• Rires et larmes de Novembre

    Défi n° 213 des Croqueurs de Mots

    Piloté par Colette

     

    Insérer les phrases suivantes :

    "Novembre a ses charmes

    Novembre a ses larmes

    Son décor fait rêver

    Son refrain fait pleurer"

     

    Rires et larmes de Novembre

     

    RIRES ET LARMES DE NOVEMBRE

     

    Splendeur et charmes de Novembre en ces forêts lambrissées d'or où triomphaient encore les embrasements pourpres et les tendresses charnelles des verts....

    La Forêt de Novembre s'offrait ainsi qu'une amante, toute fourmillante de vie, gazouillant au vent ses fringales d'amour qui déclenchaient les brames des cerfs et les fureurs enfiévrées des bêtes....

    Novembre s'enrageait d'aimer encore sous les cieux incandescents et les gaîtés mouillées des aquarelles, allumant des soleils dans les broderies humides des nuages fous, des nuages fauves, des nuages feux.... dans les senteurs âcres des brouillards gris qui roulaient parfois des vapeurs gluantes sur toutes choses....

    Novembre ne savait que faire ! Il se brûlait puis se noyait dans des caprices qui le jetaient dans des clameurs étranges, des jours houleux, des soirs tragiques.... en s'ébrouant en torrent de larmes sur des villages blottis aux pieds des monts, ou dans des cours d'eau qui débordaient de toute cette eau bue, ou sur des vignes écartelées de pourpres, ou sur des chemins boueux où l'homme s'engluait....

    Pourtant, Quelque Chose de Grandiose palpitait en lui, Quelque Chose d'ébouriffant ! 

    Dans son sein triomphait "une foule immense que nul ne pouvait dénombrer", une foule toute de blanc vêtue... qui racontait le Bonheur en Dieu et louait le Christ à belles claironnées....

    Large choeur qui résonnait longuement en l'Homme et façonnait sa vie, l'incitant à accueillir la Sainteté donnée par Dieu à qui consentait à se dépouiller.... comme la nature prépare à l'automne son printemps dans le silence, ce Printemps de Dieu dont la Fête de la Toussaint dit le Secret.... 

    Printemps annonciateur de Résurrection.... Emerveillement de l'Amour ! 

    Car l'Homme est appelé à la Résurrection, déjà à l'oeuvre dès sa naissance et qu'il goûtera après avoir ouvert la porte de la mort ... 

    La Résurrection, Novembre le savait, n'était que de la Vie renouvelée, la Vie en Plénitude, la Vie en Dieu.... 

     

    Novembre déployait ses rouges silences sur les massifs écarlates des superbes dahlias, des tapis de chrysanthèmes .... recouvrant d'obscurs caveaux où dormaient encore, peut être, de lourds secrets.... 

     

    L'Automne égrenait le babil des heures, des jours et des nuits.... Sur les vieux os du Temps chimérique, voici que son refrain, un soir, se couvrit de gel, de givre, de neige....  cernés de solitude....

    Le posthume Automne larmoya sa défaite.... L'Hiver, soudain, gluait les rêves !

    Les Heures alanguies se traînèrent à pas lents, se réchauffant les doigts gourds autour d'un chocolat brûlant , océan de douceur où se touillaient les peines.... ou attablant son ennui autour de boudins, de volailles et de vins clairs.... pour qu'enfin cascadent les rires et les humeurs badines.... à volets clos....

     

    Luciole

     

    11/12/2018 : 622 pages lues


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    DEFI n° 211 DES CROQUEURS DE MOTS :

    VOUS ÊTES INVITES A UN VERNISSAGE  ! 

     

    L'Art du "Rien" ?

     Cliquez sur l'image

     

    Ohé du bateau…

    Cette quinzaine le navire touche terre avec Josette qui pour ce défi 211 sort de sa cachette …

    car vous avez reçu une invitation à un vernissage, avec un ami

    Ravie ou outrée vous partagez vos impressions devant les premières œuvres exposées …

    et mieux si vous insérez 2 expressions contenant le nom d’un animal !

     

     

     

     

     

     

    L'Art du "Rien" ?

    Spacial concept "En attente" - Lucio Fontana

     

     

    L'ART du "RIEN" ?

     

    Sorti du métro parisien, je presse le pas et mon embonpoint.... avec peine. J'ai rendez-vous avec Paul, un type class, très branché et cultivé, coqueluche de la Direction de mon entreprise grâce à son formidable réseau de relations mondaines.... 

     

    Féru d'Art Contemporain, Paul traîne sa dégaine longiligne ascétique minimaliste dernier cri dans les expositions, les galeries et autres où grenouillent les artistes voulant émerger.... et l'élite parisienne mondaine..

    Devant les oeuvres exposées, avec ferveur, Paul s'extasie  ostensiblement ....

    L'art classique n'est pas "sa tasse de thé"... Il a une vision très "trash" de la vie... Son "trip", ce sont les oeuvres avec lesquelles "il peut entrer en dialogue"

    "L'art, c'est un jeu de cache-cache" m'explique-t-il avec des gestes minimalistes trahissant une grande fatigue dégingandée.... " L'incompréhension fait entrave à l'art pour 'le commun des mortels', affligé d'une grave défaillance de perception... Comprends-tu ? Toute rencontre artistique demande une grande disponibilité de soi...."

     

    J'ai bien peur de faire partie "du commun des mortels" dont il se moque... et suis beaucoup plus proche de l'opinion de Jean-Louis HAROUEL  (clic sur le nom) : ("l'art contemporain = la grande falsification") .... que de la sienne....

    L'art contemporain, à part de sublimes exceptions, est pour moi une illustration de l'idéologie libertaire de notre époque, qui professe la transgression de toutes les règles, traditions, conventions.... bref, de tout ce qui entrave la liberté narcissique du "Moi"...

     

    L'Art du "Rien" ?

     

    Dire que tout le fondement de ce courant est une blague monumentale, une imposture qui me fait hurler de rire... et d'effroi : cette pissotière" de DUCHAMP (1917) ! (clic sur le nom)

     

     

    Panique devant une accumulation d'inepties envahissant des musées gigantesques dans lesquels déambulent quelques égarés sous l'égide de guides volubiles incompréhensibles... 

     

    Malaise devant les "Performances" de certains hurluberlus qui n'hésitent pas à mettre en scène leurs propres perversions, sexuelles de préférence, ou leur propre corps....

     

    L'Art du "Rien" ?

     

    Scandale en 2014 avec l'érection du "Plug anal"  érigé Place Vendôme pour la Foire internationale d'art contemporain (Fiac) par le spécialiste des provocations pornographiques et scatologiques McCarthy (clic sur le nom)

    L'Art du "Rien" ?

     

     

     

    Ou la "Performance" aberrante d'Opalka (clic sur le nom) qui passa 40 années de sa vie à reproduire interminablement sur toile des suite de nombres.....

     

     

     

     

    L'Art du "Rien" ?

     

     

    Sans oublier la "Performance" d'Abraham Poincheval  (clic sur le nom) qui s'enfermait dans des casiers de vestiaire, des dépouilles d'ours, 

    dans des rochers évidés ou des tombes en bois.....

     

     

     

    L'Art du "Rien" ?

     

    Culte du déchet où la "délectation esthétique" consiste à "jouer la carte du dégoût, de l'ignoble, du laid" comme pour les "tas d'ordures" d'Arman (clic sur le nom)

     

     

    L'Art du "Rien" ?

     

     

    Ou les tas de vêtements usagers de Boltanski  (clic sur le nom)

     

     

    "Artistes" vulnérables aux diktats de la Société de consommation et surtout à ceux du réseau officiel, marchand ou médiatique....

    Le monde de l'art est désormais aux mains des opérateurs culturels... L'art a toujours été lié à l'argent !

    "Enrichir une collection d'art n'est pas un geste anodin", pensais-je essoufflé en arpentant le pavé de Paris... "C'est tellement lié à la dépense faramineuse obligée pour acquérir une "oeuvre" ! ....

     

     

    Mais il me faut raison garder ... Ce cher Paul a le bras long dans le cercle mondain.... Pas question de se distinguer de la meute qui, en ce moment, se bouscule devant moi sous l'oeil vigilant du garde... 

    Être le mouton de Panurge qui s'évertue à être dans le coup... tant la peur de passer pour un imbécile est grande ! Et de perdre mon emploi... ! Bêler avec le troupeau.... 

    Paul est déjà là, tout sourire, courtisanerie et congratulations avec les bobos qui se pressent autour de lui... J'eu peur ! Physiquement peur ! A faire demi-tour derechef.... Allais-je me dégonfler comme ballon de baudruche ?

    Plus le temps ! il est devant moi, me tend grand les bras, se penche vers ma transpirante petitesse rebondie, m'accolade à grands bruits devant tout le gratin faussement mal fringué... Je suis coincé ! Il m'entraîne dans la galerie... Laurel et Hardy... Lui le grand, moi le petit !

    A chaque pas, on se bise, on se présente et on se bise.... un subtil réseau s'est tissé... comme une toile d'araignée... J'ai chaud.... chope une coupe d'un mauvais champagne bien trop vert qui attaque les dents et râcle la gorge... Je ne sais que faire pour me donner bonne contenance... 

    Mais Paul verticalise, s'extasie, vacuitise dans un jargon, une novlangue incompréhensible... sur un art financiarisé à l'extrême qui ne demande ni mémoire, ni culture.... où se côtoient rayures, carrés et peintures fantomatiques anémiées.... 

    Rien qui ne me fasse changer d'avis.... Je rapetisse à vue d'oeil... deviens invisible....

    "Mon art n'est pas un art" chantonne un des artistes faussement humble, réquisitionné par Paul... "mais transcendance de soi.... luminosité de mon âme qui s'envole comme petit oiseau vers l'infini... Un travail de fourmi qui évolue sur la pointe des pieds...."

    Fébrilité de l'artiste face au public... J'en ai mal pour lui !

    Heureusement, tous les vernissages ne sont pas égaux ! Je garde de merveilleux souvenirs de certaines oeuvres, incontournables vaches sacrées, qui m'ont "transcendé".... 

    Parlez moi du "scandaleux" Manet (Clic sur le nom), qui a ouvert en son temps la voix de l'impressionnisme ... une hérésie aux yeux de ses contemporains... Parlez moi de Renoir (clic sur le nom), de Monet (clic sur le nom)... de cette période bénie la plus aimée du public dont je fais partie, période gravée dans notre conscience artistique... Là, je suis heureux..... Là, je vous suis avec la plus grande joie.... 

    Mais plus jamais avec Paul, plus jamais.....

     

    Luciole

     

     

     7/11/2018 :

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    MA BIBLIOTHEQUE

     

     

    DEFI n° 203 des CROQUEURS de MOTS

    Pour LUNDI 2 AVRIL 2018

    Mené par Laura Vanel Coytte

    "J'aimerais que vous me parliez d'un CDI, d'une BIBLIOTHEQUE
    ou tout autre paysage livresque (librairie, chez vous etc)
    où vous vous sentez bien.... ou pas."

     

     

    MA BIBLIOTHEQUE

     

     

    MA BIBLIOTHEQUE

     

    Une Bibliothèque : quel bonheur !

    A peine mon Cher Bricoleur avait-il fini d'assembler les blocs étagères dans mon "bureau" en 2008,  que je m'étais  précipitée à y installer mes grands amis les Livres.... Mes amours sur des étagères !

    Le courant puissant de la révolte féministe de mes premières années d'adulte s'y engouffra dans un bloc tout entier... Hommage à ces femmes courageuses qui méritaient d'être lues, comprises et acclamées ! Femmes d'hier et d'aujourd'hui .... 

    Il me faudrait épousseter ce passé tumultueux, le feuilleter, prendre des notes... retrouver la passion violente qui m'avait tant ébranlée à l'époque de ces achats compulsifs alors que, jeune mariée, je venais à peine de quitter mes Parents.... 

    Les livres ont tant compté dans ma jeune vie ! Dès mes 7 ans, ils étaient mon seul réconfort, mon seul vrai chez-moi !

    Magie extraordinaire, quoique ardue, de mon tout premier livre offert par mon Parrain : "De la Terre à la Lune" de Jules Verne.... Pas certain que j'eusse goûté toute la finesse et l'humour de ce fabuleux écrivain ! Mais ce livre m'avait provoqué comme un électrochoc ! 

    S'ensuivit une boulimie maladive, obsessionnelle, de tous les livres - ceux prêtés par des copines en cachette de mes Parents - ceux trouvés dans les cartons de l'immense sous-sol encombré de mes Grand-Parents paternels - ceux de mon oncle qui habitaient chez eux....  

    Je les lisais, blottie sous les couvertures de notre lit partagé avec ma soeur, la pauvrette, une bonne partie de mes nuits, éclairés par la lumière rachitique d'une lampe de poche chipée à mes Parents.... 

    Le bulletin médical scolaire signalait à mes Parents "Enfant lymphatique à surveiller"... Forcément ! Je dormais très peu ! J'arrivais épuisée à l'école... 

    Ces lectures étaient un acte de résistance, une rébellion qui s'affirmait d'année en année... mais qui m'ont laissée insomniaque ! 

    J'ai pu récupérer, à la mort de mes parents, ces tout premiers livres aux reliures explosées par tant de mains malhabiles qui les ont feuilletés après moi... Ils trônent dans une Bibliothèque spéciale dans la chambre d'amis...

    J'ai pour eux un amour jaloux.... Les prêter, bien sur ! Mais les donner, jamais ! 

    Ils ont ouvert des fenêtre et des portes sur un monde qui m'était fermé dans ma réalité d'enfant. Fiction qui, bien souvent, me permettait de mettre des mots sur ce que je ne pouvais exprimer, sur ce qu'on refusait de m'expliquer.

    Volonté farouche d'aventures au coeur d'une vie immobile... puis celle d'une jeune fille à qui l'on enseignait la soumission... suivant les codes rigides de l'éducation d'alors !

     

    Vagues souvenirs d'un Mai 68 vécu par une jeune maman de 2 enfants, âgée de  21 ans,  par le truchement d'une radio la suivant partout - pas de télé à l'époque - mais dont les livres féministes en étaient les échos, et qui ont soulevé, transporté son âme vers un ailleurs redoutable aux forces décuplées, fascinant, inaccessible ... 

     

    Puis des livres économiques en "format de poche" trouvèrent leur place dans le deuxième bloc étagères... Je les avais glanés aux hasards des Galeries marchandes des tout premiers Supermarchés, livres racontant l'amour ou la trahison, histoires "vraies" ou fantastiques, une bonne partie de la collection Max Gallo, d'Henri Troyat... Faulkner... et bien d'autres très à la mode... aux pages avidement parcourues maintes fois pendant les heures tranquilles d'une maman de deux, puis trois enfants.... 

     

    Après une longue abstinence mal vécue où les jours devenus trop courts ne permettaient plus la fantaisie ni la lecture, double journée avec un travail "alimentaire" d'intérimaire, fort loin de ma campagne perdue ... et celui de la maison...  double journée plus que jamais d'actualité qui laisse les femmes d'aujourd'hui comme celles d'hier fort exténuées....

     

    Les livres sont revenus en force au temps béni de la "Retraite"... 

    Livres fort "sérieux" (en cours et simultanément en ce moment : La Révolution Transhumaniste" de Luc Ferry, "Votre cerveau" de Idriss Aberkane, "Métaphysique d'un bord de mer" de Pierre Cassou-Noguès... etc) aux pages griffonnées, "stabilotées".... que j'ouvre à l'envie, abandonne, reprends au gré de ma fantaisie et surtout de mon temps libre....  (Vivement les vacances pour que je puisse au moins en terminer un !)

     

    Bouts de vie amassés qui s'entassent partout....ma Bibliothèque depuis longtemps encombrée... Il faudrait revenir sur les livres du passé, trier, donner ... peut-être ?
    Je n'ai jamais pu me séparer de mes livres, sauf de ceux qui ont moisis, ayant restés trop longtemps dans des cartons exposés à l'humidité du garage  en attente de cette fabuleuse Bibliothèque... Quelle colère en découvrant le carnage !

     

    Que j'aurais aimé être un rat de Bibliothèque, y faire mon nid, les entrailles alourdies de tant de mots avalés, dévorés, dégustés.... immortalisés....

    Bibliothèque nourricière ! 

     

    Luciole

     

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    LA DANSE et LA RELATION à L'AUTRE

    (Cliquez sur l'image)

     DEFI 202 JEUDI POESIE

    Des Croqueurs de mots

     

    "Poésie, chanson ou autre  sur la relation à l'autre dans la Danse !"

     

    Les enfants nous montrent la voie.... Magnifique !

     

     

    LA DANSE et LA RELATION à L'AUTRE

     

    En fonction de l'espace, du contact visuel ou sonore, du contact corporel avec l'autre,

    La Danse favorise l'écoute de l'autre, des autres....

    Pour comprendre, échanger, construire, enrichir....  

     

     

    Relation en fonction de l'espace, se rencontrer, se croiser, se séparer, se regrouper,

    Être loin, près, face à face, dos à dos, côte à côte... 

     

    LA DANSE et LA RELATION à L'AUTREMaurice Béjart  (cliquez sur le nom) :

    "Danser, c'est avant tout communiquer, s'unir, rejoindre, parler à l'autre dans les profondeurs de son être.

    La Danse est UNION, union de l'Homme avec la Femme, de l'Homme avec le cosmos, de l'Homme avec Dieu..."

     

     

    Le danseur n'est pas un électron libre qui pratique son art pour lui tout seul !

    La danse est un art de vivre, une philosophie, une prière... qui attire, sociabilise, décrit l'indicible, cultive les mystères et les joies du partage du sensible... 

     

    LA DANSE et LA RELATION à L'AUTRE

     

    Nietzsche (cliquez sur le nom) :

    "Le danseur est la figure la plus accomplie du philosophe !"

     

     

     

    Le danseur est comme un passeur qui relie les mondes entre eux. Par son corps, ses mouvements, ses pas... il établit des ponts entre son art et les spectateurs qui ont besoin d'un langage clair, accessible, pour pénétrer l'espace de la danse...

     

    La danse est comme une poésie qui s'écrit avec le corps... C'est un langage social, en fait !

     

    La "BLESSURE" est la MATRICE de la danse... C'est l'Alliance de la danse et du boitement , surtout dans la danse moderne.... 

    LA DANSE et LA RELATION à L'AUTRE(comme Jacob contre l'Ange ! La lutte de Jacob avec l'ange est un épisode biblique du livre de la Genèse (cliquez sur le mot - explications très complètes !)

    Revenu à CanaanJacob est demeuré seul sur la rive du Jabbok après avoir pris diverses dispositions en vue des retrouvailles redoutées avec son frère Esaü. Durant la nuit et jusqu’à l’aube, il lutte contre un mystérieux adversaire (Un Ange) se fait blesser par lui à la hanche ... Il boitera jusqu'à la fin de sa vie.... 

     

     Car la danse moderne se fonde sur l'arrachement du corps à toute servitude et convention formel 

    ("le boitement est indissociable du refus de la propension de l'oeuvre à se refermer sur la beauté close de sa forme... Il est un art poétique du sacrifice du corps et du langage...")

     

     Dans la danse, chacun est en fait le miroir de l'autre !

     

    LA DANSE et LA RELATION à L'AUTRE

     

    Rudolf von Laban  (cliquez sur le nom) : 

     

    "La danse joue un rôle capital dans les relations humaines, elle est l'école du comportement social, de l'harmonie du groupe.

    La danse est l'école de la générosité et de l'amour, du sens de la communauté et de l'unité humaine ...."

     

     

     

     

    Les danseurs ou danseuses - de cabarets, de danses classiques ou modernes - ont du POUVOIR sur le spectateur !

    La danse (comme tout art) peut devenir une arme redoutable... 

     

    Danse crainte par les dirigeants racistes pendant l'Apartheid en Afrique du Sud,

    par exemple !

     

     

     

     

    La Pantsula, mouvement culturel contestataire née en Afrique du Sud au moment de l'Apartheid (années 1960).

    Danse intensive et puissante, demandant beaucoup de virtuosité, en réponse au régime obligeant la population à se regrouper dans des ghettos... "afin de solutionner le problème indigène"... 

    Cet évènement fut l'élément fondateur de l'unité noire contre le Gouvernement nationaliste qui voulait garder le contrôle sur les africains et les empêcher de revendiquer leurs droits...

    Pantsula, mot zoulou signifiant "marcher avec les fesses retroussées" ou aussi "marche comme un canard" !

    Les danseurs frappent en glissant sur le sol avec leurs pieds.

    Dans des "concours de rue", car toutes les portes des lieux de spectacles leur étaient fermées, la danse et les paroles des musiques engagées dénonçaient les problèmes de la vie quotidienne ou ceux des travailleurs migrants... Véritables déversoirs de la colère noire souvent entachée de violence extrême.... 

    De nombreux artistes durent s'expatrier des les années 1960, et la musique Jazz Sud-Africaine adresse alors au monde dès les années 1970 un message sur la cause noire... revendiquant la Justice, la reconnaissance des droits ou l'action sociale.... 

    Emergence de la parole noire et à la marche vers la Libération de l'Afrique du Sud dans les années 1990...

     

    Se rappeler également de la "Danse des bottes de gomme" (Gumboots dancing)

    des mineurs noirs Sud-Africains, pour communiquer entre eux...

     

     

    Gumboots dancing : la danse en bottes de gomme, s'est développée dans les mines d’or en Afrique du Sud pendant l’époque de l’Apartheid.

    Les mineurs noirs travaillaient dans l’obscurité quasi-totale au fond des mines d’or. Ils étaient enchaînés à leur poste de travail avec l’interdiction de parler.

    Les conditions de travail étaient extrêmement pénibles et entraînaient souvent des infections et des ulcères car ils étaient constamment dans l’eau jusque aux genoux..

    Les propriétaires des mines se sont rendus compte qu’il serait plus rentable d’équiper les travailleurs de bottes en gomme plutôt que de gérer les fréquents arrêts de travail dus aux infections et maladies ou encore de drainer les mines. 

    Les travailleurs, afin de communiquer entre eux, développèrent un code de frappes avec leurs bottes, de frappes sur l’eau et de bruits avec leurs chaînes. 

    Leur tenue de travail était en  jean de travail, torse nu et bandana pour absorber la sueur.

    Pendant leur temps libre, ils se détendaient en chantant et en buvant ensemble, en pensant à leur famille : la Gumboots dance était née. 

     

    La poésie et la danse, le chant ont contribué fortement à la libération de l'Afrique du Sud

     

    Car les spectateurs peuvent faire corps avec les artistes.... 

     

    Luciole 

     

     

     

     

     


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    LE TANGO EST UNE PENSEE TRISTE QUI SE DANSE

    Cliquez sur l'image 

     

    DEFI n° 202 des CROQUEURS DE MOTS

    Pour le Lundi 19 Mars 2018

     

    Luciole à la barre !

     

     

     SUPERBE ! surtout en grand écran.... 

     

     

     

    "LE TANGO EST UNE PENSEE TRISTE QUI SE DANSE !"

    (Enrique Santos Discépolo)

     

    Tous les Vendredis soirs, l'esplanade bordée de cafés aux terrasses bondées se transforme en piste de danse....

    Par le jeu des Hauts-parleurs, le Tango envahit la Ville, la pénètre, la captive !

    Tango sentimental qui tisse la toile de la mémoire collective

    Où s'entremêlent les fils des souvenirs d'amours brisés, de la jeunesse enfuie...

    Où se pose la trame poétique ou burlesque des moeurs, personnages ou paysans d'une Argentine lointaine....

    Où se brode la danse des faubourgs, celle des temps révolus de l'Avant-Guerre, des filles publiques et des souteneurs, des bourgeois qui s'encanaillent....

    Boudé par l'Aristocratie argentine, considéré comme une danse vulgaire, le Tango a pourtant fait une entrée fracassante en France en même temps que la Java.... avec les mêmes impératifs : "on ne parle pas : on danse !", ainsi que la domination de l'Homme sur la Femme...

    La Java s'est éteinte, le Tango résiste !

    Malgré ce monde Techno où l'on évite de se toucher, qui prône la séparation des corps... dans cette Société de plus en plus individualiste, qui ne communique que par téléphone, qui ne regarde l'autre que par l'intermédiaire d'un écran....

    Mais Tango hybride, versions décadentes "branchées" pour les besoins du marketing, du tourisme ou des exportations... qui prend des allures hollywoodiennes caricaturales, souvent ridicules, loin de sa poésie musicale populaire.

    Mot "Tango" qui renvoie cependant au "tam-tam" noir, au "tang" africain ("toucher"), au "tangir" espagnol ("jouer un instrument"), au "tanguillo" andalou ("toupie")....

    Tango reflétant les mutations du monde qui l'engendrent !

     

    Un couple se présente ...

    Joute sensuelle, corps lianes, joue contre joue, poitrine contre poitrine, élan de l'un répondant à celui de l'autre ...  tourbillon de pas stylés porteurs d'un exotisme passé, réglés, millimétrés... jeux de jambes calculés, virevoltants, déroutants....

    Jambes de l'Homme poussant, pliant, bloquant jambes féminines dociles, sveltes, tout en arabesques graciles ....

    L'homme avance, la Femme recule ! Sensualité lente, grave, enveloppante, ondulatoire.... musique, corps, âme vibrant à l'unisson...

    Harmonie subtile, élégante, arrogante, tout en pas glissés, aériens....

    Joue contre joue, haleines mêlées... Femme dominée par l'Homme pressée, protégée, guidée....

    Sensibilité exaltée, troublée, extasiée... au-delà des limites !

    Deux corps suspendus, irréels, joue contre joue, coeur contre coeur... Jubilation !!!

     

    Puis la magie quitte la scène, le temps s'arrête, tangue... frémit sous les applaudissements nourris....

    C'est l'Heure où les loups se travestissent ! La magie s'effiloche sous le comique des tangos livrés à la foule devant les regards amusés des badauds égrillards... dans une sorte d'hystérie où l'on joue avec le désir... intimité et exhibition offertes ....

    C'est l'Heure du regard insistant, des sourires enjôleurs, des flatteries sussurrées à l'oreille, peau contre peau, main sur la nuque, soupirs excessifs, léger tremblement .... avant la phrase fatidique : "tu viens prendre un verre ?".

    Tutoiement avec la poésie livrée aux dos raides des maladroits, aux sourires carnassiers... sous les rires narquois des Ados gênés par ces airs ringards surgis de l'Antiquité.

    "DANSEZ UN TANGO QUI HURLE !" lancent les Hauts-parleurs...

    Peu à peu la scène se vide pour ne garder que quelques couples magnifiques, corps en osmose tout tournés vers l'intérieur dans un ailleurs magnétique qui excluait tout intrus....

    Et la Foule se tue, fascinée !

    Celles (et ceux) qui ont fait "tapisserie" respirent ! Ouf ! Leur calvaire cesse enfin ! 

    Brutalité extrême de ne pas avoir été choisies, désirées... Tango trahison !

    Hommes (ou Femmes) passaient sans les voir ! 

    Il pleuvra longtemps dans leur coeur !

    Le sourire crispé des pieds blessés, en sang, recroquevillés dans les escarpins à talons aiguilles soupire vers la mule, ou la charentaise réconfortante... 

    Un quémandeur ose enfin :

    "M'accorderiez vous le plaisir de cette danse ?"

    Elle, sourire cruel :

    "Non merci, j'aimerais  avoir du plaisir aussi !"

     

    Luciole

     

     

     


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