•  

    Chien Do n° 2

    Suite défi n° 216 des Croqueurs de Mots menés par les "Cabardouche"

     

    DEFI n° 216 DES "CROQUEURS DE MOTS", mené par "LES CABARDOUCHE"

    (clic sur les noms en bleus)

     

    Marie a trouvé dans une brocante cette élégante estampe qui apparemment évoque une Histoire mystérieuse :

    QUI sont ces personnages ? QUE disent ils ?  QUE vont ils faire ? A vous de raconter ! 

     

    (Faits réels enrobés de mon imagination)

     

    et aussi :

     https://jardinage.lemonde.fr/dossier-2067-dogue-tibet-chien.html

     

    En fond sonore, chant traditionnel chinois

     

    CHIEN DO n° 2

     

    Les yeux injectés de Mei posés sur moi m'étourdissaient de menaces claires ... Ses messages olfactifs m'assourdissaient... Cette toute petite gamine m'écrasait de toute sa colère... 

    Je sus que je n'étais plus qu'un honorable parasite ! (Clic sur la phrase pour obtenir l'épisode n° 1)

     

    Il est vrai que j'étais d'une canaillerie notoire. 

    Mes coups de dents furieux, ma voracité ruineuse, m'occasionnaient bien quelques mésaventures douloureuses avec la badine de mon Maître, mais je continuais à mordre les serviteurs malheureux qui me craignaient, à voler sans remord quelques menues peccadilles sous les yeux apeurés des cuisiniers... à créer d'intenses paniques au milieu de la nombreuse valetaille qui peuplait la Maison du Maître et celle des Femmes.... 

    N'étais-je pas celui qui avait poussé ma terrible ennemie Vieille Mère à la Réclusion dans son lointain Pavillon au fond du Parc des Femmes ? Mon Maître, ravi, m'en avait secrètement félicité ! Il n'avait jamais réussi pareil exploit de toute sa vie de Fils Chef de Famille... Vieille Mère était le seul être devant qui il pliait en baissant la tête ! 

    Mon Maître  avait grand peur de sa Vénérable Mère...

    Il n' ignorait pas que Vieille Mère avait porté tous les jours à son vieil et incurable Epoux atteint de syphilis une potion à base de mercure destinée à le guérir... suivant le strict protocole ordonné par le Médecin.... 

    La peau de Vieil Epoux était devenue anormalement rouge, puis pustuleuse...Atteint de tremblements violents, il ne pouvait plus marcher, ni parler, et n'entendait plus.. Ses reins se bloquèrent et des crises de démences horribles l'accablèrent totalement... Il mourut sous les yeux secs de Vénérable Mère qui avait subi le pire durant toute sa vie d'Epouse soumise et attentionnée... 

     

    Chien Do n° 2

    Manoir de Heshen Ministre Quianlong Dynastie Qing,

    devenu ensuite celui du Prince Gong's Mansion, dans la région de Schichahai

     

    Mon Maître, fortement commotionné par la mort de son Vénérable Père, avec qui il vivait selon l'antique Tradition depuis ses sept ans dans les appartements particuliers réservés à  l'Epoux ,

    avait  expliqué devant moi à un Confident que le mercure était à l'origine des plus beaux colorants de la Chine : le cinabre et le vermillon... La Chine possédait d'importants gisements de mercure...  Mais que ce mercure tuait beaucoup plus qu'il ne guérissait... 

    Heshen ne mangeait jamais un met tant que celui-ci n'était pas goûté par l'esclave attitré à cet effet ! Prudence obligeait ... 

     

    Chien Do n° 2

    Cependant Mei, cette courageuse gamine qui me damait le pion et n'imaginait pas une seconde que je portasse les dents sur elle, fut sans pitié... me pourchassant sans cesse avec un regard farouche malgré mes grognements hargneux des plus terrifiants, mes babines retroussées et mes crocs qui pouvaient lui trancher la gorge sans effort... Rien ne l'impressionnait !   

    Elle était déchaînée, cette terrible femelle qui ne craignait plus rien, qui avait réussi à s'introduire en secret dans le coeur de mon Maître et devenait de plus en plus sa confidente dans les moments de "tendres" échanges... 

    Elle me traitait de Chien trop gâté, me reprochait mes gaucheries de Chien mal éduqué... et pire, de boulet.... de boulet !

    J'eu peur ! Il était bien visible qu'elle aurait tout fait pour se débarrasser de moi Je savais que je ne pouvais toucher à cette femelle sans encourir la mort... 

    Je résolus de me cacher, ce qui convenait mieux à ma paresse ! Je mis toute mon habilité machiavélique, mon esprit retors, mon flair subtil pour l'éviter... Rien n'y fit ! 

    Elle réussissait toujours à trouver des personnes téméraires   pour me débusquer.  Ses mains, qui savaient si bien caresser,  agrippaient ma toison, qu'elle lavait à grande eau mousseuse pendant que les serviteurs zélés m'immobilisaient à l'aide de piques acérés tout comme pour un fauve... J'étais furieux, humilié jusqu'à l'os... 

    Certes, je n'oublierai pas ! 

     

    Chien Do n° 2

     

    Puis, sous bonne garde, enchaîné, elle m'emmenait de force en promenade, sous l'oeil moqueur de Première Epouse .

    Mon Maître, étranger à mes difficultés et à celles de Concubine, me délaissait ! 

     

    Chien Do n° 2

     

    Puis, un jour, mystérieusement, Mei se mit à jubiler dans de grandes crises fébriles... et mit toute la Maisonnée sens dessus-dessous ! On accourut, on l'écouta, on donna des ordres... Mon Maître arriva en grande pompe... Vieille Mère aussi, du fond de son exil... 

    On mit fin à mon calvaire... Je retrouvai enfin mon esclave habituel qui me laissait en paix.. me soignant avec des mains douces et respectueuses... et me regardant faire toutes mes malices avec résignation... 

    Vieille Mère reprit du service... 

    Petite Maîtresse essaya,  soudain débonnaire,  de négocier avec Première Epouse.

     

    Chien Do n° 2

     

     

    Réticente, Première Epouse s'était raidie... Mais Mei sut trouver les jolis mots qui détendent le corps et l'âme... Surprise, Première Epouse réfléchit et concéda du bout des lèvres qu'elle avait été désagréable... Puis, comme une délivrance, les larmes coulèrent, les vannes s'ouvrirent et toute sa haine pour sa jeune rivale fondit...

    Mais son désespoir était réel... et Mei dut en tenir compte. Elle lui prit les mains et doucement, lui raconta sa propre détresse... devant l'inéluctable de sa vie de concubine à peine plus valable que celle d'un esclave... 

    "Toutes les Femmes chinoises sont victimes d'injustice" soupira Mei...

    Première Epouse lui murmura enfin son véritable nom : Chan ("Belle, gracieuse") ...

    Dans un grand rire, Mei ("la Fleur du Prunier") répéta plusieurs fois ce joli prénom sur tous les tons qui qualifiait si bien Première Epouse ... comme une comptine ... comme si elle se délectait d'un bonbon... Les deux Femmes furent saisies d'un fou rire libérateur et elles se jurèrent d'être désormais comme deux soeurs....

     

    Chien Do n° 2

     

    Concubine accoucha d'un Fils ! et se retrouva soudainement propulsée au rang tant convoitée de Deuxième Epouse... 

    Elle refusa la tenue traditionnelle mandchoue de la Maison de son Epoux, cette stricte robe  de soie rouge aux bordures agrémentées de galon en fil métallique doré... Des parures étincelèrent sur des robes nouvelles..

     

    Chien Do n° 2

    Vieille Mère

     

    Elle rayonnait auprès  de Vieille Mère charmée par une si jolie et accommodante Belle Fille, pendant les interminables parties de cartes. ou de dés... ou dans de savants  travaux d'aiguilles. L'Enfant était splendide, nourrie au lait épais d'une nourrice judicieusement choisie. Chan eut la permission de Vieille Mère de câliner l'Enfant... Les trois Femmes ne se quittaient plus ! 

    Vieille Mère exigea que les Portes de la Chambre Conjugale soient désormais grandes ouvertes... C'était une pratique courante pour modérer les ardeurs enflammées de l'Epoux ... afin de préserver Deuxième Epouse..., ainsi que mon éviction immédiate, et je dus me cantonner aux appartements de l'Epoux...  Pour la sécurité de l'Enfant ! 

    Il est vrai que mon caractère ombrageux ne s'accommodait guère des criailleries stridentes dont il gratifiait son monde pourtant en adoration devant sa si petite personne... 

     

    Chien Do n° 2

    C'est ainsi que je retrouvai mon Maître et ses incessants soliloques déprimés..., sa tranquillité à jamais perdue...

    Il finit par délaisser bien vite Deuxième Epouse en cultivant les fleurs du vice avec les Pensionnaires des Maisons de Fleurs pour "Illustres Personnages", dissimulées un peu partout dans les environs, malgré l'interdiction de la Dynastie Qing ...

    Comme son Vénérable Père !

     

    Chien Do n° 2

     

    Chien Do n° 2

     

    "Fleurs" des "Maisons de Fleurs" -  Epoque de la Dynastie Qing

    http://dona-rodrigue.eklablog.fr/les-courtisanes-c829758

     

    Il ne voulut plus ni de Troisième Epouse ni de concubines...

    En réalité, il était l'Amant de l'Empereur Qianlong, mais chut ! Heshen en souffrait trop pour autoriser qu'on en parle ouvertement... Donc, tout le monde ici en discutait à mots couverts, si bien que je finis par comprendre ! Pas facile, la vie des Humains !

     

    Chien Do n° 2

     

    A gauche, écriture des femmes, à droite celle des hommes

     

    Il m'apprit que Vieille Mère enseignait à Deuxième Epouse "l'écriture nüshu" (clic), l'écriture codée des femmes, seul moyen de communiquer avec d'autres femmes,  ainsi qu'avec celles de son Ancienne Famille...

    Cette "écriture de moustique", aux traits effilés et étirés... ressemblait aux caractères chinois, mais en forme de losanges - contrairement à l'écriture carrée des Hommes ...  Cette écriture était incompréhensible pour les Hommes, qui ne l'apprenaient pas .... 

    La Tradition voulait qu'on enseigne cette écriture au moyen de chants que les élèves recopiaient inlassablement afin qu'elles puissent enfin écrire leurs propres textes, qui les accompagneront dans leur tombe... pour qu'elles puissent les lire dans l'au-delà !

    Je ne pus jamais me venger des mauvais traitements de Mei...  Jiaqinq, successeur de l'Empereur,   imposa à mon Maître de se suicider après la mort de Qianlong.

    L'immense fortune de mon Maître Heshen ( 25 millions de kilos d'argent) et moi-même fûmes confisqués par le Nouvel Empereur Jiaqing... 

    Je me retrouvai comme animal de luxe dans la cour d'un Homme fier...  confié aux mains expertes et sévères de Dresseurs mâles... Mon Nouveau Maître, féru de chasses à cheval, m'emmenait dans d'épuisantes virées dans tout son Territoire de plaines et de forêts...  

    Je ne sus jamais ce qu'il advint de Vieille Mère,Chan, Mei et l'Enfant 

     

    Luciole 

     

    Chien Do n° 2

     

    Chien Do n° 2

    Bisous

     

    Pour ceux qui veulent connaître le fin mot de l'Histoire de Heshen et sa Famille :

     

    Enfin j'ai trouvé des renseignements sur Heshen, sur un Forum .... Il m'a fallu revenir en arrière d'au moins 12 pages sur Google...La ténacité paye !

    Heshen était né dans un puissant clan mandchou de l'Empire Qing. Il a été éduqué dans l'école impériale pour devenir officier. Etudes brillantes en arts martiaux, sciences, histoire et langues. Il devint l'Homme le plus cultivé de son temps, très bon stratège militaire, écrivain et parlant plusieurs langues ... De confession Chamanique. 

    Heshen, 25 ans, est Garde dans la Cité Impériale.  l'Empereur Qianlong a 60 ans. Il rencontra Heshen et tomba éperdument amoureux de lui ! Il était normal que l'Empereur dispose d'un "harem d'hommes" : les "xianggong" (les concubines mâles)... Heshen souffrait énormément d'être "l'amant de l'Empereur" ! 

    Heshen devient le Tuteur d'un des fils de Qianlong : Jiaqing ! 

    Heshen, en un an, devint le personnage le plus puissant de l'Empire  : il est nommé Ministre.... Pourtant l'Empereur, très soucieux de la bonne marche de son Empire, était loin d'être idiot ! Cette Histoire d'amour a duré plus de vingt ans entre eux deux...  Mais c'était "très mal vu" d'être à la fois amant et ministre de l'Empereur. 

    Qianlong marie une de ses filles, Xia He,  avec le Fils de Heshen (Fils qui devint donc le Beau Frère du futur Empereur Jiaqing : 15è Fils de Qianlong....... Ce qui est très important pour la suite de l'Histoire, car désormais, Heshen fait partie de la Famille Impériale !). 

    Heshen a donc gouverné de concert avec l'Empereur... Bilan très positif en politique intérieur, comme jamais vu ! mais Bilan lourdement grevé par des campagnes militaires fort coûteuses en politique extérieure... conduisant à des déficits budgétaires graves !

    Beaucoup de révoltes paysannes, de soulèvements perpétuels des ethnies non chinoises, des mouvements politiques sans cesse à l'affût de vouloir renverser le gouvernement.... 

     

    Qianlong décide   d'abdiquer en faveur de son 15ème Fils, Jiaqing...(1796), tout en continuant à tirer les ficelles du jeu politique jusqu'à sa mort le 7/2/1799.

    Jiaqing est faible, vindicatif, voire exécrable, facile à manipuler... Il complote sans cesse pour prendre le pouvoir... Qianlong manque par 2 fois de mourir... empoisonné ? Le régime politique ne va plus ... 

    A la mort de Qianlong, Jiaqing veut tout changer.... Il veut la tête de son Tuteur et de l'amant de son père...  Heshen ! Par de faux motifs, il l'accuse alors de haute trahison, de corruption et même d'abus de pouvoir... Il veut surtout récupérer la maison de Heshen, une des plus belles maisons privées de l'époque Qing, et toute la fortune de cet Homme le plus riche de l'Empire... qui sert soudain bouc émissaire...

    Il est vrai que Heshen n'a pas toujours été très honnête... Il a publié également un roman "Rêve dans le Pavillon rouge", pièce taoïste très violente contre le régime impérial... Et pourtant, il a été un formidable juriste, particulièrement attaché à une justice égale pour tous... 

    Bref, non seulement Jiaqing ordonne à Heshen de se pendre... mais la Famille de celui-ci risque également une condamnation à mort ou une déportation... ce qui ne valait guère mieux !

    Seulement, la soeur de Jiaqing, Xia He,  étant la belle fille de Heshen ......(vous me suivez ?) sauva la Famille.... qui a été épargnée par l'Empereur... 

     

    Xia He reçut même quelques propriétés de Heshen... 

     

    La Famille de Heshen en a - t - elle profité ????

     

    http://www.lafoliedix-huitieme.eu/pekin/empereur-qianlong-ses-imperatrices-epouses-amant-t1093-40.html


    24 commentaires
  • Chien Do

     

     

     

    DEFI n° 216 DES "CROQUEURS DE MOTS", mené par "LES CABARDOUCHE"

    (clic sur les noms en bleus)

    Pour Lundi 25 Février 2019 

     

    Marie a trouvé dans une brocante cette élégante estampe qui apparemment évoque une Histoire mystérieuse :

    QUI sont ces personnages ? QUE disent ils ?  QUE vont ils faire ? A vous de raconter ! 

     

    Ce qui a motivé mon Histoire basée sur des faits réels (mais enrobés de mon imagination) :

    - regardez donc le regard du chien

    - le regard dédaigneux de Première Dame qui tourne ostensiblement le dos à Deuxième Dame

    - l'embarras évident de Deuxième Dame en prise avec le charmant molosse qui semble vouloir n'en faire qu'à sa tête...  Mais Deuxième Dame a du caractère et tire sur la chaîne avec autorité... 

     

    Chien Do

    Chien Do

    La Cité Interdite - Chine 

    https://www.merveilles-du-monde.com/Cite-interdite/Photos-de-la-cite-interdite.php

     

     

     Musique chinoise à écouter tout en lisant 

     

    "Il faut se méfier des femmes , pour une qui est sage , il en est mille qui sont folles et méchantes. La femme est plus secrète que le chemin où , dans l'eau , passe le poisson. Elle est féroce comme le brigand et rusée comme lui. Il est rare qu'elle dise la vérité: pour elle , la vérité est pareille au mensonge , le mensonge pareil à la vérité. Souvent j'ai conseillé aux disciples d'éviter les femmes Bouddha»

     

     

    Chien Do

    Dogue du Tibet 

    https://jardinage.lemonde.fr/dossier-2067-dogue-tibet-chien.html 

    CHIEN DO

    (1ère Partie)

     

     Chien Do était prêt à mordre....!!!

     

    Moi, Chien Do, adulé par le Seigneur Heshen (1750-1799), Ministre du Grand Empereur Quianlong, j'étais un fauve poilu de 80 kg, ressemblant à un lion (symbole traditionnel de "chance" en Chine), un peu encombrant... au caractère imprévisible et particulièrement difficile.... peu affectueux ...Une fantaisie très coûteuse du Maître en dépit des hurlements hystériques de Vieille Mère devant ma dégaine "d'ours mal éduqué".... 

     

    Chien Do

    Heshen

     

    Mon histoire commença à l'époque de la Dynastie des Qing ("Eau") qui fut  fondée en 1661 par les envahisseurs mandchous.

    Qianlong (2/9/1711 - 7/2/1799) dont le nom signifie "Abondance Céleste" est le Quatrième Empereur de la Dynastie Qing. Il régnait sur l'immense territoire de la Chine depuis le 18 Octobre 1735.

    Chien Do

    Qianlong

     

    Heshen, mon Maître, admirait cet Empereur poète, peintre et Maître de la Calligraphie, mais qui était aussi un Homme ambitieux, conscient de son devoir. 

    Heshen, mon Maître,  reconnaissait que son Règne avait apporté une ère de paix et de prospérité, marquée par une très forte croissance économique... L'Empire mandchou était devenu le plus puissant Etat du Monde...

    Cependant l'Empereur vieillissait. Il avait eu la bonne idée de jeter son dévolu sur mon Maître, Heshen, jeune garde mandchou à l'époque. Les élites n'apprécièrent guère l'influence toujours grandissante de mon Maître sur le vieil Empereur... 

    Beaucoup racontaient que mon Maître était en grande partie responsable de la corruption qui désagrégeait l'Empire chinois. 

    Etant donné que je n'avais pas encore la parole, mon Maître me confiait tout ! Il se riait de toutes ces "cancanailleries"  et s'en moquait ! Il était devenu Ministre, "l'oeil et l'oreille attentifs" du vieil Empereur et tous devaient lui céder la place en sa Présence... C'était là son But Ultime... Il se gaussait d'être l'un des fonctionnaires le plus corrompu de toute l'Histoire des Quing... 

    Heshen jouait sans cesse avec le feu et le savait ! 

    Mais mon Maître se devait d'avoir une Femme Belle dans sa panoplie.

    Première Epouse apparut.

     

    Chien Do

     

    Première Epouse

    C'était une très jeune Lettrée, entichée de poésie... Première Epouse, d'une Beauté glacée, distante, profondément malheureuse, pouvait à peine marcher. Ses petits pieds bandés, recouvert d'un mignon petit chausson de soie rouge, ne mesuraient plus que quinze centimètres... Moyen efficace des Humains de garder leur femelle à la maison... 

    Une chance d'être un Chien énorme : mon Maître refusa les vêtements de cérémonie dont on voulait m'affubler, comme la plupart des Chiens de cette époque, qui possédaient des armoires entières d'habits prestigieux crées par des artistes chinois.

    Quelques mois après ce mariage hâtivement conclu par les Familles, Petite Fille Sans Nom naquit, et fut emportée très vite par la Sage Femme. Nul ne sut ce qu'elle était devenue...

     

    Heshen ne prononça jamais le nom véritable de Première Epouse

    La souffrance physique de Première Epouse se renforça d'une souffrance morale telle qu'elle la rendit infertile, passive, solitaire .... 

    Le premier remède de cette vie cruelle, misérable, vaine et sans but d'une Epouse déchue était un suicide magnanime pour son Epoux et la Famille de son Epoux... 

    Heshen attendit... Mais Première Epouse, haineuse, se réfugia volontairement dans la Poésie. Elle excellait dans cet art très considéré en Chine, sauf pour son Epoux... 

    Quand mon Maître partait pour ses affaires, j'écoutais religieusement la voix plaintive de Première Epouse déclamer ses poèmes.

    C'était si déchirant que tous mes poils se dressaient...

    Ses poèmes racontaient invariablement la concupiscence des Hommes envers un corps délicat livré à des mains brutales. Corps glacés violés sans ménagements ... Corps contraints sous peine de châtiments redoutables. 

    Heshen, fâché, lassé d'attendre un dénouement définitif de ce mariage maudit, fit chercher une concubine agréable et procréative par Vieille Mère... Vieille Mère s'était retirée dans le Pavillon des Recluses au fond du Parc des Femmes... 

    C'est ainsi que Mei arriva ! 

    Chien Do

     

    Mei, dite "Concubine"

     

    Première Epouse et Concubine se devaient, selon la Tradition, de se considérer comme des soeurs. 

    Mais Première Epouse en décida autrement et reporta toute sa rancoeur sur Concubine.

    Mei devait obéissance à Première Epouse, la concubine étant faite pour souffrir toute sa vie, et on attendait ensuite qu'elle meurt en silence... 

    C'était sans compter sur l'espièglerie de Concubine !

    Mei ne s'identifiait pas à un Fantôme sans prise directe sur la réalité, comme Première Epouse, dont Mei comprit tout de suite le drame... 

    La valeur d'un Fils donnera à Concubine une Place sociale définitive ! Elle était sûre d'elle  ! 

    C'était une très jolie jeune fille de quinze ans venant d'une Famille aisée, qui avait appris depuis son plus jeune âge toutes les Règles de la vie des Femmes... Elle savait que l'Epoux pouvait la rejeter de manière arbitraire : une concubine n'avait que peu de droits dans ce système féodal cruel ! 

    Avec un Fils, elle pourra acquérir un peu d'indépendance et de considération, et la position très enviée de Mère du Futur Chef de Famille. Une fois veuve, elle aura autorité sur toute la Maison... 

    Voilà ! 

    Si Première Epouse m'avait totalement ignoré, il n'en fut pas de même de Mei !

    Très courtisée par mon orgueilleux Maître, elle repéra très vite les faiblesses de cet Homme de Pouvoir, sa violente volonté de conquérir, même dans la Chambre Conjugale, car mon Maître se persuadait que son titre de Ministre lui conférait des droits particuliers... tous les droits !

    J'étais un Chien peu ordinaire, capable de tout comprendre... Et Mei se parlait souvent toute seule devant moi...  déroulant ses plans sans me prêter attention.... J'enregistrais toutes ses paroles... toutes ses odeurs .... 

    Même quand elle se moquait de la fatuité, de la sottise de son Epoux dans les moments de crises...

    Mais elle cherchait tous les moyens pour  assouvir le plaisir de cet Homme indélicat et violent...

    En ma qualité de Gardien du Maître, j'assistais à tous leurs ébats, frileusement blotti sur mon immense coussin moelleux.... et j'eu peur plus d'une fois !

    Les Humains ont de drôles de façons violentes, furieuses de procréer... 

    Première Epouse, clairvoyante, en prit définitivement ombrage ! Sa férocité désoeuvrée s'enfla, cherchant comment évincer cette très jeune rivale si convoitée par l'Epoux !

    Alors je vis le mensonge rôder, les perfidies voler...  les persécutions, les humiliations pleuvoir sur Mei, interdite, mais non rendue ! 

    "Pense à ce que j'endure à cause de toi" cinglait la voix dure de cette Ombre incommode... "Crois-tu qu'une petite roulure comme toi puisse tenir mon destin entre ses mains ?"

    C'est alors que Première Epouse eut une idée géniale... Puisque Concubine n'avait pas les pieds bandés, elle pouvait donc s'occuper de Chien Do et le promener  dans le Parc des Femmes... ? suggérait-elle à son Epoux soudain accommodant. 

    C'est ainsi que, avec une inexplicable perversité, mon Maître ordonna à Concubine d'obéir promptement à Première Epouse... 

    Mei suffoquait d'humiliation ! Elle me traîna par les poils dans sa Chambre et, tournant en rond comme fauve en cage, elle murmurait des paroles épouvantables : 

    "C'est ainsi qu'agit le plus Puissant Ministre de l'Empire ? quelle goujaterie monstrueuse envers la Femme qui s'ingénie et souffre tant à le satisfaire ? Cet Homme froid et austère, au masque impénétrable... Cet Homme violent... Cet Homme si faible dans sa chair.... ....."

    ET bien d'autres choses que je préfère taire ! 

    Je me rendis vite compte que je n'étais pas le plus fort ! 

    Les yeux injectés de Mei posés sur moi m'étourdissaient de menaces claires ... Ses messages olfactifs m'assourdissaient... Cette toute petite gamine m'écrasait de toute sa colère... 

    Je sus que je n'étais plus qu'un honorable parasite ! 

     

    Luciole

     

    A SUIVRE

     

    Chien Do

    Chien Do

     

     

     

     


    32 commentaires
  •  

     

     

    LA SAINT VALENTIN

     

    (Cliquez sur l'image) 

     

    Concours Lettre St Valentin avec les Croqueurs de Mots

    et 16 mots imposés : 

    sucette – chaussettes – velours – cheveux – clin d’oeil – toujours – gratitude – vie – nonne –

    ardent(e) – plaisir – surprise – attendre – retard – réfléchir – bonbons

     

    LA SAINT VALENTIN

     

    Lettre n° 22 : Luciole

     

    AVEC TOI, REFAIRE LE CHEMIN

    DE LA SAINT VALENTIN 

     

    Un si beau jour, ma mie… T’en souviens-tu ? Cette odeur de jeunesse de nos quinze ans, à l’aise dans nos chaussettes courant à perdre haleine dans l’herbe humide… ton rire d’enfant cascadant dans les clairs chemins de la si courte nuit.

    Ah, ma Douce, ma Mie, comme tu étais belle, à l’âge des sucettes qui barbouillaient encore tes innocentes lèvres….

    Ton âme droite et claire miroitait comme eau vive sur ma sève éblouie.

    Petite nonne sucrée, tu menais la danse, fougueuse, ardente dans la nuit complice qui, doucement, referma la porte….

    Te souviens-tu de ces chemins hésitants du puceau tremblant, éperdu, qui tentait de t’approcher sans attendre – la nuit est si courte – malgré tes cris faussement effarouchés ?

    Sans réfléchir, mon corps palpitant se précipita avec tant de fougue sur le tien qu’il nous jeta, riant aux éclats, sur l’herbe malmenée….

    Emus soudain, intimidés, craintifs, nous nous sommes étendus l’un à côté de l’autre. J’ai pris ta main tremblante dans la mienne si peu assurée. Et nous avons contemplé en silence le scintillement argenté des étoiles sur le noir velours du ciel, le souffle suspendu à la froide haleine du vent.

    La lune nous illuminait d’un sourire étrange… tu m’as soufflé, petite ingénue : « j’ai froid ! »… N’écoutant que mon courage, je me suis penché sur toi, t’enveloppant de mon bras pour te réchauffer - tes cheveux sentaient si bon l’herbe froissée et la lavande – pour cueillir le sourire fiévreux de tes lèvres si fraîches au goût de bonbon…..

    Dans tes yeux se miraient la lune… Tes yeux, que me disaient-ils – Oh, tant de douces choses que, ma Mie, te souviens-tu de ma main affamée qui s’est hasardée à effleurer tes petits bourgeons ?

    Tes yeux avides riaient de plaisir… M’en as-tu conté avec tes mirettes… Ma bouche avait soif de toi, une soif infinie, soif de ta soif… Ma bouche est partie en voyage sur ton corps qui s’offrait… Oh quelle surprise, quelle griserie, ma Mie, que ton corps bondissant comme cabri ! Que de sublimes découvertes, ma Fleur, ma Chanson, ma Vie

    Ta tendresse ingénue, ton souffle qui s’étonne, ample, et se termine en cris !

    Ma Mie, ma Douce, ma Chérie, comme tu me laisses seul sur la rive, orphelin de toi… Ma vie qui devient cendre, qui titube, qui fond en larmes…

    Mes yeux qui se détournent des étoiles… Plus que moi dans le miroir – à crever d’ennui dans ce monde privé d’espérance immortelle.

    Avec toi se sont englouties mes plus belles visions…

    Mais que tu es belle encore dans la brume de mes souvenirs de vieillard au déclin de sa vie….

    Comment te dire ma gratitude, ô toi qui a cheminé si longtemps à mes côtés !

    Quand te reverrais-je enfin au Royaume des ombres ?

    Clin d’œil de ton grand Fou qui t’aime toujours autant…

    Bonne Saint Valentin là où tu es ! Et embrasse pour moi le Saint sans retard, lui qui nous a unis mieux que Cupidon….

     

    Luciole

     

    LA SAINT VALENTIN

    Sur 22 lettres : voici le classement :

    1ère : Fanfan notre jeune retraitée avec la lettre n°14 

    2ème ex aequo : Martine (Quai des rimes) avec la lettre n°8

      Luciole83 avec la lettre 22

    3ème : Jazzy57 avec la lettre 12

     

    Félicitations à toutes les quatre.

     

    Et merci à tous les participants

     

     

    Un grand merci aux Croqueuses

    qui ont eu la gentillesse de voter pour ma lettre

     

     

    LA SAINT VALENTIN

     

    684 pages lues 

     

     


    21 commentaires
  • États-Unis : perdu en forêt, un enfant affirme avoir été aidé par un ours

    L'affiche manquante pour Casey Hathaway manquant.

     

    Un garçon de 3 ans a été retrouvé après 2 jours perdu dans la forêt en Caroline du Nord. Il affirme avoir survécu grâce à un ours.

    Un ours brun (illustration).

    https://www.rtl.fr/actu/insolite/etats-unis-perdu-en-foret-un-enfant-affirme-avoir-ete-aide-par-un-ours-7796367239

    29/01/2019

    Certains le surnomment "Le nouveau Mowgli". Mardi 22 janvier, Casey Hathaway 3 ans, a disparu alors qu'il jouait avec deux autres enfants dans le jardin de sa grand-mère en Caroline du Nord aux États-Unis. Selon le Guardian, Casey s'est perdu dans la forêt pendant 2 jours avant de réapparaître sain et sauf. D'après ses dires, l'enfant a passé tout ce temps avec un ours, qui lui a permis de ne pas mourir de froid. 

    Sa disparition avait provoqué la mobilisation de centaines de volontaires et d'officiers du FBI qui avaient quadrillé la zone avec des hélicoptères. Les autorités ont finalement retrouvé l'enfant jeudi 24 janvier vers 21h30, dans des buissons épineux, à 400 mètres du lieu où il avait disparu.

    Casey est en bonne santé, il est souriant et il parle. Il a dit qu'il était en compagnie d'un ours pendant deux jours. Dieu lui a envoyé un ami pour le garder en sécurité", a posté la tante de Casey sur Facebook. L'enfant a passé une nuit à l’hôpital par mesure de précaution mais ne porte que quelques traces de coupures légères sur le visage.

     

    Coucou cher(e)s aminautes

    Cet article qui m'a émue ! En attendant un nouvel épisode du "Futur Proche n° 39" en cours ! suis comme Pénélope, "sur le métier remets sans cesse l'ouvrage !".... Bisous

     

     

     


    32 commentaires
  • Rires et larmes de Novembre

    Défi n° 213 des Croqueurs de Mots

    Piloté par Colette

     

    Insérer les phrases suivantes :

    "Novembre a ses charmes

    Novembre a ses larmes

    Son décor fait rêver

    Son refrain fait pleurer"

     

    Rires et larmes de Novembre

     

    RIRES ET LARMES DE NOVEMBRE

     

    Splendeur et charmes de Novembre en ces forêts lambrissées d'or où triomphaient encore les embrasements pourpres et les tendresses charnelles des verts....

    La Forêt de Novembre s'offrait ainsi qu'une amante, toute fourmillante de vie, gazouillant au vent ses fringales d'amour qui déclenchaient les brames des cerfs et les fureurs enfiévrées des bêtes....

    Novembre s'enrageait d'aimer encore sous les cieux incandescents et les gaîtés mouillées des aquarelles, allumant des soleils dans les broderies humides des nuages fous, des nuages fauves, des nuages feux.... dans les senteurs âcres des brouillards gris qui roulaient parfois des vapeurs gluantes sur toutes choses....

    Novembre ne savait que faire ! Il se brûlait puis se noyait dans des caprices qui le jetaient dans des clameurs étranges, des jours houleux, des soirs tragiques.... en s'ébrouant en torrent de larmes sur des villages blottis aux pieds des monts, ou dans des cours d'eau qui débordaient de toute cette eau bue, ou sur des vignes écartelées de pourpres, ou sur des chemins boueux où l'homme s'engluait....

    Pourtant, Quelque Chose de Grandiose palpitait en lui, Quelque Chose d'ébouriffant ! 

    Dans son sein triomphait "une foule immense que nul ne pouvait dénombrer", une foule toute de blanc vêtue... qui racontait le Bonheur en Dieu et louait le Christ à belles claironnées....

    Large choeur qui résonnait longuement en l'Homme et façonnait sa vie, l'incitant à accueillir la Sainteté donnée par Dieu à qui consentait à se dépouiller.... comme la nature prépare à l'automne son printemps dans le silence, ce Printemps de Dieu dont la Fête de la Toussaint dit le Secret.... 

    Printemps annonciateur de Résurrection.... Emerveillement de l'Amour ! 

    Car l'Homme est appelé à la Résurrection, déjà à l'oeuvre dès sa naissance et qu'il goûtera après avoir ouvert la porte de la mort ... 

    La Résurrection, Novembre le savait, n'était que de la Vie renouvelée, la Vie en Plénitude, la Vie en Dieu.... 

     

    Novembre déployait ses rouges silences sur les massifs écarlates des superbes dahlias, des tapis de chrysanthèmes .... recouvrant d'obscurs caveaux où dormaient encore, peut être, de lourds secrets.... 

     

    L'Automne égrenait le babil des heures, des jours et des nuits.... Sur les vieux os du Temps chimérique, voici que son refrain, un soir, se couvrit de gel, de givre, de neige....  cernés de solitude....

    Le posthume Automne larmoya sa défaite.... L'Hiver, soudain, gluait les rêves !

    Les Heures alanguies se traînèrent à pas lents, se réchauffant les doigts gourds autour d'un chocolat brûlant , océan de douceur où se touillaient les peines.... ou attablant son ennui autour de boudins, de volailles et de vins clairs.... pour qu'enfin cascadent les rires et les humeurs badines.... à volets clos....

     

    Luciole

     

    11/12/2018 : 622 pages lues


    41 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique