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    LA SAINT VALENTIN

     

    (Cliquez sur l'image) 

     

    Concours Lettre St Valentin avec les Croqueurs de Mots

    et 16 mots imposés : 

    sucette – chaussettes – velours – cheveux – clin d’oeil – toujours – gratitude – vie – nonne –

    ardent(e) – plaisir – surprise – attendre – retard – réfléchir – bonbons

     

    LA SAINT VALENTIN

     

    Lettre n° 22 : Luciole

     

    AVEC TOI, REFAIRE LE CHEMIN

    DE LA SAINT VALENTIN 

     

    Un si beau jour, ma mie… T’en souviens-tu ? Cette odeur de jeunesse de nos quinze ans, à l’aise dans nos chaussettes courant à perdre haleine dans l’herbe humide… ton rire d’enfant cascadant dans les clairs chemins de la si courte nuit.

    Ah, ma Douce, ma Mie, comme tu étais belle, à l’âge des sucettes qui barbouillaient encore tes innocentes lèvres….

    Ton âme droite et claire miroitait comme eau vive sur ma sève éblouie.

    Petite nonne sucrée, tu menais la danse, fougueuse, ardente dans la nuit complice qui, doucement, referma la porte….

    Te souviens-tu de ces chemins hésitants du puceau tremblant, éperdu, qui tentait de t’approcher sans attendre – la nuit est si courte – malgré tes cris faussement effarouchés ?

    Sans réfléchir, mon corps palpitant se précipita avec tant de fougue sur le tien qu’il nous jeta, riant aux éclats, sur l’herbe malmenée….

    Emus soudain, intimidés, craintifs, nous nous sommes étendus l’un à côté de l’autre. J’ai pris ta main tremblante dans la mienne si peu assurée. Et nous avons contemplé en silence le scintillement argenté des étoiles sur le noir velours du ciel, le souffle suspendu à la froide haleine du vent.

    La lune nous illuminait d’un sourire étrange… tu m’as soufflé, petite ingénue : « j’ai froid ! »… N’écoutant que mon courage, je me suis penché sur toi, t’enveloppant de mon bras pour te réchauffer - tes cheveux sentaient si bon l’herbe froissée et la lavande – pour cueillir le sourire fiévreux de tes lèvres si fraîches au goût de bonbon…..

    Dans tes yeux se miraient la lune… Tes yeux, que me disaient-ils – Oh, tant de douces choses que, ma Mie, te souviens-tu de ma main affamée qui s’est hasardée à effleurer tes petits bourgeons ?

    Tes yeux avides riaient de plaisir… M’en as-tu conté avec tes mirettes… Ma bouche avait soif de toi, une soif infinie, soif de ta soif… Ma bouche est partie en voyage sur ton corps qui s’offrait… Oh quelle surprise, quelle griserie, ma Mie, que ton corps bondissant comme cabri ! Que de sublimes découvertes, ma Fleur, ma Chanson, ma Vie

    Ta tendresse ingénue, ton souffle qui s’étonne, ample, et se termine en cris !

    Ma Mie, ma Douce, ma Chérie, comme tu me laisses seul sur la rive, orphelin de toi… Ma vie qui devient cendre, qui titube, qui fond en larmes…

    Mes yeux qui se détournent des étoiles… Plus que moi dans le miroir – à crever d’ennui dans ce monde privé d’espérance immortelle.

    Avec toi se sont englouties mes plus belles visions…

    Mais que tu es belle encore dans la brume de mes souvenirs de vieillard au déclin de sa vie….

    Comment te dire ma gratitude, ô toi qui a cheminé si longtemps à mes côtés !

    Quand te reverrais-je enfin au Royaume des ombres ?

    Clin d’œil de ton grand Fou qui t’aime toujours autant…

    Bonne Saint Valentin là où tu es ! Et embrasse pour moi le Saint sans retard, lui qui nous a unis mieux que Cupidon….

     

    Luciole

     

    LA SAINT VALENTIN

    Sur 22 lettres : voici le classement :

    1ère : Fanfan notre jeune retraitée avec la lettre n°14 

    2ème ex aequo : Martine (Quai des rimes) avec la lettre n°8

      Luciole83 avec la lettre 22

    3ème : Jazzy57 avec la lettre 12

     

    Félicitations à toutes les quatre.

     

    Et merci à tous les participants

     

     

    Un grand merci aux Croqueuses

    qui ont eu la gentillesse de voter pour ma lettre

     

     

    LA SAINT VALENTIN

     

    684 pages lues 

     

     


    19 commentaires
  • États-Unis : perdu en forêt, un enfant affirme avoir été aidé par un ours

    L'affiche manquante pour Casey Hathaway manquant.

     

    Un garçon de 3 ans a été retrouvé après 2 jours perdu dans la forêt en Caroline du Nord. Il affirme avoir survécu grâce à un ours.

    Un ours brun (illustration).

    https://www.rtl.fr/actu/insolite/etats-unis-perdu-en-foret-un-enfant-affirme-avoir-ete-aide-par-un-ours-7796367239

    29/01/2019

    Certains le surnomment "Le nouveau Mowgli". Mardi 22 janvier, Casey Hathaway 3 ans, a disparu alors qu'il jouait avec deux autres enfants dans le jardin de sa grand-mère en Caroline du Nord aux États-Unis. Selon le Guardian, Casey s'est perdu dans la forêt pendant 2 jours avant de réapparaître sain et sauf. D'après ses dires, l'enfant a passé tout ce temps avec un ours, qui lui a permis de ne pas mourir de froid. 

    Sa disparition avait provoqué la mobilisation de centaines de volontaires et d'officiers du FBI qui avaient quadrillé la zone avec des hélicoptères. Les autorités ont finalement retrouvé l'enfant jeudi 24 janvier vers 21h30, dans des buissons épineux, à 400 mètres du lieu où il avait disparu.

    Casey est en bonne santé, il est souriant et il parle. Il a dit qu'il était en compagnie d'un ours pendant deux jours. Dieu lui a envoyé un ami pour le garder en sécurité", a posté la tante de Casey sur Facebook. L'enfant a passé une nuit à l’hôpital par mesure de précaution mais ne porte que quelques traces de coupures légères sur le visage.

     

    Coucou cher(e)s aminautes

    Cet article qui m'a émue ! En attendant un nouvel épisode du "Futur Proche n° 39" en cours ! suis comme Pénélope, "sur le métier remets sans cesse l'ouvrage !".... Bisous

     

     

     


    32 commentaires
  • Rires et larmes de Novembre

    Défi n° 213 des Croqueurs de Mots

    Piloté par Colette

     

    Insérer les phrases suivantes :

    "Novembre a ses charmes

    Novembre a ses larmes

    Son décor fait rêver

    Son refrain fait pleurer"

     

    Rires et larmes de Novembre

     

    RIRES ET LARMES DE NOVEMBRE

     

    Splendeur et charmes de Novembre en ces forêts lambrissées d'or où triomphaient encore les embrasements pourpres et les tendresses charnelles des verts....

    La Forêt de Novembre s'offrait ainsi qu'une amante, toute fourmillante de vie, gazouillant au vent ses fringales d'amour qui déclenchaient les brames des cerfs et les fureurs enfiévrées des bêtes....

    Novembre s'enrageait d'aimer encore sous les cieux incandescents et les gaîtés mouillées des aquarelles, allumant des soleils dans les broderies humides des nuages fous, des nuages fauves, des nuages feux.... dans les senteurs âcres des brouillards gris qui roulaient parfois des vapeurs gluantes sur toutes choses....

    Novembre ne savait que faire ! Il se brûlait puis se noyait dans des caprices qui le jetaient dans des clameurs étranges, des jours houleux, des soirs tragiques.... en s'ébrouant en torrent de larmes sur des villages blottis aux pieds des monts, ou dans des cours d'eau qui débordaient de toute cette eau bue, ou sur des vignes écartelées de pourpres, ou sur des chemins boueux où l'homme s'engluait....

    Pourtant, Quelque Chose de Grandiose palpitait en lui, Quelque Chose d'ébouriffant ! 

    Dans son sein triomphait "une foule immense que nul ne pouvait dénombrer", une foule toute de blanc vêtue... qui racontait le Bonheur en Dieu et louait le Christ à belles claironnées....

    Large choeur qui résonnait longuement en l'Homme et façonnait sa vie, l'incitant à accueillir la Sainteté donnée par Dieu à qui consentait à se dépouiller.... comme la nature prépare à l'automne son printemps dans le silence, ce Printemps de Dieu dont la Fête de la Toussaint dit le Secret.... 

    Printemps annonciateur de Résurrection.... Emerveillement de l'Amour ! 

    Car l'Homme est appelé à la Résurrection, déjà à l'oeuvre dès sa naissance et qu'il goûtera après avoir ouvert la porte de la mort ... 

    La Résurrection, Novembre le savait, n'était que de la Vie renouvelée, la Vie en Plénitude, la Vie en Dieu.... 

     

    Novembre déployait ses rouges silences sur les massifs écarlates des superbes dahlias, des tapis de chrysanthèmes .... recouvrant d'obscurs caveaux où dormaient encore, peut être, de lourds secrets.... 

     

    L'Automne égrenait le babil des heures, des jours et des nuits.... Sur les vieux os du Temps chimérique, voici que son refrain, un soir, se couvrit de gel, de givre, de neige....  cernés de solitude....

    Le posthume Automne larmoya sa défaite.... L'Hiver, soudain, gluait les rêves !

    Les Heures alanguies se traînèrent à pas lents, se réchauffant les doigts gourds autour d'un chocolat brûlant , océan de douceur où se touillaient les peines.... ou attablant son ennui autour de boudins, de volailles et de vins clairs.... pour qu'enfin cascadent les rires et les humeurs badines.... à volets clos....

     

    Luciole

     

    11/12/2018 : 622 pages lues


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    DEFI n° 211 DES CROQUEURS DE MOTS :

    VOUS ÊTES INVITES A UN VERNISSAGE  ! 

     

    L'Art du "Rien" ?

     Cliquez sur l'image

     

    Ohé du bateau…

    Cette quinzaine le navire touche terre avec Josette qui pour ce défi 211 sort de sa cachette …

    car vous avez reçu une invitation à un vernissage, avec un ami

    Ravie ou outrée vous partagez vos impressions devant les premières œuvres exposées …

    et mieux si vous insérez 2 expressions contenant le nom d’un animal !

     

     

     

     

     

     

    L'Art du "Rien" ?

    Spacial concept "En attente" - Lucio Fontana

     

     

    L'ART du "RIEN" ?

     

    Sorti du métro parisien, je presse le pas et mon embonpoint.... avec peine. J'ai rendez-vous avec Paul, un type class, très branché et cultivé, coqueluche de la Direction de mon entreprise grâce à son formidable réseau de relations mondaines.... 

     

    Féru d'Art Contemporain, Paul traîne sa dégaine longiligne ascétique minimaliste dernier cri dans les expositions, les galeries et autres où grenouillent les artistes voulant émerger.... et l'élite parisienne mondaine..

    Devant les oeuvres exposées, avec ferveur, Paul s'extasie  ostensiblement ....

    L'art classique n'est pas "sa tasse de thé"... Il a une vision très "trash" de la vie... Son "trip", ce sont les oeuvres avec lesquelles "il peut entrer en dialogue"

    "L'art, c'est un jeu de cache-cache" m'explique-t-il avec des gestes minimalistes trahissant une grande fatigue dégingandée.... " L'incompréhension fait entrave à l'art pour 'le commun des mortels', affligé d'une grave défaillance de perception... Comprends-tu ? Toute rencontre artistique demande une grande disponibilité de soi...."

     

    J'ai bien peur de faire partie "du commun des mortels" dont il se moque... et suis beaucoup plus proche de l'opinion de Jean-Louis HAROUEL  (clic sur le nom) : ("l'art contemporain = la grande falsification") .... que de la sienne....

    L'art contemporain, à part de sublimes exceptions, est pour moi une illustration de l'idéologie libertaire de notre époque, qui professe la transgression de toutes les règles, traditions, conventions.... bref, de tout ce qui entrave la liberté narcissique du "Moi"...

     

    L'Art du "Rien" ?

     

    Dire que tout le fondement de ce courant est une blague monumentale, une imposture qui me fait hurler de rire... et d'effroi : cette pissotière" de DUCHAMP (1917) ! (clic sur le nom)

     

     

    Panique devant une accumulation d'inepties envahissant des musées gigantesques dans lesquels déambulent quelques égarés sous l'égide de guides volubiles incompréhensibles... 

     

    Malaise devant les "Performances" de certains hurluberlus qui n'hésitent pas à mettre en scène leurs propres perversions, sexuelles de préférence, ou leur propre corps....

     

    L'Art du "Rien" ?

     

    Scandale en 2014 avec l'érection du "Plug anal"  érigé Place Vendôme pour la Foire internationale d'art contemporain (Fiac) par le spécialiste des provocations pornographiques et scatologiques McCarthy (clic sur le nom)

    L'Art du "Rien" ?

     

     

     

    Ou la "Performance" aberrante d'Opalka (clic sur le nom) qui passa 40 années de sa vie à reproduire interminablement sur toile des suite de nombres.....

     

     

     

     

    L'Art du "Rien" ?

     

     

    Sans oublier la "Performance" d'Abraham Poincheval  (clic sur le nom) qui s'enfermait dans des casiers de vestiaire, des dépouilles d'ours, 

    dans des rochers évidés ou des tombes en bois.....

     

     

     

    L'Art du "Rien" ?

     

    Culte du déchet où la "délectation esthétique" consiste à "jouer la carte du dégoût, de l'ignoble, du laid" comme pour les "tas d'ordures" d'Arman (clic sur le nom)

     

     

    L'Art du "Rien" ?

     

     

    Ou les tas de vêtements usagers de Boltanski  (clic sur le nom)

     

     

    "Artistes" vulnérables aux diktats de la Société de consommation et surtout à ceux du réseau officiel, marchand ou médiatique....

    Le monde de l'art est désormais aux mains des opérateurs culturels... L'art a toujours été lié à l'argent !

    "Enrichir une collection d'art n'est pas un geste anodin", pensais-je essoufflé en arpentant le pavé de Paris... "C'est tellement lié à la dépense faramineuse obligée pour acquérir une "oeuvre" ! ....

     

     

    Mais il me faut raison garder ... Ce cher Paul a le bras long dans le cercle mondain.... Pas question de se distinguer de la meute qui, en ce moment, se bouscule devant moi sous l'oeil vigilant du garde... 

    Être le mouton de Panurge qui s'évertue à être dans le coup... tant la peur de passer pour un imbécile est grande ! Et de perdre mon emploi... ! Bêler avec le troupeau.... 

    Paul est déjà là, tout sourire, courtisanerie et congratulations avec les bobos qui se pressent autour de lui... J'eu peur ! Physiquement peur ! A faire demi-tour derechef.... Allais-je me dégonfler comme ballon de baudruche ?

    Plus le temps ! il est devant moi, me tend grand les bras, se penche vers ma transpirante petitesse rebondie, m'accolade à grands bruits devant tout le gratin faussement mal fringué... Je suis coincé ! Il m'entraîne dans la galerie... Laurel et Hardy... Lui le grand, moi le petit !

    A chaque pas, on se bise, on se présente et on se bise.... un subtil réseau s'est tissé... comme une toile d'araignée... J'ai chaud.... chope une coupe d'un mauvais champagne bien trop vert qui attaque les dents et râcle la gorge... Je ne sais que faire pour me donner bonne contenance... 

    Mais Paul verticalise, s'extasie, vacuitise dans un jargon, une novlangue incompréhensible... sur un art financiarisé à l'extrême qui ne demande ni mémoire, ni culture.... où se côtoient rayures, carrés et peintures fantomatiques anémiées.... 

    Rien qui ne me fasse changer d'avis.... Je rapetisse à vue d'oeil... deviens invisible....

    "Mon art n'est pas un art" chantonne un des artistes faussement humble, réquisitionné par Paul... "mais transcendance de soi.... luminosité de mon âme qui s'envole comme petit oiseau vers l'infini... Un travail de fourmi qui évolue sur la pointe des pieds...."

    Fébrilité de l'artiste face au public... J'en ai mal pour lui !

    Heureusement, tous les vernissages ne sont pas égaux ! Je garde de merveilleux souvenirs de certaines oeuvres, incontournables vaches sacrées, qui m'ont "transcendé".... 

    Parlez moi du "scandaleux" Manet (Clic sur le nom), qui a ouvert en son temps la voix de l'impressionnisme ... une hérésie aux yeux de ses contemporains... Parlez moi de Renoir (clic sur le nom), de Monet (clic sur le nom)... de cette période bénie la plus aimée du public dont je fais partie, période gravée dans notre conscience artistique... Là, je suis heureux..... Là, je vous suis avec la plus grande joie.... 

    Mais plus jamais avec Paul, plus jamais.....

     

    Luciole

     

     

     7/11/2018 :

    -155 visiteurs à 23 H 22

    - 914 pages vues

    Merci à tous ces visiteurs

     

     


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    MA BIBLIOTHEQUE

     

     

    DEFI n° 203 des CROQUEURS de MOTS

    Pour LUNDI 2 AVRIL 2018

    Mené par Laura Vanel Coytte

    "J'aimerais que vous me parliez d'un CDI, d'une BIBLIOTHEQUE
    ou tout autre paysage livresque (librairie, chez vous etc)
    où vous vous sentez bien.... ou pas."

     

     

    MA BIBLIOTHEQUE

     

     

    MA BIBLIOTHEQUE

     

    Une Bibliothèque : quel bonheur !

    A peine mon Cher Bricoleur avait-il fini d'assembler les blocs étagères dans mon "bureau" en 2008,  que je m'étais  précipitée à y installer mes grands amis les Livres.... Mes amours sur des étagères !

    Le courant puissant de la révolte féministe de mes premières années d'adulte s'y engouffra dans un bloc tout entier... Hommage à ces femmes courageuses qui méritaient d'être lues, comprises et acclamées ! Femmes d'hier et d'aujourd'hui .... 

    Il me faudrait épousseter ce passé tumultueux, le feuilleter, prendre des notes... retrouver la passion violente qui m'avait tant ébranlée à l'époque de ces achats compulsifs alors que, jeune mariée, je venais à peine de quitter mes Parents.... 

    Les livres ont tant compté dans ma jeune vie ! Dès mes 7 ans, ils étaient mon seul réconfort, mon seul vrai chez-moi !

    Magie extraordinaire, quoique ardue, de mon tout premier livre offert par mon Parrain : "De la Terre à la Lune" de Jules Verne.... Pas certain que j'eusse goûté toute la finesse et l'humour de ce fabuleux écrivain ! Mais ce livre m'avait provoqué comme un électrochoc ! 

    S'ensuivit une boulimie maladive, obsessionnelle, de tous les livres - ceux prêtés par des copines en cachette de mes Parents - ceux trouvés dans les cartons de l'immense sous-sol encombré de mes Grand-Parents paternels - ceux de mon oncle qui habitaient chez eux....  

    Je les lisais, blottie sous les couvertures de notre lit partagé avec ma soeur, la pauvrette, une bonne partie de mes nuits, éclairés par la lumière rachitique d'une lampe de poche chipée à mes Parents.... 

    Le bulletin médical scolaire signalait à mes Parents "Enfant lymphatique à surveiller"... Forcément ! Je dormais très peu ! J'arrivais épuisée à l'école... 

    Ces lectures étaient un acte de résistance, une rébellion qui s'affirmait d'année en année... mais qui m'ont laissée insomniaque ! 

    J'ai pu récupérer, à la mort de mes parents, ces tout premiers livres aux reliures explosées par tant de mains malhabiles qui les ont feuilletés après moi... Ils trônent dans une Bibliothèque spéciale dans la chambre d'amis...

    J'ai pour eux un amour jaloux.... Les prêter, bien sur ! Mais les donner, jamais ! 

    Ils ont ouvert des fenêtre et des portes sur un monde qui m'était fermé dans ma réalité d'enfant. Fiction qui, bien souvent, me permettait de mettre des mots sur ce que je ne pouvais exprimer, sur ce qu'on refusait de m'expliquer.

    Volonté farouche d'aventures au coeur d'une vie immobile... puis celle d'une jeune fille à qui l'on enseignait la soumission... suivant les codes rigides de l'éducation d'alors !

     

    Vagues souvenirs d'un Mai 68 vécu par une jeune maman de 2 enfants, âgée de  21 ans,  par le truchement d'une radio la suivant partout - pas de télé à l'époque - mais dont les livres féministes en étaient les échos, et qui ont soulevé, transporté son âme vers un ailleurs redoutable aux forces décuplées, fascinant, inaccessible ... 

     

    Puis des livres économiques en "format de poche" trouvèrent leur place dans le deuxième bloc étagères... Je les avais glanés aux hasards des Galeries marchandes des tout premiers Supermarchés, livres racontant l'amour ou la trahison, histoires "vraies" ou fantastiques, une bonne partie de la collection Max Gallo, d'Henri Troyat... Faulkner... et bien d'autres très à la mode... aux pages avidement parcourues maintes fois pendant les heures tranquilles d'une maman de deux, puis trois enfants.... 

     

    Après une longue abstinence mal vécue où les jours devenus trop courts ne permettaient plus la fantaisie ni la lecture, double journée avec un travail "alimentaire" d'intérimaire, fort loin de ma campagne perdue ... et celui de la maison...  double journée plus que jamais d'actualité qui laisse les femmes d'aujourd'hui comme celles d'hier fort exténuées....

     

    Les livres sont revenus en force au temps béni de la "Retraite"... 

    Livres fort "sérieux" (en cours et simultanément en ce moment : La Révolution Transhumaniste" de Luc Ferry, "Votre cerveau" de Idriss Aberkane, "Métaphysique d'un bord de mer" de Pierre Cassou-Noguès... etc) aux pages griffonnées, "stabilotées".... que j'ouvre à l'envie, abandonne, reprends au gré de ma fantaisie et surtout de mon temps libre....  (Vivement les vacances pour que je puisse au moins en terminer un !)

     

    Bouts de vie amassés qui s'entassent partout....ma Bibliothèque depuis longtemps encombrée... Il faudrait revenir sur les livres du passé, trier, donner ... peut-être ?
    Je n'ai jamais pu me séparer de mes livres, sauf de ceux qui ont moisis, ayant restés trop longtemps dans des cartons exposés à l'humidité du garage  en attente de cette fabuleuse Bibliothèque... Quelle colère en découvrant le carnage !

     

    Que j'aurais aimé être un rat de Bibliothèque, y faire mon nid, les entrailles alourdies de tant de mots avalés, dévorés, dégustés.... immortalisés....

    Bibliothèque nourricière ! 

     

    Luciole

     

    MA BIBLIOTHEQUE

     

    MA BIBLIOTHEQUE

     

     

     


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