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    GARE A L'EAU QUI DORT N°45

     

     

    Gare à l'eau qui dort n° 45 - Assemblée générale extraordinaire 

     

    L'ASSEMBLEE GENERALE EXTRAORDINAIRE

     

    (d'après le "Journal de bord" secret de Stan)

     

     

     Beethoven

     

    Cependant, son dos ne se dénouait pas et continuait à le lancer violemment. Il eut beaucoup de mal à se redresser... Chaque pas lui coûtait ! Pas bon signe, ça ! "J'ai fait ce que j'ai pu" se rassura t-il... "Cet homme a des facultés mentales altérées, c'est certain... J'espère qu'il s'en sortira, mon  doux Seigneur, je l'espère tant !" (Episode précédent  n°44 - "Les prisons de l'âme" - cliquez sur la phrase)

     

    Les comptes bancaires et l'activité de l'Agence d'Assurances avaient été temporairement paralysés après l'absence imprévue de son patron, Damien Mayer. Afin d'éviter la faillite et le dépôt de bilan, l'Inspecteur des Assurances Stan avait été désigné "Administrateur provisoire" par Monsieur le Baron Henri de Montabert, actionnaire principale de la Société en compagnie de sa fille Madame la Baronne Louise de Montabert, épouse de Damien Mayer. 

    Mais l'arrivée inopinée de Louise avait tout remis en question... 

    Louise et son père représentaient donc plus de la moitié des parts sociales de l'Agence d'Assurances....  Damien, reconnu inapte par le Conseil d'Administration au grand complet, dont Monsieur le Baron était le Président en tant qu'actionnaire principal, fut révoqué à l'unanimité.

    Une Assemblée Générale Extraordinaire fut instaurée. Monsieur le Baron Henri de Montabert, souffrant, avait donné procuration à l'Inspecteur Stan afin de le représenter en son absence,....au grand soulagement de sa fille Louise.  Le Conseil d'administration avait validé !

    L'Assemblée Générale Extraordinaire désigna, non sans mal,  Louise comme nouveau gérant de l'Entreprise. On procéda à la rédaction d'un procès-verbal ainsi qu'à la nomination des nouveaux Statuts.  Les tiers en furent informés lors de la publication d'une annonce légale... et toutes les formalités obligatoires furent réalisées auprès du Greffe du Tribunal du Commerce. 

    Louise soupira, profondément soulagée... Elle pouvait désormais donner le maximum d'elle-même dans la gestion de l'Agence sans être constamment freinée par les agissements de quelques employés contestataires... 

    Stan avait accompli des prodiges pour obtenir ce résultat inespéré, tout en ayant regretté profondément l'absence de l'autorité presque toute puissante du Baron, qui savait maintenir l'ordre et la discipline comme personne ! 

    "Destin subi, bien loin de mes prétentions journalistiques. mais bon : qu'il en soit ainsi !" se résigna Louise, Elle balaya vivement ses réticences et s'estima fort chanceuse d'échapper au lot de la plupart des femmes dont la seule issue possible semblait souvent se limiter aux emplois de secrétariat... 

    Après tout, une femme pouvait parfaitement prétendre à devenir aussi bonne gestionnaire qu'un homme. Ce n'était pas une question de sexe, mais de personnalité ! 

     

    Comme prévu, la réunion fut fort houleuse !

    "Une réunion de faux-culs !" s'était indigné Stan, au comble de l'exaspération. "Mais plus l'humain s'élève, plus il paraît petit aux yeux de ceux qui ne savent pas voler- Oh, ce n'est pas de moi, Louise, mais de Friedrich Nietzsche...
    Ne vous frappez pas : vous en verrez d'autres !"

     

    Cependant, il était heureux ! Son élève l'avait comblé au cours de cette fastidieuse réunion. Il ne cessait d'admirer son organisation, son sens du civisme et sa rigueur confinant presque, parfois, à de la maniaquerie . Elle travaillait comme une forcenée jusqu'à des heures tardives, s'infligeait des déjeuners d'affaires dans lesquels elle excellait, souvent en compagnie de Stan,  avec des milliardaires avisés et cupides ou avec des clients affairés de l'immense "Ville-Résidence-privée-des-Privilégiés" enclose de murs d'enceinte, dont elle faisait partie, afin d'élargir la clientèle de l'Agence .... Tout en se permettant, de surcroît, de rester encore fraîche et élégante, souriante et disponible lors des dîners mondains chez elle.... toujours en vue de promouvoir les activités de l'Agence.... 

    "Une formidable machine de guerre, cette femme !" s'inquiétait souvent Stan... Toute discipline exigeait des décisions rapides de l'esprit, certes, mais sollicitait également  l'adhésion du corps ! Celle d'un corps sain et reposé.... Cette vie de cinglée allait l'enlaidir, l'user prématurément ! Ce serait  fort dommage...  

    Pendant cette réunion pourrie, elle avait dû faire face, avec un sourire désarmant et un port de reine, à une ambiance de violence verbale constituée de tensions sociales survoltées, de revendications de toutes sortes basées essentiellement sur les manques de considération de la hiérarchie... dont les égarements et les vicissitudes éclaboussaient l'Agence et ses employés, et coûtaient fort cher à l'Entreprise.... 

    Louise, d'une élégance raffinée et soigneusement maquillée, le fin visage auréolé de boucles blondes savamment élaborées retombant sur ses épaules, n'avait manifesté aucune once de colère ou d'impatience. Elle avait regardé chacun avec une assurance et une bienveillance qui avaient stupéfié Stan.... Elle s'était surpassée en douceur et en subtilité, avec une voix chaude, caressante dépourvue d'agressivité... 

    Pas une seule fois, elle n'avait perdu son calme, elle d'ordinaire si volcanique ??? Son charme avait opéré... Une reine, cette femme, une reine à la hauteur de son assurance ! Stan avait été terriblement impressionné ! 

    Perchée sur de coûteux escarpins à talons aiguille, elle s'était avancée lentement vers la place habituellement occupée par "le Patron", Monsieur Damien.... ("Une provocation ! franchement, quoi ! " avait murmuré une personne féminine de l'Assemblée)  tout au bout de l'immense table en bois exotique encombrée de micros, d'ordinateurs portables, de bouteilles d'eau et de verres en cristal, de dossiers.... Majestueuse table qui trônait dans la luxueuse Salle de réunion contigüe au bureau de Louise, préparée par les Hôtesses d'accueil et Ophélie.

    Elle portait une jupe crayon bleu azur fort seyante qui mettait en valeur ses longues jambes fuselées et musclées. Un chemisier en satin nacré, rentré dans la jupe soulignant ainsi sa taille de guêpe, se tendait sur des seins menus et fermes... Elle avait volontairement laissé la veste de son costume dans son bureau et, avec le même objectif de simplicité, s'était présentée sans le moindre bijou.

    Elle avait serré chaleureusement des mains tendues, avait échangé quelques salutations  et politesses aimables, en focalisant son attention sur chacun avec gentillesse... puis s'était assise avec majesté, son ordinateur portable ouvert devant elle... suivie de Stan, à sa droite et  Justine et Adèle, à sa gauche, de chacun des côtés latéraux de la table... Les membres de l'Assemblée avaient pris place à leur suite.

    La séance fut levée ! Le quorum étant respecté, Stan avait lu l'Ordre du Jour avec componction..., ménageant des pauses sensibles après chaque point afin d'impressionner et surtout, d'imprimer le contenu du document... dans les esprits.

    L'Inspecteur, fort élégant dans un trois pièces gris clair, chemise satinée crème moirée de jaune au col ouvert sans  cravate ni noeud papillon sous le gilet cintré soigneusement boutonné, surveillait discrètement les réactions de Louise.

     

    Il se souvint avec émotion de sa prestance intimidante et de son clair regard qui rayonnait sur tout un chacun...

     

    Justine était toute en beauté brune... Ses lourds cheveux lustrés relevés en chignon dégageaient une nuque sublime. Elle était sanglée dans un tailleur noir très chic, qui flattait sa silhouette mince et sportive, ouvert sur un chemisier satiné dont la couleur mauve pâle s'harmonisait à merveille avec sa chevelure brune, son teint hâlé et ses yeux sombres ou noisettes, selon l'humeur du moment...
    Son maquillage discret, lumineux, avait ému douloureusement Stan, dont le coeur, brusquement ébranlé, battait la chamade... Ils avaient échangé un bref regard intense, elle lui avait souri... Elle dégageait une aura de bonté, de tendresse, d'indulgence et surtout d'intelligence... Elle était si belle qu'il était difficile de ne pas la couver du regard.... Les hommes ne s'étaient guère gênés de la reluquer en douce, ce qui agaçait prodigieusement Stan 

    Adèle s'était contentée d'un strict tailleur beige rose et d'un chemisier satin crème. Elle avait eu recours aux mains habiles de Justine pour un maquillage subtil qui lui allait à ravir... Sur les conseils avisés de Louise, elle avait abandonné ses éternelles permanentes laquées, les colorations, et arborait une coupe courte d'un blanc lumineux qui lui adoucissait le visage et, paradoxalement, la rajeunissait... Ses oreilles se paraient de fines perles nacrées. Stan l'avait trouvée vraiment jolie... mais très tendue, anxieuse, sur la défensive. Ses petits yeux sombres, vifs et perçants erraient sur les membres de l'Assemblée comme pour vouloir les évaluer, les tester., les jauger... 

    A la suite de Stan, Louise s'était lancée dans un résumé strict de la situation et avait rapidement terminé sa prestation.

    Après un court silence, les membres de l'Assemblée s'étaient soudainement enflammés...

    Stan se souvint d'avoir ravalé son agacement avec effort, prêt à rugir ! Les actes délictueux de Damien furent brandis, étalés, disséqués par certains, qui refusaient désormais toute implication de la famille et souhaitaient la vente de l'Agence à une Société d'Assurances très influente de la région, qui en offrait gros. Louise avait laissé échapper un rire amusé, puis avait répondu tranquillement que rien ni personne  ne pouvaient l'obliger à vendre l'Agence, ni à la laisser absorber par un groupe , quel qu'il soit !.... 

    Revint en mémoire de Stan une partie des multiples propos véhéments de l'Assemblée  : 

    - "Madame, les enquêtes de la police et les experts ont dévoilé un grand nombre d'erreurs de la part de votre mari ainsi que des faits de corruption intolérables.... Toutes ces dérives ont fortement affaibli l'Agence et nous coûtent très cher !" s'exaspéra une employée, membre d'un syndicat très virulent. 

    - "Mon mari, hospitalisé, dans un état de santé alarmant, paralysé et ayant perdu l'usage de la parole, sujet à des crises d'épilepsie, le paie très chèrement, Madame, dans sa chair et dans son esprit...
    Les complices et influenceurs de Monsieur Mayer, ont été licenciés sur le champ !" avait répondu calmement Louise.... "Croyez bien que je déplore, tout autant que vous, cette situation ubuesque, particulièrement affligeante pour ma famille, ma fille et moi !"

    Son regard compréhensif s'était arrêté longuement sur chaque interlocuteur qui avait réagi aux propos de la femme en discutant ferme ou en grommelant entre eux.... Que pouvait elle dire d'autres ?

    - "Madame, la perquisition des éléments comptables de l'Agence, la présence d'une taupe au sein de l'administration nous ont tous traumatisés... "

    - "C'est exact, Madame ! Entièrement d'accord avec ma collègue... Les données personnelles des clients ont été piratées... Nous avons rencontré de graves difficultés avec notre compte client... Toutes ces perturbations ont réussi à déstabiliser une Entreprise qui pèse quand même des milliards..."

    - "Et nous avons été sollicités de toutes parts sans pouvoir trouver des réponses valables, Madame... Nous avons été laissés dans l'ignorance la plus totale.... Seuls les journaux nous ont révélé tout ce qui nous avait été volontairement caché... C'est tout simplement inadmissible !" renchérit un jeune loup, malade de voir lui échapper une grosse partie de ses commissions.... 

    - "On a réussi à craquer le code de nos ordinateurs, Madame, et à s'infiltrer dans tous les fichiers.... Tous les dossiers ont été passés au peigne fin.... C'est fort regrettable et peu rassurant !" 

    etc, etc..... 

    Tout le personnel présent, et même le banquier, pourtant fort au courant des exactions de son client et qui avait volontairement fermé les yeux, les avaient approuvés tout en braquant sur Louise des yeux remplis de dégoût, de colère et d'effroi. Un jeune chef comptable lui avait lancé effrontément :

    - Les actes délictueux comptent déjà beaucoup sur la balance des griefs, Madame, mais leurs conséquences peuvent vous échapper... La Justice suit son cours ! Comment allons nous nous en sortir ?"

    "Ce petit chef, monté sur ses ergots, se donne beaucoup trop d'importance" s'était énervé silencieusement Stan. Mais il était si difficile de garder ses qualités d'homme dans ce monde où l'esprit de compétition et la corruption faisaient rage...  Stan le connaissait bien et pressentait que sa probité avait dû beaucoup souffrir des irrégularités de son patron. La peur et la colère avaient pris le pas sur sa prudence habituelle........

    Cependant, la violence de tous ces propos collectifs avait horrifié Stan. "Il faut que Louise reprenne le contrôle de la situation au plus vite" avait-il pensé, exaspéré par son silence.... Il avait deviné que la honte et le chagrin, derrière le sourire contraint, l'avait empêchée de répondre... 

    Il s'était senti affreusement seul et de plus en plus anxieux sur l'avenir de la Société. Une menace avait pesé gravement, et bien trop longtemps, dans l'air suffoquant de la Salle des réunions... 

    Mais Louise était restée muette. Sa beauté, son charisme et ses manières aisées avaient imposé progressivement un lourd silence... 

    A la surprise générale, crevant ce silence éprouvant, Adèle s'était brusquement lancée dans un plaidoyer envers sa patronne avec fougue. Elle avait adopté les points de vue de Louise  et de Stan sans aucune hésitation et encourageait tout le monde a en faire autant... Rien n'était perdu...

    Initiée aux coulisses du pouvoir, elle portait sur Louise un regard complice, sincèrement admiratif qui stupéfia l'assistance. Elle était transformée, cette Adèle, et devenait brillante. Sa profonde admiration envers leur nouvelle patronne rassurait, redonnait confiance. Enfin !

    Justine, mince, élancée, d'une fraîcheur éblouissante, avait volé au secours d'Adèle. Stan, subjugué par sa beauté musclée et tonique, l'avait observée avec attention... Une perle, qui s'abstenait volontairement d'étaler ses compétences afin de ne pas porter ombrage à sa patronne. Elle s'était contentée de résumer toutes les mesures innovantes et brillantes prises par Louise pour contrôler toute la situation.

    Cette femme intelligente dégageait une empathie respectueuse qui avait bouleversée l'assistance. 

    La tendre complicité entre ce quatuor - Louise, Stan, Justine et Adèle - n'échappait à personne et avait fortement ébranlé les esprits échauffés. Cette entente était si évidente, si magnifique qu'elle avait fini par porter ses fruits. Elle envoyait des messages forts qui avait calmé les membres de l'Assemblée mieux que des mots.... 

    L'intelligence de Louise l'avait rapidement pressenti ! Elle eut l'idée géniale de présenter succinctement Adèle comme un modèle, une personne compétente en laquelle elle avait totalement confiance. Non seulement Adèle avait l'art de filtrer, voire d'assumer toutes les communications téléphoniques, tout en s'occupant du courrier confidentiel, mais elle la déchargeait de nombre de complications administratives et bureaucratiques.... Et elle l'avait remerciée chaleureusement devant tout l'auditoire.

    Adèle avait piqué un fard et s'était subitement rengorgée, émue aux larmes... Sa belle-fille lui avait appris à reprendre confiance en elle et à oublier son stress habituel. Elle lui avait permis d'améliorer son bien-être en créant "du vivre-ensemble" dont elle découvrait toutes les richesses désormais... 

    Stan se souvint des sourires ironiques de certaines personnes de l'Assemblée qui doutaient encore de la probité d'Adèle.... Il était si difficile de forcer les gens à oublier certaines attitudes déplaisantes du passé. 

    Puis Louise s'était soudainement employée à remercier vivement Stan de tout ce qu'il lui avait transmis. Tous leurs efforts fructueux commençaient déjà à porter leurs fruits. Elle les avait assurés tous qu'ils continueront à améliorer ensemble tous les aspects de leur activité. Un Cahier de doléances ou tout simplement de suggestions, était à leur disposition, placé en évidence près la photocopieuse... 

    Stan fut particulièrement soulagé de constater que tous les membres de l'Assemblée avaient reconnu la capacité de Louise à simplifier et organiser toutes choses, ce qui avait permis d'éviter bon nombre de complications, et à réaliser le plus grand bond qui soit en informatique ! 

    Puis Louise les avait encouragés à procéder à un examen approfondi de leurs relations avec chacun des membres de l'Entreprise, afin d'envoyer une image positive  et rassurante de l'Agence à tous les clients et futurs clients... 

     

    Stan nota scrupuleusement tout le déroulement mémorisé de cette Assemblée extraordinaire, ainsi que ses émotions, ses ressentis, ses réflexions...  dans son "Journal de bord" secret,  et jubila devant la tournure favorable de cette réunion extraordinaire qui avait pourtant démarré sur les chapeaux de roues dans un contexte particulièrement conflictuel... 

     

    Confidences de Louise.....: 

    Elle avait été si satisfaite de constater que la situation était désormais sous contrôle. Elle avait ressenti une fièvre, une émotion, une euphorie indicible communicatives qui avaient calmé chacun des membres de l'Assemblée.

    Il existait tant de manières différentes d'être utile aux autres. Travailler à une communion entre tous les employés en élargissant leur capacité d'aimer était la clé de leur réussite ! 

    Elle devra continuer à se tenir au courant de tout, de lire tous les journaux, d'écouter plus souvent les avis des uns et des autres, et de faire régner une communion fraternelle entre tous les gens autour d'elle, y compris dans sa propre famille... Cette évidence l'avait violemment bouleversée et avait réveillé un souvenir confus enfoui en elle ! 

    Quelque Chose l'aidait ! Quelque Chose d'indicible, d'insaisissable mais tellement réelle ! Elle se souvint brusquement de cette Lumière qui l'avait frappée comme le tranchant d'une Epée lors de son évanouissement (voir ICI !)... Cette Lumière de la Connaissance qui se révélait Elle-même.... Le rayonnement de Dieu en son coeur, qui l'avait encouragée à apprendre à nager au milieu des requins... 

    S'ouvrir à l'Inconnu, avec exaltation, joie, plénitude.... avec confiance ! Sentiment d'euphorie ! Profonde gratitude ! 

    Faire face à toutes réalités et trouver le moyen de surmonter les obstacles étaient pour elle un changement nouveau très positif, qui se répercutait immanquablement sur les autres... Quelle passionnante aventure ! Il faudra sans cesse améliorer son mental, sa volonté, son courage... 

     

    Au cours de la réunion, brusquement elle s'était mise à parler à tous les membres de l'Assemblée...

    - ".....S'écouter mutuellement, se comprendre profondément, privilégier le partage des idées, des peines, des joies étaient passionnant ! La volonté de se respecter, de s'aimer, de créer ensemble, étaient des atouts essentiels pour réussir, réussir dans sa vie, réussir dans l'entreprise....

    Réussir cette aventure exaltante ensemble, un pour tous, tous pour un ! 

    Stan avait ri à cette boutade . Il avait déclamé avec une emphase voulue qu'il voulait comique, afin de dérider les personnes de l'Assemblée :

    - "Là où il n'y a pas d'amour, mettez de l'amour, vous obtiendrez de l'amour".... Ce devait être une consigne de ..... Saint Jean de la Croix, je crois ! ?"

    - "Tout à fait !' s'était écriée Justine avec enthousiasme... Il faut savoir mourir à soi, à son égo, pour savoir renaître à une plus grande communion d'amour avec les autres" 

    - "Tes bons sentiments forment l'essentiel de ton irrésistible charme, ma chère Justine..." s'était lancée avec tendresse Louise en se tournant vers Justine...  "Tu sais combien tu m'es précieuse ! Je voulais t'en parler auparavant, mais je prends les devants... Je te nomme "Assistante de Direction", ma très chère amie. Tu seras mon bras droit et ma remplaçante en cas de défaillance de ma part... C'est toi qui m'as formée... Tes compétences sont inégalables ! Stan et toi, vous m'avez tellement aidée à me remettre en question, à me propulser sur les bons rails, à savoir détacher de moi toute velléité de puissance, de pouvoir... 

    Tu m'as fait comprendre combien il était vain d'agir dans le seul but d'exercer une autorité sur les autres... Ton altruisme m'a convaincue, Justine, et je sais, par expérience personnelle, combien il est difficile de se retrouver dans l'ombre de quelqu'un... Je veux qu'on te reconnaisse à ta juste valeur... Tu refuses toujours de te mettre en vedette, Justine, malgré toutes tes connaissances et compétences... et tu laisses briller l'autre ! 

    Justine, tu as toujours été ma lumière. Constamment présente, disponible... et si formidablement intelligente !

    Je sais combien les regards remplis de colère, de mépris, de haine, font si mal à l'autre ...... et finalement à soi-même ! 

    Tu accueilles toujours les autres avec un grand sourire et un regard plein de bonté et de paix... Ton regard est le reflet de ton coeur !

    Je me sentais comme une personne totalement démunie et piégée : te souviens-tu ? 

    Avec Stan et toi, ainsi qu'avec Adèle et Ophélie, j'ai repris vie ! Vous m'avez appris à voler de mes propres ailes... à m'épanouir.... à dépasser les obstacles. Vous m'avez valorisée à mes propres yeux autant que vous vous êtes valorisés vous-mêmes sans le savoir

    Et vous, chers membres de l'Assemblée, avec lesquels j'ai souvent travaillé de concert, vous m'avez aidée de vos idées, de vos réactions, de vos sentiments, de vos compétences... 

    Vous savez : vouloir imposer une efficacité sans faille peut s'avérer une arme redoutable qui peut écraser, oppresser... Il est bon de savoir aider l'autre à sortir des ses égocentrismes..., à se détacher de ses propres idées provisoirement afin de pouvoir accueillir celles des autres... et d'en faire usage.... Chacun a une parcelle de vérité ! Croire que nous détenons la vérité, se cramponner à ses opinions,  est une grave erreur... 

    L'écoute et dialogue sont essentiels ! 

    Je pense très sincèrement que vouloir chercher la petite bête dans l'autre ne nous honore pas, et révèle surtout nos propres défauts et nos échecs, tout en semant la zizanie autour de soi... Les défauts des autres nous consoleraient-ils de nos propres faiblesses ? 

    Regardons-nous avec indulgence et essayons le plus possible de faire régner une communion fraternelle entre nous... Nous nous en sortirons mieux  ainsi tous ensemble !

    Je vous remercie de votre écoute attentive... Nous nous tiendrons tous au courant mutuellement de tous les changements qui seront d'actualité dans les jours qui viennent... Stan, Justine, Adèle et moi, nous nous tenons à votre disposition pour toutes réponses à vos questions...

    Mettons nous au travail de suite et terminons cette Assemblée Générale Extraordinaire ! Il nous faut conclure, désormais, et prendre les décisions qui s'imposent.... 

     

    Ensuite, tout s'était enchaîné avec véhémence, malgré les encouragements au calme et à l'apaisement de Louise.... Stan avait dû intervenir avec fermeté plus d'une fois ! Justine et Adèle avaient été débordées... Louise avait tenté d'évoluer avec grâce et aisance au milieu de ce charivari houleux..., "bien qu'une boule d'amertume et une nausée lui encombraient l'estomac."... avait elle déclaré ensuite à Justine et Stan... 

    Puis on avait procédé aux votes.... les quatre mousquetaires avaient réussi.... Louise se retrouva propulsée au grade le plus élevé qu'elle n'aurait jamais envisagé  auparavant : Gérante de l'ex-Agence "Mayer et Cie" ... qui s'intitulera désormais, tout simplement : "De Montabert et Cie".... Elle n'oubliait pas son père, le vrai propriétaire de l'Agence... et peut être que sa fille... ???

    Mais "Madame la Directrice" d'une Agence brinquebalante qui aura bien du mal à retrouver son lustre "d'avant".... 

     

    Stan avait repéré les fortes têtes et se félicitait de sa bonne mémoire qui lui restituait noms et grades de ces actionnaires et de ces employés de l'Agence qui, manifestement, avaient tenté de semer la zizanie.... au profit de qui ? au profit de qui ??? Avaient-ils reçu des pots de vin de cette Société d'Assurances qui, progressivement, grignotait désormais du terrain ?  Rien n'était gagné d'avance !  

    "Allez tous prendre une pause et demandez un café ou thé et des petites gâteries auprès de nos hôtesses dans le Hall... " s'était exclamée Louise, prise d'étourdissements après un laborieux travail de signatures apposées sur tous les actes .... 

    Louise s'était levée, donnant ainsi congé à tous... Les membres de l'Assemblée, se regardant avec stupéfaction, l'avaient imitée, puis, se rendant dans le Hall d'entrée, avaient formé des groupes animés autour de la machine à café... Des petits fours, disposés sur les tables basses réservées à la clientèle... avaient rapidement trouvé acquéreurs... "Jamais Monsieur Damien ne se serait autorisé à pareille dépense..."  "Chère amie, sa radinerie était légendaire ! mais quel brusque changement  quand même !"
    Les deux hôtesses avaient été rapidement débordées... 

    Louise s'était soudainement dévoilée aux yeux éblouis de Stan... plus belle que jamais ! Son empathie avait fait mouche.... 

    Stan, Justine, Adèle et Louise s'étaient retrouvés avec une joie et une paix inhabituelles dans le bureau de leur nouvelle patronne.  Ophélie les attendait ! Elle avait disposé petits gâteaux et cafés dans le coin Salon, sans oublier le thé de Louise et celui d'Adèle... Fatigués, ils s'étaient écroulés en silence dans la banquette et les fauteuils, en savourant cette pause inespérée après tant d'heures d'un labeur acharné... 

    Le "Journal de bord" de Stan se remplissait de notes... Journée mémorable dont il se souviendra longtemps ! Allait-il devoir s'en aller sur la pointe des pieds, laissant Louise, accompagnée de son père, gérer tranquillement l'Agence ? Tant que le père de Louise payait.... rien ne pressait ! 

    Allait-il perdre de vue Justine ? Ses missions l'emmenaient souvent aux quatre coins de la France, voire du Monde... Il soupira et referma son journal sur un voeu pieux ... Si seulement Louise voulait bien l'embaucher définitivement ??? Il devenait franchement un vieux garçon... 

    Luciole

    A SUIVRE

     

    Gare à l'eau qui dort n° 45 - Assemblée générale extraordinaire

     

     

     

    ROMAN : "Gare à l'eau qui dort" - cliquez sur les phrases ci-dessous :

     1ère Partie : Justine cherche un emploi

    2ème Partie : Entretien d'embauche entre Damien et Justine

    3ème Partie :Portrait de Damien MAYER

    4ème Partie : Louise, épouse de Damien

    5ème Partie : Justine, secrétaire de Damien

    6ème Partie : Lou, fille de Louise 1

    7ème Partie : Lou, fille de Louise 2

    8ème Partie : "Le regard magique"

    9ème Partie : l'Empreinte (1)  

    10ème Partie : L'Empreinte (2)

    11ème Partie : Le Plogging

    12ème Partie : Les enfants perdus

    13ème Partie : Quel carburant voiture ?

    14ème Partie : L'Etang

    15ème Partie : Lettres anonymes

    16ème Partie : Dorian le détective privé

    17ème Partie : Réminiscences

    18ème Partie ; Filature

    19ème Partie : Le Poucave

    20ème Partie : Sous-marin (camion de filature) et pinholes (caméras minuscules)

    21ème Partie :Dignité bafouée 

    22ème Partie : La Charité fraternelle

    23ème Partie : "Le Constat d'adultère"

    24ème Partie : La "road rage" à 200 km à l'heure

    25ème Partie : Le fouille merde

    26ème Partie ; Le Daron engraine

    27ème Partie : Choc émotionnel

    28ème Partie : Prodigieuse Lumière

    29ème Partie : Inspecteur Stan Faure

    30ème Partie : Etrange entretien

     31ème Partie : Révélations fracassantes de Dorian

    32ème Partie Adèle coupable ?

    33ème Partie : Enjeux autour d'un bébé

    34ème Partie : Duo de choc Louise et Justine

    35ème Partie : Coma Damien

    36ème Partie : Réveil Damien

    37ème Partie : Les trois mousquetaires

    38ème Partie : Une famille encombrante

    39ème Partie : La tornade blanche

    40ème Partie : Mutique imposture

    41ème Partie - Le bon curé 

    42ème Partie - Le bon curé suite

    43ème Partie : Révélations fracassantes  

    44ème Partie : Les prisons de l'âme

     

     

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    DEFI n° 245 des croqueurs de mots mené par FANFAN

    pour Lundi 8/02/2021

    A partir d'une photo, d'une odeur, d'un lieu... racontez un souvenir bon, gai ou triste... 

     

    Help, qu'as-tu fait de moi ?

     

     

    HELP ! QU'AS-TU FAIT DE MOI ?

     

    "Il pleut dans mon coeur

    Comme il pleut sur la ville

    Qu'elle est cette langueur

    Qui pénètre mon coeur ?

    (Verlaine)

     

    Un orage - ô rage ! - fort matinal m'a réveillée.... La pluie a cinglé les fenêtres toute la journée... L'Homme est parti tout seul pleurer son père centenaire qui nous a quittés après une longue agonie.... 

    Mon corps n'a plus le courage de s'aimer. Il y a désormais un monde d'incompréhensions entre lui et moi, un total désamour entre le temps qui passe et lui....   Prudence est de mise... Soumission du mental ? 

    La force du roseau s'adapte à la matière... La matière... "L'âme à tiers, qui exige donc trois passages : un pas sage à travers l'âme, un autre à travers le corps et le dernier à travers l'esprit.

    Défis remis sans cesse sur le tapis. Mais le Destin, sans foi ni loi, pipe les dés ! 

    Quoique ? La somme de Quatre plus deux plus un donne le chiffre sept, le chiffre magique, le chiffre sacré.... commun à tant de pays.... (4+2+1=7)

    Bénie soit, peut être, cette crise de sciatique qui empêche tout déplacement ? Va ça voir ce qui se passe derrière le voile de toute action manquée ? L'Homme, aveuglé par ses conflits inter-rieurs, se focalise bien davantage sur ses difficultés que sur les rires de sa Destinée... Il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir... 

    Mais, dit-on, rien ne ressemble plus à la mort que l'immobilité ?! 

    Mon moi-Bébé, sur l'écran de mon ordinateur, me pointe du doigt... "Qu'as-tu fait de moi ?" semble t-il me dire ? M'accuserait il de pas-séismes ? Ai-je tant raté ma vie ? Sa vie ? 

    - J'ai tant couru ! Couru à perdre haleine !

    - Air... heuheuheu ?

    - Oui j'ai manqué d'air ! Ne rigole pas : j'ai tant couru toute ma vie... Parfaite ment !j'ai couru pour ne pas rater le dé but... pour ne pas être en rets hardes... Le monde court sans cesse, avec nous ou sans nous, p'tit loup ! Que crois-tu donc !

    - kakakabobobo !

    - Ah misère, oui ! Le monde court à sa perte... J'ai couru à perdre haleine pour qu'on ne me reproche rien.... Violence du passé, p'tit bout... C'était lent à mourir et puis tout s'est accéléré, tout est allé trop vite !
    Et puis j'ai cohabité avec une absence, il fallait bien bouger... Tentative stérile ! L'Absence résiste au Temps qui file... 

    -mmmmm

    -Mémé, oui ! Elle est encore ton bâton de marche, mon Bébé... Elle est derrière toi et tu piétines son Jardin.... Mais il y a tout un monde entre toi et moi, tu sais ? Mémé est repartie cueillir ses violettes au Paradis depuis bien longtemps.... C'est à peine si j'ai encore son odeur ! Sais-tu que je me parfume tous les soirs de ce parfum suave avant de me coucher ? Il m'aide à oublier les cauchemars ! 

    P'tit bout, ce n'est pas facile de conserver l'Essence-Ciel ! Tout va trop vite désormais... Alors je ralentis... Peut être pour retrouver les lenteurs d'hier.... "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transe-forme" (Lavoisier 1789)
    Puis, tu sais, ce n'est pas donné à tout le monde de pouvoir ralentir... C'est l'apnée-nage des vieux ! Un luxe même, que peu d'hommes peuvent se permettre ! 

    -gagagaga....

    - Ah tu exagères ! Non pas gagatisme mais......  "rien" n'existe pas, d'ailleurs ! Ne dit-on pas "un petit rien" ? Je revendique un petit reste d'activités... sans plus ! D'ailleurs, mon nom est Personne, petite Chérie, mais si, mais si... Ne me regarde pas avec ces grands yeux effrayés ! L'Humanité devrait retirer ses masques de théâtre et se défaire de ses comédies... Nous sommes presque tous des individus quelconques, insignifiants... Bon, c'est vrai, chacun est unique, mais si "petit rien" ! 

    Nos mots sont par essence muets ! Ce n'est qu'au 13èsiècles qu'ils sont devenus représentatifs... Mais dans le fond, plus personne ne pipe mot à ce qui se passe actuellement... Motus et bouches cousus ! ...

    - momomomo ?

    -Mais oui, p'tit loup ! "On" règne désormais ! "On" a la côte ! Ce petit mot de rien qui veut tout dire et vient du mot latin "homo" : homme... en général ! "On" est communautaire ! Tous fort matés ! Un formulés !

    Toutes ces heures passées qui paralysent, p'tite Chérie ! Peut on faire du neuf avec du vieux ? La routine nous assèche tant ! 

    Corpus, animas, spiritus" :  Trois pas sages qui, follement, nous mènent au trépas ! Comme Beau-papa ! Et puis s'en vont les petites marionnettes vers la mort sûre... "L'âme hors" sûre ! Hors quoi ? Seul l'Ange pourrait me le dire ! "L'En-je au fond de moi ? "

    Serons-nous comme coq en pâte dans l'au-delà ? Te souviens tu, p'tit ange ? 

    - mamamama !

    - Une autre maman ? Crois-tu ? Allez, fais un effort, transes porte toi d'avant maman, et transes met le moi !.... "

    Luciole

    Help, qu'as-tu fait de moi ?

    Chez ma grand mère

     

     

    Merci pour à l'Abécédaire de la langue des oiseaux, Extrait de l'Orbs  (seulement "pour les mots en italiques  et en gras !") qui m'ont lancée  ensuite sur cette folle échappée ! J'ai brodé autour.... 

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    GARE A L'EAU QUI DORT N° 44

     

    Gare à l'eau qui dort n° 44 - Les prisons de l'âme

     

    Les prisons de l'âme

     

    Et ne m'en veux pas... Pour te parler franc, je suis assommé ! Tant de tribulations à ton actif ! Non seulement tu es tombé dans le piège de l'adultère, mais tu as plongé dans le gouffre de la pédophilie.......
    Il ne put continuer...
    Damien eut un geste violent de la main, comme s'il voulait chasser un moustique qui l'importunait.. Il regarda le prêtre avec un regard mauvais....  (épisode précédent... cliquez sur la phrase)

     

    "Damien, ne te rebiffe pas, ce mot n'est pas trop fort !" le rudoya avec autorité le prêtre..."Comment qualifier autrement cet acte de coucher avec une demoiselle de quinze ans ! Une mineure de par la Loi ! Une enfant à peine plus âgée que ta fille ! Quelle gifle pour ta femme, Damien, pour ta fille, pour toute la Famille, pour la Société.... Quel amour criminel ! Ta férocité.... oui Damien, je t'ordonne de m'écouter... cesse de vouloir m'intimider... Tu ne gagneras pas à ce petit jeu là avec moi..... Ton insensibilité, ton manque d'empathie sont d'une férocité inouïe... 

    A partir de quel moment as tu  paniqué devant de tels actes ? Quand tout est allé trop loin ? Quand tu as réalisé enfin la portée de tes actes ou bien tout simplement parce qu'ils allaient être révélés à tous ? Réfléchis ! 

    Mon pauvre enfant, tu as vraiment cru que tu pouvais manoeuvrer ainsi dans l'ombre sans te faire prendre un jour ou l'autre ?   Tous ceux qui agissent de cette manière se retrouvent très vite en bien mauvaise posture, déshonorant et brisant leur famille à jamais... C'est d'une brutalité inouïe, Damien, inouïe ! Une sacrée chance que le destin ait mis fin à tous tes débordements !!!"

    Le visage de Damien s'était figé.... Ses yeux vides, terreux, erraient .... Le malade semblait chercher un air raréfié, les joues creusées par l'effort....  L'aumônier se tut, frappé par la lassitude, l'impuissance qu'il discernait au plus profond de Damien... Dans le vide de ses yeux, une immense déception.... une peur viscérale...  Le coeur du prêtre chavira.... 

    Au bout d'un long moment, Damien parvint enfin à chuchoter avec peine :

    "Si, j'avais conscience de ma folie, Romain... J'étais comme plongé dans un univers parallèle, peuplé d'êtres imaginaires... J'étais à bout de souffle... Je n'avais plus prise sur la vie, sur la réalité.... Je m'étais déconnecté de la réalité que je ne supportais plus ! Je n'arrivais plus à faire marche arrière....
    J'avais perdu tout contrôle sur ma vie... voilà tout !

    Tu sais, c'était une perte progressive de la conscience... Je n'avais personne pour m'épauler... Personne vers qui m'épancher... Je n'ai trouvé que ces petites Babé sur ma route... J'oubliais la peur avec elles.... Si tu savais comme Agathe me manque ! C'est intolérable ! C'est une telle souffrance de ne plus la voir ! Une frustration qui devient rage la nuit... Elle me permettait de me soustraire au réel, elle pansait mes plaies... Je me sentais léger à ses côtés, libre, enfin libre..... C'était tellement une sensation agréable, proche du bonheur... Tout n'était tellement que violence autour de moi ! J'avais fini par croire à son amour.... même si cet amour là était monnayé... même si je reconnaissais au fond de moi que c'était un amour de pacotille... Mais comprends moi à la fin !"

    Un étourdissement l'obligea à se taire, le souffle court ! Un reflux acide lui brûla la gorge...Il se mit à tousser... Une douleur fulgurante au creux de sa poitrine le courba,  l'accabla... 

    Le bon curé se mit à souffrir avec lui ! Il portait sans cesse son mouchoir à carreaux à ses yeux qui larmoyaient... Son mouchoir n'étant plus qu'un lambeau de tissu gras et souillé, il le fourra dans sa poche et, fouillant dans sa sacoche, en ressortit un tout propre...

    "Ah mon pauvre enfant, mon pauvre enfant ! Dans quel pétrin t'es tu fourré !"

    "Mes parents m'ont embarqué sur une route qui était loin, fort loin, d'être la mienne, Romain... Je savais que je ratais ma vie en leur permettant de finir honorablement la leur.... Cela m'irritait profondément, me torturait... Je sais que Louise m'aimait, au tout début de notre relation... Mais je n'arrivais pas à accepter ce mariage forcé ! Je l'ai toujours haïe, cette femme superficielle ! Elle ne me correspondait pas du tout ! On ne peut pas aimer quelqu'un qui te culpabilise, qui te déstabilise  constamment... Elle avait fini par me détester autant que je la détestais. ça me rendait fou, fou à lier... Une voie sans issue !

    J'ai vraiment connu le désespoir ! Je me suis réfugié dans ce travail imposé, détesté. Puis la trahison, la corruption ont fait irruption progressivement, ont fait leurs nids, dans ma vie ! La concurrence me dévastait, il fallait bien me battre ! Les clients riches me manipulaient sans cesse... Il fallait rentrer les griffes et servir leurs intérêts.... J'ai perdu ma liberté au profit de ma sécurité, de celle de l'Agence, de celle de ma famille.... Fallait bien tirer mon épingle de ce jeu dangereux et compliqué ! Je me suis vite retrouvé au coeur d'une machination qui dépassait l'entendement, tu sais ! Toute mon énergie de jeune homme a sombré dans ce naufrage ! Je ne savais plus comment diriger mes pas.... Où se trouvaient les limites ?

    Bon sang, j'ai fait ce que j'ai pu, Romain ! Tu n'as aucune idée de ce qu'est le monde des affaires, le monde financier... Il est pour le moins terrifiant ! C'était le monde de mon père : il s'y est cassé les dents.... Puis très vite le monde de mon beau-père, le monde de ma femme .. Mais pas le mien ! Pas le mien, Romain ! Je n'étais plus qu'un pion fatigué, usé et complètement déboussolé....

    J'ai très vite perdu ma femme, ma famille et la sienne.... je suis devenu un indésirable... Un bouffon ! J'ai tout perdu ! Et je n'ai aucun ami en ma possession.... " 

    "En ta possession, Damien ??? Une amitié n'est pas une possession foncière, mon fils ! Il s'agit de bien autre chose... Une amitié, tout comme l'amour, ne se monnaye pas, enfin ! On ne peut pas se l'approprier... Une amitié provient du coeur..." s'insurgea soudain le pauvre curé qui fatiguait dur. Des douleurs lui broyaient le dos... Il tenta de se redresser, de se caler le dos sur le dossier de la chaise en bois, mais rien ne le soulageait.... 

    "Ah misère ! Je crois surtout que tu as été formidablement formaté, mon pauvre ami... Tu te croyais libre, mais en fait, tu étais conditionné par des schémas familiaux, culturels, mentaux qui étaient comme des prisons... Cet amour de l'argent, de la gloire, des faux semblants, du paraître, du mensonge, de la trahison... et j'en passe.... Rien d'autre que des idoles qui t'enchaînaient et te manipulaient... Ah, mon petit, les circonstances ont été plus fortes que ta volonté !!!

    Beaucoup de délinquants passent par le même chemin que toi... et tombent dans les filets de la Justice... Leur famille est prison dès leur naissance....  la misère, l'absence d'éducation et de moralité sont prisons... Comprends tu ? 

    Je discerne en toi le besoin de t'identifier à ton père... Tu reproduis ses vilaines façons de vivre,  de raisonner, de tricher, de radiner, de papillonner... 

    Profondément touché, Damien se raidit violemment, tendu à l'extrême, aux aguets... Non seulement le comparer à son père l'horripilait, tant il le détestait.... mais, surtout, il lisait dans les yeux du Padre une immense pitié qui le mortifia douloureusement.... Il était décidément ridicule, ridicule aux yeux de tous... Il recommença à envisager une fin définitive qui arrangerait tout le monde, y compris lui-même !!! 

    Et pourtant, il ne brandissait aucune sanction, aucune menace, ce petit curé ! Il continuait à le traiter comme un frère, comme un .... enfant qui aurait oublié de grandir.... Une âme généreuse mais inflexible.... Un malaise indéfinissable les gagnait, les séparait progressivement... Un silence épais, lourd s'établit... L'aumônier réfléchissait en tentant de relaxer son dos douloureux... 

    "Mon cher Damien, tu as bien mal répondu à tes désirs en te vautrant ainsi dans une vie aussi dissolue... Cependant, je crois que tout homme a une étincelle de bonté au fond de lui.... Il faut souffler sur cette petite braise en toi ! Ne perds pas espoir... Ta vie actuelle n'est qu'un long pèlerinage qui te prépare à la Vie Eternelle... 

    Je ne connais pas les plans du Père sur toi ! Mais beaucoup de saints hommes sont passés par des épreuves aussi lourdes que les tiennes.... Fallait il les passer par le feu ?

    Tiens, par exemple Paul de Tarse, ce fanatique pharisien persécutant violemment  ceux qui suivaient Jésus !!! Et pourtant, il a eu le privilège, invraisemblable pour un homme aussi implacable, de voir le Christ ressuscité... et de recevoir de Lui des révélations afin de témoigner... Il est devenu l'instrument du Seigneur pour faire parvenir son Nom et son Evangile auprès des nations païennes... 

    Tu vois, il y a de l'espoir en tout homme et les Voies de Dieu sont impénétrables !

    Mets ta confiance en Dieu, Damien, et supporte vaillamment tes épreuves ! Tout peut aboutir à quelque chose de bien, de bon pour toi ! Le chemin vers l'apaisement risque d'être long, tu sais ! Il faut t'ouvrir  rapidement aux Grâces du Seigneur, sinon tu peux basculer dans une névrose difficile à soigner.... La culpabilité mène à des conduites d'évitement..... Pas bon ça !

    Se confiner dans un mutisme, un silence anesthésiant, séparé de toute ta Famille, est un enfermement pire que celui de la prison, pire que la mort.... C'est une mort lente, longue, glaciale... Enfin, Damien... Tu ne peux pas t'engager dans cette voie indéfiniment !!! Tu ne peux pas t'infliger pareille agonie... 

    Comprends tu ? Et chercher une issue revient systématiquement à entreprendre des démarches de réparation auprès des tiens, et de ceux que tu as ravagés ! Plus tu attendras, et plus ce sera difficile et compliqué ! 

    Parle vrai, Damien, sinon ce sera l'effondrement, la culbute dans ton labyrinthe peuplé de monstres.... dont tu ne pourras plus sortir... avec ces démons que tu as entrevus et qui te voulaient du mal... Mon but n'est pas de t'apeurer, mais de discerner ce qui est bon pour toi !  c'est une contrainte de vérité pour moi... même si elle t'agace ! 

    Les jours qui viennent, il nous faudra réfléchir ensemble comment mieux cerner tes relations avec les autres...  C'est primordial pour toi !"

    Le terrible réquisitoire du prêtre résonnait douloureusement en Damien.... Il était retourné par les paroles de Romain... Réparer ses erreurs, passe encore, c'était dans ses possibilités, mais purger sa peine ? ça non ! Non.... NON !!!

    Sans s'en rendre compte, il le cria, ce "Non" qui résonna dangereusement dans toute la chambre... au risque d'alerter les employés de la Maison de repos...

    "Non à tout ce que je te suggère ? " s'angoissa violemment le prêtre...

    "Non à la prison !" reprit plus doucement Damien, inquiet de voir apparaître les infirmiers...

    "Te sens tu prêt à recevoir le Pardon de Dieu, Damien ?"

    Surpris d'avoir à choisir, Damien le regarda douloureusement... Il se sentit misérable... Il comprit qu'il n'était pas vraiment prêt... Ce Sacrement demandait des concessions qu'il n'était pas encore apte à prendre.... 

    "Ecoute Damien, je comprends tes réticences et elles t'honorent ! Tu vois bien combien l'Homme est faible et fragile... Alors pour te donner la Force de Dieu, je vais te le donner quand même, sans rien te demander... Dieu palliera à tous tes manques et t'aidera... C'est un travail de longue haleine !"

    Cependant, regrettes tu toutes tes offenses envers Dieu et sa Loi d'Amour ?"

    "Oui, mon Père ! " répondit franchement Damien, soulagé.

    L'aumônier étendit la main droite au-dessus de la tête de Damien, prononça la Formule d'Absolution et fit le signe de croix sur le pénitent...

    Puis il lui fit répéter des formules de pénitence... Damien s'exécuta docilement... En lui s'opérait une véritable libération ! 

    "Ton seul salut réside dans ta Foi, mon frère ! " lui déclara le prêtre en se levant...

    Il rangea soigneusement son étole dans le sac plastique, remit le tout dans sa sacoche... enfila son manteau, puis posa sa main sur l'épaule de Damien en signe d'amitié et partit, le coeur lourd de tout ce qu'il avait entendu, mais libéré d'un grand poids : l'enfant prodigue était pardonné ....

    Cependant, son dos ne se dénouait pas et continuait à le lancer violemment. Il eut beaucoup de mal à se redresser... Chaque pas lui coûtait ! Pas bon signe, ça ! 

    "J'ai fait ce que j'ai pu" se rassura t-il... "Cet homme a des facultés mentales altérées, c'est certain... J'espère qu'il s'en sortira, mon  doux Seigneur, je l'espère tant !"

    Luciole 

    A SUIVRE

     

    Gare à l'eau qui dort n° 44 - Les prisons de l'âme

     

     

     

    ROMAN : "Gare à l'eau qui dort" - cliquez sur les phrases ci-dessous :

     1ère Partie : Justine cherche un emploi

    2ème Partie : Entretien d'embauche entre Damien et Justine

    3ème Partie :Portrait de Damien MAYER

    4ème Partie : Louise, épouse de Damien

    5ème Partie : Justine, secrétaire de Damien

    6ème Partie : Lou, fille de Louise 1

    7ème Partie : Lou, fille de Louise 2

    8ème Partie : "Le regard magique"

    9ème Partie : l'Empreinte (1)  

    10ème Partie : L'Empreinte (2)

    11ème Partie : Le Plogging

    12ème Partie : Les enfants perdus

    13ème Partie : Quel carburant voiture ?

    14ème Partie : L'Etang

    15ème Partie : Lettres anonymes

    16ème Partie : Dorian le détective privé

    17ème Partie : Réminiscences

    18ème Partie ; Filature

    19ème Partie : Le Poucave

    20ème Partie : Sous-marin (camion de filature) et pinholes (caméras minuscules)

    21ème Partie :Dignité bafouée 

    22ème Partie : La Charité fraternelle

    23ème Partie : "Le Constat d'adultère"

    24ème Partie : La "road rage" à 200 km à l'heure

    25ème Partie : Le fouille merde

    26ème Partie ; Le Daron engraine

    27ème Partie : Choc émotionnel

    28ème Partie : Prodigieuse Lumière

    29ème Partie : Inspecteur Stan Faure

    30ème Partie : Etrange entretien

     31ème Partie : Révélations fracassantes de Dorian

    32ème Partie Adèle coupable ?

    33ème Partie : Enjeux autour d'un bébé

    34ème Partie : Duo de choc Louise et Justine

    35ème Partie : Coma Damien

    36ème Partie : Réveil Damien

    37ème Partie : Les trois mousquetaires

    38ème Partie : Une famille encombrante

    39ème Partie : La tornade blanche

    40ème Partie : Mutique imposture

    41ème Partie - Le bon curé 

    42ème Partie - Le bon curé suite

    43ème Partie : Révélations fracassantes  

     

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    GARE A L'EAU QUI DORT N° 43

     

    Gare à l'eau qui dort n° 43 - Révélations fracassantes

     

    Révélations fracassantes

     

    "Merci !" dit piteusement Damien, les yeux baissés... Le coeur du curé battait la chamade.... Voilà, l'heure était enfin à la parole... Il attendit, certain que tout le reste suivra... Padre envoya un SOS au Ciel afin que personne ne vienne les déranger, personne.... (cliquez sur la phrase pour obtenir l'épisode précédent)

    Anxieux, le regard noyé d'indécision, Damien murmura d'une voix à peine audible :

     "A une condition... J'exige le secret absolu... Seulement à cette condition, Monsieur...."

    "Non pas 'Monsieur', Damien, mais Romain, ou 'Padre' si tu le permets !
    "Bien entendu, mon ami ! Les aumôniers sont tous tenus au secret professionnel !" lui déclara doucement le prêtre en souriant... "Je ne veux en aucun cas te porter préjudice. 

    Il existe trois sortes de secrets :

    1) le secret naturel qui relève de "la Loi de la nature" défendant de nuire à son prochain

    2) le secret conventionnel qui oblige au silence certaines professions, dont la mienne, celle des avocats, des médecins, et bien d'autres encore, ou  tout simplement l'ami, celui qui reçoit des confidences

    3) Enfin, le secret spirituel, sacré, qui désigne explicitement le "sceau" de la confession...

    "Le secret naturel ou conventionnel peut être enfreint pour "une cause juste et légitime", lorsqu'il est en contradiction totale avec une Loi importante ou s'il entraîne un préjudice notable à la Société ou à un particulier, y compris à celui qui s'est confié...." selon les termes de la Loi civile....

    "Mais le secret de la confession, Damien, ne peut jamais être levé : il a un caractère sacré. C'est un secret de droit divin, selon le Droit Canonique !  
    Ce secret est en tout premier lieu destiné à garantir la liberté du pénitent, mais il protège également celle du confesseur....

    "Un prêtre qui viole le secret de la confession est grandement puni par l'Eglise, sache le !

    "Ce qui signifie que je ne peux en aucun cas divulguer des informations sur toi et sur ce que tu me confieras, ni aux autorités civiles ni aux autorités judiciaires, ni à personne d'autre....

    Cependant, si tu envisages le Pardon de tous tes péchés, tu dois tenir compte de tous les aspects de ce Sacrement de réconciliation avec Dieu. Tu devras faire acte de repentance, de pénitence et de redressement.

    Ce choix t'engage donc profondément, car il est automatiquement corrélé à une démarche de repentir de ta part et à ton désir de changer de comportement... 

    "Damien, si je ne me trompe pas, tu es déjà sous le coup d'une procédure judiciaire, n'est ce pas ? Mon pauvre enfant, que puis-je te faire de plus ?"

    Damien réfléchit longuement, tête baissée ! Des souvenirs refluèrent brusquement de sa mémoire ensuquée.... Il lutta pour en retrouver le fil conducteur qui lui échappait....

    "Romain" souffla t-il "j'ai toujours exigé des autres une honnêteté absolue, mais... c'est très curieux.... je suis toujours très déconcerté lorsque les autres la revendiquent également de ma part...."

    "Tu sais, la vérité est flexible, surtout quand elle peut entraîner de lourdes conséquences....

    "Je suis... complètement perdu ! Le sentiment de culpabilité est la première des sanctions... Oublier est impossible ! Chaque instant qui passe est désormais comme un.... témoignage... contre moi... Je ne passe pas un jour sans y penser.... Je n'ai même plus le droit de me plaindre, vois tu ! Parfois, la réalité me parvient avec une précision effrayante... Je peux être condamné à dix ans de prison.... A dix ans, comprends-tu ? 
    Romain, je suis perdu.... "

    L'aumônier ne répondit pas, de peur de l'effaroucher ! Il se contenta d'hocher la tête doucement, en le regardant avec tendresse.... 

    Soudain, Damien se retrouva plongé dans un délire incroyable... Les souvenirs d'une chute dans de profondes ténèbres, d'une sonnerie stridente traumatisante, de rats énormes, de bêtes monstrueuses.... d'une épouvante paralysante.... de la honte, la honte, la honte... Puis cette tornade de lumière... ces êtres lumineux... la Lumière Vivante... Mon Dieu, la honte, quelle honte.... Adèle... Sa mère Adèle.... 

    Tout se dénoua en lui ! Les digues de son esprit cédèrent violemment, ses défenses volèrent brusquement en éclats.... 

    Un fleuve de paroles rauques se déversa sur le prêtre ahuri, qui avait bien du mal à suivre tant le débit était rapide.... Une tempête de mots qui racontait l'impensable.... Cet homme avait il connu une EMI ? Une expérience de mort imminente ? Padre n'en revenait pas ! Il devinait plus qu'il ne croyait... Il discernait une Vérité qui lui échappait... 

    Damien s'arrêta, à bout de souffle, trempé de sueur... Il tremblait de tous ses membres ! Un silence ébloui s'abattit sur eux, pendant lequel l'aumônier tenta de reconstituer posément le récit en réfléchissant.... 

    Il alla pesamment chercher de l'eau au robinet de la salle de bain et but avidement, lava le verre, le remplit , revint dans la chambre et le tendit à Damien qui s'en empara et le vida d'un trait ! 

    Les deux hommes se regardèrent longuement avec stupéfaction ! 

    "Je ne te mens pas !" affirma Damien, les yeux inquiets remplis de larmes.

    "Je sais, mon petit !" le rassura doucement Romain..."Je sais !....  Mon frère, es tu conscient à quel point ....tu as reçu une Grâce incroyable ? Une Grâce, c'est un magnifique cadeau du Ciel... qui peut te mener à la Rédemption... "

    "Rédemption ?" murmura Damien, brusquement fatigué devant l'ampleur du mot.

    "Rédemption, c'est le contraire de 'damnation'.... La Rédemption, c'est le rachat de tous tes péchés, c'est la liberté, le salut, la délivrance... Vois-tu, le sang versé du Christ n'exige ni vengeance, ni punition pour tout tes péchés, mais réconciliation avec Lui, pour te mener vers son Père....
    C'est beau, ce que tu m'as confié, Damien, comme c'est beau ! Je t'en remercie très sincèrement... C'est une grande Grâce pour moi aussi ! Une grande Grâce !" suffoquait de joie le prêtre, qui le contemplait avec une bonté pétillante, bienveillante.... 

    Damien se sentit fondre comme glace au soleil ! Cet homme charitable jubilait en lui serrant vigoureusement les mains... Non seulement il l'avait cru, mais il le remerciait chaleureusement.... Cet homme bon savait insuffler la confiance en soi... 

    "Je veux me confesser, Padre !" déclara t-il avec force, en le regardant droit dans les yeux... 

    Romain remercia vivement le Ciel en fouillant dans sa serviette, sortit une étole soigneusement pliée d'un sac plastique, et s'en revêtit... Après avoir invoquer l'Esprit Saint afin de recevoir en lui la Lumière d'Amour, il fit un grand signe de croix au-dessus de Damien et murmura une brève formule... 

    "Dieu t'écoute, mon fils... Soulage ta conscience, dis Lui tout ce que tu as sur le coeur....."

    Tête baissée, Damien lui dévoila tout en vrac : ses difficultés de couple, ses moeurs dissolus, l'économie occulte de son Agence ainsi que l'histoire relative à sa prédation sexuelle....Son geste irraisonné, cette tentative de meurtre sous l'emprise de la colère dont il ne mesura la portée qu'après coup ....  Il ne lui épargna rien.... Puis, vaguement inquiet, presque soupçonneux, il attendit.... en regardant le prêtre à la dérobée... Celui-ci, les yeux fermés, l'écoutait attentivement... Puis le curé se mit à réfléchir longuement.... 

    Damien épiait ses réactions, regrettant brusquement sa confiance en cet inconnu... Ce qu'il était naïf ! Tout ceci était extrêmement déconcertant ! Ses douloureuses émotions, son angoisse, sa fringale de reconnaissance, de tendresse se télescopèrent violemment dans son esprit.... Une affreuse solitude lui tomba dessus.... Le prêtre avait eu pour lui des complaisances fort suspectes.... Il eut un vertige et dut se raccrocher aux bras de son fauteuil... 

    Il se mourait de peur ! Le prêtre, les yeux fermés, semblait murmurer quelque chose... ses lèvres remuaient... Priait-il ? Damien tenta de se rassurer... mais son coeur battait violemment la chamade ! 

    "Pauvre homme qui se croit victime !" soupira, profondément décontenancé, le brave prêtre "Il présente de curieuses idées délirantes de persécution mêlées de culpabilité... Son manque d'amour pour autrui lui coûte très très cher... Tout son être est atteint, perturbé...  Il est gravement dérangé, ce pauvre homme ! "

    Le coeur  de Romain saignait à flots continus... On ne connaissait que la partie visible de la délinquance, qui, décidément, sévissait en toute classe sociale... Que dire de toute cette partie occulte enveloppée de discrétion de la classe aisée... ??? Une omerta courante et bien pratique qui leur permettait de faire tout et n'importe quoi sous le manteau de la respectabilité, de la bien-pensance !

    Comment faire retrouver les chemins de Vérité à ce pauvre homme ? 

    Damien était le produit malsain d'un milieu social et familial nocif... Un homme faible, déséquilibré... C'était un enfant qui avait épousé de force une femme riche ne lui convenant pas... Un enfant qui s'était brusquement entiché de manières nobiliaires.... Un enfant qui avait commis des fautes terribles... Il avait bien besoin de soins, cet homme malade ! La folie s'était insidieusement emparée de lui depuis longtemps... 

    Le prêtre tanguait sur sa chaise ! Ah ça, comme il était bousculé par toutes ces révélations fracassantes ! Vouloir intenter à la vie d'autrui afin d'installer sa toute puissante et laver un honneur véreux........ça le dépassait complètement, ça lui donnait des vertiges ... Quelle drôle de façon de restaurer son amour-propre ! L'aumônier transpirait à grosses gouttes... Jamais il n'avait connu pire situation !

    "Ah mon Dieu, comme l'Humanité est encore dans les langes... Je me fais vraiment vieux, mon Père... Je ne sais que dire !
    "Prends pitié de lui, Seigneur...  Prends pitié de lui !!!"

    "Mon tout petit, aie confiance... Supporte vaillamment toutes ces humiliations que tu t'aies imposées..." souffla t il difficilement à Damien en s'épongeant le visage... 

    Et ne m'en veux pas... Pour te parler franc, je suis assommé ! Tant de tribulations à ton actif ! Non seulement tu es tombé dans le piège de l'adultère, mais tu as plongé dans le gouffre de la pédophilie....... 

    Il ne put continuer... 

    Damien eut un geste violent de la main, comme s'il voulait chasser un moustique qui l'importunait.. Il regarda le prêtre avec un regard mauvais.... 

    Luciole

    A SUIVRE

    Gare à l'eau qui dort n° 43 - Révélations fracassantes

     

    ROMAN : "Gare à l'eau qui dort" - cliquez sur les phrases ci-dessous :

     1ère Partie : Justine cherche un emploi

    2ème Partie : Entretien d'embauche entre Damien et Justine

    3ème Partie :Portrait de Damien MAYER

    4ème Partie : Louise, épouse de Damien

    5ème Partie : Justine, secrétaire de Damien

    6ème Partie : Lou, fille de Louise 1

    7ème Partie : Lou, fille de Louise 2

    8ème Partie : "Le regard magique"

    9ème Partie : l'Empreinte (1)  

    10ème Partie : L'Empreinte (2)

    11ème Partie : Le Plogging

    12ème Partie : Les enfants perdus

    13ème Partie : Quel carburant voiture ?

    14ème Partie : L'Etang

    15ème Partie : Lettres anonymes

    16ème Partie : Dorian le détective privé

    17ème Partie : Réminiscences

    18ème Partie ; Filature

    19ème Partie : Le Poucave

    20ème Partie : Sous-marin (camion de filature) et pinholes (caméras minuscules)

    21ème Partie :Dignité bafouée 

    22ème Partie : La Charité fraternelle

    23ème Partie : "Le Constat d'adultère"

    24ème Partie : La "road rage" à 200 km à l'heure

    25ème Partie : Le fouille merde

    26ème Partie ; Le Daron engraine

    27ème Partie : Choc émotionnel

    28ème Partie : Prodigieuse Lumière

    29ème Partie : Inspecteur Stan Faure

    30ème Partie : Etrange entretien

     31ème Partie : Révélations fracassantes de Dorian

    32ème Partie Adèle coupable ?

    33ème Partie : Enjeux autour d'un bébé

    34ème Partie : Duo de choc Louise et Justine

    35ème Partie : Coma Damien

    36ème Partie : Réveil Damien

    37ème Partie : Les trois mousquetaires

    38ème Partie : Une famille encombrante

    39ème Partie : La tornade blanche

    40ème Partie : Mutique imposture

    41ème Partie - Le bon curé 

    42ème Partie : Le bon curé suite

     

     

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    GARE A L'EAU QUI DORT n° 42

     

    Gare à l'eau qui dort n° 42 - Le bon curé suite

     

     

    LE BON CURE SUITE

     

    Lascia ch'io pianga (Händel's opera Rinaldo); Voices of Music with Kirsten Blaise, soprano

     

     

    Il jubila ! Dans un élan de tendresse folle, il se mit à déclarer tout haut, sans se préoccuper des états d'âme de Damien :

    "Fortifie-toi et prends courage, mon frère ! Ne t'effraie pas, ne t'épouvante pas, car l'Eternel ton Dieu est avec toi dans tout ce que tu fais, dans tout ce que tu entreprendras" (Josué 1,9)... 

    Connais-tu l'histoire de Caïn et Abel, Damien ?"  (cliquez sur la phrase pour obtenir l'épisode précédent n° 41)

     

    Damien, soudain, rendit les armes devant tant de candeur et de bonté ! Il secoua négativement la tête  sans prononcer une parole...

    Padre en aurait sangloté de bonheur.... "Seigneur, aide-moi, car je suis un enfant et ne sais point parler !" (Jérémie 1,6-9)... supplia-t-il... Il se lança avec confiance :

    "Au tout début de l'Humanité, Caïn était le premier né d'un couple de parents querelleurs... L'incompréhension mutuelle de ses parents engendraient moults conflits et désordres de toutes sortes...

    Vois-tu, Damien, on a tous tendance à s'égarer dans des chemins sans issues en voulant à tout prix l'abondance et une  prise de pouvoir sur l'autre.... Le drame est posé, mon fils, car ainsi chacun se croit supérieur à autrui....

    C'est pourquoi les géniteurs de Caïn, se sentant si vulnérables vis à vis l'un de l'autre, ils se mirent à parler la langue du serpent : tu sais, celui qui ne marche pas droit, rampe et ondule pour remplir tout l'espace...

    Bon, tu dois connaître ce symbole : le serpent représente le Mal sous toutes ses formes....

    Bref, ils se regardaient, les yeux remplis de défiance, de haine, de défi, de fiel.... en se cachant l'un de l'autre.... Une étrange jalousie les jetaient l'un contre l'autre..., les remplissant d'angoisse et de tourments....

    Ecoute bien Damien, la méfiance scella leur bouche, vois-tu, tant ils avaient peur l'un de l'autre... L'Homme ne parla plus à sa femme avec tendresse et la ravala au rang d'esclave, d'objet ... Une chose désirable, sans plus ! L'homme prit le pouvoir !

    Alors chacun se referma sur lui-même, étranger à l'autre....

    De leur nuit profonde naîtra, hélas, Caïn, pauvre enfant blessé, meurtri par les éternels conflits de ses parents... Tout comme ses parents, il se gonfla de son importance, refusant toute rivalité...

    Sa mère, méprisée, avilie par la méchanceté de son mari, reporta toute sa tendresse sur son fils, et le dressa contre le père bien malgré elle... Sa souffrance rejaillissait sur lui... C'est humain, mais Caïn en prit plein la gueule, quoi !

    Alors Il devint progressivement un rebelle vaniteux, cupide, rusé et habile, jaloux et colérique... Sa volonté de dominer l'entraîna au meurtre, au vol, à l'irrespect... Drame des enfants mal aimés et mal éduqués ! Drame des foyers fragiles, faibles... d'une moralité douteuse.... Comprends-tu ?

    Malheureusement pour Caïn, Abel naquit à son tour... Son petit frère était un enfant rempli d'amour, d'humilité et de fraternité... Par quel miracle, ça, Damien ? nul ne le sait !

    L'humble se connaît lui-même et, ainsi, ne peut se prévaloir d'une importance quelconque...  Par conséquent, Abel était d'une nature simple et bienveillante... 

    Sais-tu que "humilité", "homo" et "inhumer" ont même racine "humus" qui signifie "terre" ? Le latin "humus" (terre) a ensuite dérivé en "inhumare" (mettre en terre une plante) et "humilis" (celui qui reste à terre, qui ne s'élève pas !)

    "Homo" signifie donc "créature née de la terre"... par opposition aux réalités célestes.... 

    Déjà, la tradition mésopotamienne connaissait ce concept. Pour eux,  Dieu créa l'Homme à partir de la poussière/terre/argile...
    Et ce concept est curieusement le même pour bon nombre d'autres religions : catholiques, hindoues, africaines... etc 

    Le père de Caïn et d'Abel se nommait "Adam", le terrestre, le glébeux.... Ce nom provient de "Adama" qui était la terre et de "Dam" le sang ! 

    Voilà qui nous ramène à une juste mesure de soi-même, n'est ce pas ? 

    Ecoute bien, Damien : Dieu nous a donné une Loi, enfouie dans notre coeur, la Loi naturelle, qu'Il a rédigée en notre faveur, critère de toutes nos actions.... C'est une lumière pour nous guider, pour éclairer notre Conscience, pour nous aider à raisonner... D'où l'expression avoir bonne ou mauvaise Conscience selon si on suit cette Loi naturelle ou non ... car notre coeur le sait et nous juge !

    Caïn et Abel la connaissait, bien qu'il n'y avait aucun document écrit, ni aucun enseignement quelconque...  Ils en reconnaissaient tous les deux sa souveraineté sur leurs vies.... 

    Et pourtant, va comprendre, mon cher Damien... ils prirent tous deux une direction différente.... Caïn celle du vice, dans le refus de cette Loi, et  Abel celle de la vertu, fidèle à la Loi inscrite en lui....

    Une jalousie féroce s'empara alors de l'âme de Caïn qui tua son frère afin d'être le seul à régner sur le coeur de ses parents , surtout sur celui de sa mère, puis sur toute autre créature..., et surtout sur l'héritage paternel. Il était axé sur le matériel... 

    De ce fait, Abel représente  le Juste persécuté, la victime désarmée.... Celui porté vers les réalités célestes... 

    Mon cher fils, la Loi naturelle n'empêche pas l'Homme de tomber, mais Dieu ne l'abandonne pas... N'oublie pas cela !!! Dieu tente sans cesse de le remettre sur le droit chemin, l'entoure de sollicitude, l'exhorte, lui donne des conseils, l'avertit, l'instruit.... par le biais de prophètes, d'éducateurs ou de prêtres... ou de tout autres personnes.... Il a soin de toutes ses créatures qu'Il aime d'un Amour infini.... 

    Tout essoufflé d'avoir tant parlé, l'aumonier se tamponna le front et les tempes, respira profondément tout en observant son malade... 

    Damien, qui avait écouté distraitement le long discours du prêtre, se relâcha soudain... Il se sentait épuisé, comme vidé par tout ce qu'il avait pu saisir... avec une bizarre envie de sangloter qui lui montait de ses entrailles, puis de la poitrine, pour enfin s'enfler dans la gorge... Comme un flot d'eau saumâtre fort désagréable... comme une nausée nauséabonde... Il lutta contre l'envie de vomir et se retrouva en nage... Bon sang, qu'on le laisse tranquille ! Il porta soudain sa main devant la bouche, et hoqueta...

    Le prêtre se leva vivement et alla chercher une cuvette dans la salle de bain.... la porta sous la bouche de Damien, qui vomit toutes ses trippes .... toute sa haine.... toute sa peur.... toute sa pestilence intérieure.... Padre avait tout juste le temps d'aller vider la cuvette dans les WC que Damien recommençait... Le souffle lui manquait... Il s'étouffait dans sa bile.... 

    Profitant d'une accalmie, Padre alla mouiller un gant de toilette, prit une serviette, et s'occupa de Damien avec des gestes maternels... Il ouvrit la fenêtre et l'air frais tenta de chasser les miasmes nauséabonds.... Puis il lui tendit un verre rempli d'eau....

    "Rince toi la bouche et recrache dans la cuvette, mon petit.. Tu vas aller mieux ! Ne te fais plus de bile.... je veux dire, de soucis ! Bon, cela va rester entre nous, n'est ce pas ? C'est préférable ! Je vais tout nettoyer et je reviens.... Tâche de te calmer ! Tout va aller mieux... d'accord ?"

    Pendant que le brave prêtre s'activait dans la salle de bain, Damien se leva et alla se recroqueviller dans son lit en position de foetus, frigorifié.... En revenant dans la chambre, Padre faillit laisser tomber le verre d'eau fraîche qu'il lui ramenait... Ainsi donc, c'était vrai : ce malade pouvait se mouvoir à son gré... Une colère subite le foudroya.... il avait horreur du mensonge... Puis il eut peur que quelqu'un entre dans la chambre... Il ne pouvait guère justifier le fait qu'il avait aidé Damien à se coucher, lui, pauvre vieux prêtre sans plus de  forces.... Ce serait peu crédible ! 

    Il se pencha sur ce drôle de malade et le retrouva pleurant comme un gamin, la tête enfouie dans l'oreiller... Les sanglots secouaient violemment son corps ! La crise dura quelques longues minutes fort dangereuses, mais personne ne vint ! 

    Padre lui caressait doucement la tête en lui serinant : "Là, là ... tout va bien, Damien, tout va bien.... Je suis là ! Tout va aller mieux, désormais... Tu vas voir, tout va aller mieux...." Il lui remonta les couvertures pour l'aider à se réchauffer et déploya son manteau usé sur le lit.... La chaleur calma Damien qui hoqueta encore pendant quelques instants... puis il se détendit doucement... 

    "Mon petit, je ne suis pas partisan du mensonge, mais il vaudrait mieux que tu sortes du lit... Va te remettre dans ton fauteuil.... Tu garderas mon manteau sur toi.... Allez, sors du lit ! Quelqu'un pourrait entrer !"

    Il l'aida à descendre du lit, le laissa s'asseoir dans le fauteuil roulant et le couvrit de son manteau ... Puis il alla refaire soigneusement le lit... 

    Retournant vers Damien, il lui essuya doucement la figure avec la serviette et lui tendit le verre d'eau que Damien avala d'un trait.... 

    "Merci !" dit piteusement Damien, les yeux baissés... 

    Le coeur du curé battait la chamade.... Voilà, l'heure était enfin à la parole... Il attendit, certain que tout le reste suivra... Padre envoya un SOS au Ciel afin que personne ne vienne les déranger, personne....

    Luciole

    A SUIVRE

     

    Gare à l'eau qui dort n° 42 - Le bon curé suite

     

    ROMAN : "Gare à l'eau qui dort" - cliquez sur les phrases ci-dessous :

     1ère Partie : Justine cherche un emploi

    2ème Partie : Entretien d'embauche entre Damien et Justine

    3ème Partie :Portrait de Damien MAYER

    4ème Partie : Louise, épouse de Damien

    5ème Partie : Justine, secrétaire de Damien

    6ème Partie : Lou, fille de Louise 1

    7ème Partie : Lou, fille de Louise 2

    8ème Partie : "Le regard magique"

    9ème Partie : l'Empreinte (1)  

    10ème Partie : L'Empreinte (2)

    11ème Partie : Le Plogging

    12ème Partie : Les enfants perdus

    13ème Partie : Quel carburant voiture ?

    14ème Partie : L'Etang

    15ème Partie : Lettres anonymes

    16ème Partie : Dorian le détective privé

    17ème Partie : Réminiscences

    18ème Partie ; Filature

    19ème Partie : Le Poucave

    20ème Partie : Sous-marin (camion de filature) et pinholes (caméras minuscules)

    21ème Partie :Dignité bafouée 

    22ème Partie : La Charité fraternelle

    23ème Partie : "Le Constat d'adultère"

    24ème Partie : La "road rage" à 200 km à l'heure

    25ème Partie : Le fouille merde

    26ème Partie ; Le Daron engraine

    27ème Partie : Choc émotionnel

    28ème Partie : Prodigieuse Lumière

    29ème Partie : Inspecteur Stan Faure

    30ème Partie : Etrange entretien

     31ème Partie : Révélations fracassantes de Dorian

    32ème Partie Adèle coupable ?

    33ème Partie : Enjeux autour d'un bébé

    34ème Partie : Duo de choc Louise et Justine

    35ème Partie : Coma Damien

    36ème Partie : Réveil Damien

    37ème Partie : Les trois mousquetaires

    38ème Partie : Une famille encombrante

    39ème Partie : La tornade blanche

    40ème Partie : Mutique imposture

    41ème Partie - Le bon curé

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