•  

     

    "LA MAUVAISE HERBE"

     

    TENDRESSE PIETINEE

    "Mauvaise Herbe" : herbe souvent inconnue, rarement admise dans les Jardins des Humains, riche d'une longue vie d'errance au gré des vents, qui squatte le moindre bout de terrain...

    Plante rebelle qui résiste à toutes les avanies et nous suit fidèlement, infatigable, depuis la Nuit des Temps, même sur les pavés abimés, piétinés, lessivés de nos rues.... même au coeur de nos sécheresses - l'Homme a perdu la mémoire des potions, des philtres et des charmes d'antan !

     

     

    TENDRESSE A PIETINER

    Rencontre inopinée entre une "mauvaise herbe" et un Kleenex

     
    Après tout, on vit à l'époque du kleenex.
    On fait avec les gens comme avec les mouchoirs,
    on froisse après usage, on jette, on en prend un autre, on se mouche, on froisse, on jette"
    Ray Bradbury

    TENDRESSE A PIETINER

     

    Les pas pressés foulent les marches,
    marchent, marchent,
    frôlent Petite Touffe dans la gare égarée,
    transparente, sans parents,
    seule, sur le sol
    en béton, les piétons
    aveugles s'affolent
    piétinent sa vie
    qui s'écoule, coule,
    pense, pleure.....
     
    Kleenex qu'on jette,
    proche, s'y accroche,
    ouvre une brèche, la sèche,
    l'écoute et souffre,
    la toise, l'apprivoise.
     
    La Belle se relève, s'élève,
    par cet amour portée, exaltée,
    avec ses cris, avec ses rages,
    se tortille, se vrille,
    s'arrache du sol et vole,
    à ses rêves fidèle,
    se jette au vent puissant
    et file dans l'infini.
     
    Il la suit, épris, aux prix de mille périls,
    et puis plus rien, elle est loin !
     
    Pauvre Kleenex ulcéré
    plein de morve...
    ça lui pendait au nez !
     
    Luciole
     
     
     
     

    TENDRESSE A PIETINER

     

    13 commentaires
  •  

    NE JETEZ PLUS VOS BOUTEILLES !

     

    NE JETEZ PLUS VOS BOUTEILLES !

    (Article à lire en plusieurs fois ? N'hésitez pas à revenir et surtout, en grand écran !)

     

    Allez, pour la rentrée, afin de nous remettre de nos émotions,

    un peu de gaîté dans les coeurs et de la fantaisie dans les âmes

     

    Mon coup de coeur du jour !

    Musique d'ambiance pour cet article ....

     

     

    Une manière bien sympathique de

    RECYCLER VOS BOUTEILLES VERRE OU PLASTIQUE UTILEMENT !

     

    NE JETEZ PLUS VOS BOUTEILLES !

     

    Bravo ! Digne de Géotrouvetout !

     

     

    NE JETEZ PLUS VOS BOUTEILLES !

     

     

    Pour les amoureux de la Nature : 

    magnifique vidéo avec apothéose à la fin

    Et pour ma chère Ginette D : son fameux GROS BEC !

     

    NE JETEZ PLUS VOS BOUTEILLES !

     

     

    Pour les artistes bricoleuses :

    je pense à mon amie Maryline et son univers magique de personnages en papier :

    Quelques idées de décors !

     

    NE JETEZ PLUS VOS BOUTEILLES !

     

    ET CETTE MERVEILLEUSE VIDEO EN FINAL

    C'est du grand Art !

     

    NE JETEZ PLUS VOS BOUTEILLES !

     

    NE JETEZ PLUS VOS BOUTEILLES !

     


    43 commentaires
  •  

     

    VIVE 2017

     

    D'un regard détaché peut-on voir la fuite des ans,

    surtout si la vie en son sein compte quelques aurores charmantes ?

     

    VIVE 2017

     

    Ah, comme l'Homme est étrange qui demain toujours attend !

    Attendre quoi ? Le sait-il seulement ?

    Chaque année nouvelle comble de tourments celui qui ne sait profiter du moment !

    Et pourtant, voici qu'il s'enivre avec frénésie de plaisirs, de voeux  et de compliments...

    et de soupirer auprès de quelques chimères, concrétisation de tous ses rêves,

    souvent causes de ses misères...

    Tous les chemins ne mènent pas à Rome !

     

    VIVE 2017

     

    Courtiser la vie sans aucune retenue....

    pendant que tant d'autres personnes ont tout perdu,

    et attendent des mains tendues, un peu d'amour, de nourriture....

    ou rêvent de Paix, même éphémère, pour enfin pouvoir déposer le faix ?

    Ma plume est amère !

     

    VIVE 2017

     

    Cependant... cependant...

    si l'on doit s'émerveiller d'exister,

    ne doit-on rien désirer...

    ni se bercer de rêveries ?

     

    VIVE 2017

     

    Je pleure... et je ris !

    Oui, je ris au souvenir de cette curieuse citation d'Ingrid Berman :

    "le bonheur, c'est avoir une bonne santé et une.... mauvaise mémoire !"

     

    VIVE 2017

     

    Et puisque nos jours sont incertains,

    bannir l'égoïsme...

    tout en croquant la vie à belles dents

    en y ajoutant le grain de folie

    qui ranime la flamme, le courage, l'énergie ?

     

    VIVE 2017

     

    Que 2017 nous remplisse de délicieux petits moments quotidiens,

    de beaucoup d'amour, d'amitié et de partage,

    d'heureuses surprises et de franches rigolades

    Le tout si possible agrémenté d'une bonne santé....

     

    "non pas rajouter des années à sa vie,

    mais plutôt essayer de rajouter de la vie à ses années"

    (Proverbe chinois)

     

    Luciole

     

    VIVE 2017

     

    Bisous


    34 commentaires
  •  

     

    Le boléro de Ravel

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL 2ème partie

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL

    (2ème partie)

     

    (1ère partie cliquez)

     

    Peu de temps après, une brancardière arrive, me débranche... "on a besoin du box"... et me roule vers une destination inconnue... Je me réfugie dans une bulle de silence, n'osant la déranger par mes questions...

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL 2ème partie

     

    Nous dépassons une salle d'attente bondée. Un enfant hurle.... puis nous arrivons au fond du couloir dans une salle où sont parqués des brancards séparés les uns des autres par des rideaux verts... tout au long de 2 murs, ....  pendant que des familles patientent sur des chaises le long du mur face aux brancards.... ou debout....ou dans le couloir....

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL 2ème partie

     

    "Pardon, pardon" s'énerve la brancardière qui a le plus grand mal à faufiler mon brancard entre les gens, puis le dirige dans le seul espace libre étroit encadré par 2 rideaux ...

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL 2ème partie

    c'est tout à fait cela, mais rideaux verts !

     

    Crainte : vais-je y passer la nuit ?

    Une lumière crue ruisselle sur nous des plafonniers ...

    Un Homme ronfle bruyamment dans un box ... Une infirmière vient le secouer... pour lui crier plusieurs fois "A demain, tâchez de dormir. Vous verrez le médecin demain matin"... tout en fermant son box d'un rideau supplémentaire....

    Hilarité générale quand les ronflements reprirent de plus belle !

    Dans l'encadrement de l'ouverture des rideaux, j'ai toute une famille musulmane devant moi... Une femme emmitouflée dans des voiles, châles et jupe longue semble faire corps avec la chaise plastique sur laquelle elle est assise, pendant que 4 hommes forts et moustachus, le corps penché, mains jointes sur les genoux, gardent obstinément leurs yeux rivés sur le sol !

    Recroquevillée sur le brancard, emmitouflée sous le drap pour éviter regards et lumière brutale , je me glisse doucement, pleine de frissons, dans les profondeurs vagues de l'âme, à la recherche d'une rêverie-refuge au coeur d'une vie devenue vide au beau milieu  d'un brouhaha indescriptible....

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL 2ème partie

     

    Les hurlements stridents de l'enfant soudain nous éclaboussent.... Une infirmière tente avec une infinie patience de le calmer, lui expliquant doucement pendant plus d'une demi-heure .... qu'on allait l'endormir, qu'il n'aura pas bobo, qu'on endormira aussi Doudou.... Que Doudou sera tout content de faire un gros dodo et de se réveiller guéri...

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL 2ème partie

     

    Je n'ai plus de repères, n'ayant plus d'Horloge !

    Justement, le Jeune Interne vient m'avertir qu'il fallait attendre les résultats de l'analyse de sang au moins pendant une heure... qu'en attendant, pas de médicaments, même pas l'hypotenseur du soir normalement impératif... Avec l'injonction : "tâchez de vous reposer !" ....

    Pas facile dans ce bruit et les déambulations permanentes des gens ... familles, malades ou infirmières....

    L'attente fait manifestement partie de la Dame dans ses voiles en face de moi, absolument impassible, les yeux perdus au loin....

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL 2ème partie

    Soudain mon Ange gardien se précipite du couloir vers moi avec une bienheureuse couverture jaune dont elle m'enveloppe avec tendresse .... Je suis submergée de reconnaissance envers cette Infirmière qui m'a déjà tant réconfortée ... qui trouve encore le moyen de s'excuser d'avoir tant tardé, car trop prise... tout en me tapotant l'épaule... J'ai à peine le temps de la remercier qu'elle repart brusquement.... J'ai lu la fatigue sur son visage et dans ses yeux las !

    Sa bienveillance et sa générosité sont restées gravées dans mon coeur !

    Par l'ouverture entre les rideaux, je regarde passer les files d'attente pleines d'incertitude, noyées sous la lumière impitoyable dans l'air saturé de bruits....

    Attente anxieuse qui rebondit partout, sur les murs de la salle, dans le couloir bondé, dans les coeurs épuisés.... sur les corps lourds des accompagnants exténués qui ne cessent de se lever, de faire quelques pas dans le couloir, de revenir s'assoir ...

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL 2ème partie

     

    L'Attente est une marée qui engloutit tout pendant que les blouses blanches ou vertes marchent, marchent inlassablement... corps si pressés qu'ils semblent avoir laissé une grande partie d'eux-mêmes quelque part, dans une autre vie, une autre dimension....

    Dissonance entre les grincements des carcasses immobiles dans les brancards, blessées, détraquées ou usées... et le martèlement des pas pressés qui semblent donner l'illusion de tout dominer.... antidote à l'inéluctable qui parfois se profile à l'Horizon ?

    Attente stérile pour moi... cette fois, je l'ai bien compris ! J'ai hâte de me retrouver chez moi, d'avaler le précieux hypotenseur qui, peut être, calmera la douleur de ma tête et le bruit de mes oreilles... d'avaler un somnifère et de me glisser avec tant de bonheur dans mon lit douillet !

    Et voici que me vient une drôle d'idée peu réjouissante :

    Et si le problème de l'Homme, finalement, ce n'était pas la mort elle-même... mais l' ATTENTE de la mort ???

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL 2ème partie

     

    Pensée triste pour toutes ces personnes âgées invalides qu'on parque dans des lits... qu'on maintient en vie et qu'on oublie....

    Au bout d'un temps infini et indéfini... l'infirmière qui m'a aidée à me déshabiller me sort de ma torpeur ... "Vite, habillez vous, nous avons besoin du brancard !" ... en sortant mon baluchon de dessous le charriot.

    Interdite, incrédule... je la regarde, regarde la famille musulmane assise en face de moi ! "Comment ça me déshabiller ? là, devant les gens ?"

    L'infirmière m'attrape par les bras, me relève, me houspille : "Allons donc, personne ne vous regarde !"

    je suis suffoquée ! et refuse tout net !

    Mécontente, elle m'enjoint à descendre du brancard afin d'aller dans les .... WC ! Sauf que je suis à moitié nue, la nuisette ne cachant même pas les fesses et le dos à l'air...

    Mon mari, qui attendait dans le couloir, arrive à grands pas !

    D'un geste brusque, je refoule la couverture jaune, ramasse le drap autour de moi ! Enfin, elle comprend et m'aide à descendre de mon perchoir pendant que je tiens ferme le drap collé contre moi !

    Je suis furieuse, le coeur tambourine, ma tête pulse ....

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL 2ème partie

     

    Puis elle me pousse, pieds nus, vers les WC... qui sentent horriblement mauvais... Pieds nus qui, soudain, pataugent dans une mare de... pipi ! Mon mari, qui me suit avec le sac, râle bruyamment. L'infirmière est déjà partie !

    Je suis si ahurie que, tétanisée, je  n'ose plus avancer... Puis l'idée me vient de jeter le drap à terre et de m'essuyer les pieds dessus ... Mon mari me donne un à un mes vêtements en prenant soin de ne pas les traîner au sol...

    M'habiller ainsi tient de l'exploit ! je me sens sale, humiliée....

    Il y a des jours où, franchement, tout va de travers !!!

    Des jours qui nous rappellent à quel point nous sommes insignifiants !

    Mon mari a réussi à repérer des fauteuils roulants, m'emmitoufle dans l'un deux et repart chercher les papiers....

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL 2ème partie

    Hélas, pauvre Homme qui devra poireauter encore plus d'une heure dans le couloir avant de recevoir papiers et résultats d'analyse....  Cette fois, j'étouffe dans pull et manteau ! Il a fallu qu'il fasse preuve d'une autorité tonnante pour qu'enfin, nous puissions partir...

    Pendant que je l'attends, la famille musulmane au grand complet, entourant une toute jeune fille très pâle, passa devant moi avec de grands sourires et des petits signes de la main...

    Flux d'émotions, sourires droit au coeur ! Flambée d'amour pour eux !

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL 2ème partie

    De retour dans la voiture, je me précipite sur la bouteille d'eau, complètement déshydratée et en profite pour avaler mon hypotenseur... ENFIN !

    Nous arrivons au petit matin... douche... alcool sur les pieds.... désinfectant dans les chaussures... somnifère.... dodo !

     

    QUEL BONHEUR !

    MAIS QUEL BONHEUR D'ÊTRE CHEZ SOI,

    DANS SON LIT DOUILLET !!!!

     

          cool

     

     

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL 2ème partie


    32 commentaires
  •  

     

    Cliquez pour avoir la musique

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL

     

    Aujourd'hui, Jeudi 1 Décembre 2016... rentrée chez moi (ouf !)

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL

     

    Bonheur de retrouver mon ordinateur avec un disque dur flambant neuf ... contenant toutes mes données accumulées depuis des années.

    Tohu-bohu de pensées dans mon cerveau fatigué qui rêve à ce projet mirifique Transhumanisme du "machinouti surhumain" dont parlait déjà si drôlement Prévert en 1961....

    Ah, si l'on pouvait relooker complètement mon corps, réparer tous les organes fatigués, équiper mon cerveau défaillant d'un logiciel dernier cri.... !

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL

     

    Il fait si beau dehors... Un soleil presque printanier dans ce paysage automnal. Beaucoup d'arbres ont troqué leur livrée d'or pour une autre plus rutilante, plus cramoisie... Sauf pour les Chênes toujours aussi verts qui s'obstinent à nier l'arrivée de l'Hiver...

    Tout semble en harmonie, mais le demi-sourire du ciel est un rien mélancolique... Il y a comme un assombrissement laiteux dans l'azur limpide ... Les oiseaux se sont tus !

    "Grand froid et gelées dans le Haut Var pour demain", annonce la météo...

    Guirlandes et chalets des Marchés de Noëls sont déjà installés un peu partout ...

     

    C'EST TOMBE SUR MOI COMME LA FOUDRE !

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL

     Corps que je voulais assujettir à ma pensée, à mes activités, à mes désirs....

    Corps dont je voulais nier la souveraineté, corps violenté par des agitations qui donnaient un sens à ma vie...

    Vie surbookée, tapissée de "il faut que" stressants

    Corps qui regimbe, refuse, rappelle à l'ordre !

    Il aurait été plus sage de s'éclipser doucement....

    Difficile d'abandonner ce que l'on a mis en route ! Le renoncement, le lâcher-prise font partie de la Vie... Le Temps ne ménage personne !

     

    Samedi dernier, 26 Novembre 2016

    Pendant que je ressasse phrase par phrase les 4 nouveaux chants pour Dimanche, à l'aide des vidéos YouTube depuis plus de 3 heures,

    mon œil gauche s'affole et tressaute désagréablement ! J'ignore ce signe ... pas le temps !

    Puis, d'un coup, mon cœur se met à battre la chamade... Une angoisse intolérable jaillit en force dans ma poitrine...

    Crissements, fourmillements, violente douleur dans le cerveau qui fuse dans toute la partie gauche de mon visage... et plus particulièrement au niveau de la mâchoire....

    Anesthésie progressive de cette moitié gauche, comme après une anesthésie dentaire...

    Pulsations violentes dans la tête... Vertiges !

    Douleur dans le muscle du bras, main qui se tétanise avec rétractions des doigts....

    Souffle coupé, j'essaie de toutes mes forces de ne pas paniquer....

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL

    Mon mari s'affole, appelle le 15...

    A toute vitesse, on prépare carte d'identité, carte vitale et je chope ma sacoche de médicaments... Il est environ 17 H (?)

    Après 20 mn d'attente, l'ambulance des pompiers arrive, gyrophares rouges allumés !

    Tension très élevée !

    Merveilleuse Jeune Fille à mon "chevet" pendant que l'ambulance file à toute allure vers l'Hôpital !

    Respirer doucement, ne pas paniquer, répondre calmement à ma jeune "Nounou" si bienveillante dont les yeux rouges et les paupières gonflées racontent l'épuisement d'une longue nuit et journée de garde depuis 20 H la veille.... qui pourtant, ne cesse de me parler ...

    L'ambulance roule si vite dans les tournants que je suis ballotée et je glisse... Profonde envie de dormir !

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL

    Les Urgences de l'Hôpital .... débordées ! On me glisse d'un brancard à un autre, puis on me roule dans un coin sombre du Hall d'entrée vitré, en bout de file de brancards déjà en place...

    ".....pas bouger  !" m'ordonne t-on.

    L'infirmière de l'Accueil vient chercher les malades un par un... Je la vois dans son aquarium de verre taper sur son ordinateur...

    Les minutes s'égrènent ... J'ai le temps de filer une bonne demi-douzaine de fois aux toilettes sans qu'on s'en aperçoive... Je suis K.O. !

    Une jeune femme s'agite et pleure sur le brancard à ma droite.... Voilà plusieurs heures qu'elle attend ! elle ne s'est "comment trouver la bonne position" pour calmer la douleur qui la vrille sur ce brancard si dur et glissant... elle est tombée dans l'escalier ...

    Chacun se noie dans le Temps !

    Le réel s'enfuit, s'échappe dans un souffle de fièvre... baigne dans l'Indifférence, dans un monde d'Oubli...

    Soupires, murmures, pleurs sous le voile des draps qui servent de couverture...

    Poussières d'Humains aux aguets dans l'Immobile !

    Je grelotte ! La porte coulissante du Hall ne cesse de s'ouvrir sur de nouveaux arrivants, et je retrouve mes pompiers chargés d'un nouveau patient... puis d'autres pompiers...

    Rechercher la fin de la douleur est un piège ... Respirer calmement.... Oublier le dos qui se cabre sur la planche du brancard... puis clopiner jusqu'aux toilettes en espérant arriver à temps !

    Le Temps qui passe trop vite au quotidien s'étire ici interminablement... Temps de stupeur !

      

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL

     

    Les portes coulissantes s'ouvrent et se referment sans cesse sur des passants pressés qui passent et repassent... sans un regard vers les brancardés, sans un sourire qui console.... Les passants ont la tête ailleurs....

    Ballet des infirmières aux blouses blanches qui martèlent le Temps aux pas cadencés, regard perdu au loin

    Ballet des brancardiers (res) en blouses vertes qui courent à la recherche d'un brancard ou qui transbahute les malades comme ils peuvent en slalomant entre les passants pressés et les brancards alignés partout...

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL

     

    Ballet des brancards qui s'agglutinent dans le Hall, dans le couloir au bout du Hall... ou qui se perdent on ne sait où ....

    J'observe, à la fois agacée par tout ce bruit et ce remue-ménage... et captivée...

    Un par un, les brancards sont tirés, aspirés lourdement dans l'Aquarium où officie la jeune infirmière qui, inlassablement, tape, tape sur son ordinateur... Puis les brancards filent vers un Ailleurs au pas de charge....

    Agitation qui exorcise l'angoisse !

    Enfin, une Jeune Femme en vert se dirige vers moi et, sans un mot, tire mon chariot, le propulse dans l'Aquarium... Je suis bombardée de questions... L'Infirmière tape à toute vitesse les réponses... Me coulisse un brassard au bras droit relié à une machine qui prend aussitôt automatiquement la tension artérielle, m'emprisonne l'index dans une pince reliée à une machine....

    "Tension bien trop élevée" lâche t-elle succinctement en réponse à ma question "combien ?"

    Puis me pose un bracelet de plastique blanc étiqueté... Une brancardière blouse verte arrive au galop chercher mon chariot et nous filons à toute allure dans le couloir vers un box... dans lequel nous nous engouffrons....

    Une infirmière me demande de me déshabiller et fourre pêle-mêle tous mes habits au fur et à mesure dans un grand sac ainsi que mes médicaments... glisse le sac sous le brancard.. pendant que j'enfile une nuisette coton blanche dos ouvert qui m'arrive aux ras des fesses... Je claque des dents ! elle m'aide à me hisser sur le brancard et me recouvre du drap blanc ... qui ne me réchauffe pas du tout !

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL

     

    Me retrouve branchée aux machines dans l'incapacité de bouger...

    Un tout jeune et svelte Interne arrive en courant. Il consulte les machines, les questions fusent... Il écoute mes réponses, très courtoisement, ordonne une prise de sang ... et repart aussitôt !

    Grande activité dans le couloir en face de ma porte ouverte... Des groupes d'infirmières, brancardières et autres personnes entrent et sortent d'un local dont la porte verte indique en énorme "PRIVE"... Discussions animées, rires... à l'intérieur !

    Un monde fou circule sans cesse dans le couloir... Spirale de pas... attente.... brancards.... attente.... des pas pressés, des pas cadencés... attente.

    Nuit noire dans le cadre de la fenêtre. A intervalles réguliers, le brassard se gonfle et se dégonfle sur mon bras tétanisé...

    Il pleut du temps ! Il pleut du bruit ! ......

    Fichue vessie ! Que lui arrive t-il donc ??? J'appelle "s'il vous plaît !"..."oui, oui" me crie t-on !

    Une pendule cliquette... Je me tords le cou et lis presque 22 Heures ! Dire que mon hypotenseur est dans le sac sous moi... Ma tête pulse et tambourine et j'ai une usine en pleine activité dans les oreilles....

    Une marée s'enfle et gronde dans ma vessie qui menace de déborder ...

    Je réitère mon appel : "on arrive, on arrive" me lance t-on, sur un ton très agacé .....

    J'attends ! longtemps !

    Cette fois je crie "c'est urgent !"

    Une femme en blanc passe la tête dans l'encadrement de la porte, me fusille du regard et hurle "Je passe le relais à ma collègue"... ça alors !

    J'attends ! Collègue aux abonnés-absents !

    20 minutes passent à la grosse pendule... je fulmine !

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL

     

    Les groupes d'infirmières passent, repassent, rient, discutent, rient, s'agitent... et ignorent superbement mes appels angoissés...

    "Vais-je lâcher prise ?" Stress ! la machine s'empresse de me garroter le bras... et lance une alerte... personne ne vient !

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL

     

    L'Hôpital se désoccupe de ses malades ! appel aux secours qu'on entend même plus... Grand monstre froid, l'Hôpital !

    Suis au bord de l'explosion ... pense sérieusement à arracher brassard et pince... et à chercher seule les toilettes ....

    ENFINNNN ! une infirmière souriante arrive pour.... la prise de sang et mon univers s'éclaire ! Elle comprend, et bonne âme, court chercher un bassin.... appelle une aide-soignante ... qui s'éclipse  après m'avoir installée sur le dit bassin...

    J'y reste 30 lonnnngues minutes d'après l'Horloge. Mon dos n'en peut plus !

    La bienveillante infirmière revient une fois de plus avec tout son matériel et me regarde, ahurie...

    Ses yeux sont remplis de nuages noirs ! Elle ne dit rien, enfile des gants, et essaie de décoller le bassin de ma peau... C'est un véritable arrachement ! Nous rions ! Mal fou à redescendre le dos qui hurle sa colère...

    Elle revient, se désinfecte les mains et me pique avec beaucoup de dextérité... Un ange de douceur ! Excuse ses collègues : "ce sont des gamines... Vous savez, elles ne tiennent pas plus de 7 ans... C'est la moyenne ! Un va et vient de gamines... J'ai 37 ans et je suis déjà la vieille !"

    Elle s'aperçoit combien je suis gelée, je grelotte... et me promet de m'apporter une couverture... On vient la chercher... Elle repart en courant !

    Le Temps déploie sa corolle ...

    "L'Hôpital est devenu une entreprise comme les autres, soumise à la rentabilité... et aux restrictions budgétaires draconiennes ... démentes... Qui trinque ? les patients !" (Prof André Grimaldi- diabétologue à la Pitié Salpétrière - Paris)... d'où un manque cruel d'empathie !"

     

    A suivre....

     

    Luciole

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL

     

    Merci de votre visite

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL

     

    ET A BIENTÖT POUR LA SUITE

     

    Témoignage de Jazzy.... (Jazzy, je te remercie infiniment !) :

     

    "Je découvre ce billet et je vois que comme beaucoup tu as subi  ce passage aux urgences qui est devenu un véritable enfer .

    Comme Mireille j'ai vu se dégrader progressivement l'accueil, à quelques exceptions , que je sois du côté du patient  ou de l'autre du soignant  .

    La relation écrite du suivi sur ordinateur est certes nécessaire mais n'est pas prise en compte dans la gestion horaire du personnel d'où cette agitation permanente et ce manque de temps à consacrer aux patients .

    L'empathie est restée pour beaucoup sur le quai de la gare et c'est vraiment regrettable  . Plusieurs fois en accompagnant mes parents aux urgences j'avais envie d' hurler pour ce manque de considération du patient .

    Le froid ,oui, c'est une constante, je n'ai toujours pas compris pourquoi il n'est pas pris en charge , les chemises de l’hôpital n'étant en rien une protection . 

    Tu as très bien décrit cette atmosphère , j'ai une grande expérience des urgences des hôpitaux bien sur il y a des hôpitaux où cela ne se passe pas exactement de la même façon , j'en connais mais globalement le constat est vraiment affligeant et ça ne fait qu'empirer ."

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL

     

     


    41 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique