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    LA MARE 

     

     

    TACO - LA MARE

     

    Le soleil s'éveillait tout doucement dans ce petit matin brumeux. L'ombre vaporeuse dans la blanche clarté poursuivait un songe...

     

    TACO - LA MARE

     

    Sur la mousse diamantée vaquait, silencieuse, une araignée...

     

    TACO - LA MARE

     

    Mollement lovée au cœur d'une fleur fanée toute détrempée, engourdie par le froid , Coxi écoutait la vie bruisser, et languissait après son ami...

    Le Jardin, humide de pleurs, rougissait de chagrin : le soleil avait fuit et Taco aussi ...

    Depuis la veille, le silence répondait aux cris de Coxi... Où était-il donc parti traîner sa vie ?

    Au loin sa plainte répondait à son ennui en écho docile...

     

    TACO - LA MARE

     

    N'y tenant plus, elle déploya ses ailes diaphanes et s'envola, craintive, vive et frêle,
    zigzagant entre les buissons cramoisis..

     

    TACO - LA MARE

     

    Elle fureta dans tous les recoins du Jardin et, enfin, le trouva, mal en point, couvert de vase,
    sur les bords herbeux d'une mare dont l'eau reflétait le ciel opaque et la végétation roussie.

    Grelotant , il la reçut en bredouillant :

    "J'ai touché l'enfer, ma mie ; j'ai touché le fond ! Un instant, j'ai entrevu mon trépas !

     

    TACO - LA MARE

     

    "De la rive spongieuse j'ai glissé dans les eaux noires et profondes d'un univers étrange, inconnu, dans lequel la clarté sombre à regret...

    Des animaux immondes y grouillaient, des larves monstrueuses...

    Comme des cordages, des algues longues et visqueuses m'enserraient
    et m'empêchaient de remonter à la surface...

     

    TACO - LA MARE

     

    Et je suis descendu au fond, comme on descend en soi-même,
    aspiré par le vide de son existence
    .
    L'ombre m'absorba.... j'étais perdu !

    Mon passé, qui sommeillait en longues spirales, s'enroula autour de mon horizon bouché
    comme un long serpent étouffant une proie...

    Des fantômes, dont mes nuits sont remplies, avec des voix plaintives, me remplirent d'effroi....

    Tout mon être nageait dans les eaux glauques de la douleur !

    L'angoisse me tenait en ses fils serrés...
     Des animaux dressaient leurs griffes, entraînant vers la fosse mon ultime faiblesse...

    Qu'on est las dans sa propre solitude ! Qui avait besoin de moi ?
    En nomade, je vis sur des routes étrangères....

    Comme on est seul devant sa propre mort, Coxi !

    Ah, oui, que les eaux limoneuses endorment ma mémoire !

     

    TACO - LA MARE

     

    C'est alors que je vis se dérouler sur chaque liane des inscriptions, des noms amis, des noms haïs, des choses immondes, comme des pans de vie qui m'engluent, me lient, m'asphyxient.... 

    Ah, Coxi, comme je me fourvoie en permanence dans des chemins sans issue...

    Part obscure de nous-mêmes que cette mare, déversoir de toutes hontes bues,
    de toutes nos colères sauvages, de nos peurs abjectes,
    rendez-vous peureux avec nous-mêmes....

     

    TACO - LA MARE

     

    Et pourtant, dans ses eaux croupies jaillit la Vie...

    Sous le baiser de feu du Ciel, comme elle s'embrase et resplendit de mille éclats !

    Comme elle rend doux l'envers du monde
    que des nappes de lumière colorent d'un jour nouveau ....

    Et cette Lumière soudain me rendit la raison.
    Etrange lutte dans le pouls de la Vie qui me propulsa vigoureusement vers la surface étincelante où se profilait.... une ombre large... une feuille de nénuphar providentielle
    qui voyageait à ma rencontre....

     

    TACO - LA MARE

     

    Bien vite je m'empressais de grimper sur sa surface duveteuse....
    pour me retrouver nez à nez avec COA la rainette verte : ma pire ennemie !

    J'étais figé !

    Mais je fus trop gros sans doute pour sa gourmandise où la rencontre fut- elle  trop brutale ?
    Elle s'envola gracieusement sur une autre feuille
    où s'épanouissait, superbe, une fleur lactée veinée de rose...

     

    TACO - LA MARE

     

    Je levais mes antennes vers l'Infini, ma chère Coxi,
    Me réchauffant à sa Lumière, tout bavant de reconnaissance, arrimé à mon frêle esquif,
    flottant doucement, retrouvant peu à peu ma respiration...
     

    Et j'ai crié, crié ma joie !

     

    TACO - LA MARE

     

    Le courant m'emporta tranquillement vers le bord bourbeux où j'ai pu reprendre pied....

    Et je suis resté ainsi tapi toute la nuit, estourbi, en attendant le matin,
    de peur de m'égarer encore dans ce Jardin.

     

    TACO - LA MARE

     

    Et voici que la pâle clarté de l'Aube me surprend à contempler ton visage tout embué de larmes, ma douce amie que j'aime ! Ne pleure plus ! Je ne me lasse pas de te regarder !

    Ecoute nos cœurs battre à l'unisson !"

    Coxi toute émue, se serra contre son grand ami cornu...

     

    TACO - LA MARE

     

     

     

     

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    TACO, LA POMME  et TIPIC LA GUEPE

     

    TACO, LA POMME et TIPIC la guêpe

     

    Quelle belle émotion dans le Jardin ce matin ! Le soleil émergeait frileusement d'un cocon de nuages et lançait sur les êtres une lumière tiède, chassant les terreurs transies de la nuit.

    TACO, LA POMME  et TIPIC LA GUEPE

    Coxi la coccinelle voletait, guillerette, cherchant son ami Taco l'escargot dans ce bouillon de lumière qui poudroyait les arbres de paillettes d'or.

    Le soleil jouait en vaguelettes sur les pierres, et une fantaisie d'ombres et de lumières sur l'herbe humide l'empêchait d'apercevoir son ami.

     

    TACO, LA POMME  et TIPIC LA GUEPE

     

    Il avançait, glissant sur son écume brillante, comme émergeant d'un rêve étrange.

    "Mon ami, tu me sembles bien soucieux. Serais-tu souffrant ?" s'inquiéta Coxi.

    "Chère amie" lui répondit à sa grande surprise Taco, "Je sais que tu es bonne ! Aussi vais-je me confier à toi : j'ai de gros soucis !"

    Il s'arrêta, tout déconfit :

    "La tristesse est ma compagne. Je ne sais que souffrir !... Je m'étais habitué à vivre dans ma prison d'amertume où le monde et les miens m'avaient plongé.... quand soudain s'offrit à mes regards éblouis une POMME opulente d'une sensualité blonde, lovée dans la verdure d'un arbre, qui me noua la gorge...

    Une douce divinité mordorée délicieusement parfumée, qui semblait venir d'ailleurs...

     

    TACO, LA POMME  et TIPIC LA GUEPE

     

    Je restais là, fasciné, à l'admirer, et me sentais libre et heureux de m'élever jusqu'à elle... Une soif inextinguible de bonheur !

    Quel attrait m'attira vers elle ? je ne sais.... J'étais au pays des Chimères !

    Et puis un jour, tout barbouillé de rêves, je voulus posséder la Beauté.

    Et là, un bourdonnement strident me ramena brutalement sur terre...

     

    TACO, LA POMME  et TIPIC LA GUEPE

     

    TIPIC la guêpe avait déjà fait son trou de l'autre côté de mon Aimée et, sans partage, voulait régner !

    "Je ne sais ce que tu vas penser de moi, chère Coxi, mais la compétition était trop rude et son dard bien effilé !

    Une fois de plus, je dus me réfugier très vite dans ma coquille, bien à l'abri...

    Elle me batailla furieusement, me bouscula tant et tant que je chutais dans l'herbe heureusement bien épaisse....

     

    TACO, LA POMME  et TIPIC LA GUEPE

     

    Depuis, je suis comme fou de me priver du plaisir de voir ma Toute Belle... TIPIC me fait une guerre effrénée et ne me laisse plus l'approcher... Et je retombe dans mon dégoût de vie, mon désespoir...." 

     

    TACO, LA POMME  et TIPIC LA GUEPE

     

    "Encore une histoire de pomme" soupira Coxi, avec une tendresse toute maternelle.

    "Ah bon, toi aussi ? " s'enquit Taco en dressant ses antennes surpris.

    "D'une certaine façon, oui" rétorqua soucieuse Coxi.

    "Sais-tu que toute la vie de l'Humanité s'enroule autour d'une "pomme", objet de convoitise conduisant les hommes à un enfer de rivalités, d'injustices, de violences.... et à l'idolâtrie ?

    La Convoitise, machine à broyer l'existence qui engendre peu à peu la tyrannie, comme pour TIPIC"...

     

    TACO, LA POMME  et TIPIC LA GUEPE

     

    "Comme tu as eu raison de te retirer en ta maison, cher Taco... Quand le dialogue est impossible, le refus de la violence est la meilleure solution. De la douceur dépend l'harmonie du monde !"

    "Je n'avais pas trop le choix" soupira Taco....

    "C'est vrai Taco" reconnut Coxi, toute à son idée.

    Mais à l'Aube de l'Humanité, nos parents ont connu cette triste tragédie..."

    "Nos parents ?" la coupa vivement Taco, "je n'ai pas souvenance !"

     

    TACO, LA POMME  et TIPIC LA GUEPE

     

    "C'est un mythe, Taco, une méditation sur l'Humanité...

    Miroir de nos existences actuelles également !

    Symbole du Monde d'En Bas qui nous renvoient au Monde d'En Haut !

    Sous la ramure parfumée de l'Arbre de "Connaître Bien ou  Mal", qui interdisait à juste titre de confondre REEL et FANTASME

    ("vous serez "COMME" des dieux" affirme diaboliquement le serpent) 

    se cachait "une pomme", symbole du "Pouvoir absolu et de la Puissance", convoitée par nos parents... S'évader de sa condition humaine, rêve de l'Homme !

    Alors la ronde de la violence sera sans fin... Les cœurs ne chantent plus à l'unisson ! L'Homme découvrant sa faiblesse, veut la perfection.

    Et pourtant, SIMPLICITE était la note juste, Celle du Royaume d'En Haut ! Tout était donné sans compter aux Hommes, mais l'INTERDIT était signe d'AMOUR !

    Pourquoi toucher ce qu'on ne maîtrise pas ?
    "Être comme un dieu", répond l'Homme !

    Chemin d'épines où l'Homme s'égare... L'aveugle court à sa ruine et ne le sait pas....

    Le Serpent les trompa en les poussant à se comporter comme des dieux ! Mais le Serpent ne marche pas droit : ramper et onduler est sa Loi ! Chaos, confusion, violence et meurtres sont ses fruits...."

    "TSSIT le Serpent ? tu parles de TSSIT ?" s'écria Taco surpris.

     

    TACO, LA POMME  et TIPIC LA GUEPE

     

    "Non, je parle d'une façon symbolique ! Je représente le Mal sous les traits du Serpent ! Le Mal perfide qui se glisse en rampant dans nos failles humaines, et qui manœuvre sournoisement pour nous rendre MAL-HEUREUX ! Qui nous empêche de marcher droit !

    Les parents étaient des enfants naïfs qui voulurent grandir trop vite ! Ils avaient oubliés qu'ils seraient des dieux à la Fin des Temps ! Ils crurent le Serpent et se prirent pour des dieux...

    Te souviens-tu, Taco, de ce conte de la grenouille voulant devenir aussi grosse qu'un bœuf .... et qui éclata ?  c'était son orgueil qui s'enflait, s'enflait et le drame arriva ! Elle en mourrut !

    Aux pauvres Créatures la même chose arriva !

    Ainsi qu'à leurs enfants, et leurs descendances .... qui voulurent courir librement sous le soleil sans aucune limite humaine... Ils voulurent agir et parler en MAÎTRES !

     

    TACO, LA POMME  et TIPIC LA GUEPE

     

    Et ils se reconnurent alors vulnérables (nus), faibles, devant le regard d'Autrui ! Ils se cachèrent l'Un de l'Autre ... Ils passèrent de la Confiance à la Défiance mutuelle....

    Ils se mirent à parler la Langue du Serpent... se regardèrent les yeux plein de défi, de fiel !

    Une étrange jalousie jetèrent beaucoup d'Hommes dans la DISSIMULATION, dans des rêves de TOUTE PUISSANCE. Ils se parlèrent avec des mots confus, brisés d'angoisse et de tourments...Les larmes et le sang coulèrent... et la méfiance scella les bouches....

    Reflet de bien des couples contemporains ! Et de l'Humanité actuelle !

    L'Homme ne parla plus à sa Femme avec tendresse, la ravalant au rang d'esclave... non plus sa partenaire, mais son "objet" ... Angoisse, Discorde et Conflit en furent les fruits !

    L'Homme qui n'aimait plus convoita le corps...

    Chacun se referma sur lui-même, étranger l'un à l'autre...

     

    TACO, LA POMME  et TIPIC LA GUEPE

     

    De leur nuit naîtront des "Caïn", Hommes blessés et meurtris par les conflits des parents, enflés de leur importance et refusant toute rivalité, même filiale...

    Se croyant "comme" un dieu, Caïn a fantasmé comme l'ont fait ses parents, surtout sa mère qui pensait "qu'elle avait produit un Homme avec l'aide de Yahweh" (G 4,1)...
    Il s'identifie au fantasme de ses parents = il est devenu un "fanatique" ! Il est l'emblème du "fanatique" rebelle, vaniteux, cupide, rusé et habile, pratiquant la querelle, la jalousie, les accès de colère... que sa volonté de dominer tend à tuer, voler, ne respectant rien ..... Caïn veut substituer au Jardin d'Eden spirituel originel un Jardin MATERIEL....

     

    TACO, LA POMME  et TIPIC LA GUEPE

     

    Et des Abel frère et l'antithèse de Caïn qui représente le Juste persécuté, la victime désarmée... Figure de Jésus Christ de part sa Foi, de sa vie innocente, de sa qualité de pasteur et de l'envie fraternelle que sa vertu excite (mat 27,18), de son sacrifice agréé par Dieu et de sa mort pour la justice...

    Abel : 1ère victime de la lutte incessante entre le Bien et le Mal ! 1er martyr dans la Bible !

     

    TACO, LA POMME  et TIPIC LA GUEPE

     

    Toute l'Humanité fut ainsi conditionnée" soupira profondément Coxi... "Blessure héréditaire de l'Humanité !"

    "La vie n'est plus un dialogue a plusieurs voix ! voilà pourquoi le monde est conduit à sa perte ! conclue, pessimiste mais réaliste, Coxi"

     

    TACO, LA POMME  et TIPIC LA GUEPE

     

    Un long silence les réunirent sur la fraîcheur d'un mur sous la verdure...

    Taco comprit qu'il avait une véritable amie pour la vie, Coxi, et son cœur se dilata et ses antennes frémirent de plaisir !

    La tendresse de Coxi avait réussi !

    Il l'aimait et le savait ....

     

    TACO, LA POMME  et TIPIC LA GUEPE

    Merci de votre visite et bonne journée

     

    TACO, LA POMME  et TIPIC LA GUEPE

     

     

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    Un texte écrit le 21/12/211 que je prends plaisir à rééditer, par manque de temps,

    Pour la communauté des Croqueurs de Mots...
    avec Lilousoleil (cliquez) à la barre...

     

    DEFI 156

     

    CONTE DE NOEL DANS LE VAR : DANS LE JARDIN

    Cliquez sur l'image

     

     

    CONTE DE NOËL DANS LE VAR

    NOËL DANS LE JARDIN

     

    CONTE DE NOEL DANS LE VAR : DANS LE JARDIN

     

    CONTE DE NOEL DANS LE VAR : DANS LE JARDIN

     

    C'était bientôt Noël dans le Jardin...

    Et c'était des jours et des jours ou rien n'arrivait, la vie se déroulait, morne, humide et glacée.
    Une grande paix lourde, collante comme la terre boueuse collait aux chaussures, régnait... sans un cri d'oiseau, sans un frisson d'ailes....
    Les feuilles amollies gisaient sur la mousse gorgée d'eau...

    C'était un ciel gris-pâle, dans lequel se décomposaient les longues silhouettes dépenaillées des arbres dénudés.

    La terre sentait bon. Un vent frôlait les branches dépouillées qui grinçaient.
    Un lent roucoulement d'une tourterelle, le cri moqueur d'un merle... et le silence lourd retomba de plus belle en frissonnant...

    Et c'était des jours et des jours où rien n'arrivait....

     

    CONTE DE NOEL DANS LE VAR : DANS LE JARDIN

     

    Et puis, soudain, il y eut comme des chansons dans l'air, et puis d'agréables odeurs de cuisine et de vin..

    Sur le toit fût juché un bonhomme Noël tout de rouge vêtu, assis sur le faîtage et  accroché à la cheminée qui crachotait ses ronds de fumée grise.

    Et puis soudain les fenêtres s'illuminèrent de l'intérieur, et des reflets joyeux se mirent à folâtrer sur la terrasse gelée...

    Et puis soudain, encapuchonnés de la tête aux pieds et grelottants dans la bise glacée, ils arrivèrent, le nez rougi.

    Les petits faisaient grincer des crécelles, les petits moulins tournoyaient en crépitant et c'était comme des fusées de rire qui pétillaient dans l'air abasourdi...

    CONTE DE NOEL DANS LE VAR : DANS LE JARDIN

    La porte s'ouvrit largement, et mémé, inondée de lumière, petite, toute ronde, rose de bonheur, sortit vivement en trottinant... et c'était pour elle comme une enfance qui recommençait, le paradis retrouvé... Ses yeux pétillaient d'amour, et elle ouvrit grand les bras.
    "Ah mes petits, mes chéris, venez, venez vite"
    et le chant de son cœur vibrait, fondant d'amour....

    Et c'étaient des embrassades, des mignardises et des câlins à n'en plus finir....

    Pépé, grand débonnaire, attendait derrière Mémé sa provision de béquées en riant dans ses moustaches...

    Il avait jeté en travers de la cheminée tout un fagot de sarments et de souches noires des vignes arrachées qui se mirent à crépiter dans une folle gaîté ...

     

    CONTE DE NOEL DANS LE VAR : DANS LE JARDIN

     

    Pépé était un Homme fort, sec comme un sarment, sans vanité, content de peu... Une vie souvent accroupie à inspecter ou travailler ses platebandes ...

    Elevé à la dure, Pépé était habitué dès l'enfance aux impératifs d'une morale stricte, et d'un zèle acharné au travail. Son dévouement était sans limite...

    Il sentait bon la fumée âcre de ses feux de feuilles et de mauvaises herbes, la terre et les herbes de Provence.
    Ses yeux clairs et limpides, la physionomie vive et avenante, il contemplait joyeusement sa lignée en fête...

    Les petits se jetèrent sur lui avec fougue et c'étaient des embrassades chaudes et tendres, et la moustache rude piquait un peu, chatouillait... les petits gloussaient...

     

    CONTE DE NOEL DANS LE VAR : DANS LE JARDIN

     

    La porte se referma sur l'allégresse retrouvée et ce fût comme si la nuit tombait d'un coup !

    La cuisine retentissait d'un va-et-vient continuel, les petits galopaient, déchaînés .

    Les chaudrons, fourbis et luisants, s'alignaient sur le fourneau ventru.

     

    CONTE DE NOEL DANS LE VAR : DANS LE JARDIN

     

    Et puis, soudain, silence ! l'instant était solennel !

     

    CONTE DE NOEL DANS LE VAR : DANS LE JARDIN

     

    Pépé et Fiston empoignèrent l'énorme bûche en bois d'olivier,
    stockée près de l'immense cheminée,
    et, en entonnant un chant en provençal
    qui parlait de la Bénédiction de Dieu sur la maisonnée
    et de l'allégresse de la nuit de Noël,
    se mirent à tourner 3 fois autour de l'imposante table de chêne.

     

    CONTE DE NOEL DANS LE VAR : DANS LE JARDIN

    Mémé et Maman écoutaient religieusement. Les enfants étaient impressionnés et se taisaient prudemment...

    Puis Mémé arrosa la bûche avec du vin cuit
    et, avec grande cérémonie,
    les Hommes la posèrent vite sur les chenets
    et le brasier rouge de l'âtre, au milieu des étincelles crépitantes...

    Toute une flambée de souvenirs éclaira joyeusement la maisonnée !

     

    CONTE DE NOEL DANS LE VAR : DANS LE JARDIN 

    Près de la maison, un petit moulin juché sur un poteau mesurait follement le vent, et quelques flocons de neige voltigèrent sur tout le Jardin éclairé par un rayon de lune...

     

    CONTE DE NOEL DANS LE VAR : DANS LE JARDIN

    C'était magique !

    Les vitres se recouvraient de beaux dessins qui fondaient vite...

    Dans le fond de l'immense pièce, un large sapin d'un beau vert bleuté était emmitouflé de lumières clignotantes et de boules irisées.

     

    CONTE DE NOEL DANS LE VAR : DANS LE JARDIN

     

    A côté du sapin s'étageait sur une table une crèche où s'étalait toute guillerette la ferveur provençale de tout un monde rural de maisonnettes en pierres, de santons se regroupant autour de la SAINTE FAMILLE.

    Ne manquait plus que le Petit Jésus !

    En ce Noël lumineux plein de promesses de bonheur,
    qui pensait à Lui donner un petit coin dans son cœur  ?

     

    CONTE DE NOEL DANS LE VAR : DANS LE JARDIN

     

    Pépé, qui ne L'oubliait pas, entonna devant les enfants éblouis, les cantiques qui louaient le Divin Enfant, repris en chœur par les Grands.

    Et c'était le Ciel qui descendait sur la Terre...

    Puis Mémé et Maman disposèrent sur l'imposante table en chêne les 3 belles nappes blanches, symbole de la Trinité et de l'Espérance, puis les 3 chandeliers d'argent où brûlaient des bougies rouges... et les 3 soucoupes de Blé de la Sainte Barbe....

     

     

    Maman arrangea des branches de Houx à boules rouges, quelques roses rouges ... et c'était beau !

    Pépé, Papa et les petits contemplaient l'œuvre des femmes, et les larmes perlaient aux yeux de Pépé, ému.

    Vint le tour de la faïence fleurie, de l'argenterie ruisselante de lumière et les verres de cristal...

    Et ce fût tellement beau !

    Mais la joie déborda quand Mémé, toute empourprée de chaleur, disposa sur la table rutilante les 7 plats maigres, représentant les 7 douleurs de Maman Marie... les 12 petits pains et la grosse miche symbolisant les 12 apôtres et Jésus...

    Les escargots, les gratins de carde, les gratins de céleri et de chou-fleur, l'anchoïade, la bonne soupe à l'ail, une belle omelette prirent place sur la table,

    Ainsi que les 13 desserts :
    Les mendiants
    Pépé expliqua qu'autrefois, chaque fruit représentait un ordre religieux rappelant qu'ils vivaient de l'aumône...
    les figues sèches (les franciscains), les amandes (les carmélites), les raisins secs (les dominicains),
    les noisettes ou les noix (les augustins)...

    Les dattes représentaient le CHRIST venu d'Orient

    Les nougats blancs et noirs représentaient les Pénitents blancs et les Pénitents noirs

    Puis la pompe à huile, les pâtes de coing, les calissons, les fruits confis, les oreillettes....

     

    CONTE DE NOEL DANS LE VAR : DANS LE JARDIN

     

    Quel festin ! Personne n'osait commencer, tellement c'était beau !

    Après le Bénédicité, une fièvre les prit et tels des pirates, ils se jetèrent sur les mets, essoufflés d'allégresse !

     

    Et la joie bondissait sur les petits et s'en revenait sur les grands sans faillir,
    baignant tous dans l'or couleur de braises du foyer qui crépitait...

     

    Et pourtant,
    Un vent glacé soufflait et tempêtait dans la nuit ! Les arbres du Jardin grelottaient et craquaient...Le Jardin était recouvert d'une neige cristalline.

    La place du Pauvre resta vide au bout de la table près de l'entrée.

     

    Bientôt Minuit sonna !

    Dans les ténèbres, les cloches massives menaient grands bruits...

    Et le Ciel descendit sur la Terre !

    C'était Noël partout sur la Terre comme au Ciel...

     

    CONTE DE NOEL DANS LE VAR : DANS LE JARDIN

     

    Ils partirent tous en procession derrière Pépé
    qui alla chercher le Petit Jésus,
    et Le plaça silencieusement dans la Crèche
    ...

    Les petits, pareils à des joyaux, se tendaient vers la Crèche où la Douce Présence était enfin révélée. La Lumière coulait comme l'eau sur les vitres, et la Paix pleuvait sur les cœurs...

    Le sapin distillait l'odeur de sa résine. Dans les yeux se reflétaient le Ciel...

    Une allégresse chaude et tendre illuminait tous les cœurs.

    La grosse bûche inondait la pièce de son éblouissante lumière, et l'air s'imprégnait de la succulente dinde qui cuisait dans le four pour le "SOUPER GRAS", au retour de la Messe de minuit... Les tartes attendaient sur une desserte...

    C'était si bon !

    Pépé creva le silence religieux, et entonna de sa voix puissante "Il est né, le Divin Enfant", bientôt suivi de la voix chevrotante de Mémé fatiguée, de celle juste et claire de Maman, et de la voix de baryton de Papa, surnommé "Fiston"...

    Et les voilà qui chantèrent tous ensemble plusieurs cantiques...

    Et c'était si bon et beau !

    Et puis les chants se turent, les mains se tressèrent en silence et l'amour circula librement comme le vent chaud sur la plaine entre les mains croisées.

    Et c'était comme un Baiser du Ciel sur leurs fronts brûlants...

     

    CONTE DE NOEL DANS LE VAR : DANS LE JARDIN

     

    Puis Pépé, aidé de Mémé qui relayait, raconta l'Histoire du Sapin-Roi :

    "Il était une fois un petit oiseau blessé qui gisait dans la neige. Il faisait très très froid. Aucun arbre ne voulait de lui. Tous le rejetèrent sans pitié.
    Le petit oiseau allait mourir, quand une grosse voix l'appela :
    Viens vite dans mes branches bien au chaud, petit oiseau, et mange mes graines de tout ton saoul"

    C'était un SAPIN majestueux aux larges branches bien fournies...
    Vite, le petit oiseau courut se réfugier dans les branches, quand un vent violent souffla, souffla tant et tant.... que tous les arbres perdirent leurs feuilles, sauf... le majestueux sapin qui avait recueilli le petit oiseau.

    Depuis ce temps, le Sapin fût le seul arbre à garder sa verdure toute l'hiver. Et il fût élu Roi des Forêts !"

    Les enfants buvaient avec délice les paroles de leurs grands-parents...

    Noël est une douce musique qui parle d'Amour et de Paix, de Pardon et de Partage... chantée par la Terre entière....

     

    CONTE DE NOEL DANS LE VAR : DANS LE JARDIN

     

    Des lueurs couraient, dessinant des arabesques folles et odorantes partout.
    Les petits défaillaient de fatigue et s'en allaient doucement dans le sommeil.

    Ils passèrent de bras en bras, et s'enlacèrent comme lianes autour des cous, comme happés par l'Amour qui coulait des bouches. Les baisers ouvraient des sillons de tendresse sur les petits visages assoiffés, et distillaient le bonheur au plus profond de leur cœur, sous les regards si doux...

    Et la mère cajoleuse les mena au lit...

    Mémé resta pour les surveiller et préparer le Repas pendant que Pépé, Maman et Fiston partirent pour la Messe de Minuit...

     

    CONTE DE NOEL DANS LE VAR : DANS LE JARDIN 

    Au Matin,
    un clair rayon de soleil clignota par les raies des volets.

    Les petits excités, commencèrent à s'agiter sous leurs couettes. Ils attendaient avec forces battements de cœur que Papa vienne les chercher.
    Et les voici qui sautaient comme des cabris sur leurs lits, tout enfiévrés....

    Un tel raffut réveilla la maisonnée ! A peine Papa avait-il ouvert la porte qu'ils filèrent comme des lièvres, pieds nus, vers le Sapin...vers les cadeaux qui s'empilaient à sa base...

    CONTE DE NOEL DANS LE VAR : DANS LE JARDIN

    Des cris, des rires ! Chacun arrachait fébrilement le papier d'emballage et découvrait, ébahi, ce que l'Amour avait concocté en secret pour eux....

    Et les petits s'écrièrent, émerveillés :
    "C'est notre plus beau Noël !"

    Et voilà !

    CONTE DE NOEL DANS LE VAR : DANS LE JARDIN

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    TACO L'ESCARGOT

    DANS LE JARDIN  - TACO L'ESCARGOT

     

    L'ENNUI

     

    C'était un bel après-midi après la grosse pluie.

     

    TACO L'ESCARGOT  

    Dans le Jardin, Taco l'escargot rêva de grands espaces.


    Soudain, pris de frénésie, il sortit de sa coquille, s'étira, s'allongea de tout son long

    et s'en fut sur le chemin détrempé, pour tromper l'ennui après de longues heures creuses refermé sur lui-même .....

     

     

     

    TACO L'ESCARGOT

     

    "Tu me sembles bien mélancolique" lui cria joyeusement Coxi la coccinelle, du haut de sa brindille. 

    Surpris, Taco sursauta et lui répondit vivement, de fort méchante humeur, qu'elle faisait bien du bruit.

    Et bava de tout son cœur pour montrer sa rancœur.

     

     

     

    TACO L'ESCARGOT

    "Plus belle serait ta vie", susurra gentille, Coxi. "Si comme moi tu étais la p'tite Bête du Bon Dieu. Il m'a dotée d'une nature vive et d'une gaité peu commune. Tendue comme une flamme vers sa Joie, je ne peux qu'aimer et me réjouir avec toi ? le veux-tu ?"

     

     

    "L'ennui me dévore", avoua humblement Taco. "Oppressé, je veux fuir le Temps. Le Non-Etre me guette, me menace. Tout est déserté.... Je me suis pris en haine ! Ma vie se traîne, insipide et sans joie... On s'éloigne de moi !"

     

    TACO L'ESCARGOT

     

    Coxi voleta et se posa doucement tout près de lui.

    "Après la pluie, l'haleine parfumée de la Terre monte jusqu'au Ciel....

    Sens, la Nature s'émerveille !
    TACO L'ESCARGOT

     

     

    Regarde, la rose éclose s'offre au soleil... 

     

     

    TACO L'ESCARGOT Ecoute la tendre chanson de l'oiseau confiant sur la treille...

     

     

    TACO L'ESCARGOT

    Bois l'eau fraîche qui source de la pluie...

     

    TACO L'ESCARGOT

    Tout renaît dans un sourire radieux ...

    Veux tu être mon ami ?"

     

    TACO L'ESCARGOT

    "J'ai tout connu, tout appris, tout compris", explosa Taco,
    "et même l'absurdité de la vie"

     

    TACO L'ESCARGOT Et tremblant de tout son être, il se retira vivement dans sa coquille et referma la porte, enroulé sur lui-même !

     

    TACO L'ESCARGOT Coxi, toute déconfite, retourna sur sa brindille, soupira, rêva dans l'air immobile...

    N'est-elle pas la p'tite Bête du Bon Dieu ?

     

    Demain, elle essaiera encore, encore et encore.... jusqu'au calice s'il le faut même !

    Demain et après demain... Et les autres jours !

     

    Coxi sourit ! On verra bien s'il s'obstine !

     

     

    TACO L'ESCARGOT

     

    <Une étrange atmosphère : SEULS AU MONDE !

     

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    MON JARDIN IMAGINAIRE

     Un jour, devant mon écran, j'ai rêvé !

    Dans la routine de ma vie s'est infiltré un grain de folie...

    Mon esprit bouillonna, déborda de petits récits, de ressentis, de poésies et tout un petit monde se mit à flotter, indécis, comme une promesse, comme une espérance....

    Tout un petit monde dans lequel on vit, on respire, on souffre même, qui tissait dans mon esprit une envie irrésistible de le décrire, de le mettre en scène sur l'écran de l'ordi.......

     

    MON JARDIN IMAGINAIRE

    Je me mis au travail, tachant d'apprivoiser les mots qui fuyaient, se dérobaient...

    Ainsi qu'une musicienne devant sa partition, conquérir l'harmonie au-delà des discordances...

    Une petite flamme dansait au fond de mon âme où tout un petit monde, enfin, palpitait et prenait existence...

    MON JARDIN IMAGINAIRE

    Des bruits étranges en surgissaient : des chuintements d'ailes, des coassements flûtés, des cris stridents, des chuchotements, des grognements...

    J'écoutais la vie qui grouillait dans les sentiers obscurs de mon rêve éveillé.

     

    MON JARDIN IMAGINAIRE

     

     

    Dans la trame de mon œuvre, la vie se poursuit sous les nuages qui se brisent, et je musarde, dans la brise légère, à la recherche des ombres fugaces qui rampent, glissent, volettent ou se vautrent dans les vapeurs du petit matin.

    Les arbres se réveillent et secouent lentement leurs branches, déclenchant une vague de protestations de leurs petits habitants, toutes sortes de volatiles lançant leurs chants au soleil naissant.

    Une lumière mystérieuse colore le jardin d'une blondeur de miel, et la rosée jette ses feux dans l'air qui fleure bon l'humus de la terre.

    Le jardin, endroit magique et cannibale, où le miracle de la vie se brise à chaque instant. J'en conçois une souffrance étrange...

     

    MON JARDIN IMAGINAIREDes plantes exubérantes prolifèrent et étouffent toute concurrence autour d'elles. Ainsi les fougères colonisant l'ombre des grands arbres... et les lierres rapaces qui s'élancent à l'assaut des troncs démunis de certains  arbres vieillissants,   d'une étreinte mortelle, ravageant la fraîcheur du feuillage vert.

     

     

    MON JARDIN IMAGINAIRE 

     

    Avec obstination se faufilent les sentiers caillouteux entre les buissons indomptés et sauvages qui lancent leurs épines de tous côtés, grignotant peu à peu l'espace vital des plantes ainsi anémiées.

     

    MON JARDIN IMAGINAIRE

    A travers les branches des arbres miroite le soleil qui jaspe les sous-bois de flaques éphémères mordorées

     

    MON JARDIN IMAGINAIRE

     

     

    Tout un petit peuple s'affaire dans la mousse et l'herbe verte à la recherche d'un abri florifère, et des drames se nouent sans cesse Prédateurs et proies s'affrontent en un duel mortel..... 

     

     

     

    MON JARDIN IMAGINAIRE

    Sous le soleil, désormais haut dans le ciel, qui poursuit les ombres courant sur le Jardin, soulevant ça et là des nuées de vapeur s'effilochant dans l'air humide sous les pins, dévoilant le bleu lumineux des jacinthes sauvages et le jaune d'or de petites fleurs étoilées fragiles et sages... 

     

     

    MON JARDIN IMAGINAIRE

    Des hordes d'insectes bourdonnantes volettent, s'activent et butinent, et leurs ailes diaphanes étincellent dans la lumière dorée ambiante.

     

     

    MON JARDIN IMAGINAIREDésormais des oiseaux chantent  à tue-tête et donnent un air de fête à mon Jardin imaginaire, qui, peu à peu, prend naissance par ces mots fragiles tentant de traduire ma soif d'écrire...

     

    MON JARDIN IMAGINAIRE 

    LA PROMENADE VOUS TENTE ?

    Suivez-moi, je vous emmène et laissez-vous charmer par ce Jardin extraordinaire....

     




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