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    DEFI n° 245 des croqueurs de mots mené par FANFAN

    pour Lundi 8/02/2021

    A partir d'une photo, d'une odeur, d'un lieu... racontez un souvenir bon, gai ou triste... 

     

    Help, qu'as-tu fait de moi ?

     

     

    HELP ! QU'AS-TU FAIT DE MOI ?

     

    "Il pleut dans mon coeur

    Comme il pleut sur la ville

    Qu'elle est cette langueur

    Qui pénètre mon coeur ?

    (Verlaine)

     

    Un orage - ô rage ! - fort matinal m'a réveillée.... La pluie a cinglé les fenêtres toute la journée... L'Homme est parti tout seul pleurer son père centenaire qui nous a quittés après une longue agonie.... 

    Mon corps n'a plus le courage de s'aimer. Il y a désormais un monde d'incompréhensions entre lui et moi, un total désamour entre le temps qui passe et lui....   Prudence est de mise... Soumission du mental ? 

    La force du roseau s'adapte à la matière... La matière... "L'âme à tiers, qui exige donc trois passages : un pas sage à travers l'âme, un autre à travers le corps et le dernier à travers l'esprit.

    Défis remis sans cesse sur le tapis. Mais le Destin, sans foi ni loi, pipe les dés ! 

    Quoique ? La somme de Quatre plus deux plus un donne le chiffre sept, le chiffre magique, le chiffre sacré.... commun à tant de pays.... (4+2+1=7)

    Bénie soit, peut être, cette crise de sciatique qui empêche tout déplacement ? Va ça voir ce qui se passe derrière le voile de toute action manquée ? L'Homme, aveuglé par ses conflits inter-rieurs, se focalise bien davantage sur ses difficultés que sur les rires de sa Destinée... Il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir... 

    Mais, dit-on, rien ne ressemble plus à la mort que l'immobilité ?! 

    Mon moi-Bébé, sur l'écran de mon ordinateur, me pointe du doigt... "Qu'as-tu fait de moi ?" semble t-il me dire ? M'accuserait il de pas-séismes ? Ai-je tant raté ma vie ? Sa vie ? 

    - J'ai tant couru ! Couru à perdre haleine !

    - Air... heuheuheu ?

    - Oui j'ai manqué d'air ! Ne rigole pas : j'ai tant couru toute ma vie... Parfaite ment !j'ai couru pour ne pas rater le dé but... pour ne pas être en rets hardes... Le monde court sans cesse, avec nous ou sans nous, p'tit loup ! Que crois-tu donc !

    - kakakabobobo !

    - Ah misère, oui ! Le monde court à sa perte... J'ai couru à perdre haleine pour qu'on ne me reproche rien.... Violence du passé, p'tit bout... C'était lent à mourir et puis tout s'est accéléré, tout est allé trop vite !
    Et puis j'ai cohabité avec une absence, il fallait bien bouger... Tentative stérile ! L'Absence résiste au Temps qui file... 

    -mmmmm

    -Mémé, oui ! Elle est encore ton bâton de marche, mon Bébé... Elle est derrière toi et tu piétines son Jardin.... Mais il y a tout un monde entre toi et moi, tu sais ? Mémé est repartie cueillir ses violettes au Paradis depuis bien longtemps.... C'est à peine si j'ai encore son odeur ! Sais-tu que je me parfume tous les soirs de ce parfum suave avant de me coucher ? Il m'aide à oublier les cauchemars ! 

    P'tit bout, ce n'est pas facile de conserver l'Essence-Ciel ! Tout va trop vite désormais... Alors je ralentis... Peut être pour retrouver les lenteurs d'hier.... "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transe-forme" (Lavoisier 1789)
    Puis, tu sais, ce n'est pas donné à tout le monde de pouvoir ralentir... C'est l'apnée-nage des vieux ! Un luxe même, que peu d'hommes peuvent se permettre ! 

    -gagagaga....

    - Ah tu exagères ! Non pas gagatisme mais......  "rien" n'existe pas, d'ailleurs ! Ne dit-on pas "un petit rien" ? Je revendique un petit reste d'activités... sans plus ! D'ailleurs, mon nom est Personne, petite Chérie, mais si, mais si... Ne me regarde pas avec ces grands yeux effrayés ! L'Humanité devrait retirer ses masques de théâtre et se défaire de ses comédies... Nous sommes presque tous des individus quelconques, insignifiants... Bon, c'est vrai, chacun est unique, mais si "petit rien" ! 

    Nos mots sont par essence muets ! Ce n'est qu'au 13èsiècles qu'ils sont devenus représentatifs... Mais dans le fond, plus personne ne pipe mot à ce qui se passe actuellement... Motus et bouches cousus ! ...

    - momomomo ?

    -Mais oui, p'tit loup ! "On" règne désormais ! "On" a la côte ! Ce petit mot de rien qui veut tout dire et vient du mot latin "homo" : homme... en général ! "On" est communautaire ! Tous fort matés ! Un formulés !

    Toutes ces heures passées qui paralysent, p'tite Chérie ! Peut on faire du neuf avec du vieux ? La routine nous assèche tant ! 

    Corpus, animas, spiritus" :  Trois pas sages qui, follement, nous mènent au trépas ! Comme Beau-papa ! Et puis s'en vont les petites marionnettes vers la mort sûre... "L'âme hors" sûre ! Hors quoi ? Seul l'Ange pourrait me le dire ! "L'En-je au fond de moi ? "

    Serons-nous comme coq en pâte dans l'au-delà ? Te souviens tu, p'tit ange ? 

    - mamamama !

    - Une autre maman ? Crois-tu ? Allez, fais un effort, transes porte toi d'avant maman, et transes met le moi !.... "

    Luciole

    Help, qu'as-tu fait de moi ?

    Chez ma grand mère

     

     

    Merci pour à l'Abécédaire de la langue des oiseaux, Extrait de l'Orbs  (seulement "pour les mots en italiques  et en gras !") qui m'ont lancée  ensuite sur cette folle échappée ! J'ai brodé autour.... 

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    UN NOËL TRES SPECIAL !

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    DEFI N° 232 CROQUEURS DE MOTS POUR LE 28 Septembre 2020

    Texte sur un moment (passé, présent ou à venir, réel ou imaginaire) particulier

    dans lequel l'électricité (ou son absence) y a joué un rôle important. 


    Mots imposés à inclure (ambre, ampoule, appareil) 

     

    UN NOËL TRES SPECIAL 

    VOSGES

     

    (TEMPETES 26-27-28 Décembre 1999)

     

    https://www.meteoconsult.fr/actualite-meteo/2011-12-25/26-decembre-1999---tempete-meurtriere-sur-la-france-14971.php

     

    Cliquez sur les photos pour les voir en grand

    UN NOËL TRES SPECIAL !

    On voit bien le rideau de sapins d'une trentaine de mètres de haut derrière la maison :

    imaginez les tous couchés sur le côté droit, se chevauchant  les uns sur les autres ...

    Derrière le rideau de sapin, le torrent La Cleurie

     

    Cliquez sur les photos pour les avoir en grand

    UN NOËL TRES SPECIAL !

     

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    UN NOËL TRES SPECIAL !

     

    La fameuse source d'où mon mari remplissait les seaux, l'étang et nos canards colverts

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    Description de notre ex-grande maison composée de deux étages côté rue, 3 étages derrière la maison :

    (trois étages derrière maison, côté cour, à cause du dénivelé du terrain .... avec des caves voûtées) : 

    - Rez-de-chaussée (au niveau de la rue, car 1er étage côté cour) réservé aux parties techniques et commerciales  :

    - Fenêtres donnant sur la rue : Bureau - Salle vidéo et conférences sur abeilles et miel-

    - Fenêtres sur  derrière la maison : miellerie - salle empotage et préparations diverses,

    et, en continuité, dans un rajout à la maison :  magasin de vente de miel et produits divers au miel, avec deux fenêtre ouvertes devant et deux donnant derrière la maison.... 

    - Premier étage côté rue, 2ème côté cour , notre appartement

    - Fenêtres côté façade entrée de la maison : route Remiremont - le Tholy - Gérardmer et, face à la fenêtre, une rue grimpant dans le Tholy, creusée au flanc d'une montagne boisée :

    La chambre amis et le grand salon avec cheminée-insert

    - Fenêtres façade donnant derrière la maison : cour vallonée donnant sur un étang, suivi d'une digue plantée d'immenses sapins d'une trentaine de mètres....  en lisière d'un torrent tumultueux : la Cleurie ... La Cleurie longe une montagne boisée, fermant l'horizon.... 

    Notre chambre, Salle de bain-WC, l'immense cuisine ouverte sur le salon

    Sur la façade latérale gauche de la maison : Fenêtres cuisine et salon, donnant sur le toit d'un petit bâtiment de dépendances  suivi d'un bois de sapins vigoureux et élancés, souvent élagués par les services de l'EDF à cause des fils électriques qui alimentent notre maison en électricité.... (Une grande chance pour nous !!! ça nous a sauvé les dépendances, voire la maison....)

    Nous pouvions donc voir pratiquement tous les alentours de la maison par nos diverses fenêtres.... 

    Le bâtiment que vous voyez, accolé à la maison à droite de la 1ère photo, est notre magasin de miel avec un petit appartement en location saisonnière en dessous côté cour.... 

     _____________________________________________________________________________________

     (avec les quelques souvenirs marquants qui me restent... )

     

    26 Décembre 1999 - Aux environs de 6 Heures du matin

    Notre fille, son mari et leurs enfants de 10 et 7 ans, arrivés la veille, dorment dans la chambre d'amis... 

    Des sifflements aigus, terrifiants, me réveillent en sursaut... Mon mari dort profondément à mes côtés.... Il fait très froid ! Les volets roulants vibrent, couinent, grincent sous les bourrasques. 

    Anxieuse, je me lève, m'enfouis frileusement dans une chaude robe de chambre, enfile mes chaussons fourrés, sors en courant dans le grand couloir parqueté glaciale qui traverse tout le premier étage.

    Une enfilade de portes ouvrent : sur la cage d'escalier descendant au rez-de-chaussée, les deux chambres, la salle-de-bain, la grande cuisine et l'immense salon...  Je me précipite dans la cuisine, relève en vitesse le volet roulant qui vibre bruyamment...

    Le vent s'engouffre en sifflements stridents dans le coffre du volet et gifle les carreaux de la fenêtre. Spectacle de fin du monde ! J'ai vite saisi qu'un évènement majeur se déroulait sous mes yeux effarés. Le bruit est infernal. La lourde maison en granit, aux murs épais, stoïque, encaisse les coups de béliers sans broncher... Je tremble pour les ardoises de l'immense toiture,  qui viennent d'être remaniées... L'ouvrier a changé crochets et ardoises en mauvais états... La note  de la facture est salée... Pourvu qu'elles tiennent ! 

    La sauvagerie du vent et de la pluie battante qui frappe la fenêtre emporte branches, feuilles et divers objets avec une violence inouïe, soulevant des gerbes d'écume sur la surface de notre petit étang... Gémissements lugubres des immenses sapins échevelés de plus de trente mètres de haut en lisière de notre terrain, longeant un torrent tumultueux roulant branches tombées et débris... Les sapins tourbillonnent en tous sens, en sarabandes folles, tous à l'unisson...

    De l'autre côté du torrent grimpe une forêt agonisante sur les flancs d'une montagne... Des arbres déracinés dégringolent, entraînant dans leur course démente toutes sortes de futaies fragiles.... Immense naufrage d'arbres inextricablement enchevêtrés.... 

    Le ciel en furie se démène en turbulences terribles, en clameurs effrayantes... 

    Soudain, l'apothéose ! Je hurle, épouvantée, fascinée, hallucinée.... Le temps d'un battement de coeur, le rideau de sapins s'écroule comme dominos ... sur la droite du terrain... Ils s'affalent comme château de cartes les uns sur les autres, déracinés... dans des craquements affreux.... Racines énormes, tordues, menaçantes tendues vers le ciel ... 

    Je réalise soudain qu'ils auraient très bien pu tomber sur la maison... fracassant dans leurs chutes notre cuisine, la salle de bain et notre chambre... dans laquelle dort encore mon mari... Angoisse terrible pour les enfants, les petits enfants... 

    Peur panique que les sapins, accolés  au flanc gauche des dépendances jouxtant la maison, viennent se fracasser, eux aussi, sur les dépendances et maison.... 

    Je cours réveiller mon mari... J'appelle enfants et petits enfants : 

    "Vite, vite, levez-vous, habillez vous chaudement...."

    Toute la maisonnée, vêtue en hâte, se retrouve à la fenêtre de la cuisine et découvre toute l'horreur du mikado géant... La forêt n'est plus que ruine où subsistent encore quelques arbres invaincus, sous un ciel chargé de tristesses lourdes, brouillé par le vent violent et la pluie battante.... 

    Nous courons à la fenêtre du salon et mon mari ouvre le volet roulant donnant sur la route ordinairement très fréquentée par poids lourds, camions et voitures.... Des arbres, des branches d'arbres et quelques poteaux électriques jonchent la route désormais impraticable.... La magnifique forêt en face, sur la montagne est dévastée.... 

    Les fenêtres donnant sur le petit bois au-delà de la dépendance nous rassurent... Les arbres résistent vaillamment ainsi que la ligne électrique qui se trouve au-dessus des cimes régulièrement étêtées par l'EDF... 

    La lumière, brusquement, s'éteint ! C'est le comble ! Est-ce l'ampoule qui claque ? Non, c'est tout l'ensemble électrique qui a sauté... Je me précipite sur les bougies, les allumettes, en profitant d'un peu de clarté, tandis que mon mari va chercher l'antique lampe-à-gaz de camping, dont il ne reste plus que 2 recharges.... Nous n'avons pas encore de lampe à pétrole et c'est bien dommage.... A la lueur vacillante d'une bougie, je récupère toutes les lampes de poche et les distribue à chacun, en leur recommandant de ne point gaspiller les piles.... 

    Les radiateurs ne nous réchauffent plus, désormais inutiles ! Vite transis, nous accumulons les vêtements, les ponchos.... Les vieux châles en laine ressortent des armoires.... ainsi que les chaussettes.... Je délaisse mon magnifique collier en perles d'ambre pour un foulard en soie douce et chaude.... (heu.... c'est pour le mot imposé !)

    Le vent enfle régulièrement dans un grondement assourdissant.... Mon mari referme vite les volets sur le spectacle grandiose, afin d'économiser la chaleur et de protéger les carreaux des débris projetés par le vent.... Bizarre impression de soutenir un siège ! 

    Il faut ruser avec la pénombre trouée de lueurs dérisoires... Les bougies se consument à une vitesse inquiétante.... Mon mari va chercher le stock de bougies en cire d'abeilles destinées aux clients du magasin de miel.... et suspend la lampe à gaz sous le lustre de la cuisine... Elle crachote une vague lueur : il faut économiser le gaz ! 

    Très vite, un froid polaire nous enveloppe ! Le vent s'insinue partout ! Je roule une serviette et la cale sous la porte de la cage d'escalier qui mugit....  Le vent est trop violent, on ne peut se risquer à allumer la cheminée-insert ! Il faudra aller chercher du bois dans la dépendance... car les bûches stockées près de la cheminée seront vite brûlées.... 

    Nous n'avons plus d'eau ! et plus de chasse-d'eau dans les WC.... L'eau de la source, stockée dans la citerne de la dépendance, n'est plus alimentée par la pompe électrique... 

    Nous tenons un conseil de guerre ! La situation est grave ! Nous avons tous des envies urgentes, au réveil .... Les hommes se dévouent : ils descendent chercher des seaux dans la miellerie... Ce ne sont pas les seaux qui manqueront le plus !!! Ouf !

    Et chacun, un seau à chaque main, brave la tempête et la pluie, en bottes,  sous des capes cyclistes, et vont  chercher l'eau à la source de l'étang, située en plein milieu d'une pente descendant sur les rives de l'étang ... Une pente  particulièrement glissante  et boueuse ! L'un descend et remplit les seaux, l'autre, en équilibre instable sur la pente, les réceptionne et les hisse sur le haut.... Ils remplissent ainsi plusieurs seaux en courbant le dos, tant le vent est violent.... 

    Je récupère une vieille bouilloire qui reprend du service sur la gazinière, et regrette terriblement le confort d'une cuisinière à bois, comme celle que nous avions dans notre première maison dans l'Aube... Il faut faire bouillir l'eau glacée de la source avant de pouvoir la consommer sans risque.... Je ressors le vieux chaudron qui servait à stériliser les conserves en pots de verre, et le remplis à ras bord... pour les toilettes et la vaisselle... 

    Les seaux d'eau s'alignent le long du mur du couloir... Je réfléchis vite et installe une poubelle à pédale munie d'un sac poubelle pour les papiers toilettes... Il faudra économiser les seaux d'eau ! Nous sommes écoeurés, mais tant pis.... J'allume une bougie parfumée dans la salle de bain.... 

    Nous avons cinq jours pour écluser le frigo et le petit congélateur, pleins à craquer pour les fêtes.... avant d'entamer les conserves, pâtes et riz, muesli et semoule.... et les féculents.... Nous ne mourrons pas de faim, c'est rassurant ! Je fais l'inventaire, à l'aide d'une lampe de poche... 

    Nous ferons  front à la tempête... Mince alors, c'est Noël ! 

    Un peu groggys, nous nous jetons sur le petit déjeuner... Les brioches s'alignent, les petits pains au lait, le chocolat chaud, le café, les jus de fruits.. les biscottes et l'indispensable nutella.... Nous gardons le précieux pain pour les repas... pendant que capes et bottes sèchent dans l'entrée, en bas... 

    La bouilloire chante... L'eau bout dans le chaudron... Chacun se lave le bout du nez dans la salle de bain parfumée, mais glaciale.... 

    Nous ignorons les recettes compliquées affichées sur mon frigo... Nous déjeunerons plus simplement, je n'ai plus de four ... et autres appareils électriques  ! 

    J'allume le poste combiné radio-cassette et accessoirement transistor : une chance que nous ayons encore des piles ! Les nouvelles s'enchaînent en boucle... et nous accablent... Je le branche sur une radio locale : les vents vosgiens frôlent les 200 kilomètres à l'heure sur un spectacle de désolation...

    Les logiciels de la météo ne pouvaient envisager des vents au-delà de 160 km/h à l'intérieur des terres, car les instruments numériques avaient leurs limites à cette époque.... d'autant plus qu'un phénomène pareil n'était jamais arrivé sur la France... 

    Les dégâts forestiers sont catastrophiques.... Le cours du bois s'effondre.... Des milliers de foyers se retrouvent privés d'électricité et de téléphone... Les arbres s'écroulent sur les pylônes et les câbles qui tombent comme des mouches....  Des toits s'envolent.... Déjà des morts, des blessés... Les routes sont impraticables... Les secours presque impossibles .... 

    Profonde détresse des agriculteurs, privés de trayeuses électriques et qui doivent retrouver les gestes ancestraux de la traite manuelle... avec des vaches déboussolées qui refusent ce traitement inhabituel..., Agriculteurs qui doivent jeter le lait, car les routes impraticables ne permettent plus de l'emporter rapidement, et l'installation électrique de stockage et de conservation du lait ne fonctionne plus.... 

    Les prévisions sont sombres : la tempête risque de durer encore longtemps ! Et les agents de l'EDF sont dans l'impossibilité d'envisager un prompt retour de l'électricité... 

    Nous sommes sonnés ! A l'aube du 21ès ! Sentiment de compassion pour toutes les personnes qui affrontent l'hiver, la tempête et la pluie battante sans toiture, privés de tout.... souvent sans secours avant longtemps ! La solidarité s'organise, mais elle a ses limites.... 

    Un froid polaire nous tombe dessus ! La température des chambres est descendue à 14°... C'est pire dans le grand salon.... 

    Mon mari, mouché, décide d'allumer la cheminée.... Je panique ! Avec ce vent ???

    Pendant qu'il s'escrime avec papier, petit bois .... je propose des tisanes bien chaudes... pour nous réchauffer...  Déjà une bûche est posée sur les fagots enflammés... Il faudra surveiller l'alimentation du foyer jour et nuit.... avec parcimonie, en attendant de pouvoir racheter du bois, quand les routes seront dégagées.... Un halo de lumière éclaire faiblement le salon.... Toute la famille se réunit autour du foyer, pendant que je prépare le repas ...

    Après un instant de flottement, nous nous organisons... Sur la table de la cuisine, une nappe blanche, la belle vaisselle et les verres en cristal, les chandeliers et l'argenterie.... Tant pis pour les économies d'eau... Les Hommes sont d'accord ! Nous avons une chance inouïe d'avoir une source à proximité immédiate.... et disponible à volonté... 

    Les enfants sont très occupés... Je sors les cahiers de coloriages, les feutres, les crayons de couleurs, les crayons et les gommes.... et les disposent sur la table ronde au fond du salon, entourée de chaises... et de bibliothèques déployées le long des murs, pleines à craquer de livres, de livres d'enfants.... et de jeux de société... 

    La plainte lugubre du vent enveloppe la maison.... Les volets fermés en pleine journée enfantent une bizarre atmosphère surréaliste, mais bienveillante.... Les enfants dessinent des châteaux forts entourés d'ennemis redoutables, armés d'épées, de révolvers, de mitrailleuses,  tirant d'antiques canons , des bazoukas sur l'épaule .... C'est la guerre ! 

    Puis, à quatre pattes sur le carrelage glacé, ils sortent le petit château, trouvé dans une braderie, puis tirent d'un gros carton des petits soldats de plomb ou en plastique, des tanks, des jeeps, et autres, rescapés de l'enfance de mon mari. Le petit château s'anime.... 

    Ils ne tardent pas à trouver les cartons de figurines de toutes sortes, des "cadeaux Mac Do" chinés dans les bienheureux vides greniers, cavernes d'Ali Baba pour grands parents, dont certaines figurines énormes, reproductions fidèles de célèbres héros et héroïnes de dessins animés, qui roulent en grinçant affreusement, mues par une clé qu'on remonte.
    Elles  deviennent, par la grâce de l'imagination fertile enfantine, de "redoutables géants machines de guerre".... 
    Ah misère, ils n'oublient pas les indispensables tonneaux de légos de toutes tailles qui, bien vite, forment les remparts, d'immenses fortifications....des maisons habitées.... 

    Grand père, père s'en mêlent...  et  s'activent, organisant avec les enfants une guerre qui prend tout le salon...
    Une idée jaillit de mon cerveau enthousiasmé, réminiscences enfantines : je sors les sacs de billes en verre, dénichés dans les vides greniers,  en guise de projectiles et cours chercher des plaids, cadeaux de la Redoute, des 3 Suisses ou autres,  sur lesquels se couchent ou s'asseyent les hommes et les enfants pour "dégommer" l'ennemi. à l'aide des billes... Hurlements de joie et de rires qui escamotent les mugissements lugubres du vent... 

    Le salon est réquisitionné... aussi impraticable que la route dehors ! La cheminée flambe et ronfle, jetant des lumières vives et des ombres sur les murs. dans la pénombre trouée par les petites lueurs des bougies en cire d'abeilles qui parfument l'atmosphère.. Il fait bon : un petit 18°... La cuisine se réchauffe peu à peu par l'action conjointe de l'eau qui bout en permanence et de la chaleur de la cheminée à côté !

    Je n'ai plus de four électrique.... Le repas est prêt, sans les sempiternelles  pommes noisettes qui font la joie des enfants...remplacées par des chips.... On fait ce qu'on peut ! Nous utilisons tous les ingrédients les plus fragiles qui ne tiendront pas sans électricité... et nous terminons par une glace, qu'il faudra vite terminer avant qu'elle ne s'étale en soupe peu ragoûtante... 

    Les enfants piaffent : la guerre attend au salon... Pendant que les femmes font la vaisselle, les hommes et les enfants retournent à leur jeu et les cris, les rires, les disputes fusent et nous réjouissent.... Grands et petits s'amusent comme des fous....  

    L'hécatombe de soldats et de figurines dans le salon symbolisent curieusement l'état de la forêt au dehors.... 

    C'est un 26 Décembre très spécial qui fera date dans les mémoires ! 

    Le vent semble s'être calmé... Nous relevons les volets pour vérifier... Le ciel est toujours aussi sombre, mais vent et pluie se sont radoucis.... La pluie tourne vite en flocons de neige... qui voltigent en tous sens.... 

    Déjà, le bruit strident des tronçonneuses, côté route... Nous nous précipitons et la fenêtre  nous dévoile un gros camion, la benne remplie de déchets, de verdure, se frayant lentement un passage jusque sous nos fenêtres..... Les employés de l'EDF s'occupent courageusement des câbles électriques qui s'enroulent et se cabrent comme des serpents dangereux en crachant des étincelles....  Toute une armée de bûcherons et de volontaires  tronçonnent, débitent les branches en gros morceaux qu'ils jettent dans la benne... Les enfants fascinés oublient pour un bon moment leur guerre étalée sur le carrelage... Nous devons faire extrêmement attention à ne pas glisser sur les billes dispersées partout.... 

    Le bruit des tronçonneuses est terrible, exaspérant.... Mais bientôt la route est quasi dégagée... Mon gendre, très inquiet pour sa maison à Liffol-le-petit, va aux nouvelles... Peu de routes sont praticables et le temps, même radouci, est exécrable... Tant pis, il décide de partir, laissant femme et enfants chez nous, afin qu'ils puissent bénéficier de la chaleur de la cheminée qu'ils n'ont pas chez eux.... 

    La joie est partie avec lui. Nous sommes très inquiets ! Nous ramassons les restes éparpillés de la guerre, et les enfants reprennent leurs dessins... Il est bientôt l'heure du goûter et la nuit est déjà tombée... 

    Notre gendre reviendra quelques jours plus tard ... Le toit de leur maison est endommagé... Les pompiers ont bâché.... Il s'est battu tout le long du trajet pour repousser les arbres, dégager la route, avec d'autres automobilistes ou des volontaires... sans cesse obligé de faire de longs détours.. Le retour n'a guère été plus praticable... Notre village a mieux résisté... Ailleurs, c'est l'enfer ! 

    Notre gendre est abattu et épuisé... 

    Notre Dernier, sa femme et leur petite fille de 7 mois, tout proches de nous, à l'autre bout du Tholy, sont venus nous rendre visite sans trop de difficultés sur la route partiellement dégagée,  ramenant un peu de gaîté, mais nous sentons bien combien la situation est grave.... 

    Notre fille et nos petits enfants resteront une semaine chez nous, toujours sans électricité... Les corvées de bois, d'eau deviennent une routine... et l'eau bout en permanence sur le gaz ... Une chance qu'on ait toujours une bouteille de gaz d'avance.... 

    C'est fou ce qu'on a pu boire comme tisanes !!! :-))

    Les tronçonneuses rugissent un peu partout, tout autour de nous.... La vie de la maison se concentre autour de la chaleur de la cheminée. Mon mari se relève la nuit pour l'alimenter.... 

    Les infos locales du transistor énoncent les catastrophes. L'ouragan a ruiné des années d'efforts et un équilibre économique fragile ...

    Puis un jour, la fée électricité revient nous visiter... C'est l'explosion de joie ! Un soulagement intense nous saisit... Le monde reprend sa cohérence... même si à l'extérieur, c'est le chaos total.... 

    Le 26, Lothar nous a particulièrement gâté avec ses vents frôlant les 200 kms/h. Une deuxième vague de vents violents a touché la France le 27 décembre dont je ne me souviens pas ? avec plus de violence encore....

     

     

    Ces ouragans ont tué plus de 90 personnes, rasé à 6% la surface boisée française et couché des centaines de pylônes électriques.

    En Lorraine, 7 années de récolte d'arbres sont bousculées, soit 20 millions de mètres cubes qui n'ont jamais retrouver leur niveau d'avant 1999.

    3500 foyers se sont retrouvés privés d'électricité pendant, pour certains, plus de 3 semaines. 

    Des millions de câbles suspendus à des pylônes vulnérables sont touchés... 

     

    Nous nous en sommes bien sortis.... Pas même une seule ardoise d'envolée, les dépendances sont intactes.... Notre petit bois près des dépendances a vaillamment résisté...  et nous n'avons manqué de rien, hormis..... la fée électricité ! 

    Luciole

    Tempête sur le Lac de Gérardmer, à 8 km de chez nous

     

     

     

     

    Une vidéo très longue, mais qui retrace fort bien le déroulement complet de cette tempête

     

     

     

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    DEFI n° 200 DU LUNDI 19 FEVRIER 2018 POUR LES CROQUEURS DE MOTS

    "Je me souviens" en choisissant un mot unique dans la liste suivante :

    "maison, anniversaire, rouge, bateau ou lundi"

     

    En hommage à mes Grands-Parents maternels

     

    LA MAISON DES GRANDS PARENTS

     

    LA MAISON DES GRANDS PARENTS

    La Salle à manger avec mon cher Grand-Père et  sa soeur sur le canapé,

    ma Grand-mère chérie chantant "la Petite Eglise"

    et "l'odieux carillon"....

     

     

    LA MAISON DES GRANDS PARENTS

    Mon Grand Père, ancien Ténor de l'Opéra de  ma Ville natale, en pleine action. Il chantait fort bien !

     

    LA MAISON DES GRANDS PARENTS MATERNELS

     

    Toute mon enfance a été arrimée à deux tribus : Celles de mes deux grands mères !

     

    Le Panneau "VENDU" qui arbore fièrement sa réussite sur le grillage, me laboure le coeur...

    La Maison qui m'a vue naître ne me reconnaît plus : elle a revêtu son masque d'étrangère et ne sourit plus qu'aux fantômes d'autrefois...

    L'enfance mal raccommodée se casse les dents sur cette dure réalité  et fouille d'un regard inquiet les lézardes qui se cachent sous l'anémique vigne vierge - qu'as-tu donc fait de ta flamboyante tignasse malgré le sécateur impitoyable du grand père ?

    Et toi mon oasis, mon refuge aérien, mon immense tilleul dans lequel sans façon je montais comme un garçon ? Toi qui m'a portée toute palpitante d'aventures, comme un oisillon au nid... tout seul, que deviens-tu ?

    Le grand père n'est plus là pour te rogner les branches... qui aujourd'hui, sans vergogne, broutent les vitres sales du Premier Etage....

    Te souviens-tu des doigts mêlés, de la douceur des serments innocents des deux amoureux qui se chuchotaient des choses secrètes en "Javanais" : "j'avaimavaitavaimaveu !"

    Le soleil explosa en mille éclats de rire dans l'imposant Tilleul, aspergeant de taches de couleurs  vives l'antique immense table de bois jadis blanchie tous les ans....

    Sous l'ombre fraîche, je me souviens de l'accueil généreux de cette table, toute pimpante sous la toile cirée des jours de fête, de la grenadine et du vin tiré de la cave sombre, du boursouflé Quatre-Quart aux pommes, des parties endiablées de Rami.... des insectes volant en essaims d'étincelles.... de la chanson claire des verres entrechoqués aux vigoureux "Tchin" qui ravissaient les petits....

    Je me souviens de l'énorme chat au caractère impossible et aux griffes acérées, qui n'aimaient que les genoux de ma Grand-Mère....

    Je me souviens du rosier grimpant, entrant en concurrence avec la vigne-vierge, protégé par mon Grand-Père à grands coups de sécateur, pour le plus grand bonheur de ma Grand-Mère... dont les énormes roses rose-nacré pleuvaient leurs pétales au moindre souffle de vent....

    Où est-il ? Je le cherche et ne le trouve plus ?! Seuls subsistent des rameaux noueux et rachitiques sur le mur de pierre....

    Il y avait tant d'hospitalité dans les Maisons d'Autrefois !

    Et il y avait tant de cousins et cousines les jours d'été pour des parties sauvages dans l'immense Jardin cultivé avec des soins jaloux par un Grand-Père fada de ses plates-bandes.... sous les arbres fruitiers et toutes sortes de buissons épineux qui offraient à notre gourmandise des framboises juteuses, des groseilles acidulées, des maquereaux noirs et énormes, des mûres et beaucoup de bonnes choses  tout au long du grillage encerclant le Jardin....

    Dans les allées de ce vaste Jardin serpentaient les rires heureux !

    La Maison avait trois soeurs amies qui formaient alors un îlot comme un Paradis au milieu d'immenses champs à perte de vue.... Puis son horizon s'est brusquement heurté à un HLM juste en face de son portail, de l'autre côté du chemin pierreux devenu route bitumée....

    A peine les Grands-Parents résignés qu'une immense ZUP SOCIALE et tentaculaire vint les encercler.... Les immeubles poussaient comme champignons dans les champs d'herbes folles...

    Mais à tout mal miséricorde, car la cabane de bois au fond du Jardin, domaine des araignées et bestioles affamées, fût remplacée par un "Cabinet" flambant neuf dans la petite buanderie qui abritait le bac à laver le linge en béton, les bulbes et les odorants géraniums... des pots de toutes sortes de fleurs en attente de jours favorables.... et qui protégeait de la pluie les lourdes portes en fer de la cave interdite remplie de bocaux de conserves et de confitures..... le tout derrière la maison, donnant sur le grand Jardin.... Et l'eau courante à la cuisine et dans le bac, reléguant la vieille pompe à bras pour l'arrosage du Jardin, car Grand-Père ne jurait que sur l'eau claire de son  puits pour ses légumes.... Grand-Père était pétri de certitudes !

    Ancien Ténor au Théâtre de la Ville, éloignée d'une trentaine de kilomètres environ, Grand-Père était un artiste émotif qui chantait de tout son coeur et de ses larmes des opérettes célèbres....

    Ma Grand-Mère, ancienne violoniste d'un talent incertain d'après Grand-Père, se risquait parfois à entonner de sa voix douce et timide "le Temps des cerises", ou "la petite Eglise" si triste qu'elle nous faisait pleurer....

    Enfants, nous les écoutions religieusement ...mais devenus ados, nos coeurs endurcis soupiraient ! A l'âge indulgent de la maturité, les voix chevrotantes nous émouvaient profondément et nous applaudissions à tout rompre... Leurs regards rougis brillaient et  c'étaient de grandes embrassades !

    Une éternelle soupe aux légumes du Jardin sur la cuisinière au charbon de la cuisine embaumait toute la maisonnée... Une chaleur d'enfer dans la petite cuisine les jours de mauvais temps, mais un froid de glacière dans les autres parties de la Maison non chauffées....De la minuscule entrée s'envolait un escalier desservant les deux chambres sans chauffage du premier .... tandis que s'ouvrait face à la porte de la cuisine la petite salle à manger dans laquelle s'époumonait, devant une cheminée fermée, un malodorant et asmathique poêle au fuel peu efficace ! Sur le fronton de la cheminée trônait un immense vieux miroir encadré de bois ciselé, qui réfléchissait les lumières changeantes de la fenêtre ou éparpillait le soir les mille éclats du luminaire.....

    Sur le mur, au-dessus du vieux canapé-lit tout renflé en cuir, l'odieux carillon, alerte et vigoureux, avec poids et chaînes, que le Grand Père remettait à l'heure religieusement et qui réveillaient les corps assoupis par la digestion, les Heures, les Demies, les Quarts.... et mon âme fêlée d'aujourd'hui ! La vieillesse est à ma porte !

    La maison vide a perdu son âme. L'Heure joue sur la façade suivant la lumière du jour et pas une voix ! Passent des silences noirs d'ennuis et de lassitude...

    Dans mes yeux mouillés tremblotte le passé ! Je m'en retourne à pas lents sur la route bitumée - mes pas crissaient si joyeusement sur les cailloux du chemin - au coeur de la ZUP vieillissant mal avec ses immeubles aux couleurs criardes écaillées... ses petits jardinets à la pelouse miteuse piétinée par tant de petits pas insouciants.... Des vélos d'enfants, des toboggans, des jeux attendent l'envolée des moineaux à la sortie des classes....

    Je m'en retourne : c'est fini ! Seuls restent les photos et les souvenirs !

    Luciole

     

    LA MAISON DES GRANDS PARENTS

    Voilà, j'ai retrouvé la maison sur Google... quelque peu transformée !

    Plus de vigne vierge , mais 2 jolis buissons autour du perron

    La haute Haie de troènes  entre la maison et le voisin supprimée...

    On aperçoit quelques branches du tilleul

     

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    LA VOIX CASSEE DE L'INSOMNIE

    et 

    L'ELEPHANT : CHAMPION DE L'INSOMNIE

     

    2ère Partie

     

    INSOMNIES

     

    Savez-vous qu'un éléphanteau suce son pouce... au bout de sa trompe ?

    Il s'entraîne ainsi à contrôler cet organe composé d'environ 100 000 muscles, organe qui sera indispensable à sa survie....

    Les tests avec miroir prouve que certains animaux, dont l'Eléphant, ont conscience d'eux-mêmes (reconnaissance de soi) et ils sont capables d'empathie envers leurs semblables.

    Actuellement, des études du sommeil de l'Eléphant, surtout l'Eléphante, sont effectuées pour mieux comprendre le nôtre.

    Rappelons notre 1ère partie de cet article sur l'insomnie (ICI) décrivant l'Eléphant comme le plus petit dormeur connu, avec seulement 2 H par nuit.

     

    INSOMNIES

     

    Quant à nous, humains, il apparaît que nous sommes programmés dès la naissance à être un long ou court dormeur, bien qu'il soit difficile d'établir une distinction entre besoin de peu de sommeil et insomnie.

    A peine 5% de courts dormeurs dont 3% se verraient dotés d'un gène leur permettant de fonctionner normalement avec seulement 5 H de sommeil ou moins par jour.

    (Barack Obama, Napoléon , Donald Trump, Thomas Edison, Churchill, Jacques Chirac, Marguerite Duras, Charles Baudelaire, Madonna, Maria Carey, Prince, Cher ou encore Barbara.... et notre président actuel Emmanuel Macron avec 3 H à 4 H  par nuit.... etc)

    Mais une part génétique, des causes environnementales, le travail, et bien d'autres facteurs, rentrent en jeu.....

    Les "Aînés" dorment moins et mal, à cause d'une série de modifications physiologiques, comme la baisse de la sécrétion de mélatonine (l'hormone du sommeil), liées souvent à un manque d'activité réduisant la fatigue, des douleurs articulaires et des réveils impromptus mal vécus.

     

    "Les cycles que traverse le dormeur durant la nuit sont composés de 5 stades :

    - 2 de sommeil léger,

    - 2 de sommeil profond,

    - et un dernier de sommeil paradoxal (rêves) : le cerveau est soudain très actif alors que le corps est comme paralysé.

    C'est la phase du rêve !

    Le sommeil joue un rôle crucial dans l'acquisition des savoirs et le renforcement de la mémoire"

     

    Les personnes qui dorment trop et qui ne bougent pas assez présentent des risques de développer des Cancers, du Diabète ou des maladies Cardio-vasculaires et ont une espérance de vie courte.

    Il vaut mieux adopter un régime alimentaire équilibrée et une activité sportive régulière (comme la marche par exemple).

     

    INSOMNIES

     

    Les femelles Eléphants (surtout les Matriarches !) dorment moins que les mâles !

     Chez les Humains, les Femmes aussi !

    Normale, leur horloge biologique, différente des Hommes, est en avance de plus d'une heure sur celle des Hommes....

    Ce qui devrait les amener à se coucher plus tôt... et à se lever plus tôt.

    Sauf que leur double journée légendaire (travail à l'extérieur plus travail à la maison) les oblige à se lever plus tôt et à se coucher plus tardivement que les Hommes.

    Très mauvais pour leur cycle circadien (Horloge biologique) et peut, à la longue, causer des insomnies.

    La qualité du sommeil dépend donc d'un bon fonctionnement de l'Horloge biologique !

    Puis règles - grossesses - ménopause.... ne ménagent guère les Femmes, non ?!

    L'Horloge biologique est stimulée par :

    - une exposition d'au moins 1 H à la lumière du jour tous les jours,

    - une activité physique (marche - sport) de 30 mn par jour

     

    Le sommeil est fortement impacté par la sédentarité provoquée par les nouvelles technologies modernes (écran d'ordinateur - tablette - smartphone - horaires tardifs.....)

     

     

    INSOMNIES 2ème partie

     

    Cependant, mes traversées du désert aride de l'insomnie m'ont valu de bien belles lectures consolatrices, des heures de cogitation sur le papier à l'assaut des mots issus du plus profond de moi, au coeur d'un silence et d'une paix inespérés, incomparables.... impossible le jour.

    A condition de savoir lâcher-prise et de ne pas trop gamberger ! Les loups de l'imaginaire rôdent la nuit....

    Nos insomnies, souvent, détricotent nos efforts laborieux des jours à garder le cap malgré les grains.

    La fatigue intoxique le corps et l'épuisement exacerbe nos sensibilités....

    La nuit devient punition !

    C'est la vie qui tangue !

    C'était une blanche nuit et là voilà noire.... wink2 he

     

    Une très belle vidéo à regarder absolument en grand écran !

     

     

    Les éléphants sont des animaux très sociaux. Chaque famille regroupe une quinzaine de femelles et leurs petits. Elle est dirigée par une matriarche, la femelle la plus âgée. Les mâles adultes vivent à l’écart.

    Jamy s’immerge au cœur d’une famille en compagnie de Vicki Fishlock, une chercheuse d’Amboseli qui étudie le comportement social des éléphants.

    Ils arrivent au moment où un grand mâle rejoint le groupe. C’est l’occasion de comprendre comment ces animaux communiquent entre eux.

     

    INSOMNIES 2ème partie

     

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    L'Eléphant de Camille Saint Saëns - Carnaval des animaux

     

     

     

    LA VOIX CASSEE DE L'INSOMNIE

    et 

    L'ELEPHANT : CHAMPION DE L'INSOMNIE

     

    1ère Partie

     

    A la lecture d'un reportage fort intéressant (lien ci-dessous), il m'est venu cet article !

    http://www.lemonde.fr/sciences/article/2017/03/02/l-elephant-d-afrique-roi-des-nuits-blanches_5088346_1650684.html

     

    "Il existe beaucoup de similitudes entre l'éléphant et l'humain :

    A en juger par les mesures de base de la psychologie comparative, les éléphants ne montrent pas de différences notables avec d’autres mammifères tels que les grands primates, humains compris, ou les cétacés :

    l’apprentissage discriminant, la coopération, l’’empathie, l’utilisation spontanée d’’outils, la reconnaissance de soi, la théorie de l’’esprit (je sais que tu sais que je sais) et autres compétences intellectuelles, semblent globalement similaires chez tous ces êtres hautement sociaux.

    Toutefois, une nouvelle série d’’études menées sur le terrain suggère aujourd’hui que la cognition des éléphants pourrait être bien différente de la nôtre, compte tenu de la spécificité de leur système sensoriel et de la mémoire exceptionnellement puissante dont ils sont dotés.

    Si leur vision est relativement médiocre, en revanche, leur audition et leurs langages infra-soniques, leur odorat et leur sens tactile sur-développés (on se caresse beaucoup chez les éléphants) leur créent un Umwelt * profondément exotique par rapport à celui des hominiens, mais également des capacités rares.

    * un Umvelt = "le monde propre" - environnement sensoriel propre à une espèce ou un individu. Des organismes, bien que partageant le même environnement, peuvent avoir l'expérience de différents "mondes propres"

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Umwelt

    Ces capacités, leur mémoire phénoménale et leur intelligence  leur permettent  par exemple de réagir aux groupes de visiteurs humains traversant leur territoire en fonction de la langue qu’ils parlent (Masai, Kamba ou anglais), de compter avec précision les choses et les personnes, ou de connaître l’âge exact des éléphants qui les entourent....."

    Les mammifères sont les animaux les plus épanouis depuis l'ère tertiaire par leur taille, par leur force et leur intelligence, supérieures de beaucoup à tous les autres animaux....."

    http://www.dauphinlibre.be/le-monde-mental-des-elephants/

     

    INSOMNIES

     

     L'Eléphant sauvage serait, paraît-il, le plus petit dormeur connu, avec seulement 2 H par nuit .....

    Les minutes s'égrènent dans ce vase clos de solitude... C'est le temps qui passe... C'est un peu de vie qui s'effiloche : l'insomnie ruine ma vie.

    Les yeux bataillent avec l'Espoir qui sombre, mes pensées cafouillent dans le lourd bruissement du silence... J'essaie des rêves éveillés : tout se heurte et se chevauche, je divague....

    La nuit interminable s'étire, déchire.... L'angoisse tisse sa toile de chimères, racle les nerfs, épuise le moral, fane peu à peu le corps....

    C'est fou l'emprise de l'insomnie sur mon corps ! Le froid balafre l'ombre : je grelotte.

     

    INSOMNIES

    "Les herbivores dorment moins, car ils doivent sans cesse ingérer de la nourriture pour engranger une grande quantité d'énergie...."

     

    Notable différence avec les pachydermes ! Ingérer de la nourriture n'est pas mon soucis majeur .... sauf pendant mes nuits blanches !

    Mon corps est soudain insatiable. J'ai faim ! Je lutte contre le froid et la faim qui me font trembler en m'enfouissant sous une épaisse couette dans mon fauteuil.

    Rien à faire ! Je grignote une biscotte ("sans sucre rajouté"), j'avale une tisane bien chaude (sans un morceau de sucre ni aspartame) ... et me recale sous la couette ! Un peu de répit...

    La faim ressurgit bientôt et la sensation d'être gelée ! De guerre lasse, j'entame lentement une deuxième biscotte ... et culpabilise !

    J'ai tort ! Recherche sur Internet : "Pendant une insomnie, mon corps produit davantage de ghréline (l'hormone de l'appétit) et baisse sa production de leptine (qui donne la sensation de satiété)."

    Le corps a l'instinct du sommeil. Il est programmé pour le sommeil. Contrer cette phase de repos lui pose un sérieux problème énergétique....

    Et voilà comment un sommeil insuffisant ou une insomnie provoque, en autre, l'obésité !

    On meurt à petit feu de l'insomnie !

    La bonne durée du sommeil serait entre 6 H à 8 H, bien que nous ne sommes pas égaux devant la durée du sommeil....

    Dormir moins de 6 H perturbe nos mécanismes hormonaux et augmente le risque de souffrir de diabète (je confirme !), d'hypertension (également !), de devenir obèse (hum ! j'ai perdu 6 kg par un régime draconien sans sucre ce mois-ci !), voire de mourir prématurément (snif !)....

    Avis aux noctambules !

    Certes, l'insomnie et la hantise.... de l'insomnie sont un tout indissociable !

    Seule la médication du sommeil me permet de dormir 5 à 6 H par nuit. Mais elle ne procure pas le repos attendu et évoque la dépendance (totalement ! essayé de m'en passer : horribles nuits blanches consécutives...)

    Avec pour conséquence, pour beaucoup de personnes, de pertes de mémoire et progressivement de la parole (les mots "fuient"), de confusion, de fatigue voire de somnolence...

     

    Naissance d'un éléphanteau

    Notez la fébrilité des femelles face aux mâles en MUSTH,

    qui essaient tant bien que mal de protéger le nouveau-né ! Pas facile !

     

    Tiens, l'Eléphante est elle aussi une adepte des nuits blanches, surtout lors de la présence de prédateurs : lions, braconniers ou mâles en MUSTH (ou MUST) (état d'intense agitation liée à des bouffées hormonales qui transforment les mâles en danger public).

    Les mâles sont moins sociables et plus agressifs que les femelles, ils vivent la plupart du temps en dehors du troupeau.

    Un mâle en MUSTH cherchant à s'accoupler avec une femelle n'hésitera pas à montrer sa force et sa violence en cassant tout, en déracinant des arbres... , voire à blesser la femelle ou à tuer un petit...  Les mâles en MUSTH sont très dangereux !

    Effroi de l'âme devant l'engouement du sensationnalisme télévisuel inhumain proposant sans concession des Nouvelles du Soir particulièrement choquantes, avec souvent la complicité d'un public avide d'images chocs...

    Surtout à l'Heure du terrorisme mondial !

    Extrême violence des mâles humains en MUSTH... ? En proie aux affres de leur système hormonal, devenant progressivement des dangers publics ?

    Nous n'avons rien à envier aux Eléphants !

    Mépris total de l'Être Humain où les plus viles ambitions, purement égoïstes, cupides, carriéristes, individualistes, opportunistes.... et j'en passe, font basculer le monde dans la cruauté et le sadisme qui le conduiront à sa perte.

    Mystère insondable du versant le plus obscur de nous mêmes, gouffre béant dans lequel basculent pèle-mêle toutes ces violences, traumatismes, peurs, angoisses... et le sommeil !

    Voici, pour les âmes sensibles, voire les plus aguerries, l'insomnie se profilant à l'Horizon de nos nuits, causée par un trop plein d'émotions.

    Ces nuits blanches sont douleurs et persécution, nous laissant au petit matin hagards, apathiques, éreintés, taciturnes voire brisés....

    Désarroi de l'insomniaque qui tente d'apprivoiser le sommeil !

    Cependant, l'anéantissement dans ce sommeil tant désiré peut-il s'apparenter dans notre esprit tourmenté à l'image que l'on se fait de la mort ?

     

    INSOMNIES 1ère partie

     

    A suivre 2ème partie

    long dormeur ou court dormeur ?

    les Femmes dorment-elles moins que les Hommes ?

     

      Magnifique commentaire de Lenaig qui se doit d'être lu sur un fait divers africain des plus mystérieux :

    (Merci Hélène)

    "Quant aux éléphants, les mâles sont redoutables en effet, je me souviens d'un fait divers africain :

    Les rhinocéros blancs mouraient les uns après les autres, battus et assommés et pourtant ce n'était pas un méfait de braconniers puisqu'ils étaient laissés sur place ...

    On a découvert enfin le pot-aux-roses :

    Un gang de jeunes éléphants mâles orphelins livrés à eux-mêmes avaient choisi pour passe-temps de "se faire" les rhinocéros blancs !

     

    Mais on aurait peut-être quelque chose à envier aux femelles, en revanche !"

     

     

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