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    Gare à l'eau qui dort n° 94 

     (Et FIN DU ROMAN)

     

    Gare à l'eau qui dort n° 94 - Des petits riens délicieux !

    escalators avec hologramme publicitaire montre

     

     DES PETITS RIENS DELICIEUX !

     

     G E N I A L   !

    (A mettre en grand format)

    Poésie "survivaliste" ! :-) !

     

    Passe encore ces longues tuniques que Stan appelait "gandouras", lui rappelant ses séjours en Afrique,... Il les avait adoptées dans le privé, ou lors des promenades de loisirs tant elles étaient confortables. Mais que dire d'hommes maquillés, bijoutés et en jupe ou en robe, pendant que certaines dames se pavanaient dans de chics costumes trois pièces d'homme, il est vrai souvent très colorés  ou scintillants ? 

    Un monde à l'envers ! (Episode précédent - cliquez sur la phrase)

     

    Un nouveau panneau de marbre rappelait à tout l'étage que Stanislas et Justine FAURE dirigeaient désormais tout cet étage de la folle et ambitieuse Tour de verre et d'acier qui exhibait avec insolence le pouvoir de l'argent généré par des forces économiques...

    Le Hall d'Entrée commun à toutes les entreprises du Building fut entièrement restauré. Les plantes vertes furent remplacées par des publicités tapageuses et des holographes, au grand dam de Stan qui râlait dur... Le pauvre client avait bien du mal à trouver son chemin entre ces dédales lumineux, souvent perplexe devant les escaliers roulants et les ascenseurs malgré les appliques balisées sur le sol et aux murs...Les jeunes employées de l'Entrée n'eurent plus guère le temps de lire... Après de longues tergiversations, les co-propriétaires du building n'avaient pas osé les remplacer par des robots... Certains clients, encore attachés à leur passé, n'apprécieraient pas !  

     

    Gare à l'eau qui dort n° 94 - Des petits riens délicieux !

     

    Mademoiselle Adèle, noblement revêtue d'une aube vaporeuse, chuchota en souriant à son fils Damien, engoncé dans la robe de bure des pénitents : 

    - "Voilà, mon petit ! Le règne des Mayer est terminé ! Tout à une fin ! Vise un peu ces panneaux ! Stanislas et Justine Faure, qui l'eut cru ?"

    - "J'en suis ravie, ma mère !" lui murmura benoitement Damien, mi-figue, mi-raisin. 

    Il tenta de faire bonne figure, déçu de voir Louise dévisser et sa fille Lou se dissiper sans se préoccuper de l'oeuvre de ses mains... Quoi, n'avait il pas enduré les pires épreuves à cause de cette Agence ? Ne lui avait elle pas couté la vie ? 

    - "Tssé, Tssé... mon fils, n'oublie pas que je capte très facilement toutes tes pensées ! Toi seul a façonné ton destin... Toi seul ! 

    - "Je sais, ma mère, je sais !" se résigna le pénitent.... "Peut être Daisy ?" espéra t il soudain....

    - "Mon pauvre petit, tu es incorrigible ! Daisy est écrivaine, tu le sais bien ! Puis elle s'occupe du Domaine de Louise, non ? "

    - "Bien sur, ma mère, bien sur !" s'éteignit le fils, maussade, qui n'osait plus penser... 

    Il frôla le burn out ! Puis il quitta définitivement les lieux...

    Seules Lou et Daisy le retenaient encore dans son Passé !  Il fallait bien les protéger ! 

     

    L'Agence connut une renaissance foudroyante et monta en puissance. La presse fit une ovation unanime aux nouveaux co-dirigeants. "Ils avaient le sens de l'innovation et le génie des affaires... Ils avaient su s'adapter à cette curieuse époque"..........etc

    On oublia Damien, on fit l'impasse sur Louise qui boycottait l'Agence, surbookée par son "management" familial" et ses réceptions... On tira un trait sur la Famille Mayer and co qui avait tant défrayé les chroniques en son temps !.......

    Pourtant, le Domaine de Louise devenait le rendez vous attitré de tout le gratin mondain. Ses réceptions grandioses étaient connues dans le monde entier par le biais des reportages peoples retransmis en 4D ou en holographie à la télé ! 

    Lou, écrivaine réputée, se cramponnait à son mari... Ils parcouraient tant le monde, qu'ils n'avaient pas le temps ni l'envie de fabriquer un enfant ! Ils retrouvaient avec bonheur la Maison connectée entre deux voyages. 

    Daisy trouva l'homme de sa vie... Il ressemblait curieusement à Regan, physiquement et moralement... Agathe riait sous cape ! Regan, surpris et flatté, se prit d'une grande affection pour son "gendre"... Cyril s'intégra très rapidement au sein de la petite équipe formée de sa femme et de son demi-frère Pilou. Il raffolait des "Dîners de Louise". Grand compositeur musicien et pianiste réputé ayant roulé sa bosse dans le monde entier, il appréciait sa chance de pouvoir "concerter à domicile" Quel confort ! Ses prestations pianistiques apportèrent un énorme plus à la célébrité des réceptions de Louise. On s'arrachait les billets d'entrée... 

    Petit Pierre-Pilou ne se maria jamais ! Son aversion pour "les femmes"- sauf pour sa mère qu'il considérait souvent "comme un mec déguisé en femme"- et sa phobie pour "les Parisiennes", le figèrent dans le célibat... Ses parents, consternés, ne comprenaient rien... Pourtant il avait l'art de plaire à toutes ces dames huppées et cultivées  qui fréquentaient le Domaine ???

    Sa carrure impressionnante inspirait le respect et la crainte, malgré ses bonnes manières et sa courtoisie... Mais il était d'une franchise redoutable, imparable ! Peu n'osait se frotter à lui ! Cependant, il portait un amour inconditionnel à ses parents et à sa demi-soeur Daisy qu'il protégeait farouchement... Cyril et lui devinrent les meilleurs "potes" du monde. 

    Parfois, Pilou s'esquivait dès qu'il le pouvait et nul ne savait ni où ni pour quelles raisons ! Le mystère fut bien gardé et chacun respecta son silence... Mais l' instinct professionnel de Regan s'inquiéta ?!? Il le fila en catimini... et comprit ! Il emmagasina sa douleur, refoula sa violente colère au plus profond de lui-même et n'en parla jamais, pas même à sa femme... Mais une boule de dureté aigrit son coeur et son regard se durcit, malgré tout l'amour qu'il continuait à manifester à son fils chéri.... 

    Agathe, fine mouche, avait tout deviné depuis longtemps, mais n'en laissa rien voir, de peur de peiner son mari et son fils... Elle adulait son mari et ses deux enfants. Elle les protégeaient avec une telle sauvagerie qu'on évitait de la chagriner à leurs sujets.... D'ailleurs, "c'était pas ses oignons ! Les affaires de coeur, ça s'discute pas, quoi !" "Elle allait pas tourner virago parc'que son Fils... ne lickait pas les meufs, quoi !" Elle ne se posait pas de questions comme son Homme ! A quoi bon ?
    "C'était comme ça, et basta !!! Et pis son Fils, c'était un vrai dur, un dur de dur, comme son père, et aussi gentil et honnête que son père, alors quoi, où est le blême ? "

    Lorsque son mec "crisait en loucedé", elle tentait de lui faire oublier son terrible chagrin par des "trucs de ouf, quoi !" très efficaces... Regan, épuisé, retrouvait son sourire... et se laissait dorloter comme un bébé.... 

    Mais la boule au coeur avait la vie dure ! Il ne s'en remit jamais ! Il culpabilisa et s'imagina "qu'il avait loupé quelque chose de grave dans l'éducation de son fils".... 

     

    Gare à l'eau qui dort n° 94 - Des petits riens délicieux !

    Quant à Justine, si réservée d'ordinaire, elle s'épanouit brusquement et gagna en assurance. Elle avait l'art d'accueillir et d'écouter l'autre. Elle savait s'adapter au client afin de lui proposer la formule qui lui convenait. Elle conservait toujours une voix stable et chaleureuse  qui sécurisait le client. Les fidèles habitués de l'Agence appréciaient surtout sa gentillesse, son honnêteté... et sa générosité. 

    Un large réseau de clients satisfaits se tissa progressivement !  Les retours positifs de ces clients sur les réseaux sociaux devinrent virales et furent un excellent moyen de promotion pour l'Agence...

    Stan et Justine échangeaient souvent avec leurs collaborateurs ou leur clientèle via des réseaux privés coûteux, afin de protéger à la fois les données et dossiers des clients, et l'Agence.

    Car le monde informatique subissait de plus en plus de violentes attaques terroristes, provoquant une grave insécurité de l'emploi qui, à son tour, engendrait une terrible précarité propice aux débordements sociaux... Bref, effet boule de neige qui affectait le monde entier... 

    Le travail des collaborateurs de l'Agence se partageaient entre domicile et bureau. Beaucoup moins de relations directes avec la clientèle qui préférait le confort des écrans digitaux, par visioconférences et hologrammes interposés... 

    Afin de fidéliser et de fixer leurs collaborateurs et employé(e)s, les co-propriétaires du vaisseau de verre ont rondement lancé un projet d'amélioration  de l'immeuble. Ils mirent tout le premier étage du vaisseau de verre, acquis à grands frais, à la disposition de leurs personnels : crèches, infirmier(e)s, médecins, dentistes, coiffeurs, salon de beauté, magasin bio et même une boutique de vêtements... 

    Une installation géothermique dans le sous-sol chauffait ou refroidissait le bâtiment. L'eau recyclée était utilisée pour les besoins en eau non potable...  

    Sur le toit de la Tour, une toute nouvelle canopée agrémentée de sa piscine, de son bar, de son restaurant doté de son potager. Un immense auvent, tapissé de panneaux solaires et récupérateur d'eau de pluie ou de la rosée matinale, recouvraient la canopée. Un apport non négligeable couvrant une partie des besoins de l'immeuble en électricité. Parfois d'eau non potable, suivant la météo capricieuse... On ne pouvait plus guère parler de saisons bien tranchées, mais plutôt d'un climat tropical, alternant les tempêtes, les ouragans, les pluies violentes... et la chaleur torride enclenchant des sécheresses épouvantables.... 

    L'Agence d'assurances et immobilières Justine et Stanislas Faure, pilotée par un cabinet d'architectes agréés, se transforma entièrement selon les goûts du jour, s'informatisa, se digitalisa, se retrouva à la pointe des technologies nouvelles. Elle proposait des salons de repos ou de réunions aux employé(e)s.

    Face à l'augmentation faramineuse des coûts de transport, et peu favorables au conworking qui se révélait finalement très onéreux, les co-dirigeants de l'Agence avaient investi dans des navettes à hydrogène connectées qui optimisaient les trajets, puis proposaient des locations d'appartements proches du vaisseau de verre, tout en favorisant le covoiturage. Une manière comme une autre de fidéliser les salariés et de les contrôler ! 

    Stan gérait l'entreprise d'une main de fer dans un gant de velours, selon la promesse faite à sa femme qu'il adulait.

    Sa femme devenait de plus en plus séduisante ! Il n'avait jamais rencontré une femme aussi exquise que Justine. Elle le fascinait, ainsi que le charmait son style de gestion maternel et empathique... C'était une collaboratrice incroyablement compétente... Cadres et employé(é)s l'adoraient ! 

    De son côté, Justine le trouvait plus que jamais attirant ! Plus le temps s'écoulait, plus elle l'aimait ! Au fil des années, il se bonifiait ... Son Chéri s'illuminait désormais d'une gaîté intérieure qui le rendait beau, communicant, et d'un commerce agréable... 

    - "........ Nous sommes sur la même longueur d'onde" répondit Stan aux journalistes agglutiné(e)s dans le vaste Hall d'Entrée du vaisseau de verre... après un long interview fastidieux.  "Voilà qui résume et explique notre lien profond qui va bien au-delà de nos relations professionnelles...  

    "Oui, nous sommes heureux, profondément heureux ! Nous n'avons pas besoin de nous réaliser dans les mondes fallacieux des métavers actuels... ou de celui de la réalité virtuelle.... Nous nous suffisons l'un à l'autre, entourés de nos amis réels....

    "La réalité est une aventure passionnante.... L'amour réciproque est une réalité qui ne se manifeste que dans le réel ! Pour nous, la vie n'est pas un mirage, c'est le miracle de l'amour réciproque...."

    Un jeune journaliste, sans doute féru de psychologie, ergota :

    - "La réciprocité dont vous nous parlez semble plutôt relever de l'amour-fusionnel, non ? Qui est une aberration de l'amour, induisant des relations de dépendance, de soumission de l'un au profit de l'autre !.... "

    Le sourire narquois de Stanislas le troubla... L'inquiétant regard félin du Patron de l'Agence le déstabilisa... Il ne put continuer à pérorer...

    Stan consentit à lui répondre sur un ton dangereusement doucereux : 

    - "L'amour réciproque, c'est une main aimante qui se tend à la rencontre d'une main aimée..., jeune homme ! C'est l'émouvante histoire d'amour de deux mains enlacées ! Ce qui compte, c'est la circulation de l'amour entre les êtres... Et  cela ne peut se faire sans une certaine complicité mutuelle, non ?"

    Le jeune homme sauta sur la perche tendue :

    - "Vous savez bien que l'amour est plus ou moins plombé par le narcissisme ! L'amour qui se donne et attend un retour ! C'est une forme de réciprocité négative, non ? On ne peut parler de complicité... C'est du donnant-donnant !"

    Stan s'amusait ! Ce jeune blanc-bec avait encore beaucoup à apprendre ! Les moeurs actuels dénaturaient la jeunesse du monde entier... Que savait elle de l'amour, moteur de la vie ? 

    Justine, ahurie, se sentait fébrile ! Où voulait il en venir, ce gamin ? Pour quel journal travaillait il ? Les autres journalistes jubilaient ! Un silence impressionnant s'établit ! 

    - "La réciprocité est partage ! Et vous confondez une fois de plus complicité et fusion ! L'amour fusionnel n'est pas de l'amour.

    "Cependant, vous avez raison en ceci : "UN" est totalitaire  et il est, par conséquent, solitaire ! Il ne peut donc fusionner avec un autre "Un". Puisque vous citez Lacan, relisez le ! 
    Dans un couple homme-femme, "Un-homme" est profondément différent de "Un-femme"..

    Voilà ce que vous ne comprenez plus ! Le non-genré qui caractérise votre étrange époque fausse tout !

    . Si "Un" est seul, un couple est donc simplement une adhésion de deux solitudes.
    . Tout comme si "Un" est totalitaire, "Un" et "Un" ne font pas deux non plus ! Chacun est unique ! Il reste unique et solitaire toute sa vie durant... 'je" et "je" ne font pas nous, que je sache ! "je" reste "je" et point barre ! D'ailleurs, nous sommes seuls face la mort ! 

    . C'est pourquoi l'amour a besoin d'une main qui se tende vers la main de l'Autre ! 

    . La complicité des amants est fondée sur la reconnaissance mutuelle de "l'amour de soi" de chacun des partenaires. Et qu'est ce que "l'amour de soi", sinon le fondement d'un narcissisme sain !

    - "Ah, je vous vois frétiller, jeune homme ! Bien sûr que le respect de soi implique un narcissisme, mais c'est un narcissisme SAIN ! 

    - "Le narcissisme malsain est malade, il a besoin de bouffer l'Autre pour son seul profit, afin de rehausser son estime de soi défaillante !
    C'est un bouffon qui se joue la comédie de l'omnipotence  afin de se sentir "être" ! Ce pervers narcissique est une sorte de démon qui vit dans l'illusion, le mensonge et le déni... Ne confondez pas narcissisme sain et narcissisme pervers ! 

    L'estime de soi est essentielle à la construction personnelle de l'être humain...

    Et qu'est-ce que l'amour de soi, sinon prendre soin de soi en toutes circonstances ? Et comment peut on prendre soin de soi sans aimer l'Autre ? Sans la complicité, la réciprocité avec l'Autre ?

    L'amour de soi, le respect de soi déterminent profondément nos relations à l'Autre... 

    Et quand l'amour de soi, l'estime de soi est conforté par l'être aimé, alors seulement l'amour de l'Autre devient possible ! 

    Justine s'était rapprochée de son Homme, profondément émue par ses paroles. Un silence embarrassant perdurait, chacun semblait attendre quelque chose...

    Stan soupira et reprit :

    - "Puis, surtout, nous savons nous contenter de petits riens délicieux qui pimentent notre vie de couple.......

    Je vous plains, vous, les jeunes, qui vivez dans des mondes parallèles. Ce métavers dans lequel vous vous déplacez, vous voyagez, vous discutez, vous achetez et vous vendez par le truchement de vos avatars, n'est qu'un monde virtuel qui vous pompe toutes vos énergies et , au  passage, vos données personnelles, avec des possibilités de harcèlements, de violences ou d'addictions sévères....

    Toute cette réalité virtuelle ne vaudra jamais une vie réelle vécue dans la réalité réelle. Toutes vos excitations addictives hyperdigitalisées ne pourront jamais rivaliser avec nos petits riens délicieux vécus dans la réalité de notre vie quotidienne, humble et sereine....

     

    "Vanité, tout est vanité !" affirme le Qohelet. "Seul l'Amour subsistera ! Alors aimons nous les uns les autres et nous serons aimés !"

    Merci mesdames, merci messieurs... Ce sera tout pour aujourd'hui !..."

    Un brouhaha indescriptible s'ensuivit ! Chacun s'enflammait, s'invectivait, voulait accaparer l'attention du couple.... 

    Sans plus attendre, Stan et Justine se sauvèrent et s'en retournèrent à pieds vers chez eux, main dans la main, épaule contre épaule... Leur amour seul comptait et rien d'autre !

    Ils savaient qu'ils allaient bientôt connaître une solitude à deux inouïe... Leur refus du monde virtuel les laissera sur le carreau ! Un sentiment de lassitude extrême les saisit...

    Ils avaient déjà du effectuer des efforts prodigieux pour s'adapter aux nouvelles technologies afin de pouvoir gérer l'Agence... Allaient ils devoir aussi se laisser couler dans le moule qui régissait la vie artificielle de l'ensemble des êtres humains  de la Planète ? 

    - "Le monde marche sur la tête !" soupira Stanislas Faure.

    - "Ouais, nous n'allons pas rigoler tous les jours !" renchérit  sombrement Justine Faure... 

    - "Bon heuuu.... Et si on se faisait une soirée crêpes ?" lança Stan comme on jette une bouteille à la mer...

    - "A l'ancienne ?" s'étonna Justine qui connaissait la terreur  de son Chéri envers le gras, le sucré, le salé, le frelaté, le.... la liste était longue...

    - "Vite, une navette ! On fonce chez Astérix!"

    - "Chez Astérix ? A cette heure-ci ? Mais on n'est pas arrivé !" s'exclama Justine. Elle réfléchit puis enchaîna : "Bah, il sera content, même si on arrive à pas d'heures ! Chouette alors...."

    Mais Stan avait déjà appelé un taxi par une commande vocale sur son Smartphone... 

    Nom de code : "Astérix" , né Lucien, dit Lulu, était un vieux copain rebelle et épatant ! Il vivait seul dans les bois, aux confins de la Ville, cultivait son jardin au creux d'une clairière élaguée par ses propres forces, un labeur minutieux et acharné, élevait ses poules, ses canards, ses lapins et ses chèvres. Il avait creusé en douce son puits, malgré l'interdiction, et buvait son eau claire avec fierté en levant haut son verre ébréché à la santé du Gouvernement mondial et de ses Lois, de ses décrets etc, etc...
    Il fabriquait lui-même son pain à la farine de fèves ou de pois chiches, de châtaignes, ou on ne savait trop quoi... et ses fromages... Un Homme simple qui valait de l'or ! La vie était belle avec lui... à condition d'aimer vivre caché ! 

    Il y avait encore des Hommes et des Femmes de sa trempe de part le monde... liés par un réseau secret de colporteurs, régis par un code de l'honneur strict.... et le troc en tout genres... 

    Stan et Justine se sourirent, éblouis : en un éclair, une révélation les frappa net ! Ils se comprirent sans mots dire.... Encore quelques années de labeur avant une retraite bien méritée... et vive la vraie vie au fond des bois avec Lulu ! 

    Une navette les cueillit en plein délire... L'austère Stanislas Faure chantait à tue-tête une chanson paillarde tandis que Justine Faure s'écroulait de rire... 

    - "Et pourquoi pas maintenant ?" espéra Justine dans un murmure

    - "Chut ! On nous écoute !" lui chuchota Stan dans le creux de l'oreille en montrant l'intérieur de la cabine. "Non, ce ne serait pas correct vis à vis des employés, voyons ! On attend tes cinquante ans, comme il se doit, ma tendre amie ! Nous allons préparer tout cela progressivement... pendant les jours de congé et les vacances... Ok ?"

    - "Ok Chef !"

    La navette les largua dans la nature, à l'orée de la Forêt. Ils jouèrent les promeneurs pendant que la voiture auto-motrice à l'hydrogène s'engageait sur une bretelle qui la ramenait sur la voie de retour.... 

     

     

    Gare à l'eau qui dort n° 94 - Des petits riens délicieux !

    LULU

    Ils arrivèrent chez Lulu tard dans la nuit en s'éclairant au minimum avec les "Smart", au risque de se faire pincer par drones et robots, sans rechanges, n'ayant pas pris le temps de rentrer chez eux pour fourrer quelques effets  dans une valise ! Un immense filet de camouflage se dressait au-dessus de la cabane du Robin des bois, et de sa cour, puis d'autres au-dessus de la bergerie, des clapiers et des poulaillers... Des buissons épais impénétrables, entretenus avec soin, entouraient le tout....  Des miradors, invisibles plateformes en bois, se nichaient au creux des frondaisons tout autour du camp. 

     

    Gare à l'eau qui dort n° 94 - Des petits riens délicieux !

     

    Dans un fouillis de ronciers, un énorme faux tronc d'arbre creux recouvert de lichens, de lierre, s'ouvrait astucieusement d'un côté puis de l'autre afin d'accéder au domaine de Lulu. Il fallait avoir le courage de repousser une à une les longues branches aux épines acérées , au prix de quelques griffures, pour aboutir enfin devant l'ouverture du tronc. Un système primitif d'alarme fait de cordes aériennes dissimulées dans la végétation aboutissant à des clochettes dans la cabane prévenait Lulu de l'arrivée des rares visiteurs qui s'y risquaient...

     

    Gare à l'eau qui dort n° 94 - Des petits riens délicieux !

    Invariablement, Lulu les attendait de l'autre côté de tronc, un long pistolet chargé dans une main, le coutelas de l'autre... Il était impressionnant avec ses longs cheveux gris et son épaisse barbe poivre et sel qui lui tombait sur la poitrine. Sa liquette en lin écru au col Mao et son pantalon en grosse toile grise cachaient mal sa maigreur noueuse... A ses pieds, d'énormes chaussures militaires américaines. "Pas un poil de gras, tout dans les muscles !" affirmait il fièrement... Il pouvait :  un seul coup de poing de sa part vous alignait net ! 

    La clairière contenant le Jardin restait bien cachée au coeur du sous-bois plus loin.... entouré d'une palissade de pieux énormes recouverte de ronciers.... Sangliers et robots ne cherchaient pas à s'enfoncer dans  l'épaisseur des ronces... Des filets de camouflage, soigneusement attachés à la cime des arbres, simulaient une frondaison touffue et dense, trompant la vigilance des drones. 

    Gare à l'eau qui dort n° 94 - Des petits riens délicieux !

     

    Gare à l'eau qui dort n° 94 - Des petits riens délicieux !

    Gare à l'eau qui dort n° 94 - Des petits riens délicieux !

    Gare à l'eau qui dort n° 94 - Des petits riens délicieux !

    La cabane bunker de Lulu

     

    Dans le camp de Lulu régnait une lumière glauque même par temps  fortement ensoleillé...  Seuls pouvaient le trahir le caquetage des poules, les nasillements des canards et les bêlements des chèvres... Mais la Forêt, interdite aux humains, regorgeait d'une faune et d'une flore invraisemblables ! De nombreux animaux domestiques, indésirables en Ville, avaient été abandonnés là et retournaient à la vie sauvage, pour le plus grand bonheur des lynx et des loups, des chats et des chiens... Lulu partait des journées entières à la chasse, armé d'un fusil à fléchettes  et de son éternel coutelas... Il laissait la viande ou le poisson dans des tonneaux salés puis la fumait dans un vieux congélateur qu'il avait bricolé. 

     

     

    La réception chez Lulu fut grandiose ! On mangea des crêpes, du poulet, des légumes frais, denrées devenues si rares. On se régala de magnifiques fromages de chèvres au miel de forêt, le tout arrosé de bouteilles d'un vin de contrebande délicieux... et de la fameuse eau du puits... 

    On conspira longuement ! Un plan fut établi ! Lulu savait construire des cabanes en bois avec cheminées et un système astucieux qui filtrait les fumées...  Pas trop près de chez Lulu, à cause des drones et des robots gardes forestiers qui patrouillaient sans cesse... Pas trop loin non plus, pour garder le contact ! Il leur apprendra tout ! Il faudra s'y mettre dès que possible.. 

    Ils dormirent sur une paillasse d'herbes odorantes recouverte de couvertures et de peaux de chèvres... ça grattait un peu au réveil ! Tant pis ! Lulu sortit le pot de crème et ils s'enduisirent le corps d'un truc gras malodorant... mais efficace.

    Grande difficulté pour s'en retourner le surlendemain, mais l'espérance était vive et le rêve beau ! 

    - FIN -

     

    Luciole

     

    Gare à l'eau qui dort n° 94 - Des petits riens délicieux !

     

    GROS BISOUS 

     

    Les enfants vont arriver : je reviendrai fin Août si je peux ! Très bonnes vacances à vous toutes et tous

    Tendresse

     

     Les métaverts ; incroyable mais vrai ! (méta et univers)

     

    Le métavers est un monde parallèle virtuel ou chaque utilisateur peut mener une vie numérique en 3 ou 4 D
    au travers d'un avatar, un personnage qui le représente.,
    grâce à l'utilisation d'un casque de réalité virtuelle connectée en Wi-FI à Internet.

     

    02/11/2022 :

    Depuis qqs mois, une moyenne de 150 à 200 visiteurs et 200 à 400 pages lues. Qqs pics à plus de 3 000 pages lues... 

    Hier : 120 visiteurs et 3 793 pages lues !!! Joie au coeur en découvrant ce score ce soir, alors que mon blog dort depuis ??? 

    Merci infiniment, cher(e)s aminautes. 

    Pardon d'être si peu présente ! Des ennuis de santé, des pépins et des voyages en Fourgon m'ont tenue éloignée des écrans... 

    Sommes rentrés d'avant-hier soir d'un long périple en Ariège, puis à Lourdes. J'attends les photos du Chef pour vous le raconter... 

    Je suis dans les lessives... Encore 3 de couleurs et ouf, je retrouve le quotidien...

    A bientôt dès que je le peux...

    Mille bisous, surtout à tous ceux et toutes celles qui ont pris la peine de commenter les épisodes de ce roman. Ma vue ayant sérieusement chutée, j'ai été dans l'obligation de lui imposer un grand repos !

    Lunettes spéciales DMLA anti-soleil, même par temps couvert.... Je les recommande à toutes personnes atteintes de DMLA... Sans elles, je n'y voyais rien, trop éblouie ! 

     

     

    ROMAN : "Gare à l'eau qui dort" - cliquez sur les phrases ci-dessous 

    1ère Partie : Justine cherche un emploi 
    2ème Partie : Entretien d'embauche entre Damien et Justine 
    3éme Partie :Portrait de Damien MAYER
    4ème Partie : Louise, épouse de Damien
    5ème Partie : Justine, secrétaire de Damien
    6ème Partie : Lou, fille de Louise 1
    7
    ème Partie : Lou, fille de Louise 2 
    8ème Partie : "Le regard magique"
    9ème Partie : l'Empreinte (1)  
    10ème Partie : L'Empreinte (2) 
    11ème Partie : Le Plogging  
    12ème Partie : Les enfants perdus 
    13ème Partie : Quel carburant voiture ?  
    14ème Partie : L'Etang 
    15ème Partie : Lettres anonymes  
    16ème Partie : Dorian le détective privé  
    17ème Partie : Réminiscences  
    18ème Partie ; Filature  
    19ème Partie : Le Poucave  
    20ème Partie : Sous-marin (camion de filature) et pinholes (caméras minuscules)  
    21ème Partie :Dignité bafouée  
    22ème Partie : La Charité fraternelle  
    23ème Partie : "Le Constat d'adultère"  
    24ème Partie : La "road rage" à 200 km à l'heure  
    25ème Partie : Le fouille merde  
    26ème Partie ; Le Daron engraine  
    27ème Partie : Choc émotionnel  
    28ème Partie : Prodigieuse Lumière  
    29ème Partie : Inspecteur Stan Faure  
    30ème Partie : Etrange entretien 
    31ème Partie : Révélations fracassantes de Dorian  
    32ème Partie Adèle coupable ?  
    33ème Partie : Enjeux autour d'un bébé  
    34ème Partie : Duo de choc Louise et Justine  
    35ème Partie : Coma Damien  
    36ème Partie : Réveil Damien  
    37ème Partie : Les trois mousquetaires  
    38ème Partie : Une famille encombrante  
    39ème Partie : La tornade blanche  
    40ème Partie : Mutique imposture  
    41ème Partie - Le bon curé 
    42ème Partie - Le bon curé suite  
    43ème Partie : Révélations fracassantes  
    44ème Partie : Les prisons de l'âme  
     45ème Partie : l'Assemblée Générale Extraordinaire  
    46ème Partie : Mort de Damien  
    47ème Partie : Baiser d'outre-tombe  
    48ème Partie : Diners de Louise  
    49ème Partie : Jour de traîne-misère  
     50ème Partie : Eve ou Lilith ?  
    51ème Partie - Self contrôle  
    52ème Partie - La Maison d'accueil  
    53ème Partie - Les secrets d'Agathe  
    54ème Partie - Le Château de Louise  
    55ème Partie - La Chambre d'Agathe    
    56ème Partie : "Oh que c'est sublime  
    57ème Partie : Toubib 
    58ème Partie : La violence des Mots ! 
    59ème Partie : Madame est servie ! 
    60ème Partie : Querelles de préséance ! 
    61ème Partie : Lou et Agathe amies ? 
    62ème Partie : La Fosse aux Lions 
     63ème Partie : Si le Loup y était. 
    64éme Partie : Le coup de foudre !
    65ème Partie : La maison de Pierre et de Suzy 
    66éme Partie : Péché de gourmandise 
    67éme Partie : Frontières sociales ! 
    68ème Partie : Une journée mémorable ! 
    69ème Partie : Retrouvailles
    70ème Partie : Vie nouvelle en Août
    71ème Partie : Les filets du Roman
    72ème Partie : Requiem
    73ème Partie : Bas les Masques !
    74ème Partie : Les Noces de L'Epoux !
    75ème Partie : Nombre affolant de zéros !
    76ème Partie : La vie continue 
    77ème Partie : Etrange pouvoir des mots !
    78ème Partie : Lou : la Pension !
    79ème Partie : Barbe noire
    80ème Partie ! La Morale et Lou ! 
    81ème Partie : Lou et sa Ferrarri !
    82ème Partie : Soleil couchant !
    83ème Partie : Le Roi déchu !
    84ème Partie : La Parisienne
    85ème Partie : Le Pragmatisme ! 
    86ème Partie : Le Cri !
    87ème Partie : Sidération
    88ème Partie : La bonne place
    89ème Partie : L Maison connectée de Lou
    90ème Partie : Sauvons le monde !
    91ème Partie : Coup de théâtre !
    92ème Partie : Le nouveau monde 
    93ème Partie : Un monde à l'envers !
    94ème Partie : Des petits riens délicieux !

     

     


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  •  Gare à l'eau qui dort n° 93

     

    Gare à l'eau qui dort n° 93 - Un monde à l'envers !

     

    UN MONDE A L'ENVERS !

     

     

    Clic sur la musique 

     

    Atteindre ainsi le sommet de la vie professionnelle, sans l'avoir recherché ni même le désirer, créait une confusion mentale terrible.... Etait-ce un mirage ? Cachait il d'autres sommets plus improbables encore ?   Ou les déserts arides et humiliants de la "Faillite", bête noire de tout Patron en charge d'une entreprise et d'employé(e)s ? Auront ils le temps - ou la force - de connaître encore les plaisirs d'une vie conjugale bien remplie ?
    Justine gardait en mémoire les révoltes et les lassitudes infinies de Louise qui ne songeait plus qu'à se débarrasser de cette encombrante Agence, elle qui ne réussissait à faire face qu'au travers de ses mondanités.... Même en envisageant les hypothèses les plus favorables possibles, l'ivresse de l'Inconnu lui donnait des vertiges !  
    (Clic sur la phrase : épisode précédent)

     

    Quelques retardataires se précipitaient vers "leur" Building. Stan se remit en marche.

    Agrippée à son bras, Justine régla son pas sur celui de son mari. Ils pénétrèrent dans le vaste Hall d'entrée . Malgré de nombreuses restaurations, le Hall avait mal vieilli... Les trop nombreuses plantes vertes avaient mauvaise mine, le comptoir datait, le faux marbre des murs grisaillait, faute d'entretien, certains miroirs étaient rongés d'humidité... Seuls les panneaux de verre fumé listant les noms des entreprises, anciennes ou nouvelles, étaient flambants neufs ! Les deux jeunes employées derrière le long comptoir lisaient tranquillement en attendant d'être sollicitées. 

    Justine éclata nerveusement de rire. Les jeunes filles, surprises, levèrent la tête et la dévisagèrent sans aménité.  Stan la questionna du regard ? 

    - Autrefois, le luxe tapageur de ce Hall m'avait terrorisée  (Clic ici) ! Observe le, il est.... si minable ! Tout est à refaire ! Quelle navrante image de marque !"

    Silence ! Elle renchérit : 

    "Ces plantes empestent ! Chéri, c'est curieux, je suis passée par ce Hall tous les jours depuis si longtemps que je ne le voyais plus ! J'étais trop pressée de retrouver mon bureau et mes dossiers." 

    Cette fois, Stan lui répondit avec un sourire agacé. L'oeil sagace des femmes voyait tout, même ce que les hommes voulaient ignorer. "Voilà qui va coûter un max... ça commence bien ! soupira t-il !" "D'un autre côté.... il faut reconnaître que c'est minable.... Mouais !"

     - "Tu as raison, ma mie ! Je vais pétitionner auprès de tous les patrons de cet immeuble... Il nous faudrait agir...  et vite !" s'énerva t il subitement en se redressant.

    Justine se retint de rire. Son Homme bombait le torse... Elle envisagea déjà la bagarre entre les coqs de cet immeuble... Mais elle avait confiance. Rien n'arrêtait Chéri une fois lancé ! 

    "Leur" ascenseur, lui,  avait pris un coup de jeune, revisité par les talents artistiques de Louise. Il exhalait à chaque entrée d'une personne une bouffée de senteurs fraîches particulièrement bienvenue, après les lourdeurs pourrissantes des plantes du Hall. 

    Au deuxième, dans l'immense Salle d'attente aux tons chauds et clairs, meublée avec goût (Clic ici), se tassait une foule compacte et bigarrée... 

    Les robots, les cadres et les employé(e)s de l'Agence les attendaient. Stan et Justine reçurent un accueil triomphal. Le secret avait été éventé : par qui ? Louise n'était pas encore arrivée... Viendra t-elle ?
    Sur le comptoir, devant les toutes nouvelles machines à café, des gâteaux aux fruits et des coupes de champagne bio.

    Une salve d'applaudissements les bouleversèrent.... 

    Une idée saugrenue traversa l'esprit de Justine : jamais le personnel ne se serait permis d'accueillir Louise aussi spontanément... aussi fraternellement....

    On l'embrassait, on la serrait dans les bras, on lui murmurait des compliments à l'oreille,  elle passait de l'un(e) à l'autre avec une franche cordialité, avec gratitude... 

    Stan intimidait : chacun(e) lui serra la main avec componction et des compliments de circonstance... 

    Justine et Stan étaient co-dirigeants de l'Agence, mais Justine comprit très rapidement que seul Stan était considéré comme le vrai Patron par tout le personnel ! 

    Brusquement, son appréhension s'allégea, son malaise se dissipa. 

    Elle refusa de cohabiter avec son mari dans "l'ex Bureau de Louise", réintégrant le sien avec un immense soulagement. 

     

    Gare à l'eau qui dort n° 93 - Un monde à l'envers !

     

    Dans l'ombre familière de la pièce dont les volets étaient encore baissés, il lui sembla soudain distinguer une forme incertaine. Elle pressentit violemment la présence et le parfum d'Adèle... ??? Bouffée d'intenses émotions !

    - "Oh Adèle, merci... C'est si bon de te sentir à mes côtés. Aide moi, s'il te plaît, toi qui a porté cette Agence à bout de bras si longtemps... Ta présence m'est précieuse, tu sais. Je t'aime, Maminou... Reviens quand tu veux !" 

    Elle attendit, le souffle coupé, attentive.... mais rien ! Plus rien ! Avait elle rêvé ? 

    La présence fugitive d'Adèle se grava profondément dans le secret de son coeur et de son âme sa vie durant. Elle en avait saisi toute la signification. Adèle la protègera et la guidera !

    Par ailleurs, où se trouvait la limite entre visible et invisible ? La ligne du temps était elle poreuse ? Les défunts pouvaient ils intervenir dans la vie des vivants ? 

    Quelques agences proposaient déjà des voyages vers l'au-delà de la mort... Après signature d'un contrat dûment accepté, le postulant, "suicidé" puis ranimé, en revenait avec des souvenirs dépassant  l'imagination...

    - "Les nouvelles technologies sont sur le point de faire basculer le monde dans la folie... "s'était affolée Justine en écoutant les informations... 

    Elle présuma qu'Adèle, du haut de son ciel, lui était désormais bien supérieure en tout.. Et même si Maminou ne pouvait prétendre à une connaissance parfaite, son savoir devait être maintenant considérable... Se trouvait elle aux côtés de son fils Damien ? 

    Justine sourit : Adèle était fichtrement fidèle et pugnace, elle avait suivi son enfant pendant toute sa vie terrestre, pourquoi n'en serait il pas autrement dans sa vie spirituelle ? 

    La nouvelle patronne s'assied sur son fauteuil en cuir à mémoire de forme, posa les mains sur le bureau en bois précieux et brillant, ancra ses pieds au sol, ferma les yeux, inspirant, expirant lentement, profondément. longtemps.. 

    Elle se retrouva brusquement plongée au coeur d'une nuit d'une stupéfiante Beauté dans laquelle elle pouvait se déployer, se déplacer, comme en apesanteur. 

    Dans cette nuit qui coulait comme un fleuve s'enflait une puissante et profonde Respiration...

    Surprise, elle paniqua, le coeur battant violemment la chamade ! 

    Elle retrouva brutalement son quotidien, sonnée, mais bizarrement allégée de tout souci.

    Progressivement, elle se détendit, s'étira comme un chat, et choisit de sourire à sa nouvelle vie, gardant en son coeur cette mystérieuse Respiration de l'univers ? de l'Au-delà ? qui l'avait tant fait flipper... mais qui, à la réflexion, semblait plutôt bienveillante...

    Elle repoussa sa curiosité, elle prendra le temps de méditer une autre fois, quand elle le pourra... Quelle froussarde, tout de même ! Il y a des moments dans la vie qui vous laissent vraiment sans repères....

    Sensation étrange d'avoir loupé le coche, de marcher à côté de soi-même...

    Fuite éperdue... Envie soudaine de rentrer dans sa coquille et de retourner à ses occupations.

    Elle ordonna la remontée des volets roulants qui chuintèrent en cliquetant doucement... La lumière du jour entra à flot, réchauffant l'atmosphère. Elle adorait ces heures matinales silencieuses qui la trouvait plongée dans ses dossiers, sur les écrans transparents qui se déployaient comme par magie devant elle selon ses ordres vocaux...

    Le soleil venait de se coucher lorsqu'elle releva enfin la tête de son travail. Etonnée, elle regarda clignoter les lumières des buildings. Elle éclata joyeusement de rire ! Stan n'était pas venu la chercher ni pour déjeuner, ni pour dîner, contrairement à son habitude. 

    Elle rangea son bureau, lança des ordres à son ordinateur. Les écrans disparurent et les volets roulants descendirent lentement dans un long soupir. Elle éteignit en l'effleurant sa lampe de bureau. Les lumières artificielles du dehors jetèrent des lueurs troubles étoilées dans la vaste pièce en traversant les interstices des volets métalliques.

    Un ordre bref, et le plafonnier s'alluma ! Elle sortit de la pièce.

    L'étage s'était vidé progressivement de ses occupants...  

    Justine alla frapper doucement à la porte du bureau de son mari et entra  : Stan travaillait, les yeux rivés sur ses immenses écrans, ses longs doigts effleurant les écrans à une vitesse surprenante. Il avait du se soumettre aux nouveautés informatiques. Finalement, elles se révélaient bien pratiques ! Il leva la tête et s'écria soudain, fort surpris :

    - "Oh, ma tendre amie, il est bien tard ! Sais-tu que nous avons oublié de déjeuner ? Je suis affamé !"

    - "Rien de grave, mon coeur, nous avons été tellement gavés de petites gâteries et de champagne ce matin... Nous avons mangé pour la semaine" lui murmura Justine en souriant. 

    - "C'est ma foi vrai ! Mais allons vite nous restaurer ! mon estomac se rit de tes logiques. Lui, il est réglé comme une horloge. A vingt heures, il crie famine !"

    Malgré une circulation dense de piétons, de voitures et d'engins silencieux de toutes sortes,  au sol ou au-dessus de leurs têtes, il régnait une calme harmonie dans le bleu du soir... La nuit dévorait déjà les horizons fauves. qu'on apercevait entre les buildings.  

    Cependant, les restaurants se remplissaient d'une incompréhensible agitation. La nuit était douce ! La température avoisinait les trente degrés. Presque tous les habitants de la Ville se pressaient enfin dehors avec bonheur, après une journée étouffante, malgré la climatisation, harassante et surtout enfermée...

    Les clients se pressaient devant les bornes de commandes digitales ou vocales, au choix, puis attendaient leurs plateaux de nourriture devant leur casier vitré et numéroté en papotant. 

     

     

    Derrière le mur de casiers s'activaient une armée de robots, de machines à cuisiner, des imprimantes 3D fabriquant des pizzas en série ou des tartes, et quelques techniciens-cuisiniers  humains qui surveillaient. 

     

    Gare à l'eau qui dort n° 93 - Un monde à l'envers !

     

    Les tables connectées étaient prises d'assaut ! Les clients pouvaient consulter les informations, ou jouer à des jeux.... tout en mangeant, sur l'écran de la table.

     

    Gare à l'eau qui dort n° 93 - Un monde à l'envers !

     

    Dans un restaurant de Grenoble

    Dans certains restaurants high-tech, les menus s'affichaient directement sur les écrans des tables connectées. Les clients personnalisaient leurs repas. Les ordinateurs reliés aux tables prenaient en compte les données personnelles de chaque habitué et proposaient des menus adaptés. Des robots ou des tapis roulants transportaient les plats directement sur les tables. Les clients payaient avec leurs smartphones ou leurs montres connectées. 

    Justine et Stan erraient d'un resto à l'autre sans parvenir à se décider. Les étranges harmonies  générées par les algorithmes de l'intelligence artificielle ou résolument technos s'échappant des portes entrouvertes les agressaient. Les terrasses étaient combles...

    Toute cette agitation les accablèrent. Quelques heures plus tard, ils se retrouvèrent attablés chez eux, mordant à belles dents dans des sandwichs improvisés mais bios ; galettes de sarrasin, salade et légumes. Pas de "machins modernes" à haute technologie, pas de robots auto-cuiseurs... chez eux ! Stan, adepte du bio sain et sans sauce, avait une peur maladive de la nourriture "frelatée", de la graisse, du sucre raffiné, des plats tout prêts ou préparés par un robot.. . Rien de plus compliqué que de lui trouver un resto à  son goût ! Il avait un odorat sensible et son nez lui signalait derechef toute cuisine douteuse.... Mais il ne rechignait pas devant une bonne bière bio ou un grand cru bio ! 

     

    Il y avait toutes sortes de gadgets intelligents, dans les cuisines d'aujourd'hui, qui peuvent préparer n'importe quels plats. Toute cette batterie de robots gardaient en mémoire les goûts alimentaires de leurs "patrons" ainsi que leurs allergies ou problèmes de santé. Ils pouvaient ainsi élaborer un plan d'alimentation strict selon les besoins nutritifs du jour... 

     

    Gare à l'eau qui dort n° 93 - Un monde à l'envers !

    Fermes verticales

    Stanislas n'arrivait plus à comprendre cette ère nouvelle, où tout était cultivé en fermes verticales d'une manière "artificielle", en plein centre ville, à deux pas de chez eux... La viande, la volaille et le poisson étaient à base de plantes ou plus rarement cultivés en laboratoire à partir de quelques cellules de chaque espèce animale... 

    Comment comprendre que les oeufs de poule ne provenaient même plus de.... poules ? Que le lait et le fromage n'étaient plus des produits laitiers ? 

    Tout était à base d'algues ! Elles poussaient partout : sur les balcons végétalisés, dans des serres improvisées au coeur même des appartements ou sur les toits... Faciles à digérer, bourrées de calcium, de protéines, de fer et de vitamines, de minéraux, de fibres et d'anti-oxydants... elles nourrissaient la planète et aidaient à contrer les crises alimentaires... 

    Seule la cuisine à base d'insectes concurrençait l'algue !!! 

    L'agriculture était enseignée dans les Universités les plus prestigieuses  !

    Les agriculteurs-trices jouissaient d'un prestige phénoménal, tous des scientifiques chevronnés et renommé(e)s...

     

    Gare à l'eau qui dort n° 93 - Un monde à l'envers !

     

    Une félicité curieuse, accompagnée de rasades de bières bios fraîches savoureuses, les jetèrent enlacés sur le canapé, sans bouger, calés sur des coussins moelleux, un plaid en guise de couverture, pour le reste de la nuit.

    C'est alors que commença une étrange chevauchée des jours et des nuits, des heures de durs labeurs acharnés et des heures précieuses d'ivresse pure comme bulles de savon. Chaque minute passée ensemble s'auréolait d'un prestige singulier.

    Fort las parfois, ils s'appuyaient l'un contre l'autre, et s'endormaient dans le canapé devant un film holographique. Des petits riens inoubliables qui réclamaient le droit à la fantaisie, à la légèreté d'une tendre complicité parfois délirante.

    Des crises de fous rires arrosées de bières glacées bues à la bouteilles, ou des instants solennels en dégustant des vins capiteux dans des verres à pied tout en écoutant religieusement Wagner ou Beethoven ou ?... à pleins décibels, les vitres tremblaient, les murs vibraient.... Eux aussi ! 

    Des petits riens délicieux !

    Stan, dans le privé, adorait se mettre en scène. Sa tendre amante le suivait dans toutes ses folies avec un ravissement mutin qui le chavirait ! 

    Le monde était si anti-naturel qu'il fallait trouver des petits riens pour avoir la force de rester vivant et passionné... Sinon, l'homme s'engloutissait dans sa suffisance.... et devenait insensible... 

    "Méditation de l'homme face à sa condition

    qui passe d'un état de suffisance olympienne à l'angoisse devant sa finitude,

    puis qui réagit par une volonté épicurienne d'épuiser le présent"

    (Pindare)

     

    Gare à l'eau qui dort n° 93 - Un monde à l'envers !

    Cubes de café à croquer (les Go cubes) avec différentes saveurs

    Demain, dans le couloir, ils rencontreront de jeunes loups ou louves  fraîchement diplômé(e)s qui tenteront de croquer, eux aussi, tout comme lors des débuts laborieux de Justine dans cette Agence, (Clic ici)  les joies de la compétition à pleines dents dans l'espoir de faire fortune, pendant que la blonde Ophélie, qui n'avait pas pris un kilo, pas même une ride, seulement quelques cheveux blancs dissimulés sous la teinture, viendra les tenter d'un café, thé ou autres, froids en cubes à croquer ou chauds au gobelet, accompagnés de bouchées nutritives...

     

    Gare à l'eau qui dort n° 93 - Un monde à l'envers !

     

    Bouchées nutritives du Futur
    Farine d'insectes, algues, viande végétale et lait artificiel...
    https://lactualite.com/sante-et-science/10-aliments-du-futur/

     

     

    Invariablement, Stan refusait, attentif à sa ligne, se contentant d'un thé bio,  mais Justine se régalait de petites bouchées vitaminées aux fruits secs dans l'intimité de son bureau, d'un café chaud, et de la tendre complicité joyeuse qui régnait entre les des deux femmes. 

    Justine, tout comme Louise, interdisait les talents hauts et les uniformes qui révulsaient le corps et l'âme ! L'esprit scientifique et ... hypocondriaque de Stan approuvait ! Vive les baskets et la fantaisie ! Mais ils ne s'habituaient guère à cette mode non genrée qui frappait  les humains !

     

    Gare à l'eau qui dort n° 93 - Un monde à l'envers !

     

    Passe encore ces longues tuniques que Stan appelait "gandouras", lui rappelant ses séjours en Afrique,... Il les avait adoptées dans le privé, ou lors des promenades de loisirs tant elles étaient confortables. Mais que dire d'hommes maquillés, bijoutés et en jupe ou en robe, pendant que certaines dames se pavanaient dans de chics costumes trois pièces d'homme, il est vrai souvent très colorés  ou scintillants ? 

    Un monde à l'envers !

    Luciole

    A SUIVRE n° 94  et Fin du roman...

     

    Gare à l'eau qui dort n° 93 - Un monde à l'envers !

     

    29/07/2022

    Coucou les aminautes

     Dessert aux poires

    Dans une coupelle, mettre crème chantilly, qqs amandes effilées grillées, un filet de miel de lavande, une boule de glace aux poires, 1/2 poire, chantilly et amandes effilées grillées... 

    Présenter avec des petites meringues à volonté.... 

    Miam ! 

     

     

    ROMAN : "Gare à l'eau qui dort" - cliquez sur les phrases ci-dessous 

    1ère Partie : Justine cherche un emploi 
    2ème Partie : Entretien d'embauche entre Damien et Justine 
    3éme Partie :Portrait de Damien MAYER
    4ème Partie : Louise, épouse de Damien
    5ème Partie : Justine, secrétaire de Damien
    6ème Partie : Lou, fille de Louise 1
    7
    ème Partie : Lou, fille de Louise 2 
    8ème Partie : "Le regard magique"
    9ème Partie : l'Empreinte (1)  
    10ème Partie : L'Empreinte (2) 
    11ème Partie : Le Plogging  
    12ème Partie : Les enfants perdus 
    13ème Partie : Quel carburant voiture ?  
    14ème Partie : L'Etang 
    15ème Partie : Lettres anonymes  
    16ème Partie : Dorian le détective privé  
    17ème Partie : Réminiscences  
    18ème Partie ; Filature  
    19ème Partie : Le Poucave  
    20ème Partie : Sous-marin (camion de filature) et pinholes (caméras minuscules)  
    21ème Partie :Dignité bafouée  
    22ème Partie : La Charité fraternelle  
    23ème Partie : "Le Constat d'adultère"  
    24ème Partie : La "road rage" à 200 km à l'heure  
    25ème Partie : Le fouille merde  
    26ème Partie ; Le Daron engraine  
    27ème Partie : Choc émotionnel  
    28ème Partie : Prodigieuse Lumière  
    29ème Partie : Inspecteur Stan Faure  
    30ème Partie : Etrange entretien 
    31ème Partie : Révélations fracassantes de Dorian  
    32ème Partie Adèle coupable ?  
    33ème Partie : Enjeux autour d'un bébé  
    34ème Partie : Duo de choc Louise et Justine  
    35ème Partie : Coma Damien  
    36ème Partie : Réveil Damien  
    37ème Partie : Les trois mousquetaires  
    38ème Partie : Une famille encombrante  
    39ème Partie : La tornade blanche  
    40ème Partie : Mutique imposture  
    41ème Partie - Le bon curé 
    42ème Partie - Le bon curé suite  
    43ème Partie : Révélations fracassantes  
    44ème Partie : Les prisons de l'âme  
     45ème Partie : l'Assemblée Générale Extraordinaire  
    46ème Partie : Mort de Damien  
    47ème Partie : Baiser d'outre-tombe  
    48ème Partie : Diners de Louise  
    49ème Partie : Jour de traîne-misère  
     50ème Partie : Eve ou Lilith ?  
    51ème Partie - Self contrôle  
    52ème Partie - La Maison d'accueil  
    53ème Partie - Les secrets d'Agathe  
    54ème Partie - Le Château de Louise  
    55ème Partie - La Chambre d'Agathe    
    56ème Partie : "Oh que c'est sublime  
    57ème Partie : Toubib 
    58ème Partie : La violence des Mots ! 
    59ème Partie : Madame est servie ! 
    60ème Partie : Querelles de préséance ! 
    61ème Partie : Lou et Agathe amies ? 
    62ème Partie : La Fosse aux Lions 
     63ème Partie : Si le Loup y était. 
    64éme Partie : Le coup de foudre !
    65ème Partie : La maison de Pierre et de Suzy 
    66éme Partie : Péché de gourmandise 
    67éme Partie : Frontières sociales ! 
    68ème Partie : Une journée mémorable ! 
    69ème Partie : Retrouvailles
    70ème Partie : Vie nouvelle en Août
    71ème Partie : Les filets du Roman
    72ème Partie : Requiem
    73ème Partie : Bas les Masques !
    74ème Partie : Les Noces de L'Epoux !
    75ème Partie : Nombre affolant de zéros !
    76ème Partie : La vie continue 
    77ème Partie : Etrange pouvoir des mots !
    78ème Partie : Lou : la Pension !
    79ème Partie : Barbe noire
    80ème Partie ! La Morale et Lou ! 
    81ème Partie : Lou et sa Ferrarri !
    82ème Partie : Soleil couchant !
    83ème Partie : Le Roi déchu !
    84ème Partie : La Parisienne
    85ème Partie : Le Pragmatisme ! 
    86ème Partie : Le Cri !
    87ème Partie : Sidération
    88ème Partie : La bonne place
    89ème Partie : L Maison connectée de Lou
    90ème Partie : Sauvons le monde !
    91ème Partie : Coup de théâtre !
    92ème Partie : Le nouveau monde 
    93ème Partie : Un monde à l'envers !
    94ème Partie : Des petits riens délicieux !


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  •  Gare à l'eau qui dort n° 92

     

     

    Les transports de Demain, déjà en cours Aujourd'hui !

     

     

    LE NOUVEAU MONDE 

     

     

    La clairvoyance de Stan le gênait, au point de vouloir rompre avec Louise "et son monde"... Ils espacèrent leurs visites... Quelle était donc cette nouvelle lubie de cette femme mature de vouloir imposer son aide encombrante et ses relations mondaines à son Fils Tommy dans son travail... ??? Etait ce pour le plaisir de gagner toujours plus d'argent ? Pour la gloriole ?Reproduisait elle avec son fils et son mari ce qu'elle avait fait subir à son mari Damien ? ......
    (Episode précédent n° 91 - cliquez sur la phrase)

     

    ls pressèrent le pas malgré la touffeur de l'air, protégés de la canicule par leurs habits réfrigérants et des auvents au-dessus de leurs têtes. Stan observa Justine. Rien ne le rendait plus heureux que de voir le visage illuminé de joie de son épouse... Comme leur temps était précieux et leur travail chronophage, ils savouraient avec délectation chaque moment passé ensemble. 

     

    Gare à l'eau qui dort n° 92 - Le nouveau monde

     

    Sur les larges trottoirs du Centre Ville aux dalles récupératrices d'énergie, arborés et fleuris, s'ouvraient des chemins ombragés par des auvents végétalisés ou recouverts de panneaux solaires dotés d'un dispositif de récupération des eaux pluviales

    Les énormes pylônes s'enveloppaient d'une dentelle d'acier esthétique et soutenaient la structure arachnéenne des auvents. Ils crachaient de fins nuages de fraîcheur citronnés et de produits anti-moustiques dans l'air..

    De très importantes épidémies mondiales de dengue, de chikungunya et de zika avaient marqué les esprits et poussé les autorités sanitaires à réagir vigoureusement. 

     

    Gare à l'eau qui dort n° 92 - Le nouveau monde

    Toyota si- REAl personnel

     

    Gare à l'eau qui dort n° 92 - Le nouveau monde

     

    Un SEGWAY à la japonaise : Le Winglet !
    4 km d'autonomie grâce à une batterie en lithium-ion.
    Il se recharge en 1 H 1/2. D'un poids de 20 km, sa vitesse de pointe est de 6 km/H...

     

    Des navettes sans chauffeur et des voitures climatisées à hydrogène, parfaitement silencieuses, circulaient à vitesse réduite sur l'avenue à quatre voies.

    De chaque côté de l'avenue, de larges pistes cyclables, bordées de barrières souples amortissant les chocs, accueillaient des vélos électriques et une nuée de NVEI (nouveaux véhicules électriques individuels) tels que les gyropodes, les gyroroues (monoroues), les hoverboards... et autres trottinettes électriques améliorées, revisitées ou transformées, heureusement limités en vitesse de pointe.
    Le cauchemar de Stan autrefois, car tous ces engins filaient à toute allure en slalomant entre les voitures sur les routes  ou entre les piétons sur les trottoirs. Quel soulagement de les voir enfin confinés sur les espaces cyclables ! 

    Des parkings bienvenus, couverts de panneaux solaires et de récupérateurs d'eau, aménagés pour le co-voiturage, agrémentés d'aménagements végétalisés multistrates (arbres, buissons et pelouse fleurie) déroulaient leurs immensités aux abords de la Ville, réduisant ainsi la circulation des voitures dans les avenues urbaines....

     

    Le Skytran

    Au-dessus d'eux volaient des drones-taxis ou de livraison.... et le Skytran, le tramway aérien inventé par la NASA en 2022,  particulièrement revu et corrigé selon les techniques actuelles. Des nacelles de deux places ou plus se déplaçaient à plus de cent kilomètres par heure sur une route aérienne autoguidée. Le tout fonctionnait par lévitation magnétique.  (Une première ligne avait vu le jour à Tel Aviv dans les années 2023)

     

    Hihihi ! De drôles d'engins dans la Ville !!!

     

    La chaleur était torride en ce mois d'Août 2030... La température dépassait régulièrement les quarante degrés à l'ombre. La canicule affectait de nombreuses personnes et provoquait une hécatombe de décès au sein des personnes âgées ou fragiles malgré une climatisation régulée obligatoire dans les appartements et les lieux publics.

    Justine et Stan n'aimaient guère cette nouvelle ère qu'ils trouvaient insupportable ! 

    Car des sécheresses, des famines, et des incendies foudroyaient le monde. Malgré la répartition des richesses par le biais des impôts sur la Fortune, qui permettaient de lutter contre les inégalités sociales et leurs néfastes conséquences, selon les décrets du Gouvernement mondial, "totalitaire par nécessité", le monde souffrait terriblement ! Les crises sociales et les épidémies se succédaient... On avait réussi à éradiquer les pandémies les plus récurrentes, mais il y avait tant à faire dans tous les domaines... On tentait de calmer les peuples en brandissant les étendards de la science et de la technologie qui résoudraient tous les problèmes d'ici 2050 ??? Mais les peuples n'y croyaient plus ! 

    Les promenades de Justine et de Stan s'étaient réduites.

    Par sécurité, il était interdit de pénétrer dans les forêts sous peine d'emprisonnement et d'une forte amende. Les forêts étaient étroitement surveillées par de minuscules caméras cachées dans les arbres,  et par une foule de gardes forestiers robots. De nombreux  Parcs aménagés s'ouvraient dans la Ville et permettaient promenades et jogging. Des gardes robots épiaient et enregistraient les moindres gestes des promeneurs et des sportifs tant les autorités craignaient les actes de terrorisme ou de fous. 

    Au bord de la mer, plus de plages ! Le niveau des mers et des océans continuait de monter Situation dramatique pour nombre de stations balnéaires et d'Hôtels proches de du rivage progressivement grignotés par les vagues... De larges bandes côtières de l'hexagone disparaissaient sous l'eau... Dans le monde, des îles entières menaçaient d'être englouties   et les migrations climatiques massives affluaient sur les terres.  

     

     

    Sur les splendides allées piétonnières, des femmes pressées, fort élégantes dans leurs habits luminescents et à refroidissement radiatif (vêtements qui réfléchissent le rayonnement solaire et refroidissent en émettant la lumière solaire), les croisaient sans les voir.

     

    Gare à l'eau qui dort n° 92 - Le nouveau monde

    Des hommes aux cheveux longs, ou coupés courts à la mode "romaine", superbement parés d'une longue et large tunique soyeuse, vivement colorée, ou de courtes tuniques aux couleurs vibrantes recouvrant  de légers pantalons unis, leur APN en bandoulière, les doublaient en se hâtant.
    (APN : Assistant personnel numérique. Ordinateur miniature réunissant les fonctions d'un ordinateur, d'un visiophone et d'un téléviseur grâce à son projecteur holographique)

     

    Gare à l'eau qui dort n° 92 - Le nouveau monde

    Justine riait sous cape, Stan grognait, goguenard ! Il volait un grand vent de liberté qui balayait les codes vestimentaires. La mode était unisexe... Il était parfois difficile de distinguer le sexe naturel de la personne. 

    Hommes et Femmes se maquillaient, se parfumaient,  portaient des pantalons, des jupes, des robes en peau de banane ou fabriqués avec des champignons ou bien en fibres optiques... A moins qu'ils proviennent de matières recyclées ? 
    Dans tous les cas, il suffisait de choisir une entreprise approuvée et certifiée par le gouvernement "pour ses pratiques respectueuses de l'environnement et de ses salariés".

    Les écailles de poissons servaient à fabriquer des sacs. Les chaussures étaient en peaux d'ananas, ou à partir de déchets et de sous-produits industriels, ou de chaussures usagées recyclées... Là aussi, la fantaisie était de rigueur : hommes et femmes jouaient les équilibristes sur des talons aiguilles impressionnants...

    Des "conformistes", dont Stanislas et souvent Justine, adoptaient plus volontiers des baskets ultra perfectionnés et des tenues  "vintages" recyclées.... 

    L'enjeu était de créer des tissus les plus faibles en carbone ! Hé oui, la "Fast Fashion" était morte ! (concept de surconsommation vestimentaire nuisible pour l'environnement). Place au recyclable et aux vêtements de longue durée, exempts de substances nocives ! Vive l'économie circulaire ! 

    La mode unisexe se portait longue, cet été ! Les robes époustouflantes et fleuries, à couleurs changeantes suivant la chaleur du corps chatoyaient. Les larges pantalons fluides ou plissés habillaient hommes et femmes. Ces vêtements texticaments connectés, alimentés à l'énergie solaire ou corporelle, captaient le rythme cardiaque, diffusaient des médicaments. Ils hydrataient la peau, amincissaient, émettaient des anti-inflammatoires....etc

     

    Devant Justine et Stan entrait ou sortait le monde formaté du vaisseau de verre, ce monde  berné par tout ce qui brille, un flux incessant d'hommes jeunes encore au corps svelte et musclé moulé dans des tenues androgynes,  et de femmes-fleurs séduisantes au look très branché, véritables virtuoses de souplesse et d'équilibre, car juchées sur de fragiles escarpins à très hauts talons...

    A moins que ce soit le contraire ? Allez savoir ! Justine et Stan s'amusaient parfois à repérer les mâles des femelles, mais ce n'était pas évident du tout ! Sous le maquillage d'une jeune Beauté se cachait parfois la fière virilité d'un homme !

    Monde du Business, mirage d'un avenir riche de fiévreuses ambitions, de gloire et de richesse qui bouffait tout élan de vie et les envoyait sur des chemins de vanité.... Chant des sirènes qui infiltrait une mentalité impitoyable : celle de la compétition !  Joute moderne qui desséchait les coeurs et aveuglait les  consciences... Le travail était devenu une denrée rare, il fallait briller... Le revenu universel permettait tout juste de vivre....

    Certain(e)s partaient déjà allègrement en clientèle, convaincu(e)s que le monde avait besoin "d'iels",  tandis que d'autres se préparaient à cohabiter ensemble pendant de longues heures studieuses et collaboratives dans un univers souvent agréable, bardé d'un matériel informatique sophistiqué, d'appareils numériques et de réalité virtuelle...., mais univers clos ! Les employé(e)s affichaient une exubérance feinte , les cadres une arrogante indifférence... 

    Quelques candeur(e)s effarouché(e)s aux lubies romanesques, qu'on ignorait ou qu'on méprisait, souffrant de la moindre blessure, grimpaient, solitaires, vers leur calvaire sans piper mot, le regard résolument ailleurs... 

    De petits groupes se saluaient, se claquaient des bises bruyantes, souvent sans chaleur.

    Pour se retrouver tous au final surveillés, tracés, scotchés  devant leurs écrans. 

    Cette vision éveilla en Justine une foule de souvenirs douloureux. Combien de fois était elle montée dans cet univers carcéral d'antan, celui "d'avant Louise", du deuxième étage, avec la figure avenante mais le coeur serré et glacé, et la boule au ventre ? Louise avait eu le mérite de balayer toute cela avec panache ! Malgré les perpétuels tumultes sociaux, elle avait réussi à réunifier cadres et employé(e)s autour d'un seul objectif : maintenir l'Agence afin de conserver leur emploi ! 

    Par le biais de cette mystérieuse alchimie qui les liait désormais, Stan comprit. Le visage de Justine s'était fermé, ses yeux sombraient dans son intériorité. Elle cramponnait son bras de ses mains soudain froides.. Il stoppa net, la forçant à s'arrêter. 

    Atteindre ainsi le sommet de la vie professionnelle, sans l'avoir recherché ni même le désirer, créait une confusion mentale terrible.... Etait-ce un mirage ? Cachait il d'autres sommets plus improbables encore ?   Ou les déserts arides et humiliants de la "Faillite", bête noire de tout Patron en charge d'une entreprise et d'employé(e)s ? 

    Auront ils le temps - ou la force - de connaître encore les plaisirs d'une vie conjugale bien remplie ? 

    Justine gardait en mémoire les révoltes et les lassitudes infinies de Louise qui ne songeait plus qu'à se débarrasser de cette encombrante Agence, elle qui ne réussissait à faire face qu'au travers de ses mondanités.... 

    Même en envisageant les hypothèses les plus favorables possibles, l'ivresse de l'Inconnu lui donnait des vertiges ! 

    Luciole

    A SUIVRE

    Les épisodes n° 93 et 94 FIN sont enregistrés. 

     

    Gare à l'eau qui dort n° 92 - Le nouveau monde

     

     

     

     Les nouveaux "textiles" : très intéressant !

     

    ROMAN : "Gare à l'eau qui dort" - cliquez sur les phrases ci-dessous 

    1ère Partie : Justine cherche un emploi 
    2ème Partie : Entretien d'embauche entre Damien et Justine 
    3éme Partie :Portrait de Damien MAYER
    4ème Partie : Louise, épouse de Damien
    5ème Partie : Justine, secrétaire de Damien
    6ème Partie : Lou, fille de Louise 1
    7
    ème Partie : Lou, fille de Louise 2 
    8ème Partie : "Le regard magique"
    9ème Partie : l'Empreinte (1)  
    10ème Partie : L'Empreinte (2) 
    11ème Partie : Le Plogging  
    12ème Partie : Les enfants perdus 
    13ème Partie : Quel carburant voiture ?  
    14ème Partie : L'Etang 
    15ème Partie : Lettres anonymes  
    16ème Partie : Dorian le détective privé  
    17ème Partie : Réminiscences  
    18ème Partie ; Filature  
    19ème Partie : Le Poucave  
    20ème Partie : Sous-marin (camion de filature) et pinholes (caméras minuscules)  
    21ème Partie :Dignité bafouée  
    22ème Partie : La Charité fraternelle  
    23ème Partie : "Le Constat d'adultère"  
    24ème Partie : La "road rage" à 200 km à l'heure  
    25ème Partie : Le fouille merde  
    26ème Partie ; Le Daron engraine  
    27ème Partie : Choc émotionnel  
    28ème Partie : Prodigieuse Lumière  
    29ème Partie : Inspecteur Stan Faure  
    30ème Partie : Etrange entretien 
    31ème Partie : Révélations fracassantes de Dorian  
    32ème Partie Adèle coupable ?  
    33ème Partie : Enjeux autour d'un bébé  
    34ème Partie : Duo de choc Louise et Justine  
    35ème Partie : Coma Damien  
    36ème Partie : Réveil Damien  
    37ème Partie : Les trois mousquetaires  
    38ème Partie : Une famille encombrante  
    39ème Partie : La tornade blanche  
    40ème Partie : Mutique imposture  
    41ème Partie - Le bon curé 
    42ème Partie - Le bon curé suite  
    43ème Partie : Révélations fracassantes  
    44ème Partie : Les prisons de l'âme  
     45ème Partie : l'Assemblée Générale Extraordinaire  
    46ème Partie : Mort de Damien  
    47ème Partie : Baiser d'outre-tombe  
    48ème Partie : Diners de Louise  
    49ème Partie : Jour de traîne-misère  
     50ème Partie : Eve ou Lilith ?  
    51ème Partie - Self contrôle  
    52ème Partie - La Maison d'accueil  
    53ème Partie - Les secrets d'Agathe  
    54ème Partie - Le Château de Louise  
    55ème Partie - La Chambre d'Agathe    
    56ème Partie : "Oh que c'est sublime  
    57ème Partie : Toubib 
    58ème Partie : La violence des Mots ! 
    59ème Partie : Madame est servie ! 
    60ème Partie : Querelles de préséance ! 
    61ème Partie : Lou et Agathe amies ? 
    62ème Partie : La Fosse aux Lions 
     63ème Partie : Si le Loup y était. 
    64éme Partie : Le coup de foudre !
    65ème Partie : La maison de Pierre et de Suzy 
    66éme Partie : Péché de gourmandise 
    67éme Partie : Frontières sociales ! 
    68ème Partie : Une journée mémorable ! 
    69ème Partie : Retrouvailles
    70ème Partie : Vie nouvelle en Août
    71ème Partie : Les filets du Roman
    72ème Partie : Requiem
    73ème Partie : Bas les Masques !
    74ème Partie : Les Noces de L'Epoux !
    75ème Partie : Nombre affolant de zéros !
    76ème Partie : La vie continue 
    77ème Partie : Etrange pouvoir des mots !
    78ème Partie : Lou : la Pension !
    79ème Partie : Barbe noire
    80ème Partie ! La Morale et Lou ! 
    81ème Partie : Lou et sa Ferrarri !
    82ème Partie : Soleil couchant !
    83ème Partie : Le Roi déchu !
    84ème Partie : La Parisienne
    85ème Partie : Le Pragmatisme ! 
    86ème Partie : Le Cri !
    87ème Partie : Sidération
    88ème Partie : La bonne place
    89ème Partie : L Maison connectée de Lou
    90ème Partie : Sauvons le monde !
    91ème Partie : Coup de théâtre !
    92ème Partie : Le nouveau monde 
    93ème Partie : Un monde à l'envers !
    94ème Partie : Des petits riens délicieux !

     

    6 commentaires
  •  Gare à l'eau qui dort n° 91

     

    Gare à l'eau qui dort n° 91 - Coup de théâtre !

     Stanislas Faure à 40 ans, à son arrivée à l'Agence, envoyé par le père de Louise, pour diriger l'entreprise en faillite, pendant l'hospitalisation de Damien Mayer, Patron de l'Agence d'assurances Mayer et Fils

     

    Gare à l'eau qui dort n° 91 - Coup de théâtre ! 

    Stanislas Faure 56 ans en 2030

     

    COUP DE THEÂTRE !

     

    C'est ainsi que l'amour se présenta brusquement à Lou. Un jeune trentenaire joyeux et intrépide qui se prénommait Sulivan. Cheveux noirs et yeux bleus, grand, bronzé et sportif, il impressionna Lou par sa beauté et sa simplicité. Généreux et bon, gai comme un pinson, il chantait merveilleusement bien... Il l'aima de suite. Elle laissa tout, famille, maison connectée, écriture et conférence, pour le suivre... Ils voyagèrent partout dans le monde, là où on les réclamait...  Il était le "frère de coeur" de Pierre Rabhi, et ardent participant de Terre et Humanisme "qui partage, transmet et soutient une agriculture écologique humaine et solidaire... en France et dans le Monde..." Lou se remit à écrire, à préparer des conférences pour le bien de la cause... (Episode précédent n° 90 - cliquez sur la phrase)

     

    Gare à l'eau qui dort n° 91 - Coup de théâtre !

     

    Les voici au coeur de l'écrasante verticalité des nouvelles Tours gigantesques de deux cents étages aux balcons végétalisés, chapeautées de leurs merveilleuses canopées. Les nombreux ascenseurs propulsaient les occupants ou les visiteurs à une vitesse folle vers leurs destinations. Buildings cossus voués au commerce et aux affaires érigés au Centre de la Ville.

    Derrière cette forêt de géants se cachait leur minuscule vaisseau de verre des années 2000 de cinquante étages, autrefois moderne et raffiné, alliage subtil de verre fumé et de béton, d'aluminium et de bois aux essences rares.

    Les anciens immeubles du quartier avaient tous été rasés un à un au cours des années, sauf ce petit bijou de luxe, considéré comme une oeuvre d'art patrimoniale.

    Pour combien de temps ? 

    Elle marchait d'un pas alerte au bras de son mari, ce charmeur érudit et élégant qui continuait à l'éblouir, malgré les années communes. Son époux bien-aimé, homme mystérieux à multi-facettes avec lequel elle s'entendait à merveille, se révélait  drôle, chaleureux et tendre avec elle, parfois délirant et excentrique, fourmillant d'anecdotes désabusées et grinçantes. Il maniait l'ironie et l'humour comme personne ! Ce gentilhomme contemporain se voulait "férocement réaliste". Il aurait aimé mener le monde à la baguette, mais il se contentait de le regarder "se vautrer dans la vulgarité et l'absurdité"... "Un monde vide de sens !"....

    La vie ne l'avait pas épaissi ! C'est à peine s'il avait pris quelques rides... Ses cheveux blancs ajoutaient à sa séduction. 

     

    Gare à l'eau qui dort n° 91 - Coup de théâtre !

    Justine 43 ans

    Justine riait, bon public. Elle avait deviné depuis longtemps que l'ironie et la rigueur de son gaillard athlétique d'un mètre quatre vint dix aux épaules larges,  cinquantenaire aux cheveux grisonnants coupés courts, à la barbichette grise, aux yeux verts virant parfois sur le jaune selon ses émotions, aux traits taillés au couteau, cachaient en réalité le sévère mal-être de l'idéaliste. Elle portait avec lui ses angoisses métaphysiques et son goût pour le spleen. Leur vie ne risquait pas de sombrer dans la monotonie !!!

    En fait, le fatalisme et la causticité de son époux soulageaient tout simplement ses souffrances intérieures...

    Bref, il la fascinait ! 

    Le secret avait été bien gardé ! Ils s'étaient offerts tout le deuxième étage de ce joyau de verre et de technologie... 

    Coup de théâtre !

    Louise, cette femme éminente qui passait pour "un génie de la finance et du monde très particulier des Assurances", cette femme intelligente, tendre et spirituelle qu'ils aimaient tant, les quittait, fatiguée. Elle abandonnait le navire ! Elle était presque devenue un élément à risque : ses constantes déprimes la laissaient des jours durant abattue et sans force. 

    Un choc terrible !

    Le trio avait mis en place une cellule de crise en toute hâte... Mais Louise fut intraitable : désormais, Stan et Justine allaient devoir régner seuls sur le petit monde de l'Agence rebaptisée "Agence d'assurances et immobilière FAURE".

    Une galère de formalités numériques et d'assemblée générale extraordinaire, de réunions mouvementées qui les avait foudroyée pendant plus d'un mois... 

    Heureusement, Stan était un allié de poids ! Il avait de grandes qualités de courage et une fermeté indomptable , une volonté de fer et une persévérance inébranlable.... 

    Son extraordinaire compétence dépassait celle requise pour un patron d'aujourd'hui !!!  Et il le savait !

    Bien qu'il lui avait fallu des trésors d'énergie , d'adaptation et d'efforts pour se mettre au goût du jour, avec toute cette technologie numérique, et cette réalité virtuelle qu'il détestait 

    Mais quand même, Justine se sentait bien petite face à cette responsabilité immense ! Un petit bouchon de liège balloté à la surface d'un vaste océan. 

    Stan lui avait promis "une parfaite maîtrise de lui-même et de son foutu caractère, une courtoisie des plus charmantes et de flatteuses attentions envers tout le personnel...." 

    Il enveloppa la terreur de sa dulcinée de tendresse, de douceur et de sollicitude ! Elle se laissa convaincre. 

    Louise, qui naviguait depuis toujours dans un univers à particule, les avait assurés de ses relations brillantes et fortunées. 

     

    Depuis, les contacts entre eux et Louise avaient bien changé ! Les liens d'affectivité et d'amitié s'étaient relâchés...  

    Il est vrai que l'impact du père en Louise l'avait clouée dans un monde suranné... Le vieillard omnipotent mais impotent n'avait pas souhaité survivre trop longtemps à sa femme, il s'était éteint tranquillement dans son sommeil.

    Après des funérailles mémorables, Louise désira se libérer de son emprise dans tous les domaines, notamment de cette Agence dont il avait été le principal actionnaire de son vivant.

    Elle avait décidé de devenir manager de l'entreprise de coaching de vie et de sport de ... son fils Thomas-Henry, surnommé Tommy !

    Tommy était assisté par son père Thomas et par quelques robots. Tom ne voulait pas décrocher.  L'Avenir, aussi bien planétaire, climatique, politique que social, tracassait violemment le paternel au coeur tendre qui couvait son fils ! ..

     

    Gare à l'eau qui dort n° 89 - La Maison connectée de Lou

    La Maison connectée de Lou

     

    Le Château s'était progressivement  transformé en Hôtel de luxe, reléguant Louise, Tom et Tommy dans la maison connectée de Lou, sérieusement agrandie et revisitée par l'architecte habituel.

    Lou, sans cesse en voyage avec son adorable époux Sullivan, s'y pausait rarement. Parfois l'écriture d'un roman la jetait des mois entiers dans la partie de la Maison  qui lui était réservée, son mari assumant seul ses pérégrinations associatives écologiques. Les écrits numériques de Lou faisaient fureur, et se retrouvaient souvent l'objet d'une adaptation télévisuelle holographique très prisée... 

    La renommée littéraire de Daisy, dans un tout autre style, la suivait de près... Elle s'était spécialisée dans les romans métaphysiques, fantastiques ou de science-fiction, souvent adaptés à la télévision... Les grandioses retranscriptions virtuelles à suspens ravissaient les téléspectateurs, amateurs d'émotions fortes. On s'arrachait ses livres à la sortie des films...

    Les piscines et terrains de tennis couverts et climatisés du Domaine ne désemplissaient pas, les joggings au petit matin, à la fraîche, étaient fort prisés, le golf réunissait toute la Jetset la nuit, illuminé par de puissants projecteurs. Des séances holographiques de fitness ravissaient les client(e)s à toutes heures du jour... 

     

    Gare à l'eau qui dort n°65  - La maison de Pierre et Suzy

    La Maison de Pierre et de Suzy, décédés, qui revient à Pilou (Petit Pierre)

    Une animation permanente qui exaspérait Regan et Agathe. Ils avaient décidé de quitter

    le Domaine, mais Petit Pierre s'était installé dans la maisonnette de Pierre et de Suzy. La vieille dame était trop lasse pour survivre seule à son mari. Ils étaient "partis" presqu'ensemble à un âge avancé... Un véritable drame pour la Famille !  

    Alors Regan et sa femme restèrent !

    Petit Pierre, re-baptisé Pilou, gaillard impressionnant et sagace comme son père Regan, et sa demi-soeur Daisy, merveilleuse jeune femme émotive et intelligente à la poigne de fer, tout comme sa mère Agathe,  s'étaient entichés du Domaine de Louise. Ils prirent la direction de l'Hôtel, du restaurant gastronomique, et de toutes les attractions, hormis les activités sportives, pour le plus grand bonheur de Louise et de Tom. Une armée d'employé(e)s et de  robots les assistaient.  

     

    Donc, Louise lui proposait ses services d'entremetteuse ! L'amour-propre de Stanislas Faure en fut fort contrarié ! Il voulait garder son indépendance ! Il avait failli lui répondre avec sa causticité habituelle, mais la bienveillance de Justice l'arrêta net. 

    Sa merveilleuse femme l'adoucissait !

    Cependant, il restait, au fond de lui-même, un rustre intraitable  réfractaire à "tout fil à la patte"...

    Rien de plus assommant que ces soirées mondaines chez Louise dont elle voulait  les abreuver sans cesse... 

    Sa curieuse aversion pour le monde des particules le rapprochait de Tom pour lequel il avait une réelle affection et une sincère.... compassion.

    Cependant, la façon dont le père s'accrochait à son fils l'insupportait... Ces deux là s'adoraient et se comprenaient à merveille ! Louise ne semblait pas en être affectée. Elle réservait à son fils un tendre attachement et le fils s'en contentait, mais point de ce doux maternage dévoué et actif des mères à leurs enfants. Elle ne donnait que sa tendresse au fils, tandis que le père se donnait tout entier... 

    La clairvoyance de Stan le gênait, au point de vouloir rompre avec Louise "et son monde"... Ils espacèrent leurs visites... 

    Quelle était donc cette nouvelle lubie de cette femme mature de vouloir imposer son aide encombrante et ses relations mondaines à son Fils Tommy dans son travail... ??? Etait ce pour le plaisir de gagner toujours plus d'argent ? Pour la gloriole ?

    Reproduisait elle avec son fils et son mari ce qu'elle avait fait subir à son mari Damien ? ......

    Luciole

    A SUIVRE

     

    Gare à l'eau qui dort n° 91 - Coup de théâtre !

     

     

    Bonne lecture !

    Gros bisous et un grand merci à tous mes nombreux visiteurs. Suis surprise et tellement ravie !  

    Luciole

     

     

     

    ROMAN : "Gare à l'eau qui dort" - cliquez sur les phrases ci-dessous 

    1ère Partie : Justine cherche un emploi 
    2ème Partie : Entretien d'embauche entre Damien et Justine 
    3éme Partie :Portrait de Damien MAYER
    4ème Partie : Louise, épouse de Damien
    5ème Partie : Justine, secrétaire de Damien
    6ème Partie : Lou, fille de Louise 1
    7
    ème Partie : Lou, fille de Louise 2 
    8ème Partie : "Le regard magique"
    9ème Partie : l'Empreinte (1)  
    10ème Partie : L'Empreinte (2) 
    11ème Partie : Le Plogging  
    12ème Partie : Les enfants perdus 
    13ème Partie : Quel carburant voiture ?  
    14ème Partie : L'Etang 
    15ème Partie : Lettres anonymes  
    16ème Partie : Dorian le détective privé  
    17ème Partie : Réminiscences  
    18ème Partie ; Filature  
    19ème Partie : Le Poucave  
    20ème Partie : Sous-marin (camion de filature) et pinholes (caméras minuscules)  
    21ème Partie :Dignité bafouée  
    22ème Partie : La Charité fraternelle  
    23ème Partie : "Le Constat d'adultère"  
    24ème Partie : La "road rage" à 200 km à l'heure  
    25ème Partie : Le fouille merde  
    26ème Partie ; Le Daron engraine  
    27ème Partie : Choc émotionnel  
    28ème Partie : Prodigieuse Lumière  
    29ème Partie : Inspecteur Stan Faure  
    30ème Partie : Etrange entretien 
    31ème Partie : Révélations fracassantes de Dorian  
    32ème Partie Adèle coupable ?  
    33ème Partie : Enjeux autour d'un bébé  
    34ème Partie : Duo de choc Louise et Justine  
    35ème Partie : Coma Damien  
    36ème Partie : Réveil Damien  
    37ème Partie : Les trois mousquetaires  
    38ème Partie : Une famille encombrante  
    39ème Partie : La tornade blanche  
    40ème Partie : Mutique imposture  
    41ème Partie - Le bon curé 
    42ème Partie - Le bon curé suite  
    43ème Partie : Révélations fracassantes  
    44ème Partie : Les prisons de l'âme  
     45ème Partie : l'Assemblée Générale Extraordinaire  
    46ème Partie : Mort de Damien  
    47ème Partie : Baiser d'outre-tombe  
    48ème Partie : Diners de Louise  
    49ème Partie : Jour de traîne-misère  
     50ème Partie : Eve ou Lilith ?  
    51ème Partie - Self contrôle  
    52ème Partie - La Maison d'accueil  
    53ème Partie - Les secrets d'Agathe  
    54ème Partie - Le Château de Louise  
    55ème Partie - La Chambre d'Agathe    
    56ème Partie : "Oh que c'est sublime  
    57ème Partie : Toubib 
    58ème Partie : La violence des Mots ! 
    59ème Partie : Madame est servie ! 
    60ème Partie : Querelles de préséance ! 
    61ème Partie : Lou et Agathe amies ? 
    62ème Partie : La Fosse aux Lions 
     63ème Partie : Si le Loup y était. 
    64éme Partie : Le coup de foudre !
    65ème Partie : La maison de Pierre et de Suzy 
    66éme Partie : Péché de gourmandise 
    67éme Partie : Frontières sociales ! 
    68ème Partie : Une journée mémorable ! 
    69ème Partie : Retrouvailles
    70ème Partie : Vie nouvelle en Août
    71ème Partie : Les filets du Roman
    72ème Partie : Requiem
    73ème Partie : Bas les Masques !
    74ème Partie : Les Noces de L'Epoux !
    75ème Partie : Nombre affolant de zéros !
    76ème Partie : La vie continue 
    77ème Partie : Etrange pouvoir des mots !
    78ème Partie : Lou : la Pension !
    79ème Partie : Barbe noire
    80ème Partie ! La Morale et Lou ! 
    81ème Partie : Lou et sa Ferrarri !
    82ème Partie : Soleil couchant !
    83ème Partie : Le Roi déchu !
    84ème Partie : La Parisienne
    85ème Partie : Le Pragmatisme ! 
    86ème Partie : Le Cri !
    87ème Partie : Sidération
    88ème Partie : La bonne place
    89ème Partie : L Maison connectée de Lou
    90ème Partie : Sauvons le monde !
    91ème Partie : Coup de théâtre !
    92ème Partie : Le nouveau monde 
    93ème Partie : Un monde à l'envers !
    94ème Partie : Des petits riens délicieux !

     

     


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    Gare à l'eau qui dort n° 90

     

    Gare à l'eau qui dort n° 90 -

     

    SAUVONS LE MONDE !

     

    Louise s'inquiétait et souffrait en silence de la voir si solitaire. Sa fille était devenue sans elle une femme accomplie. C'était cependant étrange de la voir se couper volontairement du monde et des solennités mondaines ??? Son besoin d'écriture la coupait de sa famille et des liens sociaux..... (Episode précédent n°89 - Cliquez sur la phrase)

     

    Emmy lui conseillait une prudente patience. Lou et Emmy s'étaient retrouvées avec une tendresse infinie. Quentin, heureux, l'avait serrée contre lui avec une force dont Lou ne se doutait pas. Emmy et lui avaient tant changé qu'elle eut du mal à les reconnaître. Quentin, sur ordre de Grand Papa, se piquait désormais de généalogie concernant les hautes naissances des Familles respectives des grands parents de Lou, et leur trouva soudain des liens de très proches cousinages, ce dont le grand père s'offusqua avec volubilité. Il se révéla finalement que sa femme défunte avait été plus proche de lui que prévu... Quelle affaire ! Les deux hommes déroulaient des arbres généalogiques gigantesques qui occupaient l'immense table de la Salle à manger... 

    Puis, au fil des découvertes, il s'avéra même que les nobles Familles de Quentin et du Grand père avaient de lointains ancêtres en commun : la boucle fut bouclée ! On s'exclama, on s'extasia ! A partir de ce jour, Quentin fit officiellement partie intégrante de la Famille de Montabert... Emmy, à son corps défendant, aussi ! Que lui importait cette soudaine et fumeuse promotion sociale ??? 

    Louise, un instant amusée, s'énerva ! Lou s'enfuit ! Tom et Regan soupiraient silencieusement... et se réfugiaient au "Gentleman Club" dès que possible... 

     

    Le stoïque Roland riait sous cape ! Il observait cette étrange Famille avec circonspection... Des hurluberlus ! Le pauvre Tom, plus taiseux que jamais, ressemblait à un extra-terrestre propulsé par hasard au beau milieu d'une assemblée de foldingos .... ! ça caquetait pire que dans un poulailler.... 

    Grand père et Quentin devinrent les meilleurs amis du monde et .... se tutoyèrent... 

    Effarée, Emmy regretta la chaleureuse simplicité des siens, là-bas, en Angleterre. Quentin, en parfait gentleman, gentil et courtois, avait été fort apprécié. Depuis leur retour, il prenait de grands airs qui déplaisaient profondément à l'ancienne gouvernante de la Famille de Lou.  

    Elle admirait profondément sa Lou, devenue une splendide jeune femme dynamique, mince, élancée, douée d'une vive intelligence, d'une curiosité insatiable et d'une santé éclatante. Emmy se réjouit de la trouver si avenante et douce...

    Cependant, son coeur se serrait souvent, car cette enfant imprévisible pouvait se révéler brutalement arrogante et ironique quand une chose l'irritait. Cette attitude désagréable et mordante rappelait douloureusement celle de Damien... ou bien encore celle du Grand père ! Lourde hérédité qui pèsera certainement sur la destinée de la jeune femme... 

    La bouche sensuelle et souriante de Lou marquée de plis amers, laissait entrevoir une profonde blessure. 

    La sage et positive Emmy se rassura : cette jeune femme avait tant d'atouts qu'elle s'en sortira toujours... Elle avait une capacité de résilience extraordinaire... 

    D'ailleurs, le Présent inaugurait déjà le Futur ! 

    Progressivement, au gré de ses romans, publiés à grands frais, qui rencontraient enfin un succès grandissant, la fille de Louise s'occupa d'une foule de choses humanitaires... Elle apprit, puis enseigna les rudiments de base pour contrer les effets de plus en plus catastrophiques du réchauffement climatique qui anéantissaient les régions côtières de la France ainsi que certains pays du monde. 

    En cela, elle se rapprochait instinctivement de Thomas, écologique averti depuis l'enfance. Ils avaient de grandes discussions interminables sur le sujet, de vive voix ou par holographes... au grand dam de Louise souvent tenue à l'écart tant elle était peu sensible à tous ces "tracas domestiques".

    Regan la suivait souvent dans ses pérégrinations conférencières de part le monde, en tant  que chauffeur-garde-du-corps. Il soupirait en espérant toujours qu'elle renonce enfin à "ces fadaises de bourgeoise friquée" dont la vie correspondait si peu à ses paroles ! 

    La Maison de Lou était peut être un bijou technologique auto-énergétique, elle n'en coûtait pas moins une fortune ! Et Lou était dispendieuse, tellement dispendieuse... Elle avait tant dépensé pour la correction, la publication et la publicité relatives à ses livres ! Il est vrai qu'ils commençaient à lui rapporter gros, ainsi que toutes ces foutues conférences. Lou, digne petite fille de Grand père, ne travaillait pas gratuitement, loin de là !

    Capital peu à peu amassé qui avait permis à Lou de rembourser à sa mère une bonne partie des dépenses faramineuses occasionnées par la construction de sa Maison. Tom jubilait : on allait peut être enfin revoir toute l'isolation et le chauffage du Château de sa femme....??? Il en référa avec Quentin, qui, après accord de Louise, s'empressa de faire le nécessaire. Une foule d'ouvriers envahit le Château.  Lou et Louise rappelèrent le jeune et célèbre architecte et des projets fous furent entrevus, planifiés, conçus... Des murs furent abattus, on agrandit partout, on changea les fenêtres, on isola, on connecta à frais démesurés, on revit toute la décoration... On fit grand bruit pendant des mois... 

    Grand'Pa, déboussolé, se terrait dans sa chambre avec Roland ! Quentin, effaré par les montants monstrueux des factures, menaça de démissionner... On tenta de le rassurer !

    Emmy soupirait après l'Angleterre... 

    La magnificence du Château éblouissait les visiteurs, attirés comme des mouches par toutes ces transformations... On applaudit à tout rompre ! Louise et sa fille paradaient, ravies... L'agenda virtuel de l'architecte explosa sous les demandes.... 

    La renommée de Lou la poursuivit jusque dans le Domaine. Les "Privilégiés" eurent soudain recours à ses bons conseils juridiques... ou de décoratrice... C'est ainsi que Grand'Pa et Louise renouèrent avec leurs anciennes relations, accompagnées de leurs progénitures. De fastueuses réceptions s'ensuivirent... 

    Ida fut mise à la retraite d'office. Louise lui proposa de rester dans le Château, mais la brave cuisinière préféra retourner en Espagne parmi les siens encore en vie et leurs "petits", emmenant Elsa avec elle. Elles étaient inséparables, ces deux-là ! Quentin fut chargé de recruter une secrétaire, un majordome, un chef cuisinier, deux aide-cuisiniers, un pâtissier, et trois employées de maison. 

    Un train de vie qui ne correspondait en rien au caractère solitaire de Tom. Il se voyait obligé de retrouver ses clients chez lui pendant ses heures de repos ! Un comble ! D'autant plus que son pote Roland avait pris la tangente très rapidement après le départ de sa dulcinée Elsa !

    Grand-père et Louise, interloqués, se posèrent mille questions ??? Quelle mouche l'avait piqué, cet infirmier pourtant si sympathique d'ordinaire ??? Louise loucha sévèrement vers son père qui se tassa sur son fauteuil roulant, brusquement accablé de remords...  

    Tom riait silencieusement... Dire qu'ils n'avaient rien remarqué ! Franchement, il aurait bien suivi Roland pour quelques jours ! Un voyage en Espagne le tentait... Surtout que Regan, souvent absent, lui manquait terriblement... Brave Elsa, il était si heureux pour elle ! Roland était un beau parti ! 

    Quentin, très occupé et préoccupé, ne le voyait même plus ! Quentin paniquait ! Heureusement, la secrétaire était farouchement efficace et le majordome solennellement épatant... il devint rapidement l'homme à tout faire du Château... 

    Confisqué, le "Gentleman Club" fut retapé aux goûts du jour. Sérieusement agrandi, connecté et clinquant, il proposait un bowling dernier cri, des jeux virtuels et des séances de réalité virtuelle, un bar judicieusement équipé et un salon de thé aux gâteaux délicieusement convoités. Le "Gentleman Club" ne désemplissait pas ! Quentin dut rajouter à sa liste deux barmans réputés, des serveuses stylées et un animateur averti... L'argent amassé au bar, au salon de thé et aux attractions virtuelles remboursa les frais des somptueuses réceptions... Les cours de tennis, le golf et la piscine furent pris d'assaut... 

    Tom finit par ouvrir sa grandiose salle de sport personnelle offerte par Louise, attenante à la piscine, afin de travailler désormais à domicile avec plusieurs clients à la fois. Louise, ravie de l'aubaine, en profita pour agrandir et ouvrir d'autres salles, vite encombrées de machines sportives connectées... Tom, débordé, embaucha des aides... Deux immenses salles de fitness et de danse comblèrent une confortable clientèle de femmes... 

    Regan et Agathe pestaient ! Une foule continuelle arpentait le Parc qui se transformait progressivement en Parc de loisirs. Des curieux se pressaient contre le grillage du vaste Jardin ou des gigantesques poulaillers. Les animaux étaient apeurés par tous ces visiteurs qui s'extasiaient comme dans un zoo. Désormais, deux paysagistes et une armée de jardiniers aidaient Agathe. On s'affairait partout, aussi bien dans le potager, le verger que dans le Parc... 

    Suzy et Pierre se terraient derrière leurs nouveaux hauts murs entourant leur adorable maisonnette. Daisy, Tommy et Petit Pierre s'amusaient comme des fous avec les "zados" des "zami-e-s" ! Pour eux, c'était fête tous les jours, en dehors des cours et stages scolaires.  Louise leur avait fait aménager des pistes compliquées pour kartings et quads électriques dans une partie de la forêt et ils s'en donnaient à coeur joie... 

    Lou était infatigable ! Entourée de sa secrétaire privée, de son nouveau garde du corps/ chauffeur particulier - Regan ayant déclaré forfait - elle courrait le monde, multipliait les aventures amoureuses, et écrivait, écrivait.... 

    - "Sais-tu que ton père désirait ardemment être écrivain, ma Chérie ?"
    lui avait révélé Louise, mal à l'aise devant cette adulte si étrangère à l'enfant dont elle avait le souvenir. Lou avait la bougeotte, sans cesse en voyage dans le monde. Aurait elle également hérité de l'instabilité de son père ? 
    - "Ton grand père paternel en avait décidé autrement et Daddy avait fini par tuer ses espoirs littéraires. Avec l'âge, j'ai deviné qu'il vivait cela comme d'une infirmité douloureuse qu'on lui avait infligée dès sa plus tendre enfance. En t'observant, ma Chérie, je crois comprendre à quel point ce besoin d'écrire devenait une véritable obsession, une torture en lui, qu'il tentait d'exorciser en s'adonnant aux plaisirs... de la chair... et aux excès de toutes sortes. Il cherchait sans doute l'apaisement. Enfin, je pense que c'était surtout une manière de vivre qui encourageait le suicide de soi... Tout s'était déréglé en lui, tu sais ! C'est fou comme je le comprends mieux, maintenant..... Je ressens désormais une vive affection doublée d'une grande compassion pour cet être déchiré et complexé......... "
    - "En fait, il n'aimait que toi, ma fille, j'en suis certaine ! Son amour pour toi était sincère et loyal et ce sentiment devait être sa seule raison de vivre.... "

    Lou fut frappée par les paroles de sa mère, par sa sagesse, sa tranquillité, et par la paix qui se dégageait d'elle. Son amour pour Tom l'avait transformée, sécurisée ! Comme c'était bon de la voir ainsi et de l'entendre parler de son père avec une telle tendresse dans la voix. 

    Elle se sentit émue aux larmes... C'était comme si sa mère lui redonnait toute sa légitimité d'être ! 

    - "Merci Maman !" ne sut que dire la fille bouleversée...

     

    - "L'amour de l'Autre, l'Autre étant notre frère, changera le monde !" claironnait Lou au micro à qui payait cher pour venir l'écouter dans ces immenses salles de conférences dont elle était friande. 

    - "Changeons nos coeurs et nos comportements ! La Terre est un Être vivant tout comme nous ! Son fragile équilibre de gaz, de températures et de pressions est malmené depuis bien trop longtemps... Nous allons tous droit vers la catastrophe ! Notre atmosphère est endommagé ! La pollution s'accroît irrémédiablement... 

    - "Transformons nos habitats, qu'ils soient auto-énergétiques grâce à la nouvelle technologie de pointe.... 

    - "Observez nos forêts, elles meurent, elles sont en feu dans bien des pays.... Tout nous échappe ! Faites des efforts... La Terre ne parvient plus à gérer les conséquences de nos agissements climaticides... 

    - "Nos politiciens ne bougent pas, bougez pour eux ! Le monde se meurt, nous le détruisons... Rares seront les survivants à ce désastre, nous vivrons dans des mondes artificiels si vous ne renoncez ni aux voitures personnelles ni aux usines polluantes ni à vos vies bien trop confortables.... 

    - "Economisez l'énergie, les matières premières, sauvez vos forêts... pour le bien de nos enfants à venir... Il faut sauver le monde ! 

    - "SAUVONS LE MONDE ! .... SAUVONS LE MONDE...." scandait la foule en brandissant des pancartes........ 

     

    Lou avait du se résoudre à vendre son bolide, son bijou, son doudou, cette merveilleuse Ferrari si chèrement acquise... au grand soulagement de Tom ! Il avait piqué un sérieux coup de sang en découvrant la bête tapie dans l'ombre de l'immense hangar désormais vide de Damien... Comment pouvait elle ainsi haranguer les foules tout en chouchoutant une telle antiquité particulièrement vorace en énergie fossile et surtout, si polluante... 

    Louise avait éclaté de rire : sa fille n'était plus à un paradoxe près ! 

    - "Elle roule en Ferrari, mais cingle les climaticides !" s'insurgeait Tom, rouge de colère. Est-elle dénuée de conscience morale ?"

    - "Bah, la vérité implique presque toujours la notion de fausseté !" lui répliqua en souriant l'indulgente mère... 

    - "Cette enfant est une énigme, une inquiétante étrangeté !" soupira l'honnêteté de Tom en citant Freud

    - "Tel père, telle fille, mon ami ! Damien avait l'art de cultiver les antinomies, non ?" 

    - "Ouais !  Ta fille est peut être une star talentueuse, mais elle me semble surtout se comporter comme un génie des affaires, non ?! Une opportuniste, voilà tout !!!" bougonna le fier écolo... "N'en parlons plus !"

    Ebranlée de les voir se disputer à cause d'elle, Lou obtempéra. La Ferrari changea de propriétaire... Elle aimait et appréciait profondément Tom ! Et elle comprenait combien elle avait tort, vis à vis de lui, mais plus encore envers ses fidèles supporters... 

    - "Mille excuses, Tommy ! Je ne m'en servais presque plus.... C'est un violent déchirement intérieur de m'en séparer.... Elle me ressemble tant ! Je me devine aussi fougueuse et fonceuse que mon petit bolide, vois tu !"

    Thomas la scruta intensément, se radoucit et lui sourit avec une tendresse infinie... 

    - "Excuses acceptées ! Il ne me plaît guère de te voir profiter des autres, mais je souffre d'avantage encore de ton manque d'estime de toi ! Garde toi intacte, vraie et tu t'aimeras ! L'Autre est un frère, certes, mais toi, qui es tu pour toi-même ? Qui peut être ta meilleure amie, sinon toi-même ?... N'est il pas écrit : Aime ton prochain comme toi-même ?"

    Il lui ouvrit les bras, elle s'y réfugia ! Il l'embrassa doucement sur le front en la serrant sur son coeur... Elle envia sa mère avec une violence surprenante... Seul Regan pouvait se targuer de lui ressembler ainsi ! Etaient ils les exceptions... ? Où se trouvait son  futur alter-ego ? 

    - "Tommy, je voudrais un compagnon comme Regan et toi et ne le trouve pas..." gémit elle d'une toute petite voix enfantine.... 

    - "Ne regarde plus l'homme comme un être potentiellement vil et tordu, et tu trouveras !" lui murmura Thomas... "Tant que ton plaisir te dominera, tu resteras toujours sur ta faim ! Aime, bon sang, aime ! N'aie pas peur d'aimer, et l'amour viendra à toi !"

    Lou pensa brusquement à Romain, ce prêtre si aimant qu'elle avait tant apprécié... Elle se détacha doucement de Tom et le regarda intensément... Il soutint son regard, surpris ! 

    - "C'est fou, tu ressembles à Romain... Pourquoi ?"

    - "Parce que lui et moi partageons la même foi, la même espérance, ma Chérie, voilà tout !
    Mais je suis loin de valoir ce très cher Romain, lui, c'était et c'est toujours un Saint !"

    - "C'est vrai, c'est un Saint... Mais j'ai oublié son enseignement ! La Pension a tout massacré en moi, les études encore bien d'avantage... Ouui, j'ai tout oublié !"

    - "Etudie les Evangiles.... C'est simple quand on le désire vraiment ! Cherche celui qui remplacera Romain.. L'écologie, c'est une bonne chose, mais sans la spiritualité, tu dévies... Tu tombes dans des travers difficiles à remonter.. Tes filières ne sont pas les bonnes, changes les ! Et surtout, ne cherche pas à faire du fric, il te bouffera ! Le fric mène le monde à sa perdition... Ne laisse pas ton coeur devenir une caisse enregistreuse... Si tu ne recherches ta gloire qu'auprès des hommes, là se trouvera ta récompense... et tu auras toujours faim et soif... car feu de paille et vanité est la gloire reçue des hommes. Comprends tu ?"

    - "Merci Tommy ! Oui, j'ai saisi ! La renommée et le succès ne sont que feux de paille ? C'est vrai ! Je pense à ces artistes tombés dans l'oubli, après avoir connu une réelle célébrité à leur époque... Je vais tenter de changer de voies... Ce n'est pas simple ! pas simple du tout...."

    - "Demande au Seigneur qu'Il t'éclaire chaque matin et qu'Il te guide dans tes choix ! Demande le discernement ! Tu verras, Il t'emmènera dans des chemins totalement imprévus... Chaque jour, Il te conduit un peu plus vers la Beauté suprême... la Plénitude ! Nous devrions être sans cesse dans la Joie, car son Royaume d'Amour est déjà parmi nous. Il est en toi, ma Chérie et tu peux, par la prière ou simplement par le silence, pressentir cette Beauté et cet Amour en toi... Nous allons tous vers l'Eternité, tu te souviens au moins de cela, non ? Quel Bonheur ! Nous ne sommes que des passagers sur cette terre ! Il m'arrive souvent de méditer sur l'Eternité, et alors je reçois une telle paix, une paix si profonde que parfois j'en ai les larmes aux yeux !

    Réveille ta Foi, ma Beauté ! Elle te conduira vers de verts pâturages... 

    - "Es-tu heureux, Tommy ?

    - "Pas toujours, ma Belle, et c'est bien dommage, à  bien y réfléchir ! On devrait goûter chaque journée avec le bonheur infini de celui qui se sait aimé... Mais on veut tout, tout, le beurre et l'argent du beurre...Voilà notre drame humain ! La convoitise est une bien vilaine chose, elle vient du Satan... Ne lui fais pas confiance, il est le Menteur par excellence... Et crois moi, il sait nous faire tomber... le plus bas possible ! Il hait l'Humanité !

    Les mois passèrent...Toujours aussi sollicitée, Lou fit un tri drastique. La liste des causes humanitaires étaient infinie et le business lié au bénévolat aussi... Thomas l'aida de ses conseils avisés et ils finirent par trouver quelques pistes. Ils holographèrent à des anciennes relations de Tom et la liste se clarifia soudain...

    C'est ainsi que l'amour se présenta brusquement à Lou. Un jeune trentenaire joyeux et intrépide qui se prénommait Sulivan. Cheveux noirs et yeux bleus, grand, bronzé et sportif, il impressionna Lou par sa beauté et sa simplicité. Généreux et bon, gai comme un pinson, il chantait merveilleusement bien... Il l'aima de suite. Elle laissa tout, famille, maison connectée, écriture et conférence, pour le suivre... Ils voyagèrent partout dans le monde, là où on les réclamait... 

    Il était le "frère de coeur" de Pierre Rabhi, et ardent participant de Terre et Humanisme "qui partage, transmet et soutient une agriculture écologique humaine et solidaire... en France et dans le Monde..." 

    Lou se remit à écrire, à préparer des conférences pour le bien de la cause... 

    Luciole

    SUITE ET FIN AU PROCHAIN EPISODE... dès que possible !

    Gare à l'eau qui dort n° 90 - Sauvons le monde !

     

     

    Gros bisous à tous

     

    ROMAN : "Gare à l'eau qui dort" - cliquez sur les phrases ci-dessous 

    1ère Partie : Justine cherche un emploi 
    2ème Partie : Entretien d'embauche entre Damien et Justine 
    3éme Partie :Portrait de Damien MAYER
    4ème Partie : Louise, épouse de Damien
    5ème Partie : Justine, secrétaire de Damien
    6ème Partie : Lou, fille de Louise 1
    7
    ème Partie : Lou, fille de Louise 2 
    8ème Partie : "Le regard magique"
    9ème Partie : l'Empreinte (1)  
    10ème Partie : L'Empreinte (2) 
    11ème Partie : Le Plogging  
    12ème Partie : Les enfants perdus 
    13ème Partie : Quel carburant voiture ?  
    14ème Partie : L'Etang 
    15ème Partie : Lettres anonymes  
    16ème Partie : Dorian le détective privé  
    17ème Partie : Réminiscences  
    18ème Partie ; Filature  
    19ème Partie : Le Poucave  
    20ème Partie : Sous-marin (camion de filature) et pinholes (caméras minuscules)  
    21ème Partie :Dignité bafouée  
    22ème Partie : La Charité fraternelle  
    23ème Partie : "Le Constat d'adultère"  
    24ème Partie : La "road rage" à 200 km à l'heure  
    25ème Partie : Le fouille merde  
    26ème Partie ; Le Daron engraine  
    27ème Partie : Choc émotionnel  
    28ème Partie : Prodigieuse Lumière  
    29ème Partie : Inspecteur Stan Faure  
    30ème Partie : Etrange entretien 
    31ème Partie : Révélations fracassantes de Dorian  
    32ème Partie Adèle coupable ?  
    33ème Partie : Enjeux autour d'un bébé  
    34ème Partie : Duo de choc Louise et Justine  
    35ème Partie : Coma Damien  
    36ème Partie : Réveil Damien  
    37ème Partie : Les trois mousquetaires  
    38ème Partie : Une famille encombrante  
    39ème Partie : La tornade blanche  
    40ème Partie : Mutique imposture  
    41ème Partie - Le bon curé 
    42ème Partie - Le bon curé suite  
    43ème Partie : Révélations fracassantes  
    44ème Partie : Les prisons de l'âme  
     45ème Partie : l'Assemblée Générale Extraordinaire  
    46ème Partie : Mort de Damien  
    47ème Partie : Baiser d'outre-tombe  
    48ème Partie : Diners de Louise  
    49ème Partie : Jour de traîne-misère  
     50ème Partie : Eve ou Lilith ?  
    51ème Partie - Self contrôle  
    52ème Partie - La Maison d'accueil  
    53ème Partie - Les secrets d'Agathe  
    54ème Partie - Le Château de Louise  
    55ème Partie - La Chambre d'Agathe    
    56ème Partie : "Oh que c'est sublime  
    57ème Partie : Toubib 
    58ème Partie : La violence des Mots ! 
    59ème Partie : Madame est servie ! 
    60ème Partie : Querelles de préséance ! 
    61ème Partie : Lou et Agathe amies ? 
    62ème Partie : La Fosse aux Lions 
     63ème Partie : Si le Loup y était. 
    64éme Partie : Le coup de foudre !
    65ème Partie : La maison de Pierre et de Suzy 
    66éme Partie : Péché de gourmandise 
    67éme Partie : Frontières sociales ! 
    68ème Partie : Une journée mémorable ! 
    69ème Partie : Retrouvailles
    70ème Partie : Vie nouvelle en Août
    71ème Partie : Les filets du Roman
    72ème Partie : Requiem
    73ème Partie : Bas les Masques !
    74ème Partie : Les Noces de L'Epoux !
    75ème Partie : Nombre affolant de zéros !
    76ème Partie : La vie continue 
    77ème Partie : Etrange pouvoir des mots !
    78ème Partie : Lou : la Pension !
    79ème Partie : Barbe noire
    80ème Partie ! La Morale et Lou ! 
    81ème Partie : Lou et sa Ferrarri !
    82ème Partie : Soleil couchant !
    83ème Partie : Le Roi déchu !
    84ème Partie : La Parisienne
    85ème Partie : Le Pragmatisme ! 
    86ème Partie : Le Cri !
    87ème Partie : Sidération
    88ème Partie : La bonne place
    89ème Partie : L Maison connectée de Lou
    90ème Partie : Sauvons le monde !
    91ème Partie : Coup de théâtre !
    92ème Partie : Le nouveau monde 
    93ème Partie : Un monde à l'envers !
    94ème Partie : Des petits riens délicieux !

     

     

    Le rôle du majordome ? 

    https://www.hotel-et-toque-job.fr/actualites/le_metier_de_marjordome/


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