•  Gare à l'eau qui dort n° 49

    Gare à l'eau qui dort n° 49 - Cauchemar de Louise

     

    Gare à l'eau qui dort n° 49 - Cauchemar de Louise

     

    JOUR DE TRAÎNE-MISERE !

     

     

    Tonnerre et pluie  

     

    Lou se rappela que Nany était pieuse, même si elle n'en parlait que très peu, obligée qu'elle était de se taire selon les ordres des Parents... Elle l'avait souvent surprise en train de lire sa Bible de poche, pendant qu'elle-même faisait ses devoirs... 

    Elle demandera des explications à Romain... (Episode précédent n°8 - Cliquez sur la phrase) 

    Louise avait sombré dans un sommeil agité, peuplé de cauchemars... Sentiment étrange qu'on l'observait..... Les hurlements de sa mère la réveillèrent  brutalement....

    L'esprit embrumé, encore aux prises avec le souvenir persistant de visions fantomatiques, elle se tourna vers son réveil : 4 H du matin ! 


    Grondement de l'orage.... Une violente averse tambourinait les volets qui, secoués par les bourrasques, grinçaient, cliquetaient...

    La journée commençait bien ! Mauvais présage ? 

    Elle tenta de s'éclaircir les idées, et retrouva le fil de son rêve.

    Les sarcasmes subtils de sa mère la poursuivaient jusque dans son sommeil, provoquant ce sentiment récurrent, écrasant, de culpabilité... Retour douloureux du passé, profondément marqué par l'absence maternelle quasi permanente. Sa mère avait préféré s'étourdir de futilités, de plaisirs mondains, de fêtes, de voyages, plutôt que d'élever sa fille, qu'elle avait livrée aux multiples nounous qui se succédaient au Château familial, au gré des fantaisies maternelles.

    Que criait donc cette mère au coeur sec, qui lui avait appris essentiellement à se méfier d'autrui, à n'aimer que soi-même, étouffant en Louise toute possibilité affective, dans ce cauchemar ?....

    Etouffant toute possibilité affective ?

    Cette confrontation avec elle-même renforçait son mal être ! Avait-elle une responsabilité dans le drame qui les avait séparés définitivement, son mari et elle ? Damien lui reprochait souvent son regard inquisiteur qui le terrassait, le précipitant sans cesse dans ses noirceurs, dans ses insuffisances, dans ses faiblesses...

    Elle dut reconnaître également qu'elle avait privé sa fille Lou de l'affection maternelle dont elle-même n'avait pu bénéficier, ce qui l'avait gravement perturbée toute sa vie. Elle bénit du fond de sa déprime Nany qui l'avait si bien remplacée dans l'éducation de sa fille.... 

    "Enfin, tout de même, positivise, Louise, positivise !  J'ai réussi à remonter la pente, j'ai beaucoup évolué... 
    - Je suis une femme brillante, dynamique, intelligente et plutôt jolie, non ?
    - J'ai la chance inouïe de pouvoir bénéficier de la fortune de mon père qui m'assure un confort de vie et une sécurité
    - J'ai réussi à remonter l'Agence d'Assurances, qui commence à sortir des limbes de la faillite et je peux enfin me dégager un salaire appréciable
    - Et puis, que de mains miraculeusement tendues vers moi depuis l'accident de Damien !

    - "Ma vie prend une tournure que je n'aurais jamais envisagée
    - Ma petite Lou est un amour
    - Ma nouvelle "Famille" recomposée me comble
    - Tous les possibles s'ouvrent à toi, Louise, tu le sais !

    "Alors, quel est donc ce côté sombre comme une nuit sans lune qui me tarabuste ainsi, m'empêchant de me lever, fraîche et légère, sereine ?
    Est-ce la pluie qui me noie dans les affres de cette déprime ? 

    - Bon, je t'accorde que les indiscrétions médiatiques, difficilement surmontables, me pourrissent la vie
    - Les soucis, la fatigue, les longues journées harassantes 
    - Le manque de temps pour m'occuper sereinement de Lou......

    ??? 

    Non, quelque chose de plus visqueux, de plus menaçant, s'insinuait dans ses veines, accélérait son pouls. Une rage bouillonnait au fond d'elle.

    Elle n'eut plus qu'une envie : se pelotonner dans son lit, se lover sous les couvertures, comme lorsqu'elle était petite et qu'elle angoissait ! 

    Mais des larmes sillonnaient ses joues enfiévrées. 

     

    L'averse torrentielle s'abattait sur la Maison comme une débâcle de fin du monde, dans un fracas assourdissant ! 

    Fracas des souvenirs persistants, obstinés, de son cauchemar ! Fallait-il aller chercher du côté maternel la clé de tout ce tapage mental, afin d'exorciser la souffrance ......?

    Une claire vision la foudroya !

    Dans ce rêve tourmenté, au coeur d'un monde en flammes, devant la Porte du Labyrinthe, se tenait, pataude,  une mère fabuleuse aux allures de Dragon, les pattes armées de griffes... Elle portait en sautoir sur sa poitrine les clés du Mystère... Autour d'elle volaient lourdement des corbeaux qui croassaient dans un vacarme insupportable... La mère était aux abois et, folle de rage, crachait des mots monstrueux, le visage convulsé, dont quelques bribes remontèrent à la conscience de Louise :

    ".........Tu n'es bonne à rien ! Toute ta vie est scandale !..... Ton mari est un vaurien... Il est impardonnable ! ...... Tu ne réussiras jamais à faire de cette gamine perverse une personne de notre rang ! C'est une dévoyée aux allures inquiétantes !.......  Leur fille est le fruit honteux d'un péché abominable... 

    "Ton imbécilité nous brise la vie... nous brise la vie.... Tu brises la vie de Lou... brises la vie de Louuuuuu....."

    Et les cris  hystériques de la mère l'avaient réveillée  brutalement !

    Louise reconnut amèrement qu'en se mariant avec Damien, elle s'était rebellée contre la toute puissance de sa mère et l'affrontement avait été inévitable... Dans quelle mesure ce mariage n'avait-il pas été une provocation de sa part envers ses parents ?

    Avait elle voulu punir ses parents ? 

    La belle idée ! C'était elle la première punie , entraînant sa fille Lou dans le naufrage ! Et pour toute leur vie ! Madame Mère n'avait pas toujours tort ! 

    Elle se recroquevilla sur la plaie béante...

    En filigrane, une toute petite voix;.... la voix consolante de Romain , qui la tira de l'abime....

    "Il est malsain de se complaire dans un passé révolu" avait expliqué le curé au cours d'une homélie dans la Chapelle...

    La femme de Loth, dans l'obligation de fuir son nid fastueux et douillet pour échapper "au déluge de feu", s'était retournée, en cours de route, sur son passé, sur Sodome, sa ville dévastée par la violence, les vices et les meurtres,... parce qu'elle était dévorée par les regrets stériles, par la peur de l'inconnu. 

    Mouvement de révolte, de terreur, qui paralyse et la transforme "en statue de sel" !

    "Consumez" les souvenirs accablants afin de les empêcher d'envahir le présent ! ........."

    "Nombre de personnes ne sont pas capables de vivre l'instant présent, se réfugiant dans un passé souvent douloureux mais connu, ou vers un futur fantomatique... quand ce n'est pas  vers un "Ailleurs", un Au-delà idéalisé....

    "Vivez donc vos moments présents, ce sont eux qui conditionnent votre avenir ! Laissez donc à Dieu votre passé ou votre futur ! et respirez, respirez sereinement ... dans le quotidien de votre présent !......."

     

    Oui, mais..... lancinant regard pétrifiant de Méduse-mère, scandalisée par les agissements de la fille insoumise qui se permettait de faire entrer dans son Arche de Noé une fille de mauvaise vie" !

    Ramener Agathe dans la Famille était un véritable pied de nez aux bonnes moeurs, aux âmes bien pensantes... à son "Milieu"... à ses parents !

     

    La pluie tombait drue, monotone, scandant ses idées noires... La Maison  semblait prendre l'eau, s'imbiber comme une éponge... Cette maison était inchauffable !

    La nuit résistait et aucune lumière ne filtrait sous les volets. Un froid glacial s'insinuait dans le lit. Malgré sa fièvre, Louise grelottait !

     Avait-elle perdu la tête ? Elle ne comprenait plus ce besoin irrationnel et stupide de céder à ses pulsions émotionnelles ! La détresse de Lou l'avait violemment dégrisée.

    Les pensées de Louise s'enroulèrent autour de cet axe qui la traumatisait.... 

     

    Un demi-jour laiteux se réveillait lentement sous les accords monotones de l'ondée féconde qui exhalait son haleine pénétrante sur toutes choses.....

    N'était elle pas liée à une promesse faite à son mari, cet homme qui avait connu un amour coupable avec Agathe, dont la petite Daisy était  le fruit illégitime ?

    Mais l'égoïsme, la honte et la culpabilité n'avaient-elles pas accompagnés cette prise de décision hâtive ? Louise ne savait plus que faire !

    Madame Mère réagira comme dans le rêve... Et Père ? Comme elle craignait les violentes réactions de cet Homme autoritaire et cassant ! 

    Et la petite Lou ! Sera t-elle fracassée, une fois de plus, par les caprices de sa mère ?

    Et Lou ? ..... Obsession lancinante, incontournable ! 

    Complexité de l'esprit de l'être humain face à son destin.... 

     

    La beauté juvénile de la blonde Agathe lui revint en mémoire.... Un désir fou de la voir la saisit. Elle consulta son réveil ...

    6 H du matin ! Un jour de traîne-misère ! En soupirant, Louise se leva et se doucha... Elle s'habilla et se maquilla avec soin, puis alluma son ordinateur... 

     Luciole

    A SUIVRE 

     

    Gare à l'eau qui dort n° 49 - Jour de traîne-misère

    ROMAN : "Gare à l'eau qui dort" - cliquez sur les phrases ci-dessous :

     1ère Partie : Justine cherche un emploi

    2ème Partie : Entretien d'embauche entre Damien et Justine

    3ème Partie :Portrait de Damien MAYER

    4ème Partie : Louise, épouse de Damien

    5ème Partie : Justine, secrétaire de Damien

    6ème Partie : Lou, fille de Louise 1

    7ème Partie : Lou, fille de Louise 2

    8ème Partie : "Le regard magique"

    9ème Partie : l'Empreinte (1)  

    10ème Partie : L'Empreinte (2)

    11ème Partie : Le Plogging

    12ème Partie : Les enfants perdus

    13ème Partie : Quel carburant voiture ?

    14ème Partie : L'Etang

    15ème Partie : Lettres anonymes

    16ème Partie : Dorian le détective privé

    17ème Partie : Réminiscences

    18ème Partie ; Filature

    19ème Partie : Le Poucave

    20ème Partie : Sous-marin (camion de filature) et pinholes (caméras minuscules)

    21ème Partie :Dignité bafouée 

    22ème Partie : La Charité fraternelle

    23ème Partie : "Le Constat d'adultère"

    24ème Partie : La "road rage" à 200 km à l'heure

    25ème Partie : Le fouille merde

    26ème Partie ; Le Daron engraine

    27ème Partie : Choc émotionnel

    28ème Partie : Prodigieuse Lumière

    29ème Partie : Inspecteur Stan Faure

    30ème Partie : Etrange entretien

     31ème Partie : Révélations fracassantes de Dorian

    32ème Partie Adèle coupable ?

    33ème Partie : Enjeux autour d'un bébé

    34ème Partie : Duo de choc Louise et Justine

    35ème Partie : Coma Damien

    36ème Partie : Réveil Damien

    37ème Partie : Les trois mousquetaires

    38ème Partie : Une famille encombrante

    39ème Partie : La tornade blanche

    40ème Partie : Mutique imposture

    41ème Partie - Le bon curé 

    42ème Partie - Le bon curé suite

    43ème Partie : Révélations fracassantes  

    44ème Partie : Les prisons de l'âme

     45ème Partie : l'Assemblée Générale Extraordinaire

    46ème Partie : Mort de Damien

    47ème Partie : Baiser d'outre-tombe

    48ème Partie : Diners de Louise

     

     

     

     

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  •  Gare à l'eau qui dort n° 48

     

    Gare à l'eau qui dort n° 48 -

     

    LES DINERS DE LOUISE

     

    Le médecin qui avait constaté le décès lui donna le permis d'inhumer.... Et ce fut le début de la galère ! Après avoir rempli toute la paperasserie requise par la Maison de repos, elle téléphona à l'Agence de Pompes funèbres familiale qui s'occupera des démarches à accomplir... 

    L'air frais du dehors lui dégrippa le cerveau, et la libéra de la chape de plomb qui l'écrasait. Elle aspira goulûment de grandes bouffées d'air... monta dans sa voiture et conduisit prudemment vers l'Agence de Pompes funèbres...  (Episode précédent n° 47 - cliquez sur la phrase)

     

    Les jours suivants, Louise n'eut guère le temps de souffler...  La fatigue lui cisaillait le dos ! Les médias, en possession d'informations infâmes, s'étaient déchaînées... Un service d'ordre se remit en place au Domaine... Lou, dévastée, refusa de se rendre à l'école... La vie se compliquait,  lourdement entravées par les démarches liées à la mort, par les médias, les visites de la famille, celles des voisins, par les violentes crises de nerfs et le désespoir d'Adèle qu'il fallut gérer au plus vite... Sans parler des problèmes récurrents de l'Agence d'Assurances, heureusement administrés de main de maître par Stan... assisté de Justine... 

    La situation risquait de devenir explosive ! Le cauchemar allait-il prendre fin un jour ?

    La cérémonie intime, tenue secrète, fut paisible... Louise demanda à Adèle d'être à ses côtés. Elle avait habilement expliqué la situation aux siens, puis  à Lou auparavant ! Les présentations furent quelque peu guindées, mais Adèle fut fort digne malgré son visage ravagé par les pleurs.... Il ne resta de Damien qu'une poignée de cendres enfermée dans une magnifique urne que l'on déposa dans la case réservée par Louise, encastrée à l'extrémité d'un  mur imposant entourant un splendide "Jardin du Souvenir" arboré et fleuri, soigneusement entretenu,  situé au centre du cimetière des "Privilégiés"... 

    Et tout rentra dans l'ordre !

    Romain, qui s'était pris d'affection pour Louise, Nany et la petite Lou, vint souvent au Domaine où il avait sa chambre privée... Il faisait désormais partie de la famille ! Louise, surprise du dénuement extrême dans lequel se repliait Adèle, l'encouragea à venir vivre avec eux... au grand dam de Nany, préoccupée par l'adoration éblouie de la grand-mère pour sa splendide et intelligente petite fille, Lou.. Adèle reportait tout son amour refoulé de  mère sur la petite...

    Lou, enchantée par l'amour inféodé de sa nouvelle et humble Maminou, la prit sous sa protection et elles devinrent deux amies inséparables... Au final, Adèle se révéla fort utile à la maisonnée... Elle soulagea grandement le travail épuisant de Nany. La bienveillance et l'empathie naturelles de la gouvernante la portaient à sympathiser avec cette vieille femme aigrie et bileuse qui frémissait de peur lorsqu'elle se focalisait sur son avenir, tant la vieillesse avait peu d'attraits désormais dans ce monde matérialiste et consumériste.... Au contact de cette famille généreuse, Adèle retrouva la fraîcheur de son coeur gonflé d'amour des premiers temps de sa jeunesse... Sa communication, brouillée par une vie ingrate, l'isolement et la réclusion, ainsi que par un besoin abyssale d'être reconnue, se rétablit dans la confiance. La confiance en elle était déterminante afin de favoriser la  confiance en l'autre 

    Il fut convenu qu'il était temps pour cette septuagénaire de prendre enfin sa retraite. Les démarches pour recevoir ses allocations de retraite révélèrent un montant de la prestation octroyée fort décevant, malgré toutes les années de labeur d'Adèle. Stupéfaites, Louise et Adèle revisitèrent les documents.... elles durent se rendre à l'évidence : Adèle avait reçu un salaire de misère, en comparaison de ses compétences requises et établies.....

    La fière Adèle proposa de se mettre au service de Lou et des siens à plein temps, sans gratifications, afin de ne pas alourdir le budget de Louise et de ne pas se sentir une "charge" au sein de la Maison.

    Louise, fort gênée, acquiesça, à la condition qu'Adèle accepta une "indemnité complémentaire mensuelle", ce qui lui permettra "de faire face"... "au cas où"... Une façon discrète de la rémunérer sans la vexer...

    Stan dut, en urgence, recruter une nouvelle Secrétaire de Direction... qu'il trouva au coeur même de l'Agence, en la personne de Nadine, jeune femme compétente et dynamique, férue d'informatique, qui accepta chaleureusement. Elle n'attendait que cette occasion pour s'épanouir enfin dans un poste à la hauteur de ses aspirations.... Le quatuor, un instant ébranlé, se reforma... Cette élite de choc s'en trouva grandement renforcée et Stan fut vivement félicité de son heureux choix.

    Romain, fragilisé par les ans, finit par accepter de venir loger  définitivement dans le "Château de Louise" et devint le Curé attitré de la Maison. Une réunion familiale détermina l'emplacement d'une Chapelle, complétée par une petite sacristie, dans une des ailes du "Château". Des ouvriers travaillèrent à son aménagement deux longs mois et Romain put enfin célébrer sa première Messe devant tous les membres de la "Famille", parents de Louise compris ! La Chapelle était splendide et spacieuse... Les ouvriers avaient abattu des murs, ouvert des fenêtres... et la lumière rentrait à flots dans la vaste salle consacrée. Un décorateur fut dépêché en urgence pour l'aménagement, aidé par les conseils avisés de Romain... La Sacristie s'ouvrait sur un bureau qui, lui même, donnait accès à un petit appartement constitué d'une pièce à vivre avec cheminée insert, comportant une cuisine aménagée et un salon, suivie d'une chambre avec salle de bain. 

    Adèle devint sa plus fidèle dévote et  fit office de sacristine, aidée par Lou, déjà habitée par la Grâce, trop heureuse de découvrir en Maminou un coeur tendre et dévoué. Les employés, généreusement invités par Louise, finirent par assister à toutes les Messes et Offices religieux selon leur disponibilité... 

    Finalement, Romain fut de service à plein temps et s'en trouva fort heureux et réconforté ! Son bureau, dont les deux portes fenêtres donnaient sur le Parc, ne désemplissait pas. Il croulait sous les demandes des uns et des autres. Les mains dans le dos, il aimait se promener dans l'immense Parc  ainsi que dans le nouveau Potager qui fournira fruits et légumes,  et discuter avec Pierre, le jardiner, ses aides : Régan, le conducteur du 4x4, et Marc, son collègue... les deux gardes du corps de la Famille... "De bien braves gaillards !" se félicitait le Curé. Sa santé s'en trouva très nettement améliorée... Son dos se redressa et sa démarche fut plus vive, plus assurée ! Bref, il jubilait et rajeunissait ! Ida, la bouillante cuisinière et Elsa, la gentille bonne, l'adoraient et le choyaient. Toute la maisonnée l'entourait ! Son humilité l'encourageait à modérer ses enthousiasmes, mais il était difficile de ne pas se sentir indispensable...

    Les Parents de Louise lui vouaient une cordialité respectueuse surprenante et il s'entendait à merveille avec l'intraitable Monsieur le Baron . Ils ne tardèrent pas à se tutoyer comme deux vieux amis...

    Henri de Montabert retrouvait toute sa vigueur, pourtant particulièrement ébranlée par tous les évènements et les souffrances de ces longs mois écoulés, aux côtés de cet humble curé qui, lui semblait-il, avait fait "merveille" avec la Famille et les employés... Monsieur le Baron avait recueilli le récit détaillé de Louise sur la fin de son gueux de mari, confirmé par les dires du brave curé, et il n'en revenait pas ! Comment un si petit curé avait-il pu se débrouiller pour changer à ce point ce.... pauvre type, dont le prénom désormais lui écorchait la bouche ??? Toute sa vie avait basculé à cause de lui ! Un jour, il retrouvera son lustre auprès des autres... un jour ! Bien que le petit curé  (il avait au moins une bonne tête de moins que lui)  l'encourageait à pardonner, il n'arrivait pas à s'y résoudre... 

    Louise décida soudain de retrouver les dîners de son enfance. Chacun se revêtit donc avec enthousiasme de ses plus beaux atours, et les dîners familiaux furent des plus gais dans l'immense et somptueuse Salle à manger servant aux réceptions... Lou s'amusait beaucoup et prenait un temps infini à choisir et à soigner "sa toilette du soir"... Adèle, accompagnée de Nany et de Lou, dut se précipiter fébrilement dans les magasins de luxe de la "Ville des Privilégiés",  afin de pouvoir "briller en Société"... ou tout du moins de faire, plus modestement, "honneur", quoi ! 

    Jamais Lou n'avait été aussi heureuse ! Sa mère lui manifestait une tendresse débordante et la surprenait chaque jour davantage... Nany et Maminou se relayaient auprès d'elle et elle avait bien du mal à s'isoler un peu.... tant Maminou la "collait"... Nany dut intervenir, avec toute sa douceur et son tact habituels, pour faire comprendre à Adèle, que la jeune fille aimait travailler, rêver ou lire seule dans sa chambre... Alors, le "coeur gros" Adèle allait aider Nany au Bureau et se mettait à l'écran de son ordinateur.... 

    Nany grognait sur les dépenses faramineuses des coups de tête subites de Louise... et la gestion des comptes lui donnait le vertige... Elle finissait par comprendre les inquiétudes, voire même les magouilles, de Monsieur Damien... Adèle, alertée, reconnut "qu'on vivait sur un grand pied" et qu'il faudrait  restreindre les dépenses... Elle se lança dans un mémorable et volumineux rapport, synthétisant et commentant les éléments des différents documents comptable et, une fois terminé, malgré les vives réticences de Nany, osa le présenter d'office à Louise... 

    Louise, qui venait de rentrer, fatiguée par sa longue et laborieuse journée de travail à l'Agence, horripilée par l'insistance et les remontrances acides d'Adèle, faillit exploser de colère... Elle eut la sensation fugace de se retrouver face à la fureur de Damien qui lui reprochait sans cesse ses dépenses somptueuses.... Décidément, mère et fils se ressemblaient ! Elle se contint néanmoins et se contenta de lui arracher des mains le tendancieux rapport... Elle monta dans sa chambre, jeta le lourd rapport sur le lit, se doucha, se changea et se maquilla pour le diner... puis, calmée, prit le document et le lut en entier, fascinée par le laborieux et judicieux travail de synthèse annoté d'Adèle en oubliant l'heure du dîner...

    La tête lui tourna ! L'angoisse lui souleva le coeur... Adèle avait raison... Les redoutables chiffres, indubitablement, confirmaient les violentes inquiétudes de la vieille dame. Il fallait agir, et vite ! Elle soupira, et, le document à la main, descendit dans la Salle à manger où tout le monde l'attendait en silence....  Romain, au courant de l'incartade d'Adèle, était prêt à s'interposer.... mais Louise, à la surprise générale, leur sourit d'un air contrit et,  s'excusant de son retard, posa le rapport à côté de son assiette, et se lança...

    - "Asseyons nous, je vous en prie ! Je pense que vous êtes tous au courant que nos comptes sont affolants... Merci à nos dévouées Nany et Adèle qui ont superbement bien travaillé... Merci à Maminou d'avoir eu le courage de m'alerter malgré mon mauvais caractère... Je pense que vous avez tous compris qu'il fallait faire des économies... Je vais voir comment  remédier à cette situation incommode......"

    "Pourquoi ne pas vendre les bolides de Daddy, Mummy... Ils ne servent plus à rien et sont fort coûteux ! ça pourrait vous dépanner ?...."

    Louise regarda sa fille avec stupéfaction : comment n'y avait-elle pas pensé plus tôt ! Cette gamine était plus fûtée qu'elle ! Il est vrai qu'elle était plus souvent à l'Agence qu'à la Maison.... Pourtant, elle les côtoyait tous les jours dans le garage, ces bijoux de luxe qui devaient valoir des fortunes.... 

    Elle pensa aussitôt à toutes ses splendides et onéreuses parures, qui dormaient dans des coffres, et dont elle aimait se parer pendant les longs dîners mondains... Son coeur se serra brutalement ! On verra.... on verra.... 

    - "Un immense merci, ma Chérie ! C'est une merveilleuse idée ! Je suis ravie que tu aies trouvé ce moyen toute seule.... Je vais m'y employer demain... Laquelle préfères tu  garder, pour nos courses, nos sorties ? Nous sommes nombreux, désormais !"

    - "Je garde ma voiture et à mes frais, Louise, comme d'habitude ! Ne changez rien pour moi surtout.. N'ayez crainte, j'en ai les moyens !" s'empressa Romain

    - " J'ai la mienne également, et je continuerai naturellement à l'assumer financièrement, Louise !" se récria promptement Adèle, soulagée par les bonnes dispositions de Louise à son égard, trop contente que Louise l'ait appelée "Maminou"... Décidément, le bonheur existait et elle en bénéficiait ! Enfin, mieux valait tard que jamais !

    - "Je préfèrerais une voiture plus commode et moins luxueuse que la limousine, pour Lou et moi !" murmura doucement Nany, finalement admirative du courage d'Adèle qui avait su émouvoir enfin Louise sur ses dépenses avec lesquelles elle se débattait seule depuis le début de son nouveau et lourd mandat... 

    - "Je suis très contente de ma petite Clio.." déclara pensivement Louise "et je vous comprends, Nany... Nous pourrions vendre tout et achetez pour vous une petite voiture selon vos souhaits.. Qu'en penses-tu, Lou ?"

    Lou, qui aimait le luxe et le confort de la limousine, soupira... Elle se ravisa soudain et comprit que la situation était grave et qu'il fallait montrer l'exemple ! Sa mère avait besoin d'elle.... 

    - "J'aimerais bien choisir avec vous, Mummy et Nany... Mais alors, Régan et Marc ne nous conduiront plus à l'école, Nany ? Je les aime bien, moi, ils nous protègent !"

    - "Je pense que votre maman a raison, Lou, nous pourrions acheter une petite voiture, ce qui n'empêchera pas à ces "anges gardiens" de monter devant et nous irons toutes les deux derrière, ma Chérie ! Nous devrions peut être laisser Régan s'en occuper, Madame, c'est son affaire, après tout ?"

    - "C'est une bonne idée, j'en parlerai demain à Régan ! Merci Nany !"

    - " Je peux peut être revoir les menus de nos repas, bien trop copieux, avec Ida, Madame" se hasarda Nany

    - "Je crois que notre brave Ida nous gâte trop, en effet... Aurez vous le temps, Nany ?"

    - "Madame Adèle m'aide beaucoup,  je prendrai le temps !"

    - "C'est vrai, Maminou, vous êtes une perle, et je vous en remercie vivement...

    "C'est parfait ! Si tu as de merveilleuses idées comme ce soir, ma Chérie, surtout parle m'en ! De mon côté, je vais réduire la fréquence de mes diners mondains qui, finalement, sont fort onéreux et le retour n'est pas à la hauteur de mes espérances !...  Puis tous ces bijoux dans les coffres... Allez, c'est assez de tracas pour ce soir... "

    - "Ah non, Mummy, pas vos merveilleux bijoux ! Vous m'avez promis de me les prêter quand je serais grande !" s'angoissa soudain la petite qui les aimait tant, ces parures étincelantes de sa mère..... 

    - "Je te promets d'y réfléchir, ma Chérie ! C'est vrai qu'une promesse doit être tenue !" se rassura Louise, touchée par la requête de la fillette dont elle connaissait la coquetterie... 

    "Nany, auriez vous l'obligeance de m'appeler soit Adèle, soit Maminou... à votre convenance... Le "madame Adèle"... c'est trop pour moi !!! Nous sommes collègues, Nany, en quelque sorte et je vous estime tant ! Merci"

    "Avec joie, Adèle ! J'en suis très honorée ! Mon prénom est Emmy... !"

    "C'est joli, Emmy !" s'enthousiasma Lou... "C'est vrai, j'avais oublié !"

    - "Hé bien... la demande d'Adèle me réjouit et m'encourage à vous demander à tous d'user de mon prénom, sans le prétentieux "Madame"... "Louise" devra vous convenir, j'y tiens... ! Nous sommes tous membres solidaires, désormais, d'une même Famille et j'en suis vraiment ravie... Jamais je n'ai ressenti autant de bonheur à me retrouver "en Famille"..." déclara doucement Louise, fort émue.

    Un grand vent d'optimisme  passa sur l'assemblée qui retrouva sa gaité coutumière... 

    Mais Louise se sentait mécontente ! Quelque chose la tracassait encore ! Elle n'avait toujours pas réglé le problème épineux d'Agathe et de son bébé... Devait-elle en parler après le diner ou bien convoquer tout le monde à une nouvelle réunion de famille ? Elle regarda Romain.

    Alerté par son regard anxieux, Romain devina que Louise avait un souci majeure qui la tracassait... Louise continuait à l'interroger du regard... Surpris, il tenta de comprendre et soudain, il saisit ! C'était une grosse affaire ! Il se racla la gorge et se lança courageusement, percevant combien c'était difficile pour Louise... 

    - "Je crains que Louise n'ait une révélation à vous faire qui est loin, pour elle, d'être facile à dire et....hmmm....  pour vous de l'entendre... Je vous demande donc d'être très compréhensives" 

    - "Un grand merci, Romain ! Je profite que mes Parents ne soient pas avec nous pour en débattre avant qu'ils n'arrivent demain pour quelques temps... Avez vous la force et le courage de m'écouter ce soir ?..."

    - "Mummy... voulez vous que je m'en aille ?"

    - "Heu... c'est à dire... tu es directement concernée, ma grande Chérie ! Il va te falloir être courageuse et me dire avec franchise ce que tu en penses.... Tu nous as montré combien tu étais mâture, ce soir... Je pense que tu peux parfaitement assumer la situation qui va se présenter à nous tous d'ici peu ...

    Voilà..... En fait.... Ton papa aimait une toute jeune personne, que nous ne connaissons pas encore, qui se nomme Agathe .... et il se trouve qu'elle a accouché depuis peu d'une petite fille, Daisy... Je vous ai raconté que Daddy...... enfin, Damien, m'a parlé à la Maison de repos, mais j'ai omis volontairement ce message qu'il m'a adressé... Il m'a demandé expressément de m'occuper de cette jeune fille sans le sou et de la petite Daisy..... qui logent provisoirement dans une association, qui ne peut les garder indéfiniment... Leur dirigeant m'a téléphoné pour m'en avertir ....... "

    - " Mais... Mummy ? En quoi cela nous regarde t il ?" la coupa vivement Lou, brusquement alertée, angoissée... le coeur en vrac à l'idée que son père... son propre père....  même si elle avait depuis longtemps compris.... la télé, les journaux, les rumeurs à l'école... ses propres intuitions..... et maintenant sa mère..... Non, pas sa mère ! pas sa mère !

    Louis en avait les larmes aux yeux ! Tous les convives baissèrent la tête, ayant parfaitement compris la situation... Nany vola doucement au secours de Louise :

    - "Ma Chérie, votre maman essaie de vous expliquer que la petite Daisy est.... la fille de votre papa... donc votre petite soeur.... Vous savez, les adultes commettent aussi de graves erreurs, ce n'est pas l'apanage des enfants..."

    - "Je ne fais jamais de bêtises, Nany, et vous le savez !" se récria Lou, qui refusait la vérité... De grosses larmes coulèrent sur ses joues blêmes... "

    - "Je suis tellement désolée, ma grande Chérie, tellement désolée pour toi ! Je t'avoue avoir eu beaucoup de peine, moi aussi, à l'annonce de cette nouvelle ! Mais que faire, désormais ? Que faire ? Allons-nous laisser ce petit bébé aux mains de mauvaises personnes ? Je crains fort que ce  ne soit le cas !"

    - "Comment cela, Mummy?"

    - "Agathe et son bébé sont en danger, ma Lou... Un méchant homme, que mon ami Dorian recherche pour le livrer aux autorités judiciaires, veut s'emparer d'elles... C'est un ... proxénète ! Connais-tu ce mot ?"

    - "Bien évidemment, Mummy... Je ne suis plus une enfant ! Cela signifie également que cet homme est dangereux et que nous sommes en danger, n'est ce pas ?"

    Un murmure ébahi secoua l'assemblée... Cette petite comprenait vite ! Louise souffrait atrocement !

    - "J'en ai bien peur, ma Lou ! C'est pourquoi je veux tant que tu soies au courant et participes au débat de ce soir ! J'ai .... beaucoup attendu... et je pense qu'il devient urgent de prendre une décision collective.... L'association ne pourra pas les garder plus longtemps...  Nous sommes tous concernés et toi en premier lieu...."

    - "Vous voulez prendre chez nous cette prostituée et son bébé, Mummy ?" cria douloureusement Lou "Vous ne m'aimez plus ? Croyez vous que je sois assez stupide pour accepter de me retrouver aux côtés d'une pareille engeance ? La catin de mon propre père ? Cette prostituée n'a que ce qu'elle mérite ! Que de drames à cause d'elle, non ??? J'ai perdu mon papa, à cause d'elle... C'est d'une violence inouïe de nous proposer une chose pareille, Mummy ! Je ne vous comprends plus !"

    - "Louuu !" hurla Louise, bouleversée. "Comment osez vous prononcer de telles paroles ?"

    - "Vous m'avez demandé de parler avec franchise, Mummy !" s'insurgea la petite, au bord de la nausée.

    Lou, violemment secouée par les cris de sa mère, se tourna, affolée, vers Nany et Maminou... Nany lui dit tendrement, avec un grand sourire compréhensif :

    - "Ma chère Lou, votre maman ne me semble pas coupable du tout de vous faire part d'un souhait de votre père... Je comprends totalement votre réaction mais je ne l'approuve pas !

    Vous avez trop de noblesse de caractère pour offenser ainsi votre mère !"

    Maminou se leva vivement, fort en colère, et prit la petite dans ses bras en lui affirmant :

    - "Ce sont des affaires de grandes personnes, ma petite Lou, cela ne te regarde en rien ! Tu as raison de te fâcher... Ma petite Lou, ne te mets pas dans des états pareils, tu sais bien à quel point nous t'aimons... Je t'aime si fort, mon petit coeur... Tu es une si merveilleuse petite fille !"

    Brusquement, la petite éclata dans un sanglot bruyant qui tourmenta tout le monde... Louise était pétrifiée, clouée sur sa chaise, ne sachant plus que faire ! Adèle prit la serviette de table de Lou, la mouilla avec  l'eau de la cruche et la passa  sur le visage de la petite qui se pâmait... Louise réussit à se lever, saisit doucement la serviette mouillée des mains d'Adèle. La grand-mère s'effaça devant la mère qui enlaça la petite et lui bassina doucement le visage...

    - "Je suis d'accord avec Maminou, ma petite Chérie, j'ai trop tendance à te considérer comme une adulte... tant tu es éveillée... Pardonne moi, je t'en prie.... Lou, pardonne nous, à ton père et à moi, de te faire autant de mal ! Je suis si désolée, si désolée... "

    La petite s'agrippa au cou de sa mère et se pelotonna contre elle... Subitement, Louise l'embrassa fébrilement sur le visage mouillé de larmes... Les pleurs se calmèrent peu à peu et la fillette, surprise des câlins inhabituels de sa mère, se mit à geindre comme un bébé :

    - "Mummy, Mum chérie... J'ai si mal ! Je l'aime bien, Daddy ! Il me manque beaucoup !  Alors pourquoi nous fait il cela ? Mummy... J'ai si mal ! J'ai peur, Mummy... "

    Nany se dépêcha d'intervenir avant que Lou ne se ramollisse complètement. Il fallait que la petite se reprenne ! Il le fallait ! Elle fit un signe à Louise, surprise, qui,  instinctivement, lui remit la serviette tiède... Nany la refusa gentiment et gendarma énergiquement et fermement la petite : 

    - "Lou, je vous demande de vous ressaisir, s'il vous plaît ! Il n'est pas convenable que vous fassiez l'enfant ainsi... Votre maturité ne vous le permet plus ! Vous savez fort bien combien votre maman vous aime, et nous tous ici aussi ! Alors je vous somme de vous reprendre ! Tenez vous droite sur votre chaise et faites comme nous, assumez cette situation difficile, douloureuse pour tout le monde, surtout pour votre maman ! N'alourdissez pas sa charge, je vous prie ! Vous l'aimez assez pour vous le permettre...

    Redressez vous et réfléchissez au sort de cette pauvre enfant exploitée, maltraitée... et celui de son bébé, qui se retrouvent toutes les deux à la rue, qui ne peuvent compter que sur nous ! Avez vous une idée de ce qu'elles subissent ? Votre père a effectivement gravement fauté et il a parfaitement raison de vouloir nous demander d'y remédier, même si ce n'est pas de notre faute... C'est à la famille d'agir ! 

    Votre égoïsme et votre insensibilité ne vous honorent pas, Lou ! Vous rejetez à la rue, aux mains de vilaines personnes, des petites sans défense... Allez vous le comprendre, à la fin ? Il s'agit de votre petite soeur, Lou... Daisy est votre petite soeur ! Allez vous rejeter votre petite soeur, Lou ?"

    Louise, suffoquée, défaillait et se rattrapa vivement au bras d'Adèle... Tout le monde fut debout, prêt à soutenir la mère et l'enfant... Romain prit une chaise et se précipita à la pousser sous les fesses de Louise qui s'assit lourdement... Un grand silence s'établit, un de ces silences de mort qui étranglent... Nany fit un signe impérieux à tous de reculer et de la laisser faire... 

    - "Ce n'est rien, Louise, n'ayez crainte... Lou est suffisamment adulte pour comprendre la situation dans laquelle vous vous débattez seule depuis si longtemps ! Il est grand temps que vous la partagiez avec nous... Remettez vous, et patientez, Lou a besoin d'un peu de temps... 

    - "Lou, je respecte toujours votre sensibilité, mais ce soir, vous me décevez grandement ! Votre réaction me gêne ... Je comprends votre souffrance, mais celle-ci ne doit pas altérer votre altruisme... C'est indigne de vous ! Êtes-vous prête à y réfléchir ?"

    -"Oui, Nany, je suis désolée ! J'ai ... je ne sais pas ! Je crois que je n'aime pas... cette femme ! Le bébé, oui, mais "Elle" ? C'est une femme de.... mauvais vie, Nany ! J'en ai peur, moi !"

    - "Lou, avez vous compris qu'il s'agissait d'une ... très jeune fille... Peu importe son âge, d'ailleurs ! Nous ne pouvons pas la laisser à la rue, quoiqu'elle ait fait ! Ce serait trop injuste, Lou ! Nous n'avons pas le droit de rejeter l'autre parce qu'il a fauté, que ce soit votre père ou cette enfant !"

    - "Vous avez raison, Nany, je suis désolée ! C'est si difficile ! J'ai très peur d'elle... Et si elle était mauvaise, vraiment mauvaise....?"

    - "Alors, dans ce cas, Lou, nous serions dans l'obligation de faire appel à la Justice et de lui retirer sa petite fille qui, elle, est un petit ange... et ne mérite pas d'être rejetée !

    Je vous promets que nous ne vous laisserons pas aux mains d'une méchante fille ! Il existe des institutions pour les enfants perdus, perturbés... Vous pensez bien que votre mère y a pensé ! Alors, pourquoi ne pas essayer ? Est-ce si difficile à concevoir ? Comment pouvons nous juger cette petite Agathe sans l'avoir vue ? Auriez vous le coeur de la juger ainsi sans la connaître ? A-t-elle eu la chance d'avoir reçue avec amour une bonne éducation comme la vôtre ?"

    - "Puis-je laisser Mummy décider seule, Nany... ?"

    - "Non, Louise-Hortense ! Vous avez un coeur, comme tout le monde, et votre coeur doit vous dicter votre conduite ! Vous seule devez prendre vos propres décisions.... en toute connaissance de cause... Vous n'aurez personne pour vous aider, dans votre vie d'adulte.. Il faut vous résoudre à agir de vous-même dès maintenant ! Vous allez devoir faire face aux étudiantes des grandes écoles très bientôt, et, croyez moi, elles ne seront pas tendres avec vous ! Allez vous être faible ?"

    - "Alors je veux bien ... que nous essayons de recevoir cette.... fille et ma petite soeur.... Je suis ... très ... heureuse pour ma petite soeur... J'ai toujours rêvé d'en avoir une ! " parvint à articuler Louise-Hortense, fort décontenancée... 

    Progressivement, l'idée d'une petite soeur à choyer s'imposa dans son coeur ! Elle sourit à cette pensée... qui la submergea d'émotion et de plaisir... Elles allaient bien s'amuser, toutes les deux ! Elle la protégera ! 

    Louise enlaça de nouveau sa fille et lui murmura tout bas des petits mots d'amour... pendant que Romain et Adèle débarrassaient furtivement la table avec Ida et Elsa...

    Nany les laissa et se retira au salon, en pleurant  silencieusement d'avoir dû bousculer sa petite Lou... Que son métier était ingrat, parfois ! Elle était si seule ! Elle n'entendit pas Lou qui la cherchait et elle sursauta violemment, prise en flagrant délit d'hypersensibilité ! Lou se jeta contre elle et la serra de toutes ses forces... 

    - "Je t'aime fort, ma Nany... " osa murmurer la petite qui voulait se faire pardonner...

    Elle comprenait parfaitement sa gouvernante.... C'était la seule qui raisonnait juste ! Toujours ! Et cela rassurait Lou ! Nany ne plaisantait jamais avec les histoires de conscience.

    Lou pouvait être tranquille, elle savait qu'elle pourra toujours compter sur elle ! En toutes circonstances... Nany était comme un roc !

    D'ailleurs, elle l'avait également perçu dans le regard admiratif de Romain  envers Nany ! Et Romain était le plus grand ami qu'elle n'avait jamais eu... C'était curieux : il raisonnait comme Nany ! Quelque chose les rapprochait mieux que les attitudes et les paroles ! 

    Lou se rappela que Nany était pieuse, même si elle n'en parlait que très peu, obligée qu'elle était de se taire selon les ordres des Parents... Elle l'avait souvent surprise en train de lire sa Bible de poche, pendant qu'elle-même faisait ses devoirs... 

    Elle demandera des explications à Romain... 

    Luciole

    A SUIVRE

     

    Gare à l'eau qui dort n° 48 - Diners de Louise

     Un grand merci à tous mes visiteurs

    17/03/2021 : 

    8 H 44 : 2883 visiteurs et 4640 pages lues

    23 H   :  2953      "          4856        "

    18/03/2021 :

    20 H 30 : 628 visiteurs et 716 pages lues

    20/03/2021 :

    14 H 00 : 1242 visiteurs et 1267 pages lues

    24 H 00 : 1300     "           1344       "

     

     

     

    ROMAN : "Gare à l'eau qui dort" - cliquez sur les phrases ci-dessous :

     1ère Partie : Justine cherche un emploi

    2ème Partie : Entretien d'embauche entre Damien et Justine

    3ème Partie :Portrait de Damien MAYER

    4ème Partie : Louise, épouse de Damien

    5ème Partie : Justine, secrétaire de Damien

    6ème Partie : Lou, fille de Louise 1

    7ème Partie : Lou, fille de Louise 2

    8ème Partie : "Le regard magique"

    9ème Partie : l'Empreinte (1)  

    10ème Partie : L'Empreinte (2)

    11ème Partie : Le Plogging

    12ème Partie : Les enfants perdus

    13ème Partie : Quel carburant voiture ?

    14ème Partie : L'Etang

    15ème Partie : Lettres anonymes

    16ème Partie : Dorian le détective privé

    17ème Partie : Réminiscences

    18ème Partie ; Filature

    19ème Partie : Le Poucave

    20ème Partie : Sous-marin (camion de filature) et pinholes (caméras minuscules)

    21ème Partie :Dignité bafouée 

    22ème Partie : La Charité fraternelle

    23ème Partie : "Le Constat d'adultère"

    24ème Partie : La "road rage" à 200 km à l'heure

    25ème Partie : Le fouille merde

    26ème Partie ; Le Daron engraine

    27ème Partie : Choc émotionnel

    28ème Partie : Prodigieuse Lumière

    29ème Partie : Inspecteur Stan Faure

    30ème Partie : Etrange entretien

     31ème Partie : Révélations fracassantes de Dorian

    32ème Partie Adèle coupable ?

    33ème Partie : Enjeux autour d'un bébé

    34ème Partie : Duo de choc Louise et Justine

    35ème Partie : Coma Damien

    36ème Partie : Réveil Damien

    37ème Partie : Les trois mousquetaires

    38ème Partie : Une famille encombrante

    39ème Partie : La tornade blanche

    40ème Partie : Mutique imposture

    41ème Partie - Le bon curé 

    42ème Partie - Le bon curé suite

    43ème Partie : Révélations fracassantes  

    44ème Partie : Les prisons de l'âme

     45ème Partie : l'Assemblée Générale Extraordinaire

    46ème Partie : Mort de Damien

    47ème Partie : Baiser d'outre-tombe

    48ème Partie : Diners de Louise

     

     

     

     

     

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    Gare à l'eau qui dort n° 47 

     

     

    Gare à l'eau qui dort n° 47 -

     

     

    LE BAISER D'OUTRE-TOMBE

     

    Salut d'Amour - Violon - Rusanda Panfili

     

    Il sembla effectivement au prêtre, qui pourtant en avait vu d'autres, que d'étranges vapeurs s'échappaient du corps de Damien au niveau de la poitrine, puis de différents endroits du cadavre... Toutes ces vapeurs semblaient se réunir au-dessus du corps... et formèrent une sorte de silhouette fumeuse mouvante.. 

    "Je vais bien, Louise, n'aie pas peur, je vais bien !" Ce fut comme une idée qui s'imposait dans le cerveau de Louise..

    "Il dit qu'il va bien et de ne pas avoir peur...." répéta machinalement Louise, toujours de cette toute petite voix curieuse...., le visage cireux creusé par l'épouvante... 

    Le curé, prodigieusement ému, sortit son mouchoir à carreaux et s'épongea le front baigné de gouttelettes de sueur.... Il n'était pas superstitieux, non, mais là... là....  Pourtant, il avait discuté avec des veufs ou des veuves de "cette chose" incroyable...  dont ils avaient été témoins, mais pas lui ! Et voilà que "cela" lui arrivait ! ....... (Episode précédent n0 46 - cliquez sur la phrase)

     

    - "N'aie pas peur, Louise ! " répéta clairement la voix de Damien.. "Ce que tu vois, c'est mon "nouveau moi".... C'est ma carte mère, en quelque sorte, composée d'énergies et de vibrations, qui contient toutes mes émotions et mes sentiments... C'est une très belle expérience, pour moi ! Et pourtant, je ne la mérite guère... "

    La silhouette colorée se déplaça et s'arrêta à un mètre de Louise... Pétrifiée,  l'estomac noué par la peur, elle sentit son sang se glacer et cria, affolée :

    - "N'approchez pas ! Je vous interdis de m'approcher !"

    L'aumônier se signa et fit un grand signe de croix sur la silhouette... Il se plaça résolument aux côtés de Louise, comme pour la protéger. 

    - "Ce n'est pas possible, j'hallucine, c'est le choc, la fatigue...." s'écria Louise, incrédule. "Est-ce bien vous, Damien ?"

    - "C'est bien moi, Louise !" lui affirma le fantôme en lui souriant

    Surprise, elle perçut très nettement le sourire... Le voyait-elle réellement ? Elle ne le sût  pas ! Tout devenait très compliqué.... 

    - "Comment est-ce possible ? Damien, je sens que c'est bien vous... Comment est-ce possible ?" bégaya-t-elle, bouleversée... 

    - "Je ne sais pas ! Mais c'est ainsi !" lui répondit doucement Damien qui, brusquement, éclata d'un rire tendre et se pencha sur elle en l'embrassant vivement sur le front... 

    Elle sentit comme une force l'effleurer et se recula vivement, le dos plaqué sur le dossier de la chaise... Mais ce baiser d'outre-tombe, qui l'avait unie un bref instant à son défunt mari, la tira de l'épouvante dans laquelle elle était plongée. Il commença à devenir intelligible... Il lui fallut un certain temps pour en goûter toute la tendresse, la douceur, et même la saveur.... Il la fit brusquement voyager dans le temps exaltant des tendres fiançailles... Comme elle aurait aimé se blottir une éternité dans l'ivresse de ce nid tressé de doux souvenirs... Ce baiser se grava dans sa mémoire... Il fit d'elle une femme nouvelle !

    La voix caressante de Damien la sortit brutalement de son engourdissement :

    - "Tout va bien, Louise, tu es en sécurité maintenant ! Tu vas réussir dans ta vie... Je te le promets ! Ce n'est pas un cauchemar ! Ne transforme pas cet instant magique en un cauchemar... C'est comme ça ! ça ne s'explique pas ! Accepte-le !.... 
    Tu en fais une tête !"

    Il se mit à rire joyeusement, puis lui murmura, soudain avec une tendresse qui la bouleversa :

    - "Tu devrais te réjouir... Te voici libre, désormais ! Cesse de te tourmenter... et essaie de m'aimer un peu, veux tu ?"

    - "j'aurais pu vous aimer, si vous l'aviez désiré, Damien... Je vous aimais follement, au tout début... Mais vous avez tout fait pour repousser cet amour qui vous dérangeait ! Pourquoi ? Pourquoi ?" se rebella Louise, les yeux remplis de larmes... Je n'attendais que votre amour...."

    - "J'ai tellement de regrets, ma Chérie ! tellement de remords ! Mais j'étais incapable de m'aimer moi-même, j'étais comme un étranger dans ma vie, vois-tu !...."

    Un silence s'installa entre eux ! Le brave curé assistait sans comprendre aux réponses de Louise, en essayant d'être le plus discret possible... C'était pour lui un moment très embarrassant... Il ne savait que penser... Comment pouvait-elle entendre la voix de son mari défunt ? Il percevait bien la forme translucide et colorée, c'était indéniable... mais pas le moindre son ! 

    Louise sentait clairement monter en elle les étranges sentiments de remords et de regrets du "fantôme" de son mari... Elle "vit" le regard de Damien pétri de tendresse et de compassion... 

    - "Chérie, si tu savais comme le monde est beau... ! Regarde le avec des yeux tout neufs... Oublie tes griefs, chasse les mauvais souvenirs... Renais au bonheur, ma Louise... Je te le demande humblement... Renais au bonheur !"

    Un sentiment de vide abyssal la saisit ! Comment refaire sereinement sa vie, après toutes ces épreuves ? Un embarras, fort difficile à surmonter, s'érigea comme un mur entre eux... L'ombre translucide se mit à vibrer, à s'effilocher, comme si elle allait s'évanouir dans l'air... Tout pouvait basculer en un instant... Décontenancé par la violence des sentiments négatifs de Louise, Damien se sentait faiblir... La force le quittait.. Quelque chose l'aspirait ! Il retrouva toute sa conscience, se ressaisit, et tenta de se rétablir.... 

    Surprise, Louise s'inquiéta ! Elle ne lui voulait pas de mal ! Finalement, elle le gratifia d'un large sourire de paix... Alors la vie s'écoula de nouveau en goutte à goutte dans son être, rendant possible l'horizon. 

    La forme mouvante se stabilisa.... Une présence s'installait doucement au plus profond de Louise... Elle naviguait dans son esprit... Ils fraternisèrent... Moment d'une étrange complicité, hors du temps, qui mit un terme à tant d'années de souffrances et d'incertitudes 

    - "Désires-tu rester vieille fille ou bien choisiras-tu de vivre aux côtés de Tom ?" la taquina Damien. Il éclata d'un rire joyeux... "Avoue que ce serait la meilleure des solutions, non seulement pour toi, mais aussi pour Lou, ma Chérie ! Il saura répondre à ton amour .... "

    - "Mais, Damien....?" Elle était si ébahie qu'elle ne put continuer... Le rire de Damien s'enflait... Ce rire franc la désarçonnait complètement... Jamais elle n'avait entendu son mari rire de cette façon... 

    - "De quoi avons nous l'air, tous les deux, Louise ?" s'égayait Damien  "Si tu voyais ta tête ! Ecoute, Chérie, ne m'en veux plus, j'ai appris très tôt que l'amour et le sexe étaient choses répugnantes, dégradantes, humiliantes... Traumatisé par des souvenirs familiaux ...... bref, paix à l'âme de mon père et de sa femme... je suis resté coincé dans un esprit d'enfant... Je n'ai jamais pu m'en délivrer... Je me rends compte combien vivre aux côtés d'une femme adulte était au-delà de mes forces.......  De plus, mes pauvres parents m'ont inculqué la peur de manquer... Leur faillite était devenue mienne... Cela m'obsédait, vois-tu ? ....."

    - "Louise, je vais te demander une chose difficile : peux tu t'occuper d'Agathe, s'il te plaît ? Elle a accouché d'une petite fille... d'une petite Daisy... Ce bébé est le mien ! Agathe n'a que 16 ans et n'est pas en mesure d'élever un bébé seule.. Dirlo la cherche partout et veut la récupérer... Ne t'inquiète pas : Dorian est sur sa trace et le chopera bien avant qu'il ne la retrouve ... Il ne sait pas pour l'enfant ! Demande à Dorian pour la petite Agathe, il sait où elle se trouve.... 

    Et dis à Dorian combien je regrette et combien je l'estime ! Merci Chérie ! Confie les petites à Nany : elle saura leur  inculquer les bonnes manières... Lou sera ravie d'avoir une petite soeur... Tu verras, Lou va se transformer et être enfin heureuse... Elle se sentira utile et responsable... Trop difficile d'être une enfant unique, tu es bien placée pour le savoir..... 

    Chérie, je serai toujours à vos côtés ! Je suis comme aspiré et dois me résoudre à te laisser... N'oublie pas, la vie est belle, si belle ! Pense un peu à moi, et demande à ce brave curé de dire des messes pour moi...j'en ai bien besoin ! ...."

    Quelque chose frémit dans l'esprit de Louise. Une force s'arracha d'elle.... La silhouette mouvante se concentra soudain jusqu'à prendre l'aspect d'une boule lumineuse et disparut, comme avalée par l'air.... Le temps et l'espace s'étaient entrouverts... Malaise de ceux qui restaient au seuil de cette porte, fracassés par cette intrusion soudaine du Grand Mystère de la mort d'un être et de sa renaissance en un corps astral... 

    La chambre redevint terne et glaciale ! Un cadavre gisait sur le lit... Subtilement, l'air s'empuantissait...  

    Le front encore brûlant du baiser de Damien, Louise se réveilla dans une ère nouvelle... Le charme était rompu, mais la douceur, la tendresse étaient bien présentes en elle, bien réelles... Une paix intense l'habitait. Les pages de l'album familial se fermèrent sur un passé révolu... Il était chimérique de rester piégée dans l'instant présent...

    Tout de même, Louise n'aurait jamais soupçonné autant de bienveillance, de bonté, chez son mari... La perfection n'existait pas dans ce vieux monde, mais se situait peut être dans un Ailleurs ou des Ailleurs ??? Cette idée la rasséréna profondément ! 

    Elle avait appris à être forte par ses propres moyens afin d'être libre. Mais désormais, il y avait tant de choses à faire, tant de démarches à effectuer... "Courage, le passé ne dirigera plus ta vie, désormais.... Le contrôle t'en reviendra exclusivement !"... Elle soupira et se leva lourdement de sa chaise, exténuée.

    Romain se leva aussitôt et entama une longue série de prières en bénissant le corps... Puis il s'inclina et revint vers Louise, qui attendait debout au pied du lit... 

    - "Père, Damien souhaiterait que vous célébriez des messes pour le salut de son âme... Est-ce possible ?  Pouvez vous vous occuper de la Messe des funérailles ? Je tiens à vous remercier vivement de tout ce que vous avez apporté à mon mari... Je vous en suis profondément reconnaissante, mon père !"

    Romain et Louise discutèrent des modalités pour les funérailles.... Louise avait sorti un carnet et un stylo de son sac et prenait des notes.. Quand tout fut décidé, Romain lui prit les mains dans les siennes, pria pour elle, la bénit,  puis l'enjoignit d'être très prudente sur la route, car manifestement, elle avait l'esprit fort occupé par tous les évènements et les démarches à accomplir...
    Puis il prit congé et se retira, visiblement dépassé par tous ces évènements ! 

    Louise téléphona à l'Agence... Ce fut heureusement Justine qui lui répondit et promit de prévenir Adèle et les employés... Profond soulagement de Louise ! 

    Le médecin qui avait constaté le décès lui donna le permis d'inhumer.... Et ce fut le début de la galère ! Après avoir rempli toute la paperasserie requise par la Maison de repos, elle téléphona à l'Agence de Pompes funèbres familiale qui s'occupera des démarches à accomplir... 

    L'air frais du dehors lui dégrippa le cerveau, et la libéra de la chape de plomb qui l'écrasait. Elle aspira goulûment de grandes bouffées d'air... monta dans sa voiture et conduisit prudemment vers l'Agence de Pompes funèbres... 

     

    Luciole

    A SUIVRE

    Gare à l'eau qui dort n° 47 - Baiser d'outre-tombe

     15/03/2021 : 427 visiteurs et 583 pages lues

     

    ROMAN : "Gare à l'eau qui dort" - cliquez sur les phrases ci-dessous :

     1ère Partie : Justine cherche un emploi

    2ème Partie : Entretien d'embauche entre Damien et Justine

    3ème Partie :Portrait de Damien MAYER

    4ème Partie : Louise, épouse de Damien

    5ème Partie : Justine, secrétaire de Damien

    6ème Partie : Lou, fille de Louise 1

    7ème Partie : Lou, fille de Louise 2

    8ème Partie : "Le regard magique"

    9ème Partie : l'Empreinte (1)  

    10ème Partie : L'Empreinte (2)

    11ème Partie : Le Plogging

    12ème Partie : Les enfants perdus

    13ème Partie : Quel carburant voiture ?

    14ème Partie : L'Etang

    15ème Partie : Lettres anonymes

    16ème Partie : Dorian le détective privé

    17ème Partie : Réminiscences

    18ème Partie ; Filature

    19ème Partie : Le Poucave

    20ème Partie : Sous-marin (camion de filature) et pinholes (caméras minuscules)

    21ème Partie :Dignité bafouée 

    22ème Partie : La Charité fraternelle

    23ème Partie : "Le Constat d'adultère"

    24ème Partie : La "road rage" à 200 km à l'heure

    25ème Partie : Le fouille merde

    26ème Partie ; Le Daron engraine

    27ème Partie : Choc émotionnel

    28ème Partie : Prodigieuse Lumière

    29ème Partie : Inspecteur Stan Faure

    30ème Partie : Etrange entretien

     31ème Partie : Révélations fracassantes de Dorian

    32ème Partie Adèle coupable ?

    33ème Partie : Enjeux autour d'un bébé

    34ème Partie : Duo de choc Louise et Justine

    35ème Partie : Coma Damien

    36ème Partie : Réveil Damien

    37ème Partie : Les trois mousquetaires

    38ème Partie : Une famille encombrante

    39ème Partie : La tornade blanche

    40ème Partie : Mutique imposture

    41ème Partie - Le bon curé 

    42ème Partie - Le bon curé suite

    43ème Partie : Révélations fracassantes  

    44ème Partie : Les prisons de l'âme

     45ème Partie : l'Assemblée Générale Extraordinaire

    46ème Partie : Mort de Damien

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    Gare à l'eau qui dort n° 46

     

    Gare à l'eau qui dort n° 46 - Mort de Damien

     

    MORT DE DAMIEN 

     

    Le "Journal de bord" de Stan se remplissait de notes... Journée mémorable dont il se souviendra longtemps ! Allait-il devoir s'en aller sur la pointe des pieds, laissant Louise, accompagnée de son père, gérer tranquillement l'Agence ? Tant que le père de Louise payait.... rien ne pressait ! 

    Allait-il perdre de vue Justine ? Ses missions l'emmenaient souvent aux quatre coins de la France, voire du Monde... Il soupira et referma son journal sur un voeu pieux ... Si seulement Louise voulait bien l'embaucher définitivement ??? Il devenait franchement un vieux garçon...  (Episode  précédent n°45 Assemblée Générale extraordinaire - cliquez sur la phrase)

     

    Le vieil aumônier Romain se hâtait, son coeur tourné vers Damien, cet homme étrange gravement malade qui, après une vie rebutante ancrée dans le vice et la malice, s'ouvrait désormais à la Grâce avec une Foi incroyable.... C'était chose prodigieuse pour le petit curé qui en éprouvait une plénitude de satisfaction et un encouragement considérable... Il ne fallait jamais désespérer.... c'était faire insulte à l'Amour ! Romain exultait ! Qu'il grave tout ceci dans son âme à jamais, pour les jours de désert..., on ne sait jamais ce que l'extrême vieillesse réserve ! 

    Son Dieu était Celui qui montait tous les jours en haut du Chemin et regardait à l'horizon pour voir si son enfant prodigue lui revenait... (Luc 15,11-32).   Tout comme cet enfant, Damien avait dilapider ses biens en menant une vie de désordre... Condamné à une extrême pauvreté de vie par sa faute et à la maladie, rejeté par les siens, ce pauvre Damien avait enfin décidé de se repentir, et de se tourner vers le Père... A ce même Père qui, voyant son fils prodigue au loin, court de jeter à son cou et le couvre de baisers, tout heureux de le voir revenir malgré toutes ses fautes.... 

    Cette Parabole de Jésus avait bouleversé Damien et il l'avait faite sienne ! Elle avait été le départ de son incroyable conversion, en à peine deux mois ! Les prières du "petit curé" étaient largement exaucées.... 

    Ce couloir était interminable ! On avait exilé Damien à l'autre bout, tant ses crises perturbaient le voisinage... Brouhaha des pas pressés du personnel infirmier, des visiteurs qui arrivaient et des chariots qui grinçaient.... Les aides-soignantes terminaient de ramasser les couverts du déjeuner avec fracas... Pensée émue de Romain envers tous ces malades qui devaient supporter ce tapage incessant !

    Il stoppa net, surpris de voir un attroupement d'infirmières, ainsi qu'un médecin parlementant avec une ravissante femme blonde, fort élégante, qui détonnait étrangement dans ce lieu de misère humaine..., juste devant la porte de la chambre de Damien... Avec sa crinière bouclée de lionne lui retombant sur les épaules, son tailleur-pantalon bleu azur, son chemisier crème et ses hauts talons, elle avait l'allure d'une gravure de mode.... 

    Son coeur s'emballa... Il accéléra le pas... Des larmes roulaient sur les joues livides de la femme... Elle s'appuyait sur le chambranle de la porte comme pour garder l'équilibre. 

    - "Ah, Romain, venez mon Père, on aura besoin de vous ! Je vous présente Madame de Montabert, épouse de Monsieur Mayer...

    Romain est notre fidèle aumônier, et vient tous les jours rendre visite à votre mari, Madame... Il a fait un travail formidable avec lui, et lui a redonner goût à la vie... Avec Romain, Monsieur Mayer a recouvré la parole et ils discutaient ensemble plus de deux heures par jour... Romain le promenait dans le couloir et votre mari retrouvait le sourire....

    C'est pourquoi je lui ai proposé hier soir de retourner chez lui... Je voulais vous en parler ce matin... Nous avons tous été choqués par sa mort brutale survenue dans la nuit....."

    - "Damien est décédé ?" suffoqua brusquement Romain, le coeur retourné... "Comment est-ce possible ? Hier, il semblait si bien ?"

    - "Nous savions que Monsieur Mayer pouvait partir à tout moment...Il était en sursis...  Un AVC, Romain ! Avec son cerveau endommagé, c'était prévisible... Nous n'avons rien pu faire ! Je suis désolé, Romain... Je sais que vous étiez devenus des amis !.... C'était votre poulain, et vous l'avez si bien préparé au départ.... Nous vous en sommes tous reconnaissants, Romain... Vous l'avez transformé.... "

    - "Pouvons-nous le voir ?" souffla Romain..., réalisant soudain que Damien avait préféré mourir à l'abri des siens... 

    Le médecin alla leur ouvrir la porte. Louise semblait être scotchée au mur... Le prêtre lui prit doucement le bras et la tira lentement dans la chambre vers le lit où Damien reposait, un grand sourire aux lèvres... Il semblait dormir paisiblement... 

    Louise, stupéfaite, ne le reconnut pas et crut à une méprise... Il fallut la calmer, la convaincre... Il était décharné, affreux, un vieillard squelettique ! Il avait un visage émacié, ce n'était pas lui... ce n'était pas lui... !!! Un petit bonnet de coton blanc cachait les cicatrices de son crâne dégarni...

    Il semblait avoir cent ans, cet homme qui ne ressemblait en rien à son mari ! Louise était comme une petite fille effrayée, égarée... 

    Romain lui parlait tendrement en lui tenant la main... Il recomposait pour elle de beaux souvenirs qu'elle n'entendit pas... ou si peu... Louise se sentit vieillir à une vitesse folle... La mort de Damien la ramenait à sa propre déchéance ! Allait elle être si laide ? "On ne naît que pour mourir un jour !" 

    Ce mouroir la répugnait ! Il respirait le malheur... Elle eut brusquement conscience de l'absurdité de la vie des vieux, des malades, qu'on entassait là parce qu'ils dérangeaient... Cette idée la frappa de plein fouet... Toutes ces certitudes volaient en éclats... Il fallait être solide pour subsister dans ce lieu... dans cette solitude forcée, démesurée... Le remord vint lui fouailler les entrailles... La culpabilité lui coupa le souffle... lui rongea l'estomac... 

    Romain se précipita, se saisit d'une chaise et l'aida à s'asseoir ! Elle vacillait ! Elle aurait dû venir... Elle aurait dû venir plus tôt... Elle aurait dû venir faire la paix avec lui... 

    - "Qui venait, à part vous, mon Père ?" souffla t-elle

    - "Sa mère ! Elle venait tant qu'elle le pouvait ! Tous les Week end, elle était là, à lui tenir la main et elle tentait de discuter avec lui.. Il finissait toujours par lui embrasser la main en l'appelant "Maman"... Un femme digne et fière qui lui faisait du bien ! Elle était la seule personne avec qui il osait un peu parler, en dehors de moi... Je l'ai rencontrée plus d'une fois et je l'estime beaucoup... C'est une femme aimante et courageuse..."

    Adèle ! Elle s'appuya au dossier de la chaise, abasourdie... Un flot de reconnaissance lui envahit la poitrine. .. Jamais Louise n'oubliera cet instant où elle découvrit brutalement la tendresse et le courage d'une mère... Elle ne lui arrivait pas à la cheville ! 

    - "Je crains d'être une mauvaise mère, mon père !" avoua timidement Louise, en larmes... "J'aime ma fille, je le sais, mais c'est une nounou qui l'élève ! Je ne lui consacre que si peu de temps et si peu d'affection au quotidien... Je ne sais pas.... je ne sais pas faire... "

    Elle rencontra les yeux remplis d'amour et de compassion du père qui lui réchauffèrent le coeur... Il prit une autre chaise, s'assit à ses côtés et lui reprit la main... tout en la regardant avec bienveillance...

    - "Je serai toujours à vos côtés, Madame, si vous le désirez ! Nous pourrons discuter autant qu'il vous plaira... Il est bon parfois de se libérer de tout son passé... C'est ce qui a sauvé votre mari, voyez vous ! J'ai pour lui une tendresse toute paternelle...."

    Et il lui raconta son mari ! Il lui révéla son désir de fuite... Sa vie avait perdu toute couleur... IL n'arrivait plus à combler le vide... Il flottait dans l'immobilité, l'isolement... Chaque matin, il nourrissait son rêve en imaginant des plans... Puis ces espoirs obstinés de fuir son destin se sont progressivement transformés en un profond sentiment d'absurdité ! Il a fini par reconnaître toute la stupidité de ses projets ! Il avait atteint un palier...

    - "Et c'est à partir de ce moment-là que nous avons pu enfin travailler ensemble sérieusement.... Et il s'ensuivit un parcours de deux mois fort lumineux dans lequel il entra de son plein gré avec un courage obstiné... C'était impressionnant ! Je n'ai jamais assisté à pareille conversion... Son âme s'ouvrait à la spiritualité comme une fleur au soleil... Elle avait tant besoin d'eau pure !"

    - "Et... il vous a parlé de nous ?" se hasarda Louise

    - " Bien sûr ! Il avait l'impression d'avoir gâché sa vie, d'être un fardeau pour sa famille  ! Vous savez, il cachait une souffrance terrible derrière son masque d'indifférence... Un lourd passé, celui de son enfance,  s'était dressé entre vous et lui : son enfance lui pesait beaucoup... Il savait qu'il allait mourir... Il avait besoin de se dépouiller de tout ses mensonges, de toutes ses erreurs, de tout ce qui l'entravait... Alors il a demandé pardon ! 

    Louise, voyez vous, le plus beau cadeau que l'on puisse faire à une personne, c'est de l'écouter ! Prenez le temps d'écouter les autres, d'écouter votre fille... et de vous écouter vous-même ! Et pardonnez ! Vous vous libérerez ainsi des liens négatifs, des liens destructeurs, en pardonnant... Pardonnez, Louise... c'est votre porte de salut !"

    Quelque chose clochait en elle, quelque chose d'abasourdissant qui se cognait aux murs de sa mémoire comme une mouche aux vitres d'une fenêtre....  quelque chose de capitale qui l'interpellait violemment ! Une phrase se révéla :  "..... Je lui ai proposé de retourner chez lui....." 

    - "Pourquoi a t-il voulu mourir quand il a appris qu'il allait revenir chez nous ?" s'interrogea violemment Louise, tout en reconnaissant qu'elle aurait eu bien du mal à l'affronter, à l'accepter de nouveau dans la maison... Non, de cela, elle en était certaine, elle ne l'avait même pas envisagé...... Apparemment , lui non plus ! lui non plus ! 

    - ".......Peut être avait-il besoin de mourir seul, librement, paisiblement...  La frontière est mince entre le Ciel et la Terre, voyez vous ! En fin de vie, il suffit parfois d'accepter de se détacher du matériel, d'accepter de partir, de surmonter la peur de la mort, de...... larguer les amarres...." lui suggéra généreusement le pauvre curé qui avait déjà tout compris

    .......

    Il stoppa net... Les yeux écarquillés de Louise fixaient quelque chose au-dessus du corps de son mari... Elle lui cramponna la main... chancela, verte de peur... Sa main était glacée... Pétrifiée, elle étendit la main droite en pointant son index  sur la poitrine de son mari, et dit d'une voix blanche :

    "ça ! ça ! Romain, qu'est-ce-que-c'est ?"

    Il sembla effectivement au prêtre, qui pourtant en avait vu d'autres, que d'étranges vapeurs s'échappaient du corps de Damien au niveau de la poitrine, puis de différents endroits du cadavre... Toutes ces vapeurs semblaient se réunir au-dessus du corps... et formèrent une sorte de silhouette fumeuse mouvante.. 

    "Je vais bien, Louise, n'aie pas peur, je vais bien !" Ce fut comme une idée qui s'imposait dans le cerveau de Louise..

    "Il dit qu'il va bien et de ne pas avoir peur...." répéta machinalement Louise, toujours de cette toute petite voix curieuse...., le visage cireux creusé par l'épouvante... 

    Le curé, prodigieusement ému, sortit son mouchoir à carreaux et s'épongea le front baigné de gouttelettes de sueur.... Il n'était pas superstitieux, non, mais là... là....  Pourtant, il avait discuté avec des veufs ou des veuves de "cette chose" incroyable...  dont ils avaient été témoins, mais pas lui ! Et voilà que "cela" lui arrivait ! .......

    Luciole

    A SUIVRE 

    Gare à l'eau qui dort n° 46 - Mort de Damien

    Bisous et à bientôt

     

    Bonsoir cher(e)s aminautes.... Quelques nouvelles :

    Désolée de vous avoir abandonnés quelques jours, mais après 2ème vaccination Covid, me voici bien malade !!!

    Très grande fatigue, frissons glacés, froid intense, bras gauche piqué douloureux ainsi que tout le côté gauche haut du  dos, épaule, cou, visage et tête, courbatures et crampes dans tout le corps, avec impossibilité de dormir, et surtout fièvre intense pouvant passer progressivement de plus de 39° à 37°5 après prise de Dafalgan 500 mg... 

    Bref, suis accro au Dafalgan 500 mg.... un toutes les quatre heures selon conseils Médecin du Samu....  (A voir avec votre médecin, bien entendu ! Attention !)

    Pas dormi cette nuit (crampes très désagréables)... sortie du lit ce matin vers 9 H 30 à cause chaleur intense, sueurs à grosses gouttes... Pris une petite douche tiède (faites attention d'avoir un siège dans douche !!!) et ...  malaise... 39° 5.... Vite un Dafalgan ! J'en suis au 3è à 17 H : 37°6 !!! Le yoyo.... :-((

    Démoralisant ! 

    Mange très peu, afin de ne pas encombrer l'estomac... Depuis nuit de Vendredi : pas moyen de me décoller de mon fauteuil relax : je "tourne" ! (sauf ce soir, pour terminer ce récit prêt depuis Mercredi, avant piqure Jeudi... Mais bien parce que "c'est pour vous " : :-)) !

    Si demain idem : on fonce chez le Médecin (surbooké !)

    Si vous avez ces symptômes  avec forte fièvre, diarrhées, vomissements  - et que vous êtes une" personne âgée" : vite, consultez !

    Les mêmes symptômes que moi depuis plus de  4 jrs : consultez !

    Pas rien, cette vaccination, dont l'efficacité ne dure que 6 mois en principe ..... Il fallait la faire, mais quel effets indésirables ! Vais y aller à reculons en Automne !!! 

    Quand je pense que je reste confinée depuis le début, en me préservant au possible !!! 

    Il paraît que c'est parce que j'ai des anticorps hyper-actifs : j'e n'en demandais pas tant !!! Ils apprennent lentement à reconnaître l'intrus : le virus, à la 1ère injection, puis ayant bien compris entre temps, attaquent dur-dur à la 2ème injection ! 

    Dur-dur, ça oui ! 

    Vous embrasse tous bien fort... virtuellement ... 

    Bon courage ! 

     

     

     

     

    Magnifique vidéo très explicite !

     

     

    ROMAN : "Gare à l'eau qui dort" - cliquez sur les phrases ci-dessous :

     1ère Partie : Justine cherche un emploi

    2ème Partie : Entretien d'embauche entre Damien et Justine

    3ème Partie :Portrait de Damien MAYER

    4ème Partie : Louise, épouse de Damien

    5ème Partie : Justine, secrétaire de Damien

    6ème Partie : Lou, fille de Louise 1

    7ème Partie : Lou, fille de Louise 2

    8ème Partie : "Le regard magique"

    9ème Partie : l'Empreinte (1)  

    10ème Partie : L'Empreinte (2)

    11ème Partie : Le Plogging

    12ème Partie : Les enfants perdus

    13ème Partie : Quel carburant voiture ?

    14ème Partie : L'Etang

    15ème Partie : Lettres anonymes

    16ème Partie : Dorian le détective privé

    17ème Partie : Réminiscences

    18ème Partie ; Filature

    19ème Partie : Le Poucave

    20ème Partie : Sous-marin (camion de filature) et pinholes (caméras minuscules)

    21ème Partie :Dignité bafouée 

    22ème Partie : La Charité fraternelle

    23ème Partie : "Le Constat d'adultère"

    24ème Partie : La "road rage" à 200 km à l'heure

    25ème Partie : Le fouille merde

    26ème Partie ; Le Daron engraine

    27ème Partie : Choc émotionnel

    28ème Partie : Prodigieuse Lumière

    29ème Partie : Inspecteur Stan Faure

    30ème Partie : Etrange entretien

     31ème Partie : Révélations fracassantes de Dorian

    32ème Partie Adèle coupable ?

    33ème Partie : Enjeux autour d'un bébé

    34ème Partie : Duo de choc Louise et Justine

    35ème Partie : Coma Damien

    36ème Partie : Réveil Damien

    37ème Partie : Les trois mousquetaires

    38ème Partie : Une famille encombrante

    39ème Partie : La tornade blanche

    40ème Partie : Mutique imposture

    41ème Partie - Le bon curé 

    42ème Partie - Le bon curé suite

    43ème Partie : Révélations fracassantes  

    44ème Partie : Les prisons de l'âme

     45ème Partie : l'Assemblée Générale Extraordinaire

    46ème Partie : Mort de Damien

     

     
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    LES PECHES CAPITAUX :

     

    QUELLE CIBLE RATE-T-ON ? 

     

     

     

    Mais qu'est-ce le péché exactement ?
     
    En quelques mots :
     
    c'est un manque d'amour envers Dieu, son prochain et soi-même.
    "Le péché est avant tout offense à Dieu, rupture de la communion avec Lui..."
     
    Catéchisme de l'Eglise Catholique n° 1440
     
     
    Voici la liste des 7 péchés capitaux et ceux qui en découlent :
     

    LES PECHES : KESACO ?

     
    Il est important de connaître celui dans lequel nous tombons le plus souvent...

     

     
    Mais soyons rassurés :
     
    "le Seigneur ne nous traite pas selon nos péchés,
    ne nous rends pas selon nos offenses".
     
    car il est Miséricordieux.
     
     
    Il a dit par Soeur Faustine :
     
    "Plus grand est le péché
    plus grand est le droit à la Miséricorde"
     
    .
     
    Enseignement de Soeur Marie Noël : Dominicaine à Salernes (83)
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