• Vous avez dit PARODIE ?

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    Ohé Matelôts !!!

    Pour le défi 167 c’est votre commandant Dômi qui s’y colle ! 

    (Cliquez sur la phrase pour avoir blog Dômi)

    Voici le thème : La parodie

    La parodie consiste à imiter un texte en le caricaturant,

    dans l’intention de s’en moquer et de faire rire.

    Je vous propose donc de parodier un texte, un poème, une chanson …

     

     

    musique douce piano

     

    VOUS AVEZ DIT PARODIE ?

     

    Pour ce faire, j'ai pris au hasard un livre dans ma bibliothèque, ouvert ce livre au hasard,
    et voici le texte trouvé :

     

    Lettres d'amour
    Jean Claude Carrière

    Henri IV avait promis à Henriette d'Entragues, par écrit, de l'épouser si elle lui donnait un enfant mâle. Toutefois le mariage italien politique avec Marie de Médicis ruine cette promesse. Henriette se fâche. Le roi, assez sèchement, signifie son congé à celle qu'il a faite Marquise de Verneuil :

    "Mademoiselle, l'amour, l'honneur et les bienfaits que vous avez reçus de moi eussent arrêté la plus légère âme du monde, si elle n'eût point été accompagnée de mauvais naturel comme le vôtre. Je ne vous serai davantage bien que je pusse et dusse faire, vous le savez ?

    Je vous prie de me renvoyer la promesse que savez, et ne me donnez point la peine de la ravoir par autre voie.

    renvoyez aussi la bague que je vous remis l'autre jour. Voilà le sujet de cette lettre, de laquelle je veux avoir réponse annuit."

    Henry (du vendredi matin 231 avril 1601 à Fontainebleau)

    Ce qui déclenche bien entendu une longue série de  plaintes de la Marquise dans un long courrier en Juillet 1601....dont je vous ferai grâce !

     

    Vous avez dit PARODIE ?

     

    1ère parodie romantique :

    (façon renversement de situation par rapport à la lettre de Henri IV)

     

    Madame,

    Je n'ai été pour vous qu'un sujet d'amertume !

    A une âme endurcie vous avez confié, avec une douceur exquise, votre amour et votre avenir... et je vous ai cueillie comme une fleur dans ma nuit...

    Nuit si pleine d'éclairs et de tonnerres....

    Mon angélique amie, de vous pas un mot de reproche. Vous avez baisé la main qui tant vous a meurtrie...

    Plaignez votre pauvre ami affligé d'une si triste nature !

    Vos yeux n'auront plus de larmes. Je tiendrais mes promesses : vous serez ma femme  !

    Ma Bien-Aimée, votre tendre amour m'a pénétré l'âme et me voici pour vous plein d'extase...

    Je vous fait promesse d'être toujours flamme à votre fleur si désirable , et sous mes baisers, nos deux destinées à jamais unies en une seule dans l'éclat des jours et la volupté des nuits....

    Pour rendre plus charmant encore notre amour infini, souffrez qu'à vos pieds,  je vous offre, ma mie, mon cœur et  ma vie dans cette bague de promise, aujourd'hui ...

    Mon âme se blottit en votre âme et vous supplie de dire oui, car voyez-vous, j'ai tant besoin de vous pour me sentir exister...

    Ah que j'aime ton sourire, ton rire en ton frais visage... Vertige de douceur en mon cœur pardonné qui soudain refleuri...

    Ma Douce, votre oui danse pour moi comme flambeau au Paradis. Votre oui est clarté comme parure d'un Ange et votre voix musique divine...

    Je vous aime !

     

    2ème parodie : quoi, ma gueule ?

    (toujours pour cette lettre de Henri IV à Henriette d'Entragues, mais caricaturée façon mauvais garçon 1920)

     

     

    Vous avez dit PARODIE ?Vous avez dit PARODIE ?Vous avez dit PARODIE ?

     

    Ma gonzesse,

    Quoi ? qu'Est-ce qu'elle a, ma gueule ?

    Une gueule de limande ???

    Non mais, quel piaf elle a cette greluche !

    Dois-je t'affranchir sans cesse combien j't'ai à la bonne ? et qu't'a une chouette balle d'amour ?

    Tu vas pas m'écorner à perte de vue et m'faire tout un raffut parce que j't'ai déviergée..... j'te jure !

    Mais t'entraves que dalle !

    Ouvre tes esgourdes, l'esbrouffeuse, avant que j't'asticote : On n's'entiffe plus, toi et mézigue ! Capito ?

    J'vais pas godiller pour une bigote qui m'prend pour un cave...

    Pas de joberie avec moi ! Tu vas pas m'ligoter, sans blague... et rends-moi ma bague !

    Balance ta pogne, que j'te l'a r'tire ! Allez !!!

    Et arrête de chialer, t'es toute défrimousser !

    Tiens, tu m'tapes sur le coquillard.... prends la lourde et décanille, Marquise ! Sinon, j'te file mon arpion dans l'médaillon....

    Puis,  pas d'papelard entre nous ! Et pas de cheval de retour non plus, hein ! Sommes désentiffer, la Dévideuse... t'a pigée ?!

    Mon dard veut chahuter sans tartuff'rie !

    Suis pas un rupin titré et chamarré, mais suis point dépourvu d'entrailles ! Ta bagouse, elle s'ra pour une belle gosse, une vraie bombe ... qui sait allumer le feu ! Capito ?

    Allez, casse-toi !  

     

    Indispensable décodeur :

    - limande : Homme plat, sans cœur
    - piaf : orgueil, amour-propre
    - greluche : fille ou femme idiote
    - avoir à la bonne : aimer
    - une balle d'amour : joli visage
    - écorner : injurier
    - à perte de vue : éternellement
    - entraver que dalle : ne rien comprendre
    - esgourdes : oreilles
    - une esbrouffeuse : faiseuse d'embarras
    - asticoter : bousculer
    - s'entiffer : marier
    - mézigue : moi
    - godiller : priapisme
    - un cave : un dupé
    - joberie : niaiserie
    - ligoter : lier avec des cordes
    - une pogne : une main
    - défrimousser : défigurer, gâter la figure
    - la lourde : la porte
    - décanille : se sauver, ficher le camp
    - un arpion : le pied
    - le médaillon : le postérieur
    - un cheval de retour : celui qui est conduit au bagne pour la 2ème fois ! revenir
    - désentiffer : divorcer
    - la dévideuse : la causeuse... celle qui cause qui cause qui cause
    - mon dard : membre viril
    - chahuter : faire tapage, s'amuser énormément
    - tartufferie : comportement, maintien, paroles de tartuffe, d'hypocrite !
    - tartuffe : personnage qui, sous couvert de religion, affecte une dévotion et une vertu profondes,  dans le but de séduire son entourage et d'en tirer profit !
    - un rupin : un riche, un haut placé
    - casse-toi : fiche le camp !

     

    Ah que j'aime !

    Pour le fun.... à fond !

     

     

     

     

    Vous avez dit PARODIE ?

     

    Vous avez dit PARODIE ?

     

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    LES MOTS SOUS LES MOTS-DITS

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    Défi des croqueurs – 166

    Ah mes amis(es, matelots et copinautes de tous poils, je ne vous cacherai pas qu’il reste des quarts à assurer mais c’est avec plaisir que je prends la barre cette quinzaine… en suscitant votre imagination en vous proposant un logo rallye.....

    A vous de les utiliser à votre gré en vers en prose ou les deux à la fois…

    carabin – carabine
    capucin – capucine
    pèlerin – pèlerine
    chevalier – chevalière
    lézard- lézarde
    passereau – passerelle
    brochet – brochette
    loup- loupe
    canin – canine

    La liste n’est pas exhaustive et si votre imagination vagabonde vous pouvez proposer votre propre choix.

    Vous déposerez vos copies pour lundi 16 mai

     

     

    Musique à la cour de Charles Quint - Nurial Rial et Carlos Mena

    (mettre le son tout doux pour la lecture du texte)

     

     

    LES MOTS SOUS LES MOTS-DITS

     

    LES MOTS SOUS LES MOTS-DITS

     

    Dans la position humble du PELERIN des mots qui déploient leurs secrets sous la PELERINE feutrée des pensées, je suis comme l'Homme égaré en terre étrangère....

    Loin d'être un FOUDRE d'éloquence aussi, car voyez-vous, mon chant demande une compréhension entre celui qui écoute et mes mots...

    Or, des mots se découvrent souvent sous mes mots-dits, sans que je n'y prenne garde !

     

    LES MOTS SOUS LES MOTS-DITS

     

    Et souvent je maudis les malentendus tragiques de la compréhension FOUDROYÉE par les mots à double sens... C'est comme un dialogue imprévisible qui se glisse subrepticement dans mon discours, et qui trahit profondément ma pensée....

    J'y perds mon âme !

    Et ma langue maternelle me semble soudain comme une voix qui vient d'ailleurs dans laquelle les mots vivent d'eux-mêmes sans clés d'intelligibilité, sans maîtrise et sans qu'on puisse aisément les saisir....

    S'ensuit alors une véritable traque des mots pertinents au cœur d'une jungle de pensées fugaces....

    Mon âme en bat de l'aile !

     

    LES MOTS SOUS LES MOTS-DITS

    Broderie Aubusson

     

     Ah, que ne suis-je BARDE en son éloquence séductrice !

    Ces CHEVALIERS des mots BARDÉS dans leur dignité comme d'une armure étincelante, offerts à l'admiration populaire rêvant de gloire tout au long des poèmes épiques aux fiers accents mâles versés dans les cœurs héroïques....

    Je fantasme en tournicotant fébrilement ma CHEVALIÈRE en or armoriée du  BLASON familial paternel, ...et je sens mon visage, d'ordinaire froid et BLASÉ, s'EMPOURPRER sous l'émotion confuse et ardente qui me saisit aux entrailles....

    Quelle densité, quel poids accordés aux mots par ces poètes lyriques qui cultivaient "le Chant de l'Âme" !

    Et quel sentiment de jubilation pour celui qui laissait tomber ses chaînes dans la Puissance artistique, créatrice, sous les ors et les POURPRES !

    Je serais si * "FIER de savoir fiancer les mots et de pouvoir s'y FIER" ... gage d'un esprit vif et libre !

    Mais le mien, d'esprit, se brise sur le sens des mots qui fait voler en éclats l'utopie d'un langage transparent...

     

    LES MOTS SOUS LES MOTS-DITS

     

    Sens d'ailleurs qui change suivant les sexes, puisqu'une femme n'aura pas la même approche de la signification des mots qu'un homme... mots blessures, mots cassures d'UN COUPLE en désarroi... mots symboles illustrant parfaitement la réalité chaotique du monde.....

     

    LES MOTS SOUS LES MOTS-DITS

     

    Mais voilà bien UNE COUPLE de minutes que je divague et .... frise l'apoplexie cérébrale....

     

    LES MOTS SOUS LES MOTS-DITS

     

    La BIÈRE fleurant bon le sapin n'est pas loin, dit-on, de celui qui trop cogite !

     

    LES MOTS SOUS LES MOTS-DITS

     

    BIÈRE ?

    Soudaine vision du bonheur pur avec une bonne mousse.... bonheur ambré si amer parfois qu'on en ferme les paupières... Apesanteur, parenthèses délicates tout en longs frissons de silence...

     

    Tchin ?

    A notre amitié ....

     

    LES MOTS SOUS LES MOTS-DITS

     

    LES MOTS SOUS LES MOTS-DITS

    LES MOTS SOUS LES MOTS-DITS

     

     

    * = Marc Alain Ouaknin : "Mémoire biblique et déluges contemporains"

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    (Couper son de la 1ère vidéo pour écouter celle-ci)

     Un barde moderne : Luc Arbogast - Vox clamantis - (j'aime beaucoup !)

      Luc Arbogast né le 2 Novembre1975  à la Rochelle

    Pour en savoir plus sur ce musicien atypique et talentueux, voir Wikipédia sur le lien suivant :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Luc_Arbogast

     

     

     

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    Une Souris à son balcon

    DEFI 163 par Jill Bill : tous à l'égout !!!

    Sur une photo de Cezary Wysynski (National Géographic)

    Racontez une p’tite histoire en prose ou autre… poésie, haïku, etc, à votre guise !

    Jeudi poésie du 7 avril 2016

    « Thème libre OU faites-nous deviner un animal de votre choix… »

     

     

     Une Souris à son balcon

     

    Une Souris à son balcon

     

    Une Souris, minaudant à son balcon,
    Montrait jolie binette 
    A un Raton, possible micheton,
    Qui lui contait fleurette
    Les poches pleines de biffetons.

     

     

    Une Souris à son balcon

     

     

    Mais la midinette, la finette,
    N'acceptait galipettes
    Que pour des pépettes !

     

     

    Une Souris à son balcon

     

     

    Le Raton radin, sans délicatesse,
    Cherchait de la bagatelle l'ivresse
    Pour des clopinettes... 

     

     

    Une Souris à son balcon

     

     

    "Mon Rat, mon grigou, mon milord",
    Se moqua la Coquette, sans remords,
    "Tu f'ras jamais rien d'ta souris
    Si tu lui files pas ton fric !"

     

     

    Une Souris à son balcon

     

     

     

    Et le Rat rusé de feindre l'indignation :
    "Touche pas au grisbi, au flouze, aux picaillons !
    Me faire plumer, sotte Muridé, comme un griveton ?
    Vais-je devoir aussi payer contravention pour ta rémunération ?
    Etre fiché, subir de la populace horrible affront
    En porter ad aeternam la marque sur mon front ?"

     

     

    Une Souris à son balcon

     

     

    "Miché de carton !"
    Soupira la belle Rongeuse sans façon
    "Au moindre grain les rats quittent le pont
    D'un navire en perdition...
    Retourne dans ta tanière
    Avec tes belles manières
    Et ta chandelle sans malice
    Pauvre novice !"

     

    Une Souris à son balcon

     

     

     

    Une Souris à son balcon

     

    MERCI DE VOTRE VISITE ET GROS BISOUS

     

     

     

    Un micheton : Homme facile à duper, client d'une prostituée

    Un griveton   : client habituel d'une prostituée

    Un miché      : Homme galant forcé d'acheter ce que les femmes galantes donnent pour rien à leurs amants de cœur

    Un miché de carton : Homme galant qui marchande l'amour aux femmes galantes

    Nouvelle Loi contre la prostitution en cours :

    http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/prostitution-penalisation-racolage-ce-que-prevoit-la-nouvelle-loi-7782711307

     

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  • NON RESPECT PASSAGE PIETONS

    Cliquez sur l'image. Merci

     

    DEFI 162 - mené par LILOUSOLEIL (cliquez)

     

    LES CROQUEURS FONT LEUR CINEMA 

     

    Pour le défi 162 Lilou nous propose un début de scénario

    et à nous d’écrire le film ou l’histoire ou le synopsis mais avec une contrainte..

     Scénario :

    Une femme en robe rouge descend du bus. Elle est furieuse.

    Elle bouscule un homme qui traverse la rue en dehors des passages piétons.

    Vous devrez utiliser les verbes : caqueter, rêver, applaudir, s’ébaudir, refroidir

    Les noms : portail, violon, gazon ; galurin, hérisson, allure, caraco.

    Les adjectifs : opportun, guilleret, pâle, maudit, violet.

     

    Vos textes sont à poster pour le lundi 21 mars à 8h

     

    NON RESPECT PASSAGE PIETONS

     

    NON RESPECT PASSAGE PIETONS

     

     

    NON RESPECT PASSAGE PIETONS

     

    Le bus se faufilait prudemment entre les vélos et les autos stationnées le long des trottoirs. Il avait du mal à cohabiter avec ces vélos qui caracolaient imprudemment devant lui, et toutes ces voitures garées d'une façon anarchique, rejetant souvent les piétons sur les pavés de la rue...

    Le bus sentait la cigarette et la sueur. Les passagers aux visages marqués, fermés, étaient effondrés dans les banquettes, fantômes anonymes dans cette chaleur humaine factice. Les yeux dans un ailleurs, ils rêvaient ou dormaient, avec un manque d'intérêt total pour l'entourage.

    Un désespoir infini la tourmentait. Elle se sentait vieille. Un seul sourire aurait pu lui faire croire qu'elle était  encore vivante, mais la plupart des gens qui montaient ou descendaient du bus devant elle l'ignorait totalement.... Comme s'il ne fallait aucun regard ... se fondre dans la masse... Elle n'était plus visible !

    Malaise qui la poursuivait depuis si longtemps ! Vie inutile de célibataire solitaire... Vie étriquée !

    Assise près de la vitre du bus, elle aperçut un Homme vêtu négligemment d'un jean délavé, d'un pull bleu moulant son corps athlétique et d'un étrange galurin en feutre gris, courbé sur son téléphone portable qu'il pianotait tout en marchant d'un pas chaloupé ...

    Tête baissée, il avançait sans un regard autour de lui.

    Soudain, elle hurla tandis que le bus freinait brutalement en créant une immense panique à bord... Concert de cris, de crissements de pneus... Charivari total !

    Les esprits s'échauffaient, invectivant le chauffeur ! les femmes caquetaient pire que volailles en poulailler...

    Cet imbécile s'était jeté quasiment sous les roues du bus en coupant la rue en diagonale sans avoir seulement relevé la tête... Elle écumait de fureur ! Pourtant, un passage piéton invitait à la prudence quelques mètres plus loin !

    Pour gagner quelques précieuses minutes de son temps, il n'avait pas hésité à mettre en danger tous les passagers du bus...

    Il n'allait pas s'en tirer comme cela, ça non !

    Avec impétuosité, elle se fit ouvrir la porte du bus arrêté, sortit précipitamment et se lança à sa poursuite, car il avait filé rapidement ... Et en plus il fuyait !

    Elle l'interpella en hurlant, furieuse :

    "Hep, vous là-bas ! espèce de crétin ..."

    Il se retourna et aperçut une torche rouge qui courait vers lui... Une femme dans la quarantaine portant une robe rouge vif..... le visage froissé de colère.... tel un hérisson toutes épines dehors...

    Elle vociférait... Des passants s'arrêtaient, surpris, pour observer la scène.

    Il lançait des regards méfiants autour de lui, scrutait les visages, visiblement mécontent....

    Elle se jeta sur lui et le bouscula violemment de ses 2 bras tendus... Que disait elle ?

    La stupéfaction lui ôtait la parole... Il ne savait que faire ! Que cette femme était sotte ! Il ne la craignait pas, mais il lui tardait de disparaître loin de cette peste rouge... et voilà que les gens s'agglutinaient autour d'eux, mi-amusés, mi-inquiets !!!

    Ebaubis, les passants écoutaient cette femme hors d'elle qui leur expliquait rapidement la cause de sa colère.

    Elle qui se dissolvait, s'éteignait, craintive du lendemain, méfiante envers le genre humain, découragée de tout... avait perdu toute frilosité, et prenait conscience progressivement qu'elle était devenue le centre de tous les regards.

    Les gens la regardaient, l'écoutaient sermonner vertement l'Homme brusquement refroidi, hagard, pâle...

    Des figures sévères l'entouraient, jacassaient sur son irresponsabilité, le maudissaient.... Chacun devenait procureur...

    "Aucune pitié pour ces gens" ... ils mettent la vie d'autrui en danger et s'en fichent complètement"... ", "Homicide volontaire, oui Monsieur, parfaitement" ...etc"

    Un poids invisible l'écrasait ! Il tenta de se réfugier sous un portail : peine perdue ! La femme le poursuivait et la foule, comme aimantée, la suivait...

    L'émotion se transformait en une énergie féroce. Une femme en caraco jaune à la tête d'un groupe sortant du car toujours à l'arrêt  lui frappait le bras par des bourrades au rythme de ses cris ... Des badauds guillerets ricanaient sur son allure en reconnaissant en lui un homme de plein air ... Un mot en amenait un autre...

    On s'admirait, on s'applaudissait... On faisait grand bruit !

    De pâle, il devenait violet de dépit et de rage ! Il n'était pas sot, mais n'avait pas la langue facile...

    C'était comme si la Foule s'éveillait, s'égaillait aux dépens de cet Homme exposé à la vindicte populaire... allant jusqu'à piétiner sans vergogne le gazon de chaque côté du portail de l'immeuble...

    "Madame, vous parlez comme une femme égarée" bredouilla t-il, conscient de percevoir en cette femme tout de rouge vêtue comme un grain de folie....

    Par la grâce de cet Homme opportun surgi de nulle part, elle s'échappait d'elle-même... toute sa vie se cristallisait dans ces instants grisants... Elle ne se sentait plus inachevée... Non... Elle offrait aux passants leur lot de justice... Elle leur permettait soudain de se défouler.... pour une "bonne cause"...

    L'inconscient est un drôle de mystère, un sacripant qui ne lui permettait  plus d'éprouver de  la compassion pour d'autrui...

    Seulement voilà, tout à une fin ! La maréchaussée alertée fit son apparition, toutes sirènes hurlantes ... Des portières claquent, les gendarmes sortent .... et chacun se tut subitement en jetant des regards furtifs vers les belligérants..

    En un clin d'œil la Foule se dispersa, les laissant seuls face aux gendarmes flegmatiques et autoritaires qui emmenèrent derechef au violon la femme en rouge soudain redevenue muette, l'Homme furieux et angoissé,  et les quelques passagers du bus encore là .. malgré de véhémentes protestations et tentatives d'explications...

    La Foule regardait bêtement, de loin...

     

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  • QUIPROQUO

    (cliquer sur l'image)

     

    Défi n°161 mené par jeanne Fadosi : Quiproquo

    en prose, en vers, en dessin, en mélange, peu importe,

    juste faire “pas trop long” pour favoriser la lecture des uns et des autres.

    à publier lundi 7 mars

     

    QUIPROQUO

     

    QUIPROQUO

     

    A partir d'un Fait divers, l'œuvre naît.

    Et voici que déjà l'effort d'appréhender la simplicité de la réalité se trahit par cet effort même  de part le langage qui le porte, le transporte vers la Création littéraire, vecteur du monde de l'imaginaire où la Vérité se tord, se transforme, sans que l'auteur abusé en prenne conscience...

    La Vérité a cessé d'être !

    Et l'auteur se perd dans des vertiges de phrases éblouissantes ... essayant de capter la musique étrange des mots... La pensée bouillonne, s'étourdit, s'abandonne... oscillant sans cesse entre conscient/inconscient...

    Curieux quiproquo qui jette l'auteur dans le jardin mystérieux de son Univers Intérieur par une écriture spontanée, rapide, au cours de laquelle il se découvre, saisi... s'affirme et se prolonge... bouleversé, inquiet...

    Comme il est difficile de s'absenter de soi !

     

     

    QUIPROQUO

     

    QUIPROQUO

     

    Flaubert :

    "l'auteur, dans son œuvre, doit être comme Dieu : présent partout et visible nulle part"
    (Lettre à Louise Colet du 9/12/1852)

    "Je crois que le grand Art est scientifique et impersonnel. Il faut, par une effort d'esprit, se transporter dans les personnages et non les attirer à soi"
    (lettre à Georges Sand le 16/2/1866)

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