•  

     

    LA DANSE et LA RELATION à L'AUTRE

    (Cliquez sur l'image)

     DEFI 202 JEUDI POESIE

    Des Croqueurs de mots

     

    "Poésie, chanson ou autre  sur la relation à l'autre dans la Danse !"

     

    Les enfants nous montrent la voie.... Magnifique !

     

     

    LA DANSE et LA RELATION à L'AUTRE

     

    En fonction de l'espace, du contact visuel ou sonore, du contact corporel avec l'autre,

    La Danse favorise l'écoute de l'autre, des autres....

    Pour comprendre, échanger, construire, enrichir....  

     

     

    Relation en fonction de l'espace, se rencontrer, se croiser, se séparer, se regrouper,

    Être loin, près, face à face, dos à dos, côte à côte... 

     

    LA DANSE et LA RELATION à L'AUTREMaurice Béjart  (cliquez sur le nom) :

    "Danser, c'est avant tout communiquer, s'unir, rejoindre, parler à l'autre dans les profondeurs de son être.

    La Danse est UNION, union de l'Homme avec la Femme, de l'Homme avec le cosmos, de l'Homme avec Dieu..."

     

     

    Le danseur n'est pas un électron libre qui pratique son art pour lui tout seul !

    La danse est un art de vivre, une philosophie, une prière... qui attire, sociabilise, décrit l'indicible, cultive les mystères et les joies du partage du sensible... 

     

    LA DANSE et LA RELATION à L'AUTRE

     

    Nietzsche (cliquez sur le nom) :

    "Le danseur est la figure la plus accomplie du philosophe !"

     

     

     

    Le danseur est comme un passeur qui relie les mondes entre eux. Par son corps, ses mouvements, ses pas... il établit des ponts entre son art et les spectateurs qui ont besoin d'un langage clair, accessible, pour pénétrer l'espace de la danse...

     

    La danse est comme une poésie qui s'écrit avec le corps... C'est un langage social, en fait !

     

    La "BLESSURE" est la MATRICE de la danse... C'est l'Alliance de la danse et du boitement , surtout dans la danse moderne.... 

    LA DANSE et LA RELATION à L'AUTRE(comme Jacob contre l'Ange ! La lutte de Jacob avec l'ange est un épisode biblique du livre de la Genèse (cliquez sur le mot - explications très complètes !)

    Revenu à CanaanJacob est demeuré seul sur la rive du Jabbok après avoir pris diverses dispositions en vue des retrouvailles redoutées avec son frère Esaü. Durant la nuit et jusqu’à l’aube, il lutte contre un mystérieux adversaire (Un Ange) se fait blesser par lui à la hanche ... Il boitera jusqu'à la fin de sa vie.... 

     

     Car la danse moderne se fonde sur l'arrachement du corps à toute servitude et convention formel 

    ("le boitement est indissociable du refus de la propension de l'oeuvre à se refermer sur la beauté close de sa forme... Il est un art poétique du sacrifice du corps et du langage...")

     

     Dans la danse, chacun est en fait le miroir de l'autre !

     

    LA DANSE et LA RELATION à L'AUTRE

     

    Rudolf von Laban  (cliquez sur le nom) : 

     

    "La danse joue un rôle capital dans les relations humaines, elle est l'école du comportement social, de l'harmonie du groupe.

    La danse est l'école de la générosité et de l'amour, du sens de la communauté et de l'unité humaine ...."

     

     

     

     

    Les danseurs ou danseuses - de cabarets, de danses classiques ou modernes - ont du POUVOIR sur le spectateur !

    La danse (comme tout art) peut devenir une arme redoutable... 

     

    Danse crainte par les dirigeants racistes pendant l'Apartheid en Afrique du Sud,

    par exemple !

     

     

     

     

    La Pantsula, mouvement culturel contestataire née en Afrique du Sud au moment de l'Apartheid (années 1960).

    Danse intensive et puissante, demandant beaucoup de virtuosité, en réponse au régime obligeant la population à se regrouper dans des ghettos... "afin de solutionner le problème indigène"... 

    Cet évènement fut l'élément fondateur de l'unité noire contre le Gouvernement nationaliste qui voulait garder le contrôle sur les africains et les empêcher de revendiquer leurs droits...

    Pantsula, mot zoulou signifiant "marcher avec les fesses retroussées" ou aussi "marche comme un canard" !

    Les danseurs frappent en glissant sur le sol avec leurs pieds.

    Dans des "concours de rue", car toutes les portes des lieux de spectacles leur étaient fermées, la danse et les paroles des musiques engagées dénonçaient les problèmes de la vie quotidienne ou ceux des travailleurs migrants... Véritables déversoirs de la colère noire souvent entachée de violence extrême.... 

    De nombreux artistes durent s'expatrier des les années 1960, et la musique Jazz Sud-Africaine adresse alors au monde dès les années 1970 un message sur la cause noire... revendiquant la Justice, la reconnaissance des droits ou l'action sociale.... 

    Emergence de la parole noire et à la marche vers la Libération de l'Afrique du Sud dans les années 1990...

     

    Se rappeler également de la "Danse des bottes de gomme" (Gumboots dancing)

    des mineurs noirs Sud-Africains, pour communiquer entre eux...

     

     

    Gumboots dancing : la danse en bottes de gomme, s'est développée dans les mines d’or en Afrique du Sud pendant l’époque de l’Apartheid.

    Les mineurs noirs travaillaient dans l’obscurité quasi-totale au fond des mines d’or. Ils étaient enchaînés à leur poste de travail avec l’interdiction de parler.

    Les conditions de travail étaient extrêmement pénibles et entraînaient souvent des infections et des ulcères car ils étaient constamment dans l’eau jusque aux genoux..

    Les propriétaires des mines se sont rendus compte qu’il serait plus rentable d’équiper les travailleurs de bottes en gomme plutôt que de gérer les fréquents arrêts de travail dus aux infections et maladies ou encore de drainer les mines. 

    Les travailleurs, afin de communiquer entre eux, développèrent un code de frappes avec leurs bottes, de frappes sur l’eau et de bruits avec leurs chaînes. 

    Leur tenue de travail était en  jean de travail, torse nu et bandana pour absorber la sueur.

    Pendant leur temps libre, ils se détendaient en chantant et en buvant ensemble, en pensant à leur famille : la Gumboots dance était née. 

     

    La poésie et la danse, le chant ont contribué fortement à la libération de l'Afrique du Sud

     

    Car les spectateurs peuvent faire corps avec les artistes.... 

     

    Luciole 

     

     

     

     

     

    Pin It

    28 commentaires
  •  

    LE TANGO EST UNE PENSEE TRISTE QUI SE DANSE

    Cliquez sur l'image 

     

    DEFI n° 202 des CROQUEURS DE MOTS

    Pour le Lundi 19 Mars 2018

     

    Luciole à la barre !

     

     

     SUPERBE ! surtout en grand écran.... 

     

     

     

    "LE TANGO EST UNE PENSEE TRISTE QUI SE DANSE !"

    (Enrique Santos Discépolo)

     

    Tous les Vendredis soirs, l'esplanade bordée de cafés aux terrasses bondées se transforme en piste de danse....

    Par le jeu des Hauts-parleurs, le Tango envahit la Ville, la pénètre, la captive !

    Tango sentimental qui tisse la toile de la mémoire collective

    Où s'entremêlent les fils des souvenirs d'amours brisés, de la jeunesse enfuie...

    Où se pose la trame poétique ou burlesque des moeurs, personnages ou paysans d'une Argentine lointaine....

    Où se brode la danse des faubourgs, celle des temps révolus de l'Avant-Guerre, des filles publiques et des souteneurs, des bourgeois qui s'encanaillent....

    Boudé par l'Aristocratie argentine, considéré comme une danse vulgaire, le Tango a pourtant fait une entrée fracassante en France en même temps que la Java.... avec les mêmes impératifs : "on ne parle pas : on danse !", ainsi que la domination de l'Homme sur la Femme...

    La Java s'est éteinte, le Tango résiste !

    Malgré ce monde Techno où l'on évite de se toucher, qui prône la séparation des corps... dans cette Société de plus en plus individualiste, qui ne communique que par téléphone, qui ne regarde l'autre que par l'intermédiaire d'un écran....

    Mais Tango hybride, versions décadentes "branchées" pour les besoins du marketing, du tourisme ou des exportations... qui prend des allures hollywoodiennes caricaturales, souvent ridicules, loin de sa poésie musicale populaire.

    Mot "Tango" qui renvoie cependant au "tam-tam" noir, au "tang" africain ("toucher"), au "tangir" espagnol ("jouer un instrument"), au "tanguillo" andalou ("toupie")....

    Tango reflétant les mutations du monde qui l'engendrent !

     

    Un couple se présente ...

    Joute sensuelle, corps lianes, joue contre joue, poitrine contre poitrine, élan de l'un répondant à celui de l'autre ...  tourbillon de pas stylés porteurs d'un exotisme passé, réglés, millimétrés... jeux de jambes calculés, virevoltants, déroutants....

    Jambes de l'Homme poussant, pliant, bloquant jambes féminines dociles, sveltes, tout en arabesques graciles ....

    L'homme avance, la Femme recule ! Sensualité lente, grave, enveloppante, ondulatoire.... musique, corps, âme vibrant à l'unisson...

    Harmonie subtile, élégante, arrogante, tout en pas glissés, aériens....

    Joue contre joue, haleines mêlées... Femme dominée par l'Homme pressée, protégée, guidée....

    Sensibilité exaltée, troublée, extasiée... au-delà des limites !

    Deux corps suspendus, irréels, joue contre joue, coeur contre coeur... Jubilation !!!

     

    Puis la magie quitte la scène, le temps s'arrête, tangue... frémit sous les applaudissements nourris....

    C'est l'Heure où les loups se travestissent ! La magie s'effiloche sous le comique des tangos livrés à la foule devant les regards amusés des badauds égrillards... dans une sorte d'hystérie où l'on joue avec le désir... intimité et exhibition offertes ....

    C'est l'Heure du regard insistant, des sourires enjôleurs, des flatteries sussurrées à l'oreille, peau contre peau, main sur la nuque, soupirs excessifs, léger tremblement .... avant la phrase fatidique : "tu viens prendre un verre ?".

    Tutoiement avec la poésie livrée aux dos raides des maladroits, aux sourires carnassiers... sous les rires narquois des Ados gênés par ces airs ringards surgis de l'Antiquité.

    "DANSEZ UN TANGO QUI HURLE !" lancent les Hauts-parleurs...

    Peu à peu la scène se vide pour ne garder que quelques couples magnifiques, corps en osmose tout tournés vers l'intérieur dans un ailleurs magnétique qui excluait tout intrus....

    Et la Foule se tue, fascinée !

    Celles (et ceux) qui ont fait "tapisserie" respirent ! Ouf ! Leur calvaire cesse enfin ! 

    Brutalité extrême de ne pas avoir été choisies, désirées... Tango trahison !

    Hommes (ou Femmes) passaient sans les voir ! 

    Il pleuvra longtemps dans leur coeur !

    Le sourire crispé des pieds blessés, en sang, recroquevillés dans les escarpins à talons aiguilles soupire vers la mule, ou la charentaise réconfortante... 

    Un quémandeur ose enfin :

    "M'accorderiez vous le plaisir de cette danse ?"

    Elle, sourire cruel :

    "Non merci, j'aimerais  avoir du plaisir aussi !"

     

    Luciole

     

     

     

    Pin It

    25 commentaires
  •  

    DANSE, EAU, AIR, FEU ET TERRE

    (Cliquez sur l'image)

     

    DEFI n° 202 des Croqueurs de mots

     

    Poésie, chanson ou autre pour le Jeudi 14 Mars 2018

    Sur les 4 éléments qui composent la danse 

    L'eau, la terre, l'air et le feu...

     

    "La Danse, mouvements évocateurs de la légèreté de l'air, de la violence du feu, de l'ancrage dans la terre, de la fluidité de l'eau... tandis que la vie s'écoule dans un tourbillon dansé qui se transforme depuis le désir pulsionnel juvénile, l'embrasement sexué jusqu'à l'assagissement de la maturité" 

     

     

     

    DANSE, EAU, AIR, FEU ET TERRE

     

    Flamme aquatique

    Mémoire océane

    Flux et reflux vibratoires

    Corps vagues - Corps liane

    Transe ondulatoire

    Corps et esprit déliés

    Âme sans âge, sauvage 

     

     

     

     

    Corps surgi de l'obscurité

    Corps chaviré

    Ivre de l'ombre bue

    Cri primal, chaos musical

    Miroir de l'âme

    Corps signe, corps hiéroglyphes

    Pieds frappés - terre en résonance

    Danseuse tisseuse par son art magique

    Jette sur la Terre une étrange lumière

    Puissance cosmique, funèbre esquif

     

     

    DANSE, EAU, AIR, FEU ET TERRE

     

    Poésie transfigurée

    Corps chrysalide

    Souffle de l'Esprit

    Corps transmuté

    Plénitude de l'Inspir

    Corps-esprit !

     

    DANSE, EAU, AIR, FEU ET TERRE

     

    Oiseau de feu

    Elans fulgurants

    Tête dans le Ciel

    Poésie de l'âme

    De la glaise de l'Être

    Oiseau de flamme

    En mariage céleste.

    Âme passionnée !

     

    Luciole

     

     

     

     

    Pin It

    41 commentaires
  •  

    DEFI n° 202 LE TANGO

     

     

    DEFI n° 202 LE TANGO

     

     

    Aminautes au pied marin,

     

     

    Venez chalouper tous en choeur au rythme du Tango ....

     

    J'ai l'honneur aujourd'hui pour ce Défi des Croqueurs de mots de vous guider dans vos choix....

     

    Les DEFIS POESIE :

    • 15 Mars 2018 : Poésie ou chanson ou autre sur les 4 éléments qui composent la danse : 

    L'EAU, L'AIR, LE FEU, LA TERRE

    • 22 Mars 2018 : Poésie, chanson ou autre sur :

    LA RELATION A L'AUTRE

    Le DEFI du LUNDI :

    • 19 Mars 2018

    "LE TANGO EST UNE PENSEE TRISTE QUI SE DANSE !" (Enrique Santos Discépolo)

     

    A vos plumes que je sais expertes et à vous lire bientôt avec beaucoup de plaisir !

    DEFI n° 202 LE TANGO

     

    Pin It

    18 commentaires
  •  

     

    DEFI n° 200 DU LUNDI 19 FEVRIER 2018 POUR LES CROQUEURS DE MOTS

    "Je me souviens" en choisissant un mot unique dans la liste suivante :

    "maison, anniversaire, rouge, bateau ou lundi"

     

    En hommage à mes Grands-Parents maternels

     

    LA MAISON DES GRANDS PARENTS

     

    LA MAISON DES GRANDS PARENTS

    La Salle à manger avec mon cher Grand-Père et  sa soeur sur le canapé,

    ma Grand-mère chérie chantant "la Petite Eglise"

    et "l'odieux carillon"....

     

     

    LA MAISON DES GRANDS PARENTS

    Mon Grand Père, ancien Ténor de l'Opéra de  ma Ville natale, en pleine action. Il chantait fort bien !

     

    LA MAISON DES GRANDS PARENTS MATERNELS

     

    Toute mon enfance a été arrimée à deux tribus : Celles de mes deux grands mères !

     

    Le Panneau "VENDU" qui arbore fièrement sa réussite sur le grillage, me laboure le coeur...

    La Maison qui m'a vue naître ne me reconnaît plus : elle a revêtu son masque d'étrangère et ne sourit plus qu'aux fantômes d'autrefois...

    L'enfance mal raccommodée se casse les dents sur cette dure réalité  et fouille d'un regard inquiet les lézardes qui se cachent sous l'anémique vigne vierge - qu'as-tu donc fait de ta flamboyante tignasse malgré le sécateur impitoyable du grand père ?

    Et toi mon oasis, mon refuge aérien, mon immense tilleul dans lequel sans façon je montais comme un garçon ? Toi qui m'a portée toute palpitante d'aventures, comme un oisillon au nid... tout seul, que deviens-tu ?

    Le grand père n'est plus là pour te rogner les branches... qui aujourd'hui, sans vergogne, broutent les vitres sales du Premier Etage....

    Te souviens-tu des doigts mêlés, de la douceur des serments innocents des deux amoureux qui se chuchotaient des choses secrètes en "Javanais" : "j'avaimavaitavaimaveu !"

    Le soleil explosa en mille éclats de rire dans l'imposant Tilleul, aspergeant de taches de couleurs  vives l'antique immense table de bois jadis blanchie tous les ans....

    Sous l'ombre fraîche, je me souviens de l'accueil généreux de cette table, toute pimpante sous la toile cirée des jours de fête, de la grenadine et du vin tiré de la cave sombre, du boursouflé Quatre-Quart aux pommes, des parties endiablées de Rami.... des insectes volant en essaims d'étincelles.... de la chanson claire des verres entrechoqués aux vigoureux "Tchin" qui ravissaient les petits....

    Je me souviens de l'énorme chat au caractère impossible et aux griffes acérées, qui n'aimaient que les genoux de ma Grand-Mère....

    Je me souviens du rosier grimpant, entrant en concurrence avec la vigne-vierge, protégé par mon Grand-Père à grands coups de sécateur, pour le plus grand bonheur de ma Grand-Mère... dont les énormes roses rose-nacré pleuvaient leurs pétales au moindre souffle de vent....

    Où est-il ? Je le cherche et ne le trouve plus ?! Seuls subsistent des rameaux noueux et rachitiques sur le mur de pierre....

    Il y avait tant d'hospitalité dans les Maisons d'Autrefois !

    Et il y avait tant de cousins et cousines les jours d'été pour des parties sauvages dans l'immense Jardin cultivé avec des soins jaloux par un Grand-Père fada de ses plates-bandes.... sous les arbres fruitiers et toutes sortes de buissons épineux qui offraient à notre gourmandise des framboises juteuses, des groseilles acidulées, des maquereaux noirs et énormes, des mûres et beaucoup de bonnes choses  tout au long du grillage encerclant le Jardin....

    Dans les allées de ce vaste Jardin serpentaient les rires heureux !

    La Maison avait trois soeurs amies qui formaient alors un îlot comme un Paradis au milieu d'immenses champs à perte de vue.... Puis son horizon s'est brusquement heurté à un HLM juste en face de son portail, de l'autre côté du chemin pierreux devenu route bitumée....

    A peine les Grands-Parents résignés qu'une immense ZUP SOCIALE et tentaculaire vint les encercler.... Les immeubles poussaient comme champignons dans les champs d'herbes folles...

    Mais à tout mal miséricorde, car la cabane de bois au fond du Jardin, domaine des araignées et bestioles affamées, fût remplacée par un "Cabinet" flambant neuf dans la petite buanderie qui abritait le bac à laver le linge en béton, les bulbes et les odorants géraniums... des pots de toutes sortes de fleurs en attente de jours favorables.... et qui protégeait de la pluie les lourdes portes en fer de la cave interdite remplie de bocaux de conserves et de confitures..... le tout derrière la maison, donnant sur le grand Jardin.... Et l'eau courante à la cuisine et dans le bac, reléguant la vieille pompe à bras pour l'arrosage du Jardin, car Grand-Père ne jurait que sur l'eau claire de son  puits pour ses légumes.... Grand-Père était pétri de certitudes !

    Ancien Ténor au Théâtre de la Ville, éloignée d'une trentaine de kilomètres environ, Grand-Père était un artiste émotif qui chantait de tout son coeur et de ses larmes des opérettes célèbres....

    Ma Grand-Mère, ancienne violoniste d'un talent incertain d'après Grand-Père, se risquait parfois à entonner de sa voix douce et timide "le Temps des cerises", ou "la petite Eglise" si triste qu'elle nous faisait pleurer....

    Enfants, nous les écoutions religieusement ...mais devenus ados, nos coeurs endurcis soupiraient ! A l'âge indulgent de la maturité, les voix chevrotantes nous émouvaient profondément et nous applaudissions à tout rompre... Leurs regards rougis brillaient et  c'étaient de grandes embrassades !

    Une éternelle soupe aux légumes du Jardin sur la cuisinière au charbon de la cuisine embaumait toute la maisonnée... Une chaleur d'enfer dans la petite cuisine les jours de mauvais temps, mais un froid de glacière dans les autres parties de la Maison non chauffées....De la minuscule entrée s'envolait un escalier desservant les deux chambres sans chauffage du premier .... tandis que s'ouvrait face à la porte de la cuisine la petite salle à manger dans laquelle s'époumonait, devant une cheminée fermée, un malodorant et asmathique poêle au fuel peu efficace ! Sur le fronton de la cheminée trônait un immense vieux miroir encadré de bois ciselé, qui réfléchissait les lumières changeantes de la fenêtre ou éparpillait le soir les mille éclats du luminaire.....

    Sur le mur, au-dessus du vieux canapé-lit tout renflé en cuir, l'odieux carillon, alerte et vigoureux, avec poids et chaînes, que le Grand Père remettait à l'heure religieusement et qui réveillaient les corps assoupis par la digestion, les Heures, les Demies, les Quarts.... et mon âme fêlée d'aujourd'hui ! La vieillesse est à ma porte !

    La maison vide a perdu son âme. L'Heure joue sur la façade suivant la lumière du jour et pas une voix ! Passent des silences noirs d'ennuis et de lassitude...

    Dans mes yeux mouillés tremblotte le passé ! Je m'en retourne à pas lents sur la route bitumée - mes pas crissaient si joyeusement sur les cailloux du chemin - au coeur de la ZUP vieillissant mal avec ses immeubles aux couleurs criardes écaillées... ses petits jardinets à la pelouse miteuse piétinée par tant de petits pas insouciants.... Des vélos d'enfants, des toboggans, des jeux attendent l'envolée des moineaux à la sortie des classes....

    Je m'en retourne : c'est fini ! Seuls restent les photos et les souvenirs !

    Luciole

     

    LA MAISON DES GRANDS PARENTS

    Voilà, j'ai retrouvé la maison sur Google... quelque peu transformée !

    Plus de vigne vierge , mais 2 jolis buissons autour du perron

    La haute Haie de troènes  entre la maison et le voisin supprimée...

    On aperçoit quelques branches du tilleul

     

    Pin It

    51 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique