux amies s'écroulèrent chacune dans un fauteuil tout en picorant dans les fruits secs à leur portée... Puis elles remplirent leur verre et se portèrent en souriant un toast ... La boisson était délicieuse... 

    Mylan se leva et, posant un léger baiser sur le front de Catlin, se retira dans le calme de sa chambre... laissant son amie affamée satisfaire  sa gourmandise... Catlin  l'entendit prendre une douche... Un bruit de cascade ? De l'eau ?

     

    FP N° 41 - L'Hôtel de Libreville - Catlin

     

    Surprise, Catlin alla vérifier dans sa salle de bain ... ça alors ! Elle se déshabilla vivement et s'engagea sous la douche antique... Des petits flacons d'un liquide vert s'alignaient sur un rebord le long du mur du fond...

    Regardant attentivement les petits dessins expliquant la marche à suivre, elle appuya sur un bouton et de l'eau tiède gicla sur sa peau ... Catlin n'en revenait pas ! Le jet d'eau, imprévisible, crachait par saccades une pluie espiègle... qui s'arrêta net au bout d'un moment ! Elle ouvrit un flacon et huma le liquide qui sentait bon... Du bout des doigts, elle en appliqua sur sa peau mouillée: ça moussait ! Elle crut être revenue en arrière, au temps de son enfance... 

    Appuyant de nouveau sur le bouton, la pluie tiède à l'intensité variable fit tant mousser le liquide vert qu'elle se retrouva les pieds recouverts de bulles irisées... Elle riait comme une gamine tout en appuyant sans cesse sur le bouton ... inquiète de sentir ses cheveux poisseux, étonnée de voir l'eau couler à volonté... 

    Enfin la mousse finit par disparaître et, sortant de la douche, elle s'essuya soigneusement le corps avec l'immense serviette qui pendait  devant elle... Un peu angoissée, elle observa ses cheveux mouillés qui gouttaient sur le carrelage frais de la salle de bain... Elle reconnut le sèche cheveux, accroché au mur à côté du miroir, qui faisait ses délices quand sa mère lui séchait sa tignasse bouclée... 

    En plein délire de fou rire et de vague chansonnette, elle se sécha les cheveux pendant de longues longues minutes... Le miroir, un grand miroir non connecté, un miroir tout simple, lui renvoya l'image d'une tête disparaissant sous une crinière de lion... Affolée, elle essaya de mettre un peu d'ordre dans ses cheveux fous, mais réalisa vite que la tâche était absolument impossible ??? Que faire ? 

    Elle finit par humecter ses cheveux à l'aide de ses doigts en laissant couler l'eau du robinet dans le lavabo et, soulagée, constata que sa crinière reprenait progressivement un aspect plus discipliné... 

    Elle fit le tour de la chambre avec une intense curiosité, ouvrant les tiroirs d'une commode, puis les portes qui grinçaient d'une armoire en bois dans laquelle pendaient des porte-manteaux... 

    Elle chercha les mécanismes du lit... qui se révéla être tout simplement un matelas posé sur un curieux sommier composé de lattes de bois ... 

    Tirant le dessus de lit, elle découvrit de simples draps de cotonnade blanche... Elle s'enfila nue, sans combinaison de nuit connectée, dans la fraîcheur des draps... Que c'était bon ! 

    Mano tenta bien de la raisonner afin de pouvoir surveiller sa santé à l'aide de la combinaison connectée, puisque le matelas était muet.... Mais Catlin résista énergiquement ! Tant pis pour le bilan corporel ! Le lit moelleux était un rêve de douceur... 

    Un climatiseur ronronnait sa fraîcheur au-dessus de la porte de la chambre....

    La lumière tamisée de la terrasse giclait par intermittences entre les interstices du rideau mal tiré de la fenêtre, allumant des feux follets sur les murs blancs... 

    Dans cet espace, écho d'un passé omniprésent, se profilait le caractère des propriétaires... Ils avaient restauré avec amour une maison traditionnelle... Entre rêve et réalité, espace matriciel dans lequel Passé et Présent se confondaient... Il sembla à Catlin qu'ici, le cours des années s'était arrêté... 

    Les souvenirs composites d'un autre âge de ce lieu pactisaient avec le passé, rendant témoignage de ce que fût la vie des Ancêtres... formant la trame de destins qui s'enchevêtraient, fragments de mémoire ayant valeur d'éternité... dans l'incertitude du devenir de cet Hôtel.. Mais cette maison était une énigme, comme un message codé... d'une étrangeté émouvante, envoûtante qui ne livrait pas ses secrets aux non-initiés....

    Catlin écoutait le doux murmure de la fontaine qui ne se taisait pas...  le bourdonnement de la route devint fond musical qui égrenait inlassablement ses basses vibrantes dans la sérénité de la chambre... Il sembla à Catlin entendre le clapotement des vagues de la mer non loin de l'Hôtel... 

    La réalité se barbouilla de rêves... Réalité et rêve se confondirent... Elle plongea dans le sommeil !

     

    Luciole

     

    A SUIVRE 

     

    FP N° 41 - L'Hôtel de Libreville - Catlin

     

     

     

    Episodes n° 1 à 35 : sur la page n° 35 ICI  (cliquez)

     

    36 Partie - Catlin - les GES (gaz à effet de serre) - La Tempête - le Réchauffement climatique - La Santé et la Clim - Les moustiques - la Dingue - Le CDU (Centre de Données Universel) - Le Monde Confiné - la Serre de Catlin - les Drônes - La Presse - Le CDU s'explique - les Actions écologiques du CDU - Le réchauffement des eaux  - La sentence du CDU - Réponse de la Bourse - Chute des cours de la Bourse - Panique de CAtlin ...

    37 Partie : Sur les écrans : Dérik ! - Hologramme Hatsune Miku - Prévention anti-virale - Le Salon de Mylan - La Télé-Holographique en 3D - les Ravages de la Tempête - Les Robots jardiniers en action - le massacre des végétaux - La PUB connectée - Peur de vieillir - produits rajeunissants - petit Déj - sur l'Ecran : Dérik, Lilou, Jay - Appel de Catlin - le Gagon - le Parc Nal de Moukalaba Doudou - Départ programmé de Mylan et Catlin au Gabon.

    38è Partie - Colère de Mano - Insoumission de Catlin - Supériorité de Mano sur l'Humain - Humains incapabes sans l'IA - Performances gigantesques de la Machine - Moquerie humaine devant Machine "très conne" - Asservivement, Surveillance des Humains par la Machine - Le Monde vu par Mano - Revandication d'émancipation de Catlin - le Libre Arbitre - Catlin et Mylan au Gabon

    39ème Partie - Wanga - le Guide gabonais Fang - Avion supersonique futuriste - Aérodrome futur de Libreville - Beauté de Wanga - Les Monades de verre et d'acier de Libreville - Les morts utilisés comme engrais - Description succincte de Libreville - Le Rond Point de la Démocratie - Le Palais MBa - La Cathédrale Ste Marie - L'Eglise St Michel quartier NKembo - Le Palais Présidentiel quartier de la Sablière - le PORT MÔLE futur ... 

     40è Partie : Description de l'Hôtel à Libreville (Gabon) - Plongée dans l'Ancien Monde des années 2000 - La magnifique tapisserie végétale murale - Le fauvisme de l'orage omniprésent - Le décor envoûtant de masques, tableaux, figurines africains - Sublime Lucie - Malaise de Catlin - Mal Être de MYlan....
     
    41è Partie : L'Hôtel de Libreville - Gabon - Catlin - Les masques, les Tableaux africains - la couleur dominante de l'orange - le Silence de Mylan - le Salon rétro - les tableaux-évasion - la Terrasse couverte arborée - la Chambre - les fruits secs - la Douche.... à eau - le gel douche - le sèche cheveux - le miroir et le lit non connectés - la déco = témoin du Passé....
     

     

    600 pages lues le 2/03/2019

     


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    Chien Do n° 2

    Suite défi n° 216 des Croqueurs de Mots menés par les "Cabardouche"

     

    DEFI n° 216 DES "CROQUEURS DE MOTS", mené par "LES CABARDOUCHE"

    (clic sur les noms en bleus)

     

    Marie a trouvé dans une brocante cette élégante estampe qui apparemment évoque une Histoire mystérieuse :

    QUI sont ces personnages ? QUE disent ils ?  QUE vont ils faire ? A vous de raconter ! 

     

    (Faits réels enrobés de mon imagination)

     

    et aussi :

     https://jardinage.lemonde.fr/dossier-2067-dogue-tibet-chien.html

     

    En fond sonore, chant traditionnel chinois

     

    CHIEN DO n° 2

     

    Les yeux injectés de Mei posés sur moi m'étourdissaient de menaces claires ... Ses messages olfactifs m'assourdissaient... Cette toute petite gamine m'écrasait de toute sa colère... 

    Je sus que je n'étais plus qu'un honorable parasite ! (Clic sur la phrase pour obtenir l'épisode n° 1)

     

    Il est vrai que j'étais d'une canaillerie notoire. 

    Mes coups de dents furieux, ma voracité ruineuse, m'occasionnaient bien quelques mésaventures douloureuses avec la badine de mon Maître, mais je continuais à mordre les serviteurs malheureux qui me craignaient, à voler sans remord quelques menues peccadilles sous les yeux apeurés des cuisiniers... à créer d'intenses paniques au milieu de la nombreuse valetaille qui peuplait la Maison du Maître et celle des Femmes.... 

    N'étais-je pas celui qui avait poussé ma terrible ennemie Vieille Mère à la Réclusion dans son lointain Pavillon au fond du Parc des Femmes ? Mon Maître, ravi, m'en avait secrètement félicité ! Il n'avait jamais réussi pareil exploit de toute sa vie de Fils Chef de Famille... Vieille Mère était le seul être devant qui il pliait en baissant la tête ! 

    Mon Maître  avait grand peur de sa Vénérable Mère...

    Il n' ignorait pas que Vieille Mère avait porté tous les jours à son vieil et incurable Epoux atteint de syphilis une potion à base de mercure destinée à le guérir... suivant le strict protocole ordonné par le Médecin.... 

    La peau de Vieil Epoux était devenue anormalement rouge, puis pustuleuse...Atteint de tremblements violents, il ne pouvait plus marcher, ni parler, et n'entendait plus.. Ses reins se bloquèrent et des crises de démences horribles l'accablèrent totalement... Il mourut sous les yeux secs de Vénérable Mère qui avait subi le pire durant toute sa vie d'Epouse soumise et attentionnée... 

     

    Chien Do n° 2

    Manoir de Heshen Ministre Quianlong Dynastie Qing,

    devenu ensuite celui du Prince Gong's Mansion, dans la région de Schichahai

     

    Mon Maître, fortement commotionné par la mort de son Vénérable Père, avec qui il vivait selon l'antique Tradition depuis ses sept ans dans les appartements particuliers réservés à  l'Epoux ,

    avait  expliqué devant moi à un Confident que le mercure était à l'origine des plus beaux colorants de la Chine : le cinabre et le vermillon... La Chine possédait d'importants gisements de mercure...  Mais que ce mercure tuait beaucoup plus qu'il ne guérissait... 

    Heshen ne mangeait jamais un met tant que celui-ci n'était pas goûté par l'esclave attitré à cet effet ! Prudence obligeait ... 

     

    Chien Do n° 2

    Cependant Mei, cette courageuse gamine qui me damait le pion et n'imaginait pas une seconde que je portasse les dents sur elle, fut sans pitié... me pourchassant sans cesse avec un regard farouche malgré mes grognements hargneux des plus terrifiants, mes babines retroussées et mes crocs qui pouvaient lui trancher la gorge sans effort... Rien ne l'impressionnait !   

    Elle était déchaînée, cette terrible femelle qui ne craignait plus rien, qui avait réussi à s'introduire en secret dans le coeur de mon Maître et devenait de plus en plus sa confidente dans les moments de "tendres" échanges... 

    Elle me traitait de Chien trop gâté, me reprochait mes gaucheries de Chien mal éduqué... et pire, de boulet.... de boulet !

    J'eu peur ! Il était bien visible qu'elle aurait tout fait pour se débarrasser de moi Je savais que je ne pouvais toucher à cette femelle sans encourir la mort... 

    Je résolus de me cacher, ce qui convenait mieux à ma paresse ! Je mis toute mon habilité machiavélique, mon esprit retors, mon flair subtil pour l'éviter... Rien n'y fit ! 

    Elle réussissait toujours à trouver des personnes téméraires   pour me débusquer.  Ses mains, qui savaient si bien caresser,  agrippaient ma toison, qu'elle lavait à grande eau mousseuse pendant que les serviteurs zélés m'immobilisaient à l'aide de piques acérés tout comme pour un fauve... J'étais furieux, humilié jusqu'à l'os... 

    Certes, je n'oublierai pas ! 

     

    Chien Do n° 2

     

    Puis, sous bonne garde, enchaîné, elle m'emmenait de force en promenade, sous l'oeil moqueur de Première Epouse .

    Mon Maître, étranger à mes difficultés et à celles de Concubine, me délaissait ! 

     

    Chien Do n° 2

     

    Puis, un jour, mystérieusement, Mei se mit à jubiler dans de grandes crises fébriles... et mit toute la Maisonnée sens dessus-dessous ! On accourut, on l'écouta, on donna des ordres... Mon Maître arriva en grande pompe... Vieille Mère aussi, du fond de son exil... 

    On mit fin à mon calvaire... Je retrouvai enfin mon esclave habituel qui me laissait en paix.. me soignant avec des mains douces et respectueuses... et me regardant faire toutes mes malices avec résignation... 

    Vieille Mère reprit du service... 

    Petite Maîtresse essaya,  soudain débonnaire,  de négocier avec Première Epouse.

     

    Chien Do n° 2

     

     

    Réticente, Première Epouse s'était raidie... Mais Mei sut trouver les jolis mots qui détendent le corps et l'âme... Surprise, Première Epouse réfléchit et concéda du bout des lèvres qu'elle avait été désagréable... Puis, comme une délivrance, les larmes coulèrent, les vannes s'ouvrirent et toute sa haine pour sa jeune rivale fondit...

    Mais son désespoir était réel... et Mei dut en tenir compte. Elle lui prit les mains et doucement, lui raconta sa propre détresse... devant l'inéluctable de sa vie de concubine à peine plus valable que celle d'un esclave... 

    "Toutes les Femmes chinoises sont victimes d'injustice" soupira Mei...

    Première Epouse lui murmura enfin son véritable nom : Chan ("Belle, gracieuse") ...

    Dans un grand rire, Mei ("la Fleur du Prunier") répéta plusieurs fois ce joli prénom sur tous les tons qui qualifiait si bien Première Epouse ... comme une comptine ... comme si elle se délectait d'un bonbon... Les deux Femmes furent saisies d'un fou rire libérateur et elles se jurèrent d'être désormais comme deux soeurs....

     

    Chien Do n° 2

     

    Concubine accoucha d'un Fils ! et se retrouva soudainement propulsée au rang tant convoitée de Deuxième Epouse... 

    Elle refusa la tenue traditionnelle mandchoue de la Maison de son Epoux, cette stricte robe  de soie rouge aux bordures agrémentées de galon en fil métallique doré... Des parures étincelèrent sur des robes nouvelles..

     

    Chien Do n° 2

    Vieille Mère

     

    Elle rayonnait auprès  de Vieille Mère charmée par une si jolie et accommodante Belle Fille, pendant les interminables parties de cartes. ou de dés... ou dans de savants  travaux d'aiguilles. L'Enfant était splendide, nourrie au lait épais d'une nourrice judicieusement choisie. Chan eut la permission de Vieille Mère de câliner l'Enfant... Les trois Femmes ne se quittaient plus ! 

    Vieille Mère exigea que les Portes de la Chambre Conjugale soient désormais grandes ouvertes... C'était une pratique courante pour modérer les ardeurs enflammées de l'Epoux ... afin de préserver Deuxième Epouse..., ainsi que mon éviction immédiate, et je dus me cantonner aux appartements de l'Epoux...  Pour la sécurité de l'Enfant ! 

    Il est vrai que mon caractère ombrageux ne s'accommodait guère des criailleries stridentes dont il gratifiait son monde pourtant en adoration devant sa si petite personne... 

     

    Chien Do n° 2

    C'est ainsi que je retrouvai mon Maître et ses incessants soliloques déprimés..., sa tranquillité à jamais perdue...

    Il finit par délaisser bien vite Deuxième Epouse en cultivant les fleurs du vice avec les Pensionnaires des Maisons de Fleurs pour "Illustres Personnages", dissimulées un peu partout dans les environs, malgré l'interdiction de la Dynastie Qing ...

    Comme son Vénérable Père !

     

    Chien Do n° 2

     

    Chien Do n° 2

     

    "Fleurs" des "Maisons de Fleurs" -  Epoque de la Dynastie Qing

    http://dona-rodrigue.eklablog.fr/les-courtisanes-c829758

     

    Il ne voulut plus ni de Troisième Epouse ni de concubines...

    En réalité, il était l'Amant de l'Empereur Qianlong, mais chut ! Heshen en souffrait trop pour autoriser qu'on en parle ouvertement... Donc, tout le monde ici en discutait à mots couverts, si bien que je finis par comprendre ! Pas facile, la vie des Humains !

     

    Chien Do n° 2

     

    A gauche, écriture des femmes, à droite celle des hommes

     

    Il m'apprit que Vieille Mère enseignait à Deuxième Epouse "l'écriture nüshu" (clic), l'écriture codée des femmes, seul moyen de communiquer avec d'autres femmes,  ainsi qu'avec celles de son Ancienne Famille...

    Cette "écriture de moustique", aux traits effilés et étirés... ressemblait aux caractères chinois, mais en forme de losanges - contrairement à l'écriture carrée des Hommes ...  Cette écriture était incompréhensible pour les Hommes, qui ne l'apprenaient pas .... 

    La Tradition voulait qu'on enseigne cette écriture au moyen de chants que les élèves recopiaient inlassablement afin qu'elles puissent enfin écrire leurs propres textes, qui les accompagneront dans leur tombe... pour qu'elles puissent les lire dans l'au-delà !

    Je ne pus jamais me venger des mauvais traitements de Mei...  Jiaqinq, successeur de l'Empereur,   imposa à mon Maître de se suicider après la mort de Qianlong.

    L'immense fortune de mon Maître Heshen ( 25 millions de kilos d'argent) et moi-même fûmes confisqués par le Nouvel Empereur Jiaqing... 

    Je me retrouvai comme animal de luxe dans la cour d'un Homme fier...  confié aux mains expertes et sévères de Dresseurs mâles... Mon Nouveau Maître, féru de chasses à cheval, m'emmenait dans d'épuisantes virées dans tout son Territoire de plaines et de forêts...  

    Je ne sus jamais ce qu'il advint de Vieille Mère,Chan, Mei et l'Enfant 

     

    Luciole 

     

    Chien Do n° 2

     

    Chien Do n° 2

    Bisous

     

    Pour ceux qui veulent connaître le fin mot de l'Histoire de Heshen et sa Famille :

     

    Enfin j'ai trouvé des renseignements sur Heshen, sur un Forum .... Il m'a fallu revenir en arrière d'au moins 12 pages sur Google...La ténacité paye !

    Heshen était né dans un puissant clan mandchou de l'Empire Qing. Il a été éduqué dans l'école impériale pour devenir officier. Etudes brillantes en arts martiaux, sciences, histoire et langues. Il devint l'Homme le plus cultivé de son temps, très bon stratège militaire, écrivain et parlant plusieurs langues ... De confession Chamanique. 

    Heshen, 25 ans, est Garde dans la Cité Impériale.  l'Empereur Qianlong a 60 ans. Il rencontra Heshen et tomba éperdument amoureux de lui ! Il était normal que l'Empereur dispose d'un "harem d'hommes" : les "xianggong" (les concubines mâles)... Heshen souffrait énormément d'être "l'amant de l'Empereur" ! 

    Heshen devient le Tuteur d'un des fils de Qianlong : Jiaqing ! 

    Heshen, en un an, devint le personnage le plus puissant de l'Empire  : il est nommé Ministre.... Pourtant l'Empereur, très soucieux de la bonne marche de son Empire, était loin d'être idiot ! Cette Histoire d'amour a duré plus de vingt ans entre eux deux...  Mais c'était "très mal vu" d'être à la fois amant et ministre de l'Empereur. 

    Qianlong marie une de ses filles, Xia He,  avec le Fils de Heshen (Fils qui devint donc le Beau Frère du futur Empereur Jiaqing : 15è Fils de Qianlong....... Ce qui est très important pour la suite de l'Histoire, car désormais, Heshen fait partie de la Famille Impériale !). 

    Heshen a donc gouverné de concert avec l'Empereur... Bilan très positif en politique intérieur, comme jamais vu ! mais Bilan lourdement grevé par des campagnes militaires fort coûteuses en politique extérieure... conduisant à des déficits budgétaires graves !

    Beaucoup de révoltes paysannes, de soulèvements perpétuels des ethnies non chinoises, des mouvements politiques sans cesse à l'affût de vouloir renverser le gouvernement.... 

     

    Qianlong décide   d'abdiquer en faveur de son 15ème Fils, Jiaqing...(1796), tout en continuant à tirer les ficelles du jeu politique jusqu'à sa mort le 7/2/1799.

    Jiaqing est faible, vindicatif, voire exécrable, facile à manipuler... Il complote sans cesse pour prendre le pouvoir... Qianlong manque par 2 fois de mourir... empoisonné ? Le régime politique ne va plus ... 

    A la mort de Qianlong, Jiaqing veut tout changer.... Il veut la tête de son Tuteur et de l'amant de son père...  Heshen ! Par de faux motifs, il l'accuse alors de haute trahison, de corruption et même d'abus de pouvoir... Il veut surtout récupérer la maison de Heshen, une des plus belles maisons privées de l'époque Qing, et toute la fortune de cet Homme le plus riche de l'Empire... qui sert soudain bouc émissaire...

    Il est vrai que Heshen n'a pas toujours été très honnête... Il a publié également un roman "Rêve dans le Pavillon rouge", pièce taoïste très violente contre le régime impérial... Et pourtant, il a été un formidable juriste, particulièrement attaché à une justice égale pour tous... 

    Bref, non seulement Jiaqing ordonne à Heshen de se pendre... mais la Famille de celui-ci risque également une condamnation à mort ou une déportation... ce qui ne valait guère mieux !

    Seulement, la soeur de Jiaqing, Xia He,  étant la belle fille de Heshen ......(vous me suivez ?) sauva la Famille.... qui a été épargnée par l'Empereur... 

     

    Xia He reçut même quelques propriétés de Heshen... 

     

    La Famille de Heshen en a - t - elle profité ????

     

    http://www.lafoliedix-huitieme.eu/pekin/empereur-qianlong-ses-imperatrices-epouses-amant-t1093-40.html


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  • Chien Do

     

     

     

    DEFI n° 216 DES "CROQUEURS DE MOTS", mené par "LES CABARDOUCHE"

    (clic sur les noms en bleus)

    Pour Lundi 25 Février 2019 

     

    Marie a trouvé dans une brocante cette élégante estampe qui apparemment évoque une Histoire mystérieuse :

    QUI sont ces personnages ? QUE disent ils ?  QUE vont ils faire ? A vous de raconter ! 

     

    Ce qui a motivé mon Histoire basée sur des faits réels (mais enrobés de mon imagination) :

    - regardez donc le regard du chien

    - le regard dédaigneux de Première Dame qui tourne ostensiblement le dos à Deuxième Dame

    - l'embarras évident de Deuxième Dame en prise avec le charmant molosse qui semble vouloir n'en faire qu'à sa tête...  Mais Deuxième Dame a du caractère et tire sur la chaîne avec autorité... 

     

    Chien Do

    Chien Do

    La Cité Interdite - Chine 

    https://www.merveilles-du-monde.com/Cite-interdite/Photos-de-la-cite-interdite.php

     

     

     Musique chinoise à écouter tout en lisant 

     

    "Il faut se méfier des femmes , pour une qui est sage , il en est mille qui sont folles et méchantes. La femme est plus secrète que le chemin où , dans l'eau , passe le poisson. Elle est féroce comme le brigand et rusée comme lui. Il est rare qu'elle dise la vérité: pour elle , la vérité est pareille au mensonge , le mensonge pareil à la vérité. Souvent j'ai conseillé aux disciples d'éviter les femmes Bouddha»

     

     

    Chien Do

    Dogue du Tibet 

    https://jardinage.lemonde.fr/dossier-2067-dogue-tibet-chien.html 

    CHIEN DO

    (1ère Partie)

     

     Chien Do était prêt à mordre....!!!

     

    Moi, Chien Do, adulé par le Seigneur Heshen (1750-1799), Ministre du Grand Empereur Quianlong, j'étais un fauve poilu de 80 kg, ressemblant à un lion (symbole traditionnel de "chance" en Chine), un peu encombrant... au caractère imprévisible et particulièrement difficile.... peu affectueux ...Une fantaisie très coûteuse du Maître en dépit des hurlements hystériques de Vieille Mère devant ma dégaine "d'ours mal éduqué".... 

     

    Chien Do

    Heshen

     

    Mon histoire commença à l'époque de la Dynastie des Qing ("Eau") qui fut  fondée en 1661 par les envahisseurs mandchous.

    Qianlong (2/9/1711 - 7/2/1799) dont le nom signifie "Abondance Céleste" est le Quatrième Empereur de la Dynastie Qing. Il régnait sur l'immense territoire de la Chine depuis le 18 Octobre 1735.

    Chien Do

    Qianlong

     

    Heshen, mon Maître, admirait cet Empereur poète, peintre et Maître de la Calligraphie, mais qui était aussi un Homme ambitieux, conscient de son devoir. 

    Heshen, mon Maître,  reconnaissait que son Règne avait apporté une ère de paix et de prospérité, marquée par une très forte croissance économique... L'Empire mandchou était devenu le plus puissant Etat du Monde...

    Cependant l'Empereur vieillissait. Il avait eu la bonne idée de jeter son dévolu sur mon Maître, Heshen, jeune garde mandchou à l'époque. Les élites n'apprécièrent guère l'influence toujours grandissante de mon Maître sur le vieil Empereur... 

    Beaucoup racontaient que mon Maître était en grande partie responsable de la corruption qui désagrégeait l'Empire chinois. 

    Etant donné que je n'avais pas encore la parole, mon Maître me confiait tout ! Il se riait de toutes ces "cancanailleries"  et s'en moquait ! Il était devenu Ministre, "l'oeil et l'oreille attentifs" du vieil Empereur et tous devaient lui céder la place en sa Présence... C'était là son But Ultime... Il se gaussait d'être l'un des fonctionnaires le plus corrompu de toute l'Histoire des Quing... 

    Heshen jouait sans cesse avec le feu et le savait ! 

    Mais mon Maître se devait d'avoir une Femme Belle dans sa panoplie.

    Première Epouse apparut.

     

    Chien Do

     

    Première Epouse

    C'était une très jeune Lettrée, entichée de poésie... Première Epouse, d'une Beauté glacée, distante, profondément malheureuse, pouvait à peine marcher. Ses petits pieds bandés, recouvert d'un mignon petit chausson de soie rouge, ne mesuraient plus que quinze centimètres... Moyen efficace des Humains de garder leur femelle à la maison... 

    Une chance d'être un Chien énorme : mon Maître refusa les vêtements de cérémonie dont on voulait m'affubler, comme la plupart des Chiens de cette époque, qui possédaient des armoires entières d'habits prestigieux crées par des artistes chinois.

    Quelques mois après ce mariage hâtivement conclu par les Familles, Petite Fille Sans Nom naquit, et fut emportée très vite par la Sage Femme. Nul ne sut ce qu'elle était devenue...

     

    Heshen ne prononça jamais le nom véritable de Première Epouse

    La souffrance physique de Première Epouse se renforça d'une souffrance morale telle qu'elle la rendit infertile, passive, solitaire .... 

    Le premier remède de cette vie cruelle, misérable, vaine et sans but d'une Epouse déchue était un suicide magnanime pour son Epoux et la Famille de son Epoux... 

    Heshen attendit... Mais Première Epouse, haineuse, se réfugia volontairement dans la Poésie. Elle excellait dans cet art très considéré en Chine, sauf pour son Epoux... 

    Quand mon Maître partait pour ses affaires, j'écoutais religieusement la voix plaintive de Première Epouse déclamer ses poèmes.

    C'était si déchirant que tous mes poils se dressaient...

    Ses poèmes racontaient invariablement la concupiscence des Hommes envers un corps délicat livré à des mains brutales. Corps glacés violés sans ménagements ... Corps contraints sous peine de châtiments redoutables. 

    Heshen, fâché, lassé d'attendre un dénouement définitif de ce mariage maudit, fit chercher une concubine agréable et procréative par Vieille Mère... Vieille Mère s'était retirée dans le Pavillon des Recluses au fond du Parc des Femmes... 

    C'est ainsi que Mei arriva ! 

    Chien Do

     

    Mei, dite "Concubine"

     

    Première Epouse et Concubine se devaient, selon la Tradition, de se considérer comme des soeurs. 

    Mais Première Epouse en décida autrement et reporta toute sa rancoeur sur Concubine.

    Mei devait obéissance à Première Epouse, la concubine étant faite pour souffrir toute sa vie, et on attendait ensuite qu'elle meurt en silence... 

    C'était sans compter sur l'espièglerie de Concubine !

    Mei ne s'identifiait pas à un Fantôme sans prise directe sur la réalité, comme Première Epouse, dont Mei comprit tout de suite le drame... 

    La valeur d'un Fils donnera à Concubine une Place sociale définitive ! Elle était sûre d'elle  ! 

    C'était une très jolie jeune fille de quinze ans venant d'une Famille aisée, qui avait appris depuis son plus jeune âge toutes les Règles de la vie des Femmes... Elle savait que l'Epoux pouvait la rejeter de manière arbitraire : une concubine n'avait que peu de droits dans ce système féodal cruel ! 

    Avec un Fils, elle pourra acquérir un peu d'indépendance et de considération, et la position très enviée de Mère du Futur Chef de Famille. Une fois veuve, elle aura autorité sur toute la Maison... 

    Voilà ! 

    Si Première Epouse m'avait totalement ignoré, il n'en fut pas de même de Mei !

    Très courtisée par mon orgueilleux Maître, elle repéra très vite les faiblesses de cet Homme de Pouvoir, sa violente volonté de conquérir, même dans la Chambre Conjugale, car mon Maître se persuadait que son titre de Ministre lui conférait des droits particuliers... tous les droits !

    J'étais un Chien peu ordinaire, capable de tout comprendre... Et Mei se parlait souvent toute seule devant moi...  déroulant ses plans sans me prêter attention.... J'enregistrais toutes ses paroles... toutes ses odeurs .... 

    Même quand elle se moquait de la fatuité, de la sottise de son Epoux dans les moments de crises...

    Mais elle cherchait tous les moyens pour  assouvir le plaisir de cet Homme indélicat et violent...

    En ma qualité de Gardien du Maître, j'assistais à tous leurs ébats, frileusement blotti sur mon immense coussin moelleux.... et j'eu peur plus d'une fois !

    Les Humains ont de drôles de façons violentes, furieuses de procréer... 

    Première Epouse, clairvoyante, en prit définitivement ombrage ! Sa férocité désoeuvrée s'enfla, cherchant comment évincer cette très jeune rivale si convoitée par l'Epoux !

    Alors je vis le mensonge rôder, les perfidies voler...  les persécutions, les humiliations pleuvoir sur Mei, interdite, mais non rendue ! 

    "Pense à ce que j'endure à cause de toi" cinglait la voix dure de cette Ombre incommode... "Crois-tu qu'une petite roulure comme toi puisse tenir mon destin entre ses mains ?"

    C'est alors que Première Epouse eut une idée géniale... Puisque Concubine n'avait pas les pieds bandés, elle pouvait donc s'occuper de Chien Do et le promener  dans le Parc des Femmes... ? suggérait-elle à son Epoux soudain accommodant. 

    C'est ainsi que, avec une inexplicable perversité, mon Maître ordonna à Concubine d'obéir promptement à Première Epouse... 

    Mei suffoquait d'humiliation ! Elle me traîna par les poils dans sa Chambre et, tournant en rond comme fauve en cage, elle murmurait des paroles épouvantables : 

    "C'est ainsi qu'agit le plus Puissant Ministre de l'Empire ? quelle goujaterie monstrueuse envers la Femme qui s'ingénie et souffre tant à le satisfaire ? Cet Homme froid et austère, au masque impénétrable... Cet Homme violent... Cet Homme si faible dans sa chair.... ....."

    ET bien d'autres choses que je préfère taire ! 

    Je me rendis vite compte que je n'étais pas le plus fort ! 

    Les yeux injectés de Mei posés sur moi m'étourdissaient de menaces claires ... Ses messages olfactifs m'assourdissaient... Cette toute petite gamine m'écrasait de toute sa colère... 

    Je sus que je n'étais plus qu'un honorable parasite ! 

     

    Luciole

     

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    Chien Do

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