•  

     

    La polka de l'éléphant de Igor Stravinsky

     

     

    COXI, TACO et LE CIRQUE 3ème Partie

     

     

    COXI, TACO... et le CIRQUE - 3ème PARTIE

     

    Taco et Coxie continuèrent de patienter en attendant la reprise du spectacle...

    L'arrivée en trombe du rutilant présentateur clôtura enfin l'entracte bruyant en annonçant un numéro de contorsion...

    Soudaine pénombre, puis une lueur bleutée dessina la silhouette blanche pailletée d'une frêle jeune fille...
    Prestation perturbante ! Mystère de l'alchimie d'un corps liée également à un entraînement intensif et régulier permettant une capacité à se plier en tous les sens !

     

    Emi Saskia

     

     

    Silence entrecoupé de petits cris médusés ou de grincements de dents des spectateurs ... au fil des variantes de la position de base où les pieds, par une courbure arrière du dos, viennent se poser devant le visage de l'artiste...

    Hanches et épaules basculent, permettant une rotation à peine supportable par le public des membres inférieurs et supérieurs du corps, puis la mobilité du tronc.... Corps pouvant devenir soudain monstrueux pour certaines âmes sensibles !

    "Comment la contorsionniste pouvait elle ainsi utiliser tous les espaces entre les jointures de son corps ?"

    Chuchota Coxi, profondément troublée par cette écriture scénique dont chaque mouvement minutieux technique et artistique à la fois semblait dire quelque chose qui lui échappait ?

    Coxi se demanda quelle pouvait bien être l'image mentale qui guidait l'acrobate ?

    La prouesse technique exécutée par la contorsionniste est tellement incompatible avec le vécu du corps humain en général que le spectateur devait y lire la mort du corps dans la courbure extrême de la colonne vertébrale et celle du cou... car tous les nerfs s'y logent !

    Concentration intense de l'acrobate qui semblait être à l'écoute de chaque partie de son corps dont le vécu semblait si loin de l'idée de mort potentielle ressentie par le public... Comme si le danger éveillait son Être tout entier ....

    Coxi décida d'aller se renseigner auprès du petit singe "Kakou" qui attendait sagement dans les coulisses !

    Quelle leçon d'humilité et de courage elle reçut !

    Aucun spectateur ne savait qu'il fallait plus d'une heure d'échauffement dans les coulisses à l'acrobate pour pouvoir effectuer une représentation physique et mentale d'un délai de cinq minutes seulement afin d'éviter de déclencher des risques de blessures ou de douleurs ! Malgré des années d'entraînement !

    D'où ce décalage immense entre le vécu d'un contorsionniste et le perçu d'un spectateur !!!

    "Cependant, cette hyperlaxité au niveau des muscles, de la peau ou des articulations peut être due à un manque de collagène, d'un arrangement différent des protéines dans les tissus conjonctifs, comme dans le syndrome d'Ehlers, maladie génétique rare et orpheline.... qui devient vite une calamité au fil des années, provoquant douleurs intenses, voire même la mort ! Maladie dont souffre Zlata, la femme la plus souple du monde..."

    lui caqueta doctement le Perroquet, animal de compagnie de la contorsionniste... fier de sa science acquise auprès de sa douce amie depuis tant d'années ....

    Coxi se hâta de revenir raconter à Taco ce qu'elle avait appris ....

     Un Taco très fier de  son muscle lui permettant toutes les fantaisies en toute quiétude, sans l'enfer d'un entraînement intensif ou d'une maladie... Ah qu'il plaignait ces pauvres humains, vraiment !

    Prouesse qui déclenchera une brusque décharge d'applaudissements du public debout, saluant la fin de cet incroyable  numéro !

    A peine le temps de se remettre de ses émotions que l'Animateur revint présenter le numéro suivant : les trapézistes !

     

    COXI, TACO et LE CIRQUE 3ème Partie

     

    COXI, TACO et LE CIRQUE 3ème Partie

    COXI, TACO et LE CIRQUE 3ème Partie

     

    Nuit noire ! un murmure balaya la salle ...

    Puis des pinceaux de lumières glauques dessinèrent des lueurs d'aquarium sur l'espace du dôme et vinrent frapper tout un petit peuple de poissons multicolores étranges qui s'animèrent, semblant poursuivre un rêve aquatique en déambulant de trapèzes en trapèzes dans une danse lente, multiple et colorée, au cœur de sons éthérés...

    Jaillissement de petites bulles inondant l'espace ... et le public.

    Haute voltige chorégraphique hypnotisante.... parfaite alchimie entre ballet aquatique aérien et sons invitant le public à un voyage dans les fonds marins...

    Voyage au fond de l'Inconscient avec le Soi autour du rêve... Lâcher-prise !

    Véritable impact émotionnel chez Taco qui se remémora brutalement sa descente aux enfers dans la mare (cliquez)...

     

    COXI, TACO et LE CIRQUE 3ème Partie

     

    Puis, surgissant de partout, une cohorte bigarrée de personnages mi-humains, mi-animaux aux costumes fabuleux, un monde où les insectes et les oiseaux virevoltaient sur des trapèzes ou descendaient du dôme  en s'entortillant autour des cordes au cœur d'un festival de lumières...

    Des créatures graciles aux ailes immenses, papillons revêtus d'une blanche carapace ou de longs voiles s'irrisant sous les  feux des projecteurs ... un ballet aérien et poétique de jeunes filles costumées en chatoyants oiseaux de paradis.... introduisant une dimension spirituelle à la danse...

     

    COXI, TACO et LE CIRQUE 3ème Partie

     

    COXI, TACO et LE CIRQUE 3ème Partie

     

    Des explosions de sonorités, des gazouillis d'oiseaux, des bourdonnements d'insectes, se superposant à cet univers féérique et fantasmagoriques de créatures vaporeuses, pétillantes, et scintillantes...

    Les spectateurs fascinés ne savaient plus où regarder !!! Les enfants hurlaient de joie...

    Taco et Coxi étaient stupéfaits. 

     

     

    COXI, TACO et LE CIRQUE 3ème Partie

     

    Changement de couleurs des projecteurs ! Musique dramatique angoissante... Les créatures se figèrent sur leurs cordes....

    Faisceaux de lumières sur un réseau de fils de cordes déployé au dessous d'elles...

    Réseau inavoué des fantasmes de chacun des spectateurs...

    Une noire araignée gigantesque avançait  lentement, fascinante, vénéneuse, semblant traquer sa proie....

    Vibrant rappel des difficultés de l'existence ...

    Attendait-elle la chute des corps accablés... ? 

     

    MAGNIFIQUE : L'ARAIGNEE de Milena Sidorova

    Musique Edvard Grieg

     

     Les projecteurs, jouant sans cesse sur des effets de lumières,  transportaient le public des sublimes créatures scintillantes et  figées du  dôme .... vers l'immense  toile et l'araignée aussi effrayante qu'attirante,

    Pendant que des sons déconcertants dans lesquels se déployaient crescendo  des vocalises féminines  irréelles, désincarnées, d'une grâce indéfinissable conférant à l'ensemble une transcendance d'une inquiétante étrangeté....

    Et plongeaient le public dans un malaise dans lequel Bien et Mal, rêve et réalité y étaient brouillés pour aboutir à une sorte de transe vaporeuse des utopies désenchantées....

    Taco, tout à son histoire de mare, n'en menait pas large et songeait décamper au plus vite, pendant que Coxi écoutait les enfants dans la rotonde qui ne cessaient de questionner les parents...

    Le public n'allait il pas se noyer dans ce désordre ensorcelant sans en trouver le fil d'ariane ?

    Mais voici qu'une polka, oui une polka pour éléphant de Stravinski surgissait comme en filigramme dans tout ce désordre, éclipsant peu à peu tous les sons qui s'éteignirent progressivement, pendant que les projecteurs se portèrent tous vers la gabardine (rideau séparant la scène des coulisses)....

     

    COXI, TACO et LE CIRQUE 3ème Partie

     

    D'où émergèrent l'éléphanteau Djumbo, magnifiquement paré d'un costume d'apparat richement chamarré, une cascade de pierreries sur le front, marchant en cadence au son de la musique en levant haut alternativement ses jambes de devant ...

    Et le petit singe "Kakou", accoutré d'un tutu rose pailleté, juché sur son dos ... petit pitre grimaçant bondissant en sauts périlleux,

    Tandis que créatures aquatiques, papillons, oiseaux et insectes, descendant doucement le long des cordes, l'entourèrent en un joyeux désordre....

    Et que l'araignée se livrait à des acrobaties sur sa toile ....

    Sous l'ovation  particulièrement nourrie et stridente du public enfin sorti de sa transe hypnotique...

    Les créatures dansaient, l'araignée se contorsionnait et Djumbo esquissait des pas de polka, obéissant aux ordres d'une ravissante jeune fille orientale enveloppée d'un sari de soie chatoyante qui le faisait tournoyer à l'aide d'un long bambou....

    On apporta un minuscule tabouret... Le bambou ordonna à Djumbo de s'y jucher en un équilibre précaire..

     

    COXI, TACO et LE CIRQUE 3ème Partie

     

    Et Coxi fut soulagé de le voir en descendre rapidement !

    Le bambou tapota derrière ses pattes de devant, lui indiquant de se dresser sur ses pattes arrières,  puis de se prosterner ...

     

    COXI, TACO et LE CIRQUE 3ème Partie

    De prendre appui sur ses pattes avant et sur sa trompe afin de relever ses énormes pattes arrières, ce que Djumbo redoutait le plus ... Tous ses muscles criaient leurs désaccords dans son corps qui tremblait...

     

    COXI, TACO et LE CIRQUE 3ème Partie

     

    Quelques coups sur sa trompe et l'éléphanteau alla chercher délicatement Kakou en entortillant sa trompe autour de lui.. Le visage du singe se fendit d'un large sourire grimaçant, montrant toutes ses dents jaunes, signe d'un grand mécontentement... et de peur....

    Un Kakou soudain propulsé dans les airs, rattrapé par la trompe de son ami et renvoyé telle une vulgaire balle... pour se retrouver dans les bras de la jeune orientale....

    Qui, déroulant  d'une main sur le sable souillé une natte, s'y allongea, le singe dans ses bras... pendant que Djumbo dut descendre sur son petit copain son large pied rond... Kakou protesta vigoureusement par des cris perçants....

    Les enfants hurlèrent tous d'un seul cœur !

     

    COXI, TACO et LE CIRQUE 3ème Partie

     

    Djumbo savait que des galoubes (employés du cirque) épiaient ses moindres gestes, pique en main, derrière la gabardine ! Il devait obéir !

    Il releva son pied suivant les ordres de la jeune fille qui se releva prestement enfin, en présentant le petit singe à Djumbo... que celui-ci repositionna en douceur sur son dos à l'aide de sa trompe....

    Un cerceau fut amené.. que Djumbo dut élever très haut au bout de sa trompe, et le singe sauta au travers en atterrissant dans les bras de la jeune fille....

    La jeune fille se campa alors devant Djumbo. Il l'enlaça délicatement de sa trompe et la hissa à califourchon sur sa nuque... L'Orientale, le singe dans ses bras, cala ses jambes derrière les larges oreilles de l'éléphanteau et celui-ci se dressa sur ses pattes arrières en levant haut pattes avant et trompe....

     

    COXI, TACO et LE CIRQUE 3ème Partie

     

    Enfin, retombant sur ses pattes avant, il salua en hochant la tête et agitant sa trompe, sous les applaudissements nourris du public inconscient de toute la souffrance endurée pendant l'apprentissage et durant certains exercices incompatibles avec sa vraie nature !

    Au même titre d'ailleurs que beaucoup d'artistes, poussés à réaliser des numéros toujours plus risqués et douloureux, l'éléphanteau était devenu l'esclave à vie des humains, condamné aux travaux forcés... dans un monde sans concession obnubilé par la course au profit ... et par une compétition sans merci entre les cirques et les artistes....

    Taco et Coxi se remémoraient les amères confidences (cliquez) du petit pachyderme et ne savaient plus que penser !

    Mais Coxi, éblouie par tant de prouesses, conviendra qu'il fallait actuellement beaucoup de courage, d'énergie et de ténacité pour mener à bout une entreprise comme celle du cirque !

     

    COXI, TACO et LE CIRQUE 3ème Partie

     

    Toute la prestation de Djumbo était accompagnée par la danse virevoltante des artistes aux costumes somptueux qui jetaient des étincelles et chacun se lançait dans un tour de piste en saluant avec une bribe de son numéro...

     

    COXI, TACO et LE CIRQUE 3ème Partie

     

    Le final était étourdissant de beauté, sublimé par la musique et la voix remarquable de la chanteuse lyrique qui faisait frissonner les spectateurs..

    Apothéose féérique de costumes, d'éclairages et de musique qui déclencha l'hystérie chez les spectateurs... Le public  hurlait, sifflait, tapait des pieds en cadence, applaudissant à tout rompre à faire tomber le chapiteau ... Un vrai délire !

    Coxi s'aperçut que Taco avait déserté, sans doute affolé, et elle partit à sa recherche ! Il était déjà en dehors du chapiteau, en direction du grillage, son havre de sécurité, tant il avait peur d'être piétiné.... Un véritable exploit de rapidité de sa part !

    Il arrivait au grillage quand les premiers spectateurs sortaient en trombe, les enfants en tête, surexcités !

    Tandis que, déjà, l'on démontait, l'on rangeait dès que le chapiteau fut vide ! La caisse bien remplie allait leur permettre de pouvoir continuer l'aventure....

    Ça ne tenait qu'à un fil, le spectacle de cirque ! Surtout que, depuis l'avènement de la Télévision, les Hommes cherchaient sans cesse des émotions nouvelles...

     

     

    COXI, TACO et LE CIRQUE 3ème Partie

    COXI, TACO et LE CIRQUE 3ème Partie

     

     

    Les Ross Sisters (chants et contorsions)

    Broadway Rhythm (1944) est un MGM Technicolor film musical, produit par Jack Cummings et dirigée par Roy Del Ruth. Dans la distribution figurent les The Ross Sisters.

     Une vidéo de 1944 a été récupérée, scannée et colorisée.

    Les Sœurs Ross étaient un trio de danseuses d’une même fratrie composée de Aggie Ross, Elmira Ross, et Maggie Ross (de leur vrai nom : Veda Victoria, Dixie Jewel et Betsy Ann Ross).
    Elles ont réalisé et dansé des harmonies faites d’acrobaties et contorsions.
    Leur succès auprès du public a atteint un sommet durant les années 1940,
    au cours desquelles elles ont figurées en bonne place dans le film BROADWAY RHYTHM.
    Dans cette chorégraphie classique du film "Le rythme de Broadway", les Sœurs Ross, Aggie, Maggie et Elmira, chantent et bougent d'une manière qui ne semble pas humainement possible.
     
     

    22 commentaires
  • COXI ET TACO et LE CIRQUE

     

    COXI ET TACO et LE CIRQUE

     

    2ème PARTIE : le spectacle

     

    Coxi s'exclama : des enfants surexcités arrivaient en masse, les parents suivaient... Une foule nombreuse s'installa sur les gradins ...

     

    Cliquez pour avoir musique de cirque

     

    Une formidable tempête musicale se mit à rugir ! elle sortait en flots terribles !

    Taco était épouvanté et Coxi vint se blottir contre lui, effarée !

    Ils s'étaient cachés sous les gradins, tout près de la gabardine, ce rideau rouge qui voilait l'entrée des artistes...

    Coxi regretta l'absence de son ami Paillasse l'épouvantail, toujours rivé au sol par un baton.... Elle lui racontera !

    La musique devait déferler en trombe sur le Jardin. Elle riait de bon cœur en sachant combien tous les animaux du Jardin devaient être effrayés....

     

    COXI ET TACO et LE CIRQUE

     

    Au beau milieu d'un vaste brouhaha, un Homme magnifique richement habillé d'un pantalon noir et d'un frac rouge sur une chemise blanche, saluant la foule d'un geste large avec un chapeau haut de forme noir, s'élança devant la gabardine, un micro à la main... Silence de la musique et de la foule ! Un immense cercle lumineux se dirigea sur lui.

    Cet Homme volubile et joyeux expliqua au public attentif le dur métier d'artistes de cirque .... Artistes qui devaient répéter inlassablement le même numéro en essayant de l'améliorer au fil des années...

    "Mesdames, Messieurs, les prouesses sont sans trucage. Grâce, Beauté, Elégance, Souplesse, Légèreté, Force, Agilité ne sont que les fruits d'un travail opiniâtre... Le Cirque est une école de maîtrise de soi....."

    Après avoir clamé le nom du couple d'artistes suivant, il s'éclipsa derrière la gabardine (rideau séparant la piste des coulisses). Un tonnerre d'applaudissements salua l'entrée des artistes revêtus d'un collant couleur chair qui les moulait comme une seconde peau.

     

    COXI ET TACO et LE CIRQUE

     

    Quelle Beauté, alliant Force et Souplesse, dans ces "Poses Plastiques".... difficile exercice de langage gestuel et graphique, dont les figures s'enchaînaient avec une aisance stupéfiante...

    Fracas d'applaudissements soutenus ! Joie sur les visages des artistes qui repartirent derrière la gabardine.

     

    MAGNIFIQUE PRESTATION de MAIN à MAIN ! JE RAFFOLE !

     

     Mettre en grand écran... trop beau !

    (pour revenir écran normal, cliquez sur Echap)

     

    Suivis de suite d'un numéro de "Main à main" prodigieux, avec un porteur immense et costaud, et une toute jeune voltigeuse ... La voltigeuse passait de cabrioles en sauts périlleux, de travail d'équilibre et de prises de risques qui ébahirent le public...

    Mais Taco et Coxi attendaient patiemment !

    Et soudain, un cheval arriva au grand galop, le jeune écuyer debout à cru sur sa croupe, légèrement penché vers l'intérieur du cercle de la piste...

    Coxi exultait : c'était enfin leur cheval bai ! Taco était bluffé par la vitesse de l'animal fougueux.

    Le cheval enleva avec brio tous les exercices compliqués appris avec tant de peine...

     le passage

    Passage animated.gif

     

     

    Piaffe animated.gif

                                   le piaffer

    Spanish walk.gif

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     Le pas espagnol

    (Cliquez sur les vidéos si elles ne s'animent pas. Merci !)

     

    Le cheval bai forçat l'allure et soudain le jeune écuyer, tunique blanche flottante rehaussée de broderies argentées, s'envola et creva un cercle de papier que le dresseur tendait au bout d'une perche ... pour retomber souplement sur la croupe du cheval, debout, les bras en corbeille ....

    Magnifique exploit que salua la foule en délire !

     

    COXI ET TACO et LE CIRQUE

     

    Un bruit de cavalerie .... Les autres chevaux surgirent ... pendant que des écuyers exécutaient des cabrioles, des sauts périlleux ... d'un cheval à l'autre ... puis une pyramide en équilibre sur les chevaux au galop...

    Spectacle époustouflant qui fit lever la foule, applaudissant à tout rompre ...

    Coxi et Taco n'en croyaient pas leurs yeux !

    Quelle différence entre ces chevaux de feu et le tranquille Junior, le cheval des voisins !

     

    COXI ET TACO et LE CIRQUE

     

    Les numéros de chiens dressés ne les firent pas rire ! Taco avait une peur maladive de Follet, le chien du Jardinier qui courrait partout et le bousculait sans ménagement en cherchant à le retourner de sa patte....

     

    COXI ET TACO et LE CIRQUE

     

    Coxi observait, stupéfaite, tous ces chiens dociles ridiculement accoutrés qui marchaient debout sur les pattes de derrière comme les Hommes, en saluant une patte sur la poitrine, tout en exécutant des galipettes, ou traversant une poutre dressés cette fois sur leurs pattes de devant, ou bien encore grimpant les barreaux d'une échelle pour en ressauter aussitôt, rebondissant comme des balles....

    Etait-ce des chiens ?

    Elle leur préférait Follet, ce jeune chien plein de vigueur, curieux de tout et vif d'esprit... épris de liberté... mais rempli d'une tendresse infinie pour son maître qui le lui rendait bien !

    La peur de l'Homme volait dans la brume de poussière qui flottait dans l'air....

    Elle ne vit plus les funambules, ni les jongleurs qui se succédèrent.... Taco s'était recroquevillé dans sa coquille... prêt à fuir... Cette odeur les poursuivait et la peur s'enroulait autour d'eux tel un serpent venimeux !

    Un fracas soudain, des hurlements, des vociférations, une tempête de rires ramenèrent Coxi et Taco à la vie ... Des Êtres étranges gesticulaient, se poursuivaient dans de grands éclats de voix ???

    L'un d'entre eux fascina Taco, qui crut voir un cousin de Paillasse l'épouvantail ! Comment était-ce possible ? Il marchait et courrait comme un fou, alors que Paillasse était cloué au sol ?

    Coxi réfléchit ! Elle y voyait un Humain qui s'habillait comme Paillasse, voilà tout !

    L'animateur annonça : "Les clowns  ! l'Auguste Miro et Alex le clown blanc !"

     


     

    L'Auguste Miro, aux cheveux flamboyants sous son chapeau de paille à fleurs, et au nez rouge comme une tomate, loufoque dans son accoutrement grotesque aux couleurs criardes, se dandinait comme les canards du Jardinier sur d'énormes chaussures qui le déstabilisait...  C'est vrai qu'il ressemblait terriblement à Paillasse !

    Suivi d'un Humain tout en noir scintillant et blanc, la figure enfarinée aux sourcils peints en bizarres accents circonflexes, un chapeau pointu fiché sur ses cheveux noirs coupés ras ...

    Comique brutal ! les gifles pleuvaient, les coups de pieds aussi, les seaux d'eau volaient ... et les enfants hurlaient de rire !

    L'Auguste Miro, rusé comme un renard, faisait tourner en bourrique le sentencieux Alex à la main leste et aux répliques hilarantes....

    Taco s'énervait ! Heureusement que le bouillant Paillasse n'était pas là ! Il trouva ces Humains indécents, voire effrayants... et ne comprenait pas l'hystérique hilarité de la foule ???

    Coxi ne savait qu'en penser ! comprenant vaguement que ces Hommes parodiaient les bassesses humaines... Puis le rire, l'énorme rire, celui qu'on ne peut retenir la secoua toute entière devant les énormes farces des 2 compères.... admirables musiciens par ailleurs et particulièrement touchants lorsqu'ils exprimaient en silence toutes sortes d'émotions par leur pantomime...

    Taco n'aima pas, mais pas du tout !

    Surtout quand le taco cahotant et crachant de la fumée entra en scène en perdant toutes ces pièces pour finir complètement désossé dans des pets énormes...  sans qu'aucun des clowns qui le poursuivait en hurlant ne puisse monter dedans ...

    Une violente explosion déchira l'air en crachant une fumée noire sur les clowns et les projeta sur le sol, noirs comme des bougnats ! Ne restait plus du taco noir que le moteur au milieu des pièces éparses....

    Des cris perçants et des pleurs de petits enfants aux visages épouvantés percèrent le brouhaha ! Taco les comprenait... et comment !!!

    Quel monde étrange !

    Soudain, un charivari de clowns musiciens, d'acrobates exécutant des sauts extraordinaires, des cris aigus de Miro poursuivi par Alex.... et des confettis papillonnant du haut du Chapiteau sur le sol.... clôturèrent cette 1ère partie du spectacle au milieu des rires et des claquements de mains en cadence....

    Taco et Coxi, complètement abrutis par tout ce tintamarre, attendirent sagement, pendant que la foule se restaurait, buvait, achetait des billets de tombola !

     

    A bientôt pour la suite .....

    Luciole

     

     

    Ouf, ligne ADSL rétablie,

    mais

     

    COXI ET TACO et LE CIRQUE

    Vacances puis petits enfants puis re-vacances

     

    A mi-Septembre et merci de votre présence

     

    Bisous

     


    23 commentaires
  •  

     

    Montage d'un petit cirque de 500 places environ

     

     

     

    COXI et TACO ... et le CIRQUE

     

    1ère PARTIE :

     

    Holàlà, quel branlebas de bon matin au Jardin !

    Un petit cirque s'installait rapidement dans le Champs contigu au Jardin.

    Tous les animaux du Jardin étaient effrayés par le bruit...

    Vacarme des camions qui manoeuvraient pour se garer à la bonne place... cris des galoupes (accessoiriste du transport matériel. qui monte le Chapiteau et nettoie les cages...etc) qui guidaient les camions...

    Tout au fond, les caravanes déjà installées étaient lavées à grande eau, les femmes tapaient vigoureusement les tapis contre les arbres...

    Une mer de toile bleue recouvrait une partie du Terrain...

    C'étaient des heures de préparation !

    Les galoupes préparèrent l'emplacement des immenses poteaux qui soutiendront la toile, puis tirèrent tous ensemble les énormes cordes et la toile se souleva peu à peu et grimpa jusqu'au sommet...

    Puis les costauds fixèrent les "pinces", ces piquets de fer impressionnants, en frappant à grands coups de masse ....

    Il fallait faire vite, car l'argent manquait et il était indispensable de nourrir tout le personnel, les animaux, acheter l'essence...  en espérant une "bourrée" (gradins et chaises remplies par la foule) le plus tôt possible !

    Les muscles étaient douloureux !

    Puis on monta les gradins, prépara la piste, installa les sièges pour les officiels...

    Dans le cirque nulle fonction n'était subalterne. Pas de haine ni de racisme ni de xénophobie ou d'intolérance... Il rassemblait toutes les différences sociales et culturelles, et toutes les catégories sociales jusqu'au SDF jugé capable...

    Des employés coururent partout dans le village et la campagne alentours pour accrocher les panneaux publicitaires. La voiture publicitaire sillonna les rues du village et les chemins, pendant qu'un galoupe hurlait son boniment dans un mégaphone puissant.

    L'existence était bien dure pour ces circassiens et circassiennes... Le voyage, la route, le long montage du Chapiteau, les spectacles à assurer coûte que coûte, puis le démontage et les trajets de nuit pour vite trouver une place à l'étape suivante.

    Quelques fois dormir sur les banquettes des voitures ou dans les camions dans des endroits retirés, se lever avant le jour, chercher le village puis la place, s'installer, s'occuper des animaux, répéter inlassablement les numéros pendant les temps libres.... etc

    Et toujours l'angoisse chevillée au corps de ne pas avoir suffisamment de monde, d'essuyer un "four"...

    La lumière encore blafarde et humide glaçait tous les êtres... les arbres transis aux feuilles tremblantes semblaient murmurer entre eux, et des nuages gris pesaient sur le ciel en se coulant doucement en troupeaux, poussés par le vent....

    Quatre chevaux broutaient sous les arbres. Des chiens s'égayaient en aboyant partout comme des fous ...Quelques poneys  à la longue chevelure, destinés aux promenades des enfants, sages et immobiles, mâchouillaient l'herbe lentement...

    Ça sentait fort le crottin !

     

    COXI et TACO ET LE CIRQUE

     

    Un magnifique cheval bai, attaché par une longue corde à un arbre près du grillage du Jardin, intéressa tout particulièrement Coxi et Taco, déjà sur place ! Taco avait du glisser sur son muscle le plus rapidement possible et il était épuisé, car le Jardin était bien immense pour lui ! Mais son corps était parcouru de frémissements d'excitation...

     

    COXI et TACO ET LE CIRQUE

     

    L'Ecuyer arriva, habillé d'un survêtement gris, le bichonna, le caressa puis lui fit faire quelques voltes, des courbettes, des saluts de la tête, et nombre de figures bien compliquées, avec l'aide de sa "chambrière" ( le long fouet du dresseur de chevaux)

    Coxi admirait la force tranquille, la souplesse, l'aisance avec laquelle le cheval exécutait tous les exercices difficiles.

    Ce qu'il était beau !

    Taco, prudemment en retrait, était heureux d'être séparé des sabots du cheval par le grillage.

    Coxi pouvait presque entendre battre le cœur du cheval. Le bel animal tremblotait, le pelage fumant. Il soufflait bruyamment par les naseaux. L'Ecuyer l'enveloppa d'une couverture.

    Un soigneur vint laver les dents du cheval pour les rendre bien blanches, puis se mit à brosser longuement sa robe couleur miel. Le Cheval, impassible, se laissait faire.

    Enfin le soigneur s'attaqua à la corne de son sabot en la taillant et fit reluire les sabots.

     

    Mouvements stéréotypés d'un éléphant malheureux

     

    Coxi s'envola soudain, à la grande surprise de Taco. Elle alla se poser sur un petit éléphant gris qui balançait sans cesse sa trompe. à gauche  à droite, non loin de là, le signe typique des animaux malheureux...

    Taco, qui avait suivi Coxi des yeux au bout de ses antennes faillit s'étrangler de peur.

    De sa petite vie, il n'avait vu animal aussi gros et aussi laid ! Il s'activa vers ce fabuleux animal le long du grillage. Il était ébranlé !

    Coxi dialoguait avec Djumbo. Il lui raconta comment il avait été capturé tout petit à l'aide d'un filet par de longs Hommes bruns armés de flèches et de lances, pendant que sa majestueuse mère s'était écroulée à grands fracas, transpercée de flèches...

     

    COXI et TACO ET LE CIRQUE

     

    On lui retira toute sa fierté d'éléphante : ses immenses défenses d'ivoire !

    Djumbo avait été fou de peur et de stupeur ! Il avait vécu une vie tranquille, heureux et libre, sous la chaude humidité du feuillage des arbres dans la jungle parfumée, ou sous la chaleur écrasante de la Savane, au milieu du troupeau qui se transportait d'un endroit à un autre selon les besoins de nourriture. Sa mère le choyait sans cesse, le protégeait, le guidait, lui apprenait patiemment tout ....

    "J'ai envoyé au ciel des barrissements si bruyants de colère que les Hommes se mirent à me battre avec des bambous. J'ai voulu fondre sur eux, mais le filet m'entravait... J'étais au désespoir ! Puis ils me firent boire et manger...

    Tous les jours on m'apprenait à me baisser. Le plus petit d'entre eux me grimpait sur le dos, puis il me fallait me relever. Ils utilisaient des "pics" (instruments métalliques pointus et coupants pour donner des coups, à piquer dans les endroits sensibles) pour me faire obéir. Je souffrais atrocement ! Et le domptage commença. Progressivement, je compris la musique des mots humains.

    Puis on me vendit à un grand Homme blanc, et je me suis retrouvé sur un bateau pour un très long voyage qui m'épuisa ! Sur le bateau, cet Homme me fit progresser dans l'apprentissage des exercices... Tous les moyens étaient bons pour me forcer à exécuter les numéros imposés...

     

    COXI et TACO ET LE CIRQUE

    Pointe du "pic" fiché dans genou éléphanteau pour le faire obéir

    COXI et TACO ET LE CIRQUE

    pointe du "pic" enfoncé dans dos éléphanteau pour le faire obéir

     

     

    Un jour, nous débarquâmes... et très vite, l'Homme blanc me vendit à ce cirque... A peine arrivé, on m'attacha le pied à un piquet.

    Soudain, un vacarme infernal me terrorisa. Et tous les jours, ce vacarme retentissait brutalement... Puis je me suis habitué... C'était la musique du cirque !

     

    COXI et TACO ET LE CIRQUE

    Alors on vint me chercher et l'on me fit marcher au pas en me tapotant ou me piquant  avec le "pic" sur les pattes... A chaque réussite, on me récompensait avec une friandise ! Puis d'autres exercices plus compliqués .... C'était tous les jours des caprices d'Hommes !

    Un jour, on me lava, me bichonna, puis on m'installa une draperie de pierreries étincelantes au beau milieu de mon front et on m'emmena dans le Chapiteau au cœur d'une foule d'Humains qui applaudissaient à tout rompre... C'était comme le mugissement d'une tempête ! j'étais affreusement abasourdi, mais mes soigneurs me tenaient fermement avec des cordes et le jeune Ecuyer grimpa sur mon dos....

    Et je dus exécuter tous les exercices appris... Après chaque exercice réussi, j'attendais ma récompense !

    Le reste du temps, je patiente, le pied entravé ! Mon soigneur vient de temps à autre me promener avec une longe... Il me lave, me soigne, me nourrit... Et l'Ecuyer me fait travailler tous les jours...

    Encagé, enchaîné, forcé de travailler... je vais de l'attache à la piste et de la piste à l'attache... Et les voyages sont longs enfermé dans une cage.....

    On me contraint à des exercices contre nature ! m'asseoir sur un petit tabouret ou faire le poirier... Mes articulations souffrent, et j'ai déjà si mal !

    Souvent la douleur m'accable. Quelle amère servitude ! Je rêve souvent de ma mère assassinée !"

    Coxi, éberluée, tremblait de colère. Elle avait honte de la cruauté des Humains !

    Taco avait conscience que la vie des animaux étaient tributaires des caprices des Hommes ... Il était très triste !

    Le monde des Humains était inintelligible ! Combien de fois il avait vu le Jardinier et ses petits enfants venir cueillir ses frères qu'il ne revoyait plus !

    Ils s'en retournèrent après avoir remercié et encouragé l'éléphanteau puis allèrent se cacher sous une grosse pierre d'où ils pouvaient tout voir !

     

    COXI et TACO ET LE CIRQUE

     

    Un petit singe, attaché par une longue corde à un gros arbre de l'autre côté du grillage vint leur faire la causette.

    Taco se méfiait ! Les petits yeux ronds sans cesse en mouvement brillaient de malice. Le singe sauta sur le grillage et le secoua violemment !

    "Ces Humains ne sont menés que par leur instinct et leurs sentiments" déclama le singe furieux ! "Aucune raison ne les anime" pffffff et il cracha par terre !

    "N'attendez d'eux aucune honte de leurs mauvaises actions" susurra t-il à l'encontre de Coxi silencieuse

    "Sais-tu, nous sommes des animaux de cirque, pas des animaux tout court !!! Alors tout est permis aux humains ... D'ailleurs, ils m'affublent d'une petite culotte, d'un tutu rose et d'un chapeau à fleurs... Je suis obligé de singer les Humains, moi ! je ne suis plus rien ! comprends-tu ? Ils sont tout contents de nous cantonner dans une position d'infériorité !"

    Taco fut remplit de compassion ... Coxi ne disait plus rien... Elle n'avait plus de mots pour dire sa peine !

     

    Et le cheval, placide, toujours bien emmitouflé dans  sa couverture, ajouta soudain :
    "Ils recherchent la Gloire... La Gloire ! N'est-ce pas ridicule ? Funeste orgueil ! La Gloire et l'Argent ! Un grain de sable dans les rouages de leur entreprise et tout s'écroule ! A t-on vu un Être plus fragile que l'Humain ?.....

    J'ai besoin de prés, de galoper, de courir en liberté....

    Mais j'ai de la chance, une grande chance : mon Dresseur m'aime ! Il est tellement plein d'amour pour moi ! Je n'ai pas peur de lui... et voyez vous, je raffole de ce que je fais et je sais que je le fais bien !

    "Mais avant ce cirque, j'étais aux mains de sadiques qui me maltraitaient constamment ! Ils m'affamaient quand je renâclais  ! ils me battaient .... Je restais enfermé dans mon box la plupart du temps ! Je suis tombé malade, alors ils m'ont vendu à ce petit cirque....

    "Les animaux ne sont pas faits pour les Humains, mais.... les Humains ont besoin de nous" 

    Et il se mit à hennir bruyamment en riant de toutes ses dents ! Les autres chevaux lui répondirent... Puis il retourna à son herbe tranquillement !

    Taco n'en menait pas large.... Sa vie, qu'il considérait comme une petite vie, lui parut soudain pleine de charme....

    Comme on pervertit l'animal en voulant lui donner forme humaine ! Ah si les singes et les ours, les chiens et tous les animaux qui le subissent pouvaient parler à l'Homme ! Taco se demanda si les Hommes entre eux se faisaient de telles misères ...

    Coxi, dont les ancêtres avaient bcp voyagé le lui confirma ! Oh que oui ! Des Humains ont été aussi maltraités que les animaux de cirque ! Eux aussi étaient encagés, enchaînés et condamnés aux travaux forcés....

    Taco comprenait que seule la violence ou la menace de la punition pouvait persuader ces animaux à obéir... tout comme ces humains dont parlait Coxi !

    Comment l'intelligence du spectateur pouvait il être court-circuité ainsi pour ne pas le sentir ?

    "Ah si seulement ces humains se voyaient contraints de renaître dans la peau de ceux qu'ils ont maltraités ainsi..", réfléchit tout haut  Coxi ...

    Taco, surpris tout d'abord par l'incongruité de la réflexion, se mit à rire de bon cœur... Il riait si fort que les animaux étonnés firent silence... Coxi leur expliqua... Alors ce fut une clameur générale qui se transmettait d'animal en animal jusqu'au fin fond du cirque ...

    Quel Charivari !

     

    Luciole

     

     

     http://www.cirques-de-france.fr/de-quoi-souffrent-ils

     

     

    A SUIVRE....

     

     

    COXI et TACO ET LE CIRQUE

     

     Pour quelques jours de vacances chez nos enfants puis en Camargue

     

    A bientôt

    Bisous

     


    20 commentaires
  •  

     

    PICPUS LE HERISSON

     

    PICPUS LE HERISSON

     

    PICPUS LE HERISSON

     

    Une lune maussade toute nimbée de nuages se languissait au firmament.

    Sa lumière pâle se répandait comme une poussière d'argent sur le Jardin et s'agitait à la surface de la Mare.

    Le petit peuple des étoiles scintillait doucement sur les volutes d'encens qui fumaient dans les airs en multiples caresses...

     

    Blotti sous les feuilles mortes au creux d'un Rocher, Taco l'escargot, dans un rêve, s'évadait....

    Perchée sur le Rocher, Coxi la coccinelle, toute engourdie par la fraîcheur de cette nuit printanière, contemplait la paresseuse lune qui enfantait les poètes, le cœur étreint par la douce mélodie de l'Harmonie de la Vie....

    Soudain, des chapelets de grognements, de petits gloussements, de soufflements... s'intensifièrent, déchirant le silence de la nuit.... suivis d'une forte puanteur....

     

    PICPUS LE HERISSON

     

    Taco, brusquement en éveil, sursauta et aspira frénétiquement l'air, affolé : Picpus, son pire ennemi, ce sac à puces puant, était dans les parages.

     

     

    PICPUS LE HERISSON

     

    Picpus, le grand ami du Jardinier qui disait de lui en riant à ses petits enfants :

    "Là où le Hérisson passe, insectes, escargots et limaces trépassent !"

     

    PICPUS LE HERISSON

    Hérisson sous un amas de feuilles

     

    Picpus le gourmand pouvait sentir l'odeur d'un ver de terre à 3 cm sous terre... Il était vital pour lui de se constituer une bonne couche de graisse avant l'Hiver... l'Hiver, sa grande amie, car il pouvait enfin dormir tout à son aise sous un amas de feuilles bien douillet.... Mais gare au fainéant qui ne mangeait pas assez... Il ne se réveillera pas au sortir de son rêve !

     

    PICPUS LE HERISSON

     

    Coxi, sortie de sa douce béatitude, regardait l'intrus avec beaucoup d'inquiétude.... Certes, d'un coup d'ailes, elle pouvait s'échapper et le narguer... mais Taco, son ami Taco....

    Picpus multipliait les grognements. Il scrutait les lieux en mobilisant toute son attention....  On lui voulait du mal.... Sans cesse, il lui fallait vivre sous cette pesante menace.

    Sa première préoccupation était d'éviter ces monstres immenses effrayants, qui, dans un fracas de tonnerre, filaient à toute allure.... juste là où il trouvait le plus de nourriture bien grasse et juteuse... car certains animaux aiment la chaleur du bitume !

     

    PICPUS LE HERISSON

     

    Sans cesse, dans la forte odeur de fermentation de la Terre, ses rêves d'aventures se transformaient en cauchemar.

    Il était comme une pelote de haine ! Il avait en exécration tous les animaux de la Terre, surtout ces petits de l'Homme qui ne cessaient de le traquer avec des bâtons et voulaient le retourner après maintes brimades... Il pouvait repérer leur odeur détestable à plus de 10 mètres...

    Doté d'une excellente mémoire, il pouvait se remémorer toutes les violences qu'il avait subies.

    Une chance qu'il s'en soit sorti à chaque fois !

    Cette haine lui provoquait comme une lucidité exacerbée... Sans elle, il se sentait nu....

    Il ressentait comme une jouissance à se repaître de cette exécration qui coulait dans ses veines en un poison mortel, lui offrant une supériorité sur les autres animaux qui ne pensaient qu'à s'alimenter....

     

    PICPUS LE HERISSON

     

    Il accueillait chaque intrus avec un raclement de gorge agressif en soufflant bruyamment, puis par des claquements de dents menaçants si celui-ci insistait, en l'incitant à déguerpir au plus vite.

    Mais devant de grands prédateurs, il se sauvait en courant de toutes ses courtes pattes.... ou se roulait en boule bien à l'abri sous ses 6 000 piquants qui recouvraient son dos, ses flancs et son front... Car il savait que ses épines étaient mortelles pour ces ennemis !

     

    PICPUS LE HERISSON

     

    Et il riait de leurs cris de douleur lorsqu'ils voulaient le frapper de leur patte afin de le retourner ! Ah qu'il était content de les voir se sauver, tout déconfits.... Hihihihihi !

     

    PICPUS LE HERISSON

     

    Seulement Picpus naviguait dans une lumière d'aquarium, ses petits yeux noirs situés près du sol lui permettant tout juste de voir net au bout de son museau.... et encore !

    Heureusement, son odorat était très développé et ses petites oreilles, enfouies sous les piquants, étaient très efficaces pour détecter proies, dangers ou autres hérissons..... Une chance !

    D'ailleurs, il était fier de son excellente mémoire qui lui permettait de se déplacer facilement dans le Jardin... Il en connaissant par cœur tous les recoins....

    Mais comme il se sentait laid et sans grâce ! Chaque moquerie des enfants et de certains des animaux qui ne supportaient pas son odeur le faisait grandement souffrir....

    Coxi l'entendait geindre de loin. Elle aurait voulu le laver de toutes ses angoisses, mais il était inapprochable ! Il se ramassait sur lui-même et se fermait à tout contact !

    Souvent, à la moindre alerte, il lançait un cri strident à glacer le sang dans les veines.

    Il souffrait beaucoup !

    Sa tête portait encore les traces des morsures d'un mâle avec lequel il s'était pris de querelle pour une femelle...

     

    PICPUS LE HERISSON

     

    Puis celles de la femelle peu farouche qu'il avait du malmener durement pendant de longues minutes pour la convaincre de le laisser copuler avec elle ... Sa fièvre amoureuse était si intense qu'il aurait braver tous les dangers pour la soulager... Mais les femelles avaient aussi mauvais caractère que lui !

    D'ailleurs, il l'avait vite délaissée une fois sa fièvre tombée ! Il se chargerait bien d'en trouver rapidement une autre... Non mais !

    Mais voilà ! ce caractère à fleur de peau le laissait éternel vagabond, refusant tout contact avec ses semblables, n'ayant d'autre loi que celle de l'instant, ne se souciant que de lui-même....

    Ah ça, il était bien seul !

    Et il était épuisé !!! Cette saison des amours à la dure le laissait sans forces...

    Si seulement il pouvait être débarrassé de toutes ces tiques, puces et mouches  qui raffolaient de sa peau si tendre et rose sous la forêt de piquants... Il ne pouvait s'en défendre : un vrai suplice ! Beaucoup de ses congénères en mourraient !!!

     

    PICPUS LE HERISSON

     

    Pourtant, ce n'était pas faute de s'engluer sans cesse de cette bave à l'insupportable odeur... Il raffolait de toutes les crottes rencontrées sur son chemin, les mâchouillait pendant des heures... Il en bavait abondamment de plaisir !

    Et pour faire la nique aux tiques, il en enduisait soigneusement tous ses piquants ....

    Et bien non ! ces fichues bestioles s'en moquaient éperdument !

    Et ces mouches qui venaient pondre leurs œufs dans sa chair tendre... Les larves le mangeaient tout vivant !

    Ah qu'il souffrait !!! qu'il souffrait !!!

    Et comme toute sa famille Hérisson, il était trèèès sensible au stress ....

     

    PICPUS LE HERISSON

     

    Et Picpus, tout à ses ruminations noires, passa son chemin, au grand soulagement de Coxi et de Taco, réunis à l'abri en haut du Rocher trop lisse pour le sac à puces, en grognant, soufflant, grinçant des dents... lançant son cri affreux qui glaçait le sang....

     

    MAGNIFIQUE VIDEO AVEC JAMY et FRED - "C'est pas sorcier"-

    A voir absolument !

     

     

    CRIS DU HERISSON - COMME DES CRIS DE BEBE - 

     

    Oh que c'est drôle : ça ronfle aussi, un nérisson ! 

     

     

    PICPUS LE HERISSON

     

    PICPUS LE HERISSON

     

     

    PICPUS LE HERISSON

     

     

      

     

    PICPUS LE HERISSON

     

    Pour répondre à certaines questions :

     

     

     Une (petite) partie de mes notes glanées sur des sites de référence :

    Le hérisson fait partie des plus vieux animaux de la Terre. On estime qu'il serait apparu à l'époque des dinosaures !

    La Famille du Hérisson aurait vu le jour il y a environ 60 millions d'années avant notre ère.(Fossiles retrouvés en Asie du Zalambdalates).
    Les hérissons ont très peu changé depuis plus de 15 millions d'années

     

     S’occuper d’un hérisson, c’est comme s’occuper d’un chat. VRAI ET FAUX

    Les croquettes pour chat peuvent convenir aux hérissons. Surtout pas le lait et du pain, poisons mortels pour le hérisson !

    Mais les similitudes s’arrêtent là. Si le mammifère des bois est carnivore, il se nourrit principalement d’insectes.

    Au delà de la nourriture, la différence comportementale entre un chat et un hérisson est majeure : si les deux sont solitaires, le hérisson reste un animal sauvage, craintif et nomade.

    Il est également bien plus fragile qu’un chat. Le hérisson craint le bruit, se stresse très vite et est très sensible aux changements de températures : il vit autour de 23°, et s’il fait trop froid, il hiberne !

     

    Le hérisson est un animal sociable. FAUX

    C’est un animal solitaire et peu habitué à l’homme, ce qui le rend par essence peu sociable.
    De plus, c’est un animal surtout nocturne : il dort une bonne partie de la journée ! Même si le hérisson aime jouer (par exemple avec une roue), les interactions avec les hommes restent limitées.

    Dans la nature, c'est un animal solitaire, qui n'a pas de territoire.

     

    et de plus il possède un outil anti-social :

    LA GLANDE TEMPORALE !

     

    La sécrétion de la glande temporale

    permettrait, par exemple, aux hérissons de s'éviter mutuellement.

     

    Il arrive rarement qu'un mâle et une femelle occupent temporairement un même nid.

    En captivité, ils forment des groupes hiérarchisés avec des mâles agressifs.

    L'espace vital d'individu est variable selon la saison et l'habitat. Normalement, un mâle a besoin de 15-40-100 ha, une femelle de 5-12 ha

    La nuit, le mâle se déplace sur 0,5-25 ha (mâle), 0,5-10 ha (femelle). Les domaines de différents individus se chevauchent mais les risques de rencontre sont réduits car les hérissons s'évitent.

    Vitesse moyenne : 3 m/minute, parfois accélérations sur 30-40 mètres.

    Inquiété, il lance des cris de cochon, menacé, il se roule en boule. La technique de se mettre en boule est très efficace quand on sait que le lion, le roi de la jungle le craint à la vue de ses piquants !

    Lorsqu'il se nourrit, le hérisson souffle et grogne et mastique bruyamment. Il gratte nerveusement le sol en envoyant de la terre à plusieurs mètres. En fouillant parmi les feuilles, il renifle bruyamment. On l'entend aussi parfois caqueter lors des moments de grande excitation.

    Les jeunes hérissons à la recherche de leur mère émettent un sifflement.

    En cas de parades sexuelles, le mâle retrousse les lèvres, tourne autour de la femelle en lui donnant des coups de pattes et de museau...

    Cette parade nuptiale peut durer des heures avant que la femelle n'accepte le mâle !

     

    La mère peut croquer ses petits, surtout si elle se sent attaquée dans les 48 H après la naissance, pour leur éviter d'être la proie des prédateurs.

     

    LES PREDATEURS :

    - L'HOMME (plus de 50 % de hérissons tués chaque année  par mode de vie de l'Homme - routes, pesticides, poisons de toutes sortes, tondeuses, débroussailleuses, brûlage des feuilles, des forêts.... et le CHIEN !)

    - CHIEN, RENARD, LOUP qui connaissent le truc pour tuer ce petit animal très utile : ils urinent dessus ses piquants.... qui permet alors aux muscles du hérisson de se détendre à cause de ce liquide chaud, et ces prédateurs n'ont plus qu'à achever leur proie d'un coup de crocs !

    - CERTAINS RAPACES

    - LES FOUINES, BLAIREAUX...

    - ACARIENS, PUCES, TIQUES, LARVES DE MOUCHE, VIRUS etc....
    Un hérisson peut abriter jusqu'à 500 puces... et il peut être porteur de la FIEVRE APHTEUSE !!!

     

    Le hérisson n’est donc pas près de devenir le camarade de jeu des Français,

    le mieux reste encore de les observer dans leur milieu naturel.

     

    Et il est bon de rappeler que le hérisson a aussi contribué à améliorer la vie de l'homme en le débarrassant de gros insectes dans les jardins, des araignées et des souris dans les habitations.

    Il a malheureusement aussi servi de repas au Moyen Âge.

     

     

    Toutes les autres espèces de hérissons sont protégées dans le monde entier :

    si l'on peut attirer un hérisson au jardin et s'en faire un copain, il est interdit de capturer, détenir en captivité, transporter, tuer ou faire le commerce des hérissons, quels qu'ils soient.

    Seuls les animaux malades ou blessés disposent d'une dérogation pour être amenés dans un centre de soins spécialisé. 

     

      

    C'est malheureusement une grande mode de vouloir capturer ou acheter un hérisson de façon illégale, de leur procurer une grande cage avec des accessoires comme pour les hamsters....

    Si on capture des bébés hérisson, il est certain qu'il est possible de se substituer à leur mère en les nourrissant (très difficilement, car le lait de la mère au régime carnivore est totalement différent que celui de vache au régime herbivore ! Le lait de vache est mortel pour eux !) .... et ainsi le "socialiser" et le rendre dépendant à celui qui l'a nourrit..... il devient alors un animal "domestique" !

    Observer un hérisson dans son jardin en respectant son mode de vie et sa liberté est une chose, mais vouloir en faire un animal de compagnie est criminel !

    L'espérance de vie du hérisson était plus ou moins 10 ans.... mais est réduite à 2 ans actuellement !

    Les hérissons sont en voie de disparition en France et en Angleterre....


    32 commentaires
  • Ecrit le 9/11/2011

     

    PAILLASSE L'EPOUVANTAIL

    PAILLASSE

     

    PAILLASSE L'EPOUVANTAIL

     

    Les oiseaux se rassemblaient en bandes serrées sur les grands arbres en piaillant, se préparant à la Grande Migration de l'Automne.
    Puis, survolant le Jardin, traversaient l'espace en s'ébattant gaiement, menant leurs disputes bruyantes d'arbre en arbre.

    Des centaines de battements d'ailes emportaient la vie du Jardin. Seul un grand silence leur succédait....

     

    PAILLASSE L'EPOUVANTAIL

     

    Le Jardin, anesthésié, attendait maintenant le retour du Printemps. Les arbres, frissonnant sous une pluie fine, avaient déjà revêtu leur pelage fauve...

    La solitude et le temps pesaient de tout leur poids sur le Jardin ruisselant.

    Seuls le clapotis chantant de la pluie et le crissement de la chute des feuilles traversaient le silence.

    Les lourds nuages avaient chassé le soleil et déroulaient leur grisaille monotone.

    Des effluves d'humus, de sapins et de menthe imprégnaient l'air....

    L'automne s'écoulait et tout coulait avec lui vers l'hiver.

     

    PAILLASSE L'EPOUVANTAIL

     

    Dans la mare, un petit voilier oublié, pris dans la tempête, tourbillonnait, se penchait dangereusement, mouillait ses voiles, puis virait brusquement poussé par le vent et repartait vers un infini, porté par l'eau couleur d'ardoise..... Les grenouilles coassaient.....

     

    PAILLASSE L'EPOUVANTAIL

     

    Coxi et Taco attendaient sagement la fin de la pluie, abrités sous de larges feuilles,

     

    PAILLASSE L'EPOUVANTAIL

     

    quand, soudain, arriva tout excitée une pie volubile qui leur raconta...

     

    PAILLASSE L'EPOUVANTAIL

     

    Paillasse, le taciturne Paillasse, l'épouvantail, délirait sous la pluie à grands cris !

    Détrempé, il gémissait sans cesse, se mortifiait, sombrait...

     

    PAILLASSE L'EPOUVANTAIL

     

    Coxi s'envola derechef, bravant la pluie.

    Elle aimait ce clochard de paille cruciforme perché sur son piquet de bois, affublé de vêtements tout troués et délavés...

    Ce pauvre vieillard, insensible au froid, à la fatigue et à la pluie, l'âme enclose dans ses vieilles nippes, gardait le Jardin jour et nuit... traité comme un paria par tous  les habitants du jardin....

    Jamais personne ne lui manifestait la moindre sympathie, hormis Coxi.

    Il continuait son travail solitaire, sans relâche, et on le couvrait d'injures.... On le traitait de fier, lui qu'une timidité maladive paralysait....

    Et voilà qu'il craquait en ces jours de pluie... Ses sanglots alertaient tout le jardin endormi.

    Assoiffé de tendresse, la douleur le broyait. Il s'étiolait peu à peu sous l'humiliation et l'injustice...

    Il n'était pas sot, non, mais amoindri par toutes ses années de sacrifice. Il avait tout donné et, méprisé, il était épuisé...

    Par crainte de déplaire, il s'était effacé pourtant, évitant de se faire remarquer....

    L'Epouvantail se voulait aimable, mais engoncé dans ce corps de paille, avec une dégaine à faire pâlir.... c'était bien difficile !

     

    PAILLASSE L'EPOUVANTAIL

     

    Coxi accourue au plus vite au pied de son crucifix, l'écoutait, bouleversée.

    Il avait même essayé de se rendre indifférent, pour moins souffrir, mais la culpabilité l'avait écrasé....Non, il ne le pouvait : Aimer et être aimé était son unique aspiration.

    D'ordinaire silencieux, il cria soudain :

    "Je suis de trop dans ce Jardin !"

    Et finit par se taire, ne sachant plus que dire, tenaillé par l'angoisse du lendemain, de sa survie....

    Pouvait on aimer un épouvantail ? Désespoir d'abandon, mort affective...

     

    PAILLASSE L'EPOUVANTAIL

     

    Sous son nez, toutes sortes d'oiseaux et de bêtes picoraient les semences et mangeaient les légumes du Jardin en se moquant de lui...

    A quoi servait il ?

    Le Jardinier allait il le brûler ?

    Ou bien l'enduire d'huile de poisson, comme on le faisait souvent pour éloigner toute cette volatile gourmande ? l'entourer de CD miroitants ?

    Traumatisé, il n'avait plus la force de vivre !

     

    PAILLASSE L'EPOUVANTAIL

     

    Taco, enfin arrivé aux pieds de Paillasse après des glissades éperdues sur l'herbe trempée, avait tout entendu et restait consterné... et culpabilisait !

    Il n'avait jamais prêté attention à ce personnage grotesque et grignotait allègrement les salades sans se soucier de ses jérémiades... riant même avec les oiseaux !

     

    PAILLASSE L'EPOUVANTAIL

     

    Soudain Coxi décida d'agir au plus vite. Elle s'envola vers le haut du sapin majestueux dans lequel quelques retardataires migrateurs s'affairaient encore à leur toilette avant d'aller rejoindre leurs congénères....

    Et elle se mit à leur chanter un Gospel de son cru si beau, si poignant, que tous les oiseaux émus piquèrent du bec, contrits, et promirent de ne plus jamais taquiner Paillasse, ni de picorer ses carrés de légumes dont il avait la garde.

    Et promirent aussi de prévenir leurs amis qui s'éloignaient déjà à l'horizon.

     

    PAILLASSE L'EPOUVANTAIL

     

    Pendant ce temps, Taco avait réussi à grimper le long du piquet jusqu'à l'oreille de Paillasse et lui chuchota gravement ses propres ennuis.

    Paillasse, fort surpris, l'écouta longuement.... et, ému, accepta de lui pardonner et d'être son ami....

    Ils convinrent tous deux qu'ils étaient déjà "frères de misères"...

    Coxi, encore toute vibrante de son chant d'amour, vint se poser sur Taco près de la joue de Paillasse tout heureux.

     

    PAILLASSE L'EPOUVANTAIL

     

    Des disputes, des criailleries leur parvinrent du sapin. Survint un silence lourd et, VROUF ! tous les oiseaux s'envolèrent d'un coup, se regroupèrent dans le ciel, et piquèrent vers le trio.

    Paillasse terrorisé, crut sa dernière heure arrivée....

     

    PAILLASSE L'EPOUVANTAIL

     

    Un à un, les oiseaux se placèrent face à lui et lui crièrent :

    "Au revoir, Paillasse, et longue vie à toi. A l'année prochaine !"

    "au revoir, Paillasse, porte toi bien. A la revoyure !

    "au revoir, Paillasse, vivre le Printemps qui nous ramènera vers toi !"

    "Au revoir, Paillasse, au revoir......."

    Et VROUF-VROUF, VROUF.... ils reprirent chacun sa place dans le groupe et s'envolèrent à grands fracas rejoindre leurs amis là-bas....

     

    PAILLASSE L'EPOUVANTAIL

    Coxi et Taco, enchantés, hurlaient leur joie, pendant que Paillasse, ahuri, riait de bon cœur, submergé de bonheur.

     

    Et voilà qu'il avait des amis, lui, l'éternel exclu.... jusqu'à aujourd'hui !

     

    PAILLASSE L'EPOUVANTAIL

     

     


    44 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique