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    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS 3ème partie

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS 3ème partie

    "Le monument préféré des Français" - France 2 - avec Stéphane BERN

     

    VOYAGE EN AUVERGNE - SEPTEMBRE 2016

     

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS D'AMBERT (63600)

     (3ème Partie)

     

    De la pâte à la feuille !

     

    Magnifique vidéo qui explique... TOUT !

     


    Page mémoire : le moulin Richard de Bas

     

    Connaissez vous l'Histoire de la Pâte à Papier ? voir ICI !

    Visite des extérieurs du Musée et de l'Appartement du Papetier : voir ICI !

     

    Voici maintenant le Mode de Fabrication traditionnel ... La Feuille de papier naît sous nos yeux émerveillés comme aux temps anciens du 12ès...

     

    UN LIEU VRAIMENT FASCINANT !

    Je rappelle que les employés du Moulin de Richard du Bas produisent plus de 200 feuilles à papier à la main par jour...

    Activité artisanale respectueuse de l'environnement, car la matière 1ère est constituée de linges usagés (vêtements, draps....) en coton, lin ou chanvre qui étaient autrefois vendus par les chiffonniers au papetier.
    Ces chiffonniers, Hommes ou Femmes, parcouraient le pays pour recueillir les chiffons qu'ils portaient dans des sacs très lourds sur le dos... Un métier très dangereux, car ces chiffons provenaient la plupart du temps des Hôpitaux ou lorsqu'on débarrassait une maison après un deuil, ou d'une maison abandonnée... (N'oublions pas que des maladies mortelles comme le choléra, la peste, la tuberculose ou autres ravageaient les pays à ces époques... ces chiffons pouvaient donner la mort ! )

    Aujourd'hui, ce sont les particuliers qui en font don au Moulin...

    Il faut 7 kg de chiffons et 20 l d'eau pour 100 feuilles...

     

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS 3ème partie

    Un coeur barré de 2 traits s'inscrit en filigrane sur chaque feuille.

     

    L'Énergie nécessaire à l'activation des maillets qui broient les fibres de textiles et les mêlent à la sève de pin pour la fabrication  de la pâte est produit naturellement par l'eau des ruisseaux qui font tourner la roue du Moulin.

     

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS 3ème partie

    En Hiver, du Papier blanc, couleurs, aquarelle ou chiné...

     

    En Été, quand les jardins du Moulin sont fleuris,
    la feuille blanche laisse place à la fabrication du papier à "inclusions florales"
    ou des compositions florales hautes en couleurs et en diversité....

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS 3ème partie

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS 3ème partie

     

    Plusieurs jardins à découvrir en saison lors de la visite qui permettent aux employés artistes  (souvent féminines) de s'approvisionner en pétales frais le matin même de leur utilisation.

     

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS 3ème partie

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS 3ème partie

    Plus beaucoup de fleurs en Septembre ! Dommage !

     

    Le Papier Blanc sert de nos jours à restaurer des ouvrages anciens, à l'édition de livres d'artistes à tirage limité...

    Les Papiers pour Beaux Arts sont très prisés des artistes amateurs et professionnels.

    Clic sur le lien vous dirigeant sur des oeuvres d'art
    peinture, aquarelle etc
    créées sur du Papier Moulin Richard de Bas (entre autres). SUPERBE !

    http://www.veroniqueframpas.com/?page_id=1229

    dont voici un avant goût :

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS 3ème partie

    Aquarelle sur papier Richard de Bas 480 g - Collection particulière
    Véroniqueframpas.com

     

    Les Papiers à Fleurs permettent l'impression de Faire-Part, Menus et Poèmes...

    Dans les années 1950, des artistes comme PICASSO, Salvador DALI ou Bernard BUFFET exposaient des oeuvres couchées sur un papier du  Moulin de Richard de Bas.

    Ce papier fut également choisi comme support du texte original de la Constitution de la 5ème république de 1958 et des Diplômes des prix Nobel.

     

    Situé près d'Ambert, ce moulin produit depuis le 14ès un papier de manière artisanale épais et doux au toucher.

    Des chiffons sont d'abord triés puis  déchiquetés par une lame de faux...
    Dans l'ancien temps, ce travail était confié à des femmes âgées, car dangereux ! Ces femmes, considérées comme ayant fait leur temps, pouvaient attraper toutes sortes de maladies mortelles provenant du linge contaminé... ou bien pouvaient se couper le doigt, voire la main... et les blessures étaient une porte ouverte à l'infection... De plus, l'air était infectée ...

     

    Imprégnés d'eau, ils sont ensuite réduits en bouillie par des maillets entraînés par la roue du Moulin. La roue à eau, actionnée par l'eau, soulève les maillets garnis de clous alignés qui, en retombant, broient les tissus mélangés à l'eau... dans un vacarme impressionnant !

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS 3ème partie

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS 3ème partie

     

    Au bout de 24 h de défibrage, on ajoute la colle à base de sève de pin... Il faudra encore une bonne douzaine d'heures pour terminer le travail (sinon, on obtiendrait un vulgaire papier buvard !)...

    Nous passons dans une salle suivante avec une cuve de pâte à papier assez liquide dans laquelle flottent des pétales de fleurs...,  qu'il faut touiller ("spatuler") comme nous le montre notre sympathique guide, avec le "redable" percé de gros trous, pour éviter que la pâte se dépose au fond.

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS 3ème partie

     

    L'eau permet de lier les fibres, ce qui donne de la solidité à la feuille. La dilution donne le grammage (poids de la feuille au mètre carré)

    Une grille, "la forme", est prête (côté gauche de la guide) pour être trempée dans la pâte (comme pour une crêpe, en fait !) : c'est le travail de "l'ouvreur" (celui qui fait l'ouvrage !) qui remplit sa forme de pâte et la laisse égoutter..

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS 3ème partie

    Une "forme"

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS 3ème partie

    "l'ouvreur"

     

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS 3ème partie

    "l'ouvreur (en bleu)",  et le "coucheur"(au fond) qui récupère la forme remplie pour la poser sur les feutres ...

    Le "coucheur" vient alors récupérer la forme remplie et pose la feuille ainsi formée sur un feutre, rajoute un feutre au-dessus (comme un mille-feuilles) ...

    Lorsque 100 feuilles sont ainsi intercalées entre les feutres, la pile rejoindra la presse.

     

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS 3ème partie

    Nous ne verrons pas fonctionner la presse ! Dommage !

    Où elles seront pressées à la force de l'Homme pour leur faire perdre le maximum d'eau (Pression équivalente de 40 tonnes). C'est une opération délicate et dangereuse !

    Ensuite, il faudra "lever" les feuilles, les séparer des feutres ("le levage")

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS 3ème partie

    Le "levage":

    Un employé retire le feutre qu'il empile sur les feutres déjà retirés et empilés
    pendant que l'autre employé retire la feuille et l'empile sur les autres "levées"

    Nous montons en haut dans le séchoir naturel où sont acheminées les piles de feuilles, préalablement ébarbées, pour les faire sécher.

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS 3ème partie

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS 3ème partie

    l'opération de séchage pourra demander 2 ou plusieurs jours suivant la météo et l'humidité de l'air
    Il ne faut pas que la feuille sèche trop vite sinon le papier se gondole

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS 3ème partie

    Vous remarquerez  les "claire-voie" en bois, sorte de volets
    qu'on ouvre sur 2 façades opposées pour être en courant d'air,

    orientées Est-Ouest,
    ou les fermer selon les besoins....

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS 3ème partie

    Le séchoir est tout en haut

    On suspend les feuilles dans un 1er temps dans la partie droite à courant d'air,
    puis on les transporte dans la partie gauche, fermée par des fenêtres
    plus chaude et plus sèche pour terminer le séchage

    Ensuite, les feuilles sont cylindrées pour les aplanir. (Elles sont donc passées entre 2 cylindres)...

    Les Feuilles moulées, pressées et séchées deviennent ensuite un support de choix pour l'écriture ou le dessin.

    8 Personnes travaillent à l'année.

    Créés dans les années 1970, les papiers avec pétales de fleurs sont l'un des grands succès de la Maison. Le choix des couleurs se fait selon la saison et le contenu du Jardin qui jouxte le Moulin.

     

    Clou de la visite, un régal pour les yeux, la boutique  !

     

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS 3ème partie

     

    Moulin Richard de Bas

    Musée historique du papier

    63600 - AMBERT d'AUVERGNE

    tél : 04-73-82-03-11

    rdb@wanadoo.fr

     

    Possibilité d'un atelier ludique et intéressant pour les enfants qui fabriqueront eux-mêmes leur propre feuille de papier pour 5 €.

    A ne pas rater ! Lieu chargé d'Histoire dans un site magnifique... Je recommande vivement cette visite guidée qui m'a passionnée...

    Je tiens à féliciter toutes les personnes ayant oeuvré à la conservation de ce patrimoine et à toutes celles travaillant dans ce merveilleux Moulin...

     

    Un grand merci aux aminautes qui auront pris la peine d'avoir tout lu !

     

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS 3ème partie

     

     

     

     

     


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    Cliquez pour avoir musique médiévale. MERCI

     

     

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS - AMBERT 2ème partie

     

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS - AMBERT 2ème partie

     

    VOYAGE EN AUVERGNE - SEPTEMBRE 2016

     

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS D'AMBERT (63600)

    2ème  Partie

     

     

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS - AMBERT 2ème partie

    Magnifique Musée Historique du Papier situé à 3 Km d'Ambert

    Machine à laver industrielle pour blanchir les tissus
    Meules pour broyer les fibres textiles

     

    Près d'Ambert, dans la jolie vallée de Laga, nous arrivons dans un village perdu dans la verdure... Le Moulin d'Ambert est le dernier "Moulin à papier" d'Auvergne.

    "Région qui fut l'une des toutes premières à produire du papier en France et ce depuis le début du 14ès !"

     

    "Le Moulin Richard de Bas est composé de 2 sous-ensembles accolés et étagées en gradins qui en surplombent 2 autres en contrebas de la D57 :

    - Moulin supérieur (Moulin du Haut)

    - Moulin inférieur   (Moulin du Bas)

    coincés entre l'abrupt rocheux du versant et le ruisseau qui coule au fond du vallon à 650 m d'altitude. Façades orientées au midi.

    2 roues en cascade mues par une seule et unique chute d'eau (estimée à 9,50 m en 1899)"

    Moulin fondé dès le 14è siècle, ayant cessé son activité de 1938 à 1942 puis repris dès 1942 par l'Association "La Feuille Blanche" qui le fait revivre depuis....

    Le Moulin, toujours en activité, produit environ 200 feuilles de papier par jour, destinées aux Editeurs, artistes et autres amoureux de beaux papiers

    C'est le 1er Musée Vivant de France ! "

    Nous quittons la route pour nous engager dans un chemin arboisé... longeant de superbes bâtiments,  débouchant sur un immense parking qui fera notre bonheur pendant toute notre visite du Moulin et des environs... C'est magnifique !

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS - AMBERT 2ème partie

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS - AMBERT 2ème partie

     

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS - AMBERT 2ème partie

    Sur le Parking du Moulin Richard de Bas

    Mon mari  s'extasie devant les machines exposées à l'extérieur.

     

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS - AMBERT 2ème partie

    Machine à laver industrielle pour blanchir les tissus

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS - AMBERT 2ème partie

    Machine industrielle  à déchiqueter les fibres pour faire la pâte à papier

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS - AMBERT 2ème partie

    De Droite à Gauche :

    Rouleaux chauffés à la vapeur ... vapeur qui circule à l'intérieur des rouleaux

    1) Le gros rouleau à droite trempe dans la pâte à papier et un film se forme à sa surface

    2) les 3 rouleaux en V récupèrent la feuille du 1er rouleau : phase de séchage de la feuille

    3) les 3 rouleaux verticaux : calibreurs d'épaisseur de la feuille de papier

     

    Cette exposition industrielle ne rentre pas dans la fabrication artisanale du Papier du Moulin, qui, lui, perpétue la fabrication de papier du 12ès...

    L'Histoire de cette Papeterie raconte que 3 croisés auvergnats furent faits prisonniers ... les Montgolfier, Malmenaide et Falguerole ... qui durent travailler dans des moulins dans lesquels on fabriquait le papier dans tout l'Empire ottoman avec du LIN et du CHANVRE... Ils ramenèrent ce savoir-faire et le développèrent dès 1326....

    Moulin achevé en 1463 par Antoine RICHARD qui lui donna son nom.
    A cette époque, sur le ruisseau de LAGAT qui coule dans cette vallée s'installèrent  une dizaine de moulins du même genre... (On en dénombra pas moins de 300 dans toute la région de l'Auvergne).

    Production sans interruption jusqu'à la mort du dernier Papetier en 1937. En 1940,  Marius Péraudeau remit le moulin en état, Alfred Péraudeau l'ouvrit au public avec l'Association "la Feuille Blanche"en 1942...

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS - AMBERT 2ème partie

     

    Dès le début de la visite, nous plongeons dans la vie des Maîtres Papetiers en déambulant dans les appartements très rustiques du dernier Papetier.

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS - AMBERT 2ème partie

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS - AMBERT 2ème partie

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS - AMBERT 2ème partie

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS - AMBERT 2ème partie

     

    Puis la guide nous emmène dans le Musée qui occupe une ancienne salle de triage des tissus

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS - AMBERT 2ème partie

    Presse des feuilles à papier

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS - AMBERT 2ème partie

    Maillet tel qu'il était au Moyen Âge pour broyer les fibres textiles

    "Une salle est consacrée à l'Histoire du papier, de sa naissance en Chine il y a plus de 2000 ans, à son arrivée en France et en particulier à Ambert...

    Le 18ès a été l'Âge d'Or de la Papeterie d'Ambert."

    Puis nous entrons dans l'Antre des secrets, celui de la fabrication de la pâte à papier qui se perpétue dans ce moulin depuis 1326... non pas avec du bois, mais avec des chiffons et de l'eau pure .

     

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS - AMBERT 2ème partie

    LA ROUE A EAU sur le ruisseau

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS - AMBERT 2ème partie

     

    FIN DE LA 2ème PARTIE

     

    3ème PARTIE PAGE SUIVANTE

    (De la Pâte à Papier à la Feuille...)

     

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS - AMBERT 2ème partie

     

    LA PAPETERIE RICHARD DE BAS - AMBERT 2ème partie

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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    Le boléro de Ravel

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL 2ème partie

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL

    (2ème partie)

     

    (1ère partie cliquez)

     

    Peu de temps après, une brancardière arrive, me débranche... "on a besoin du box"... et me roule vers une destination inconnue... Je me réfugie dans une bulle de silence, n'osant la déranger par mes questions...

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL 2ème partie

     

    Nous dépassons une salle d'attente bondée. Un enfant hurle.... puis nous arrivons au fond du couloir dans une salle où sont parqués des brancards séparés les uns des autres par des rideaux verts... tout au long de 2 murs, ....  pendant que des familles patientent sur des chaises le long du mur face aux brancards.... ou debout....ou dans le couloir....

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL 2ème partie

     

    "Pardon, pardon" s'énerve la brancardière qui a le plus grand mal à faufiler mon brancard entre les gens, puis le dirige dans le seul espace libre étroit encadré par 2 rideaux ...

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL 2ème partie

    c'est tout à fait cela, mais rideaux verts !

     

    Crainte : vais-je y passer la nuit ?

    Une lumière crue ruisselle sur nous des plafonniers ...

    Un Homme ronfle bruyamment dans un box ... Une infirmière vient le secouer... pour lui crier plusieurs fois "A demain, tâchez de dormir. Vous verrez le médecin demain matin"... tout en fermant son box d'un rideau supplémentaire....

    Hilarité générale quand les ronflements reprirent de plus belle !

    Dans l'encadrement de l'ouverture des rideaux, j'ai toute une famille musulmane devant moi... Une femme emmitouflée dans des voiles, châles et jupe longue semble faire corps avec la chaise plastique sur laquelle elle est assise, pendant que 4 hommes forts et moustachus, le corps penché, mains jointes sur les genoux, gardent obstinément leurs yeux rivés sur le sol !

    Recroquevillée sur le brancard, emmitouflée sous le drap pour éviter regards et lumière brutale , je me glisse doucement, pleine de frissons, dans les profondeurs vagues de l'âme, à la recherche d'une rêverie-refuge au coeur d'une vie devenue vide au beau milieu  d'un brouhaha indescriptible....

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL 2ème partie

     

    Les hurlements stridents de l'enfant soudain nous éclaboussent.... Une infirmière tente avec une infinie patience de le calmer, lui expliquant doucement pendant plus d'une demi-heure .... qu'on allait l'endormir, qu'il n'aura pas bobo, qu'on endormira aussi Doudou.... Que Doudou sera tout content de faire un gros dodo et de se réveiller guéri...

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL 2ème partie

     

    Je n'ai plus de repères, n'ayant plus d'Horloge !

    Justement, le Jeune Interne vient m'avertir qu'il fallait attendre les résultats de l'analyse de sang au moins pendant une heure... qu'en attendant, pas de médicaments, même pas l'hypotenseur du soir normalement impératif... Avec l'injonction : "tâchez de vous reposer !" ....

    Pas facile dans ce bruit et les déambulations permanentes des gens ... familles, malades ou infirmières....

    L'attente fait manifestement partie de la Dame dans ses voiles en face de moi, absolument impassible, les yeux perdus au loin....

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL 2ème partie

    Soudain mon Ange gardien se précipite du couloir vers moi avec une bienheureuse couverture jaune dont elle m'enveloppe avec tendresse .... Je suis submergée de reconnaissance envers cette Infirmière qui m'a déjà tant réconfortée ... qui trouve encore le moyen de s'excuser d'avoir tant tardé, car trop prise... tout en me tapotant l'épaule... J'ai à peine le temps de la remercier qu'elle repart brusquement.... J'ai lu la fatigue sur son visage et dans ses yeux las !

    Sa bienveillance et sa générosité sont restées gravées dans mon coeur !

    Par l'ouverture entre les rideaux, je regarde passer les files d'attente pleines d'incertitude, noyées sous la lumière impitoyable dans l'air saturé de bruits....

    Attente anxieuse qui rebondit partout, sur les murs de la salle, dans le couloir bondé, dans les coeurs épuisés.... sur les corps lourds des accompagnants exténués qui ne cessent de se lever, de faire quelques pas dans le couloir, de revenir s'assoir ...

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL 2ème partie

     

    L'Attente est une marée qui engloutit tout pendant que les blouses blanches ou vertes marchent, marchent inlassablement... corps si pressés qu'ils semblent avoir laissé une grande partie d'eux-mêmes quelque part, dans une autre vie, une autre dimension....

    Dissonance entre les grincements des carcasses immobiles dans les brancards, blessées, détraquées ou usées... et le martèlement des pas pressés qui semblent donner l'illusion de tout dominer.... antidote à l'inéluctable qui parfois se profile à l'Horizon ?

    Attente stérile pour moi... cette fois, je l'ai bien compris ! J'ai hâte de me retrouver chez moi, d'avaler le précieux hypotenseur qui, peut être, calmera la douleur de ma tête et le bruit de mes oreilles... d'avaler un somnifère et de me glisser avec tant de bonheur dans mon lit douillet !

    Et voici que me vient une drôle d'idée peu réjouissante :

    Et si le problème de l'Homme, finalement, ce n'était pas la mort elle-même... mais l' ATTENTE de la mort ???

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL 2ème partie

     

    Pensée triste pour toutes ces personnes âgées invalides qu'on parque dans des lits... qu'on maintient en vie et qu'on oublie....

    Au bout d'un temps infini et indéfini... l'infirmière qui m'a aidée à me déshabiller me sort de ma torpeur ... "Vite, habillez vous, nous avons besoin du brancard !" ... en sortant mon baluchon de dessous le charriot.

    Interdite, incrédule... je la regarde, regarde la famille musulmane assise en face de moi ! "Comment ça me déshabiller ? là, devant les gens ?"

    L'infirmière m'attrape par les bras, me relève, me houspille : "Allons donc, personne ne vous regarde !"

    je suis suffoquée ! et refuse tout net !

    Mécontente, elle m'enjoint à descendre du brancard afin d'aller dans les .... WC ! Sauf que je suis à moitié nue, la nuisette ne cachant même pas les fesses et le dos à l'air...

    Mon mari, qui attendait dans le couloir, arrive à grands pas !

    D'un geste brusque, je refoule la couverture jaune, ramasse le drap autour de moi ! Enfin, elle comprend et m'aide à descendre de mon perchoir pendant que je tiens ferme le drap collé contre moi !

    Je suis furieuse, le coeur tambourine, ma tête pulse ....

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL 2ème partie

     

    Puis elle me pousse, pieds nus, vers les WC... qui sentent horriblement mauvais... Pieds nus qui, soudain, pataugent dans une mare de... pipi ! Mon mari, qui me suit avec le sac, râle bruyamment. L'infirmière est déjà partie !

    Je suis si ahurie que, tétanisée, je  n'ose plus avancer... Puis l'idée me vient de jeter le drap à terre et de m'essuyer les pieds dessus ... Mon mari me donne un à un mes vêtements en prenant soin de ne pas les traîner au sol...

    M'habiller ainsi tient de l'exploit ! je me sens sale, humiliée....

    Il y a des jours où, franchement, tout va de travers !!!

    Des jours qui nous rappellent à quel point nous sommes insignifiants !

    Mon mari a réussi à repérer des fauteuils roulants, m'emmitoufle dans l'un deux et repart chercher les papiers....

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL 2ème partie

    Hélas, pauvre Homme qui devra poireauter encore plus d'une heure dans le couloir avant de recevoir papiers et résultats d'analyse....  Cette fois, j'étouffe dans pull et manteau ! Il a fallu qu'il fasse preuve d'une autorité tonnante pour qu'enfin, nous puissions partir...

    Pendant que je l'attends, la famille musulmane au grand complet, entourant une toute jeune fille très pâle, passa devant moi avec de grands sourires et des petits signes de la main...

    Flux d'émotions, sourires droit au coeur ! Flambée d'amour pour eux !

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL 2ème partie

    De retour dans la voiture, je me précipite sur la bouteille d'eau, complètement déshydratée et en profite pour avaler mon hypotenseur... ENFIN !

    Nous arrivons au petit matin... douche... alcool sur les pieds.... désinfectant dans les chaussures... somnifère.... dodo !

     

    QUEL BONHEUR !

    MAIS QUEL BONHEUR D'ÊTRE CHEZ SOI,

    DANS SON LIT DOUILLET !!!!

     

          cool

     

     

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL 2ème partie


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    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL

     

    Aujourd'hui, Jeudi 1 Décembre 2016... rentrée chez moi (ouf !)

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL

     

    Bonheur de retrouver mon ordinateur avec un disque dur flambant neuf ... contenant toutes mes données accumulées depuis des années.

    Tohu-bohu de pensées dans mon cerveau fatigué qui rêve à ce projet mirifique Transhumanisme du "machinouti surhumain" dont parlait déjà si drôlement Prévert en 1961....

    Ah, si l'on pouvait relooker complètement mon corps, réparer tous les organes fatigués, équiper mon cerveau défaillant d'un logiciel dernier cri.... !

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL

     

    Il fait si beau dehors... Un soleil presque printanier dans ce paysage automnal. Beaucoup d'arbres ont troqué leur livrée d'or pour une autre plus rutilante, plus cramoisie... Sauf pour les Chênes toujours aussi verts qui s'obstinent à nier l'arrivée de l'Hiver...

    Tout semble en harmonie, mais le demi-sourire du ciel est un rien mélancolique... Il y a comme un assombrissement laiteux dans l'azur limpide ... Les oiseaux se sont tus !

    "Grand froid et gelées dans le Haut Var pour demain", annonce la météo...

    Guirlandes et chalets des Marchés de Noëls sont déjà installés un peu partout ...

     

    C'EST TOMBE SUR MOI COMME LA FOUDRE !

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL

     Corps que je voulais assujettir à ma pensée, à mes activités, à mes désirs....

    Corps dont je voulais nier la souveraineté, corps violenté par des agitations qui donnaient un sens à ma vie...

    Vie surbookée, tapissée de "il faut que" stressants

    Corps qui regimbe, refuse, rappelle à l'ordre !

    Il aurait été plus sage de s'éclipser doucement....

    Difficile d'abandonner ce que l'on a mis en route ! Le renoncement, le lâcher-prise font partie de la Vie... Le Temps ne ménage personne !

     

    Samedi dernier, 26 Novembre 2016

    Pendant que je ressasse phrase par phrase les 4 nouveaux chants pour Dimanche, à l'aide des vidéos YouTube depuis plus de 3 heures,

    mon œil gauche s'affole et tressaute désagréablement ! J'ignore ce signe ... pas le temps !

    Puis, d'un coup, mon cœur se met à battre la chamade... Une angoisse intolérable jaillit en force dans ma poitrine...

    Crissements, fourmillements, violente douleur dans le cerveau qui fuse dans toute la partie gauche de mon visage... et plus particulièrement au niveau de la mâchoire....

    Anesthésie progressive de cette moitié gauche, comme après une anesthésie dentaire...

    Pulsations violentes dans la tête... Vertiges !

    Douleur dans le muscle du bras, main qui se tétanise avec rétractions des doigts....

    Souffle coupé, j'essaie de toutes mes forces de ne pas paniquer....

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL

    Mon mari s'affole, appelle le 15...

    A toute vitesse, on prépare carte d'identité, carte vitale et je chope ma sacoche de médicaments... Il est environ 17 H (?)

    Après 20 mn d'attente, l'ambulance des pompiers arrive, gyrophares rouges allumés !

    Tension très élevée !

    Merveilleuse Jeune Fille à mon "chevet" pendant que l'ambulance file à toute allure vers l'Hôpital !

    Respirer doucement, ne pas paniquer, répondre calmement à ma jeune "Nounou" si bienveillante dont les yeux rouges et les paupières gonflées racontent l'épuisement d'une longue nuit et journée de garde depuis 20 H la veille.... qui pourtant, ne cesse de me parler ...

    L'ambulance roule si vite dans les tournants que je suis ballotée et je glisse... Profonde envie de dormir !

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL

    Les Urgences de l'Hôpital .... débordées ! On me glisse d'un brancard à un autre, puis on me roule dans un coin sombre du Hall d'entrée vitré, en bout de file de brancards déjà en place...

    ".....pas bouger  !" m'ordonne t-on.

    L'infirmière de l'Accueil vient chercher les malades un par un... Je la vois dans son aquarium de verre taper sur son ordinateur...

    Les minutes s'égrènent ... J'ai le temps de filer une bonne demi-douzaine de fois aux toilettes sans qu'on s'en aperçoive... Je suis K.O. !

    Une jeune femme s'agite et pleure sur le brancard à ma droite.... Voilà plusieurs heures qu'elle attend ! elle ne s'est "comment trouver la bonne position" pour calmer la douleur qui la vrille sur ce brancard si dur et glissant... elle est tombée dans l'escalier ...

    Chacun se noie dans le Temps !

    Le réel s'enfuit, s'échappe dans un souffle de fièvre... baigne dans l'Indifférence, dans un monde d'Oubli...

    Soupires, murmures, pleurs sous le voile des draps qui servent de couverture...

    Poussières d'Humains aux aguets dans l'Immobile !

    Je grelotte ! La porte coulissante du Hall ne cesse de s'ouvrir sur de nouveaux arrivants, et je retrouve mes pompiers chargés d'un nouveau patient... puis d'autres pompiers...

    Rechercher la fin de la douleur est un piège ... Respirer calmement.... Oublier le dos qui se cabre sur la planche du brancard... puis clopiner jusqu'aux toilettes en espérant arriver à temps !

    Le Temps qui passe trop vite au quotidien s'étire ici interminablement... Temps de stupeur !

      

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL

     

    Les portes coulissantes s'ouvrent et se referment sans cesse sur des passants pressés qui passent et repassent... sans un regard vers les brancardés, sans un sourire qui console.... Les passants ont la tête ailleurs....

    Ballet des infirmières aux blouses blanches qui martèlent le Temps aux pas cadencés, regard perdu au loin

    Ballet des brancardiers (res) en blouses vertes qui courent à la recherche d'un brancard ou qui transbahute les malades comme ils peuvent en slalomant entre les passants pressés et les brancards alignés partout...

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL

     

    Ballet des brancards qui s'agglutinent dans le Hall, dans le couloir au bout du Hall... ou qui se perdent on ne sait où ....

    J'observe, à la fois agacée par tout ce bruit et ce remue-ménage... et captivée...

    Un par un, les brancards sont tirés, aspirés lourdement dans l'Aquarium où officie la jeune infirmière qui, inlassablement, tape, tape sur son ordinateur... Puis les brancards filent vers un Ailleurs au pas de charge....

    Agitation qui exorcise l'angoisse !

    Enfin, une Jeune Femme en vert se dirige vers moi et, sans un mot, tire mon chariot, le propulse dans l'Aquarium... Je suis bombardée de questions... L'Infirmière tape à toute vitesse les réponses... Me coulisse un brassard au bras droit relié à une machine qui prend aussitôt automatiquement la tension artérielle, m'emprisonne l'index dans une pince reliée à une machine....

    "Tension bien trop élevée" lâche t-elle succinctement en réponse à ma question "combien ?"

    Puis me pose un bracelet de plastique blanc étiqueté... Une brancardière blouse verte arrive au galop chercher mon chariot et nous filons à toute allure dans le couloir vers un box... dans lequel nous nous engouffrons....

    Une infirmière me demande de me déshabiller et fourre pêle-mêle tous mes habits au fur et à mesure dans un grand sac ainsi que mes médicaments... glisse le sac sous le brancard.. pendant que j'enfile une nuisette coton blanche dos ouvert qui m'arrive aux ras des fesses... Je claque des dents ! elle m'aide à me hisser sur le brancard et me recouvre du drap blanc ... qui ne me réchauffe pas du tout !

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL

     

    Me retrouve branchée aux machines dans l'incapacité de bouger...

    Un tout jeune et svelte Interne arrive en courant. Il consulte les machines, les questions fusent... Il écoute mes réponses, très courtoisement, ordonne une prise de sang ... et repart aussitôt !

    Grande activité dans le couloir en face de ma porte ouverte... Des groupes d'infirmières, brancardières et autres personnes entrent et sortent d'un local dont la porte verte indique en énorme "PRIVE"... Discussions animées, rires... à l'intérieur !

    Un monde fou circule sans cesse dans le couloir... Spirale de pas... attente.... brancards.... attente.... des pas pressés, des pas cadencés... attente.

    Nuit noire dans le cadre de la fenêtre. A intervalles réguliers, le brassard se gonfle et se dégonfle sur mon bras tétanisé...

    Il pleut du temps ! Il pleut du bruit ! ......

    Fichue vessie ! Que lui arrive t-il donc ??? J'appelle "s'il vous plaît !"..."oui, oui" me crie t-on !

    Une pendule cliquette... Je me tords le cou et lis presque 22 Heures ! Dire que mon hypotenseur est dans le sac sous moi... Ma tête pulse et tambourine et j'ai une usine en pleine activité dans les oreilles....

    Une marée s'enfle et gronde dans ma vessie qui menace de déborder ...

    Je réitère mon appel : "on arrive, on arrive" me lance t-on, sur un ton très agacé .....

    J'attends ! longtemps !

    Cette fois je crie "c'est urgent !"

    Une femme en blanc passe la tête dans l'encadrement de la porte, me fusille du regard et hurle "Je passe le relais à ma collègue"... ça alors !

    J'attends ! Collègue aux abonnés-absents !

    20 minutes passent à la grosse pendule... je fulmine !

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL

     

    Les groupes d'infirmières passent, repassent, rient, discutent, rient, s'agitent... et ignorent superbement mes appels angoissés...

    "Vais-je lâcher prise ?" Stress ! la machine s'empresse de me garroter le bras... et lance une alerte... personne ne vient !

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL

     

    L'Hôpital se désoccupe de ses malades ! appel aux secours qu'on entend même plus... Grand monstre froid, l'Hôpital !

    Suis au bord de l'explosion ... pense sérieusement à arracher brassard et pince... et à chercher seule les toilettes ....

    ENFINNNN ! une infirmière souriante arrive pour.... la prise de sang et mon univers s'éclaire ! Elle comprend, et bonne âme, court chercher un bassin.... appelle une aide-soignante ... qui s'éclipse  après m'avoir installée sur le dit bassin...

    J'y reste 30 lonnnngues minutes d'après l'Horloge. Mon dos n'en peut plus !

    La bienveillante infirmière revient une fois de plus avec tout son matériel et me regarde, ahurie...

    Ses yeux sont remplis de nuages noirs ! Elle ne dit rien, enfile des gants, et essaie de décoller le bassin de ma peau... C'est un véritable arrachement ! Nous rions ! Mal fou à redescendre le dos qui hurle sa colère...

    Elle revient, se désinfecte les mains et me pique avec beaucoup de dextérité... Un ange de douceur ! Excuse ses collègues : "ce sont des gamines... Vous savez, elles ne tiennent pas plus de 7 ans... C'est la moyenne ! Un va et vient de gamines... J'ai 37 ans et je suis déjà la vieille !"

    Elle s'aperçoit combien je suis gelée, je grelotte... et me promet de m'apporter une couverture... On vient la chercher... Elle repart en courant !

    Le Temps déploie sa corolle ...

    "L'Hôpital est devenu une entreprise comme les autres, soumise à la rentabilité... et aux restrictions budgétaires draconiennes ... démentes... Qui trinque ? les patients !" (Prof André Grimaldi- diabétologue à la Pitié Salpétrière - Paris)... d'où un manque cruel d'empathie !"

     

    A suivre....

     

    Luciole

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL

     

    Merci de votre visite

     

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL

     

    ET A BIENTÖT POUR LA SUITE

     

    Témoignage de Jazzy.... (Jazzy, je te remercie infiniment !) :

     

    "Je découvre ce billet et je vois que comme beaucoup tu as subi  ce passage aux urgences qui est devenu un véritable enfer .

    Comme Mireille j'ai vu se dégrader progressivement l'accueil, à quelques exceptions , que je sois du côté du patient  ou de l'autre du soignant  .

    La relation écrite du suivi sur ordinateur est certes nécessaire mais n'est pas prise en compte dans la gestion horaire du personnel d'où cette agitation permanente et ce manque de temps à consacrer aux patients .

    L'empathie est restée pour beaucoup sur le quai de la gare et c'est vraiment regrettable  . Plusieurs fois en accompagnant mes parents aux urgences j'avais envie d' hurler pour ce manque de considération du patient .

    Le froid ,oui, c'est une constante, je n'ai toujours pas compris pourquoi il n'est pas pris en charge , les chemises de l’hôpital n'étant en rien une protection . 

    Tu as très bien décrit cette atmosphère , j'ai une grande expérience des urgences des hôpitaux bien sur il y a des hôpitaux où cela ne se passe pas exactement de la même façon , j'en connais mais globalement le constat est vraiment affligeant et ça ne fait qu'empirer ."

    UNE NUIT AUX URGENCES DE L'HOPITAL

     

     


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    DEFI n° 174 DES CROQUEURS DE MOTS

    MENES PAR LILOUSEIL

     

    Racontez une belle histoire qui va mettre en scène :

    trois personnages :

    Jules, Jeanne et son éternelle cane

    Un personnage de petite taille qui semble assez agité

    Un lieu : une mare près de l’église

    Un objet : une pendule

    À 8h lundi 21 novembre 2016,   

     

     

    Jules, Jeanne et la Cane

     

    Jules, Jeanne et la Cane

     

    C'était un petit brigand de son village, sans foi ni loi... enfermé dans sa chambre comme un lion en cage. Il répétait devant son miroir les mots qui frappent, les mots qui éclatent...

    Il dégainait des arguments particulièrement affutés censés la mettre K.O., la vertueuse Jeanne qui ne sortait jamais sans sa Cane...

    L'amour de Jeanne pour son volatile palmé était sans limite.... Amour impitoyable qui pouvait anéantir tout ceux qui voulaient se mettre en travers de leur chemin... Beaucoup de ses copains en avaient fait l'amère expérience... Qu'il s'en souvienne, donc !!!

    Surtout que dans le village, Jules avait mauvaise réputation. On glosait sur son cœur d'artichaut ...

    Et la Fine Mouche aux yeux pervers le savait !

    Ding, ding, dong s'acharna méthodiquement la Pendule du Salon qui disait "oui, mais ???"... puis "NON, NON, NON..."

    Pendule qui l'avertissait de se mettre à l'abri, de se trouver vite une position de repli...

    Elle avait vu tant de générations se succéder dans ce Salon ! Fragilité de l'Homme malmené par ses émotions ... et tellement impuissant face à la Nature puissante et immuable...

    Elle savait que Jules n'était qu'un maillon dans la Chaîne sans fin des générations et que de lourdes dettes à payer du passé de ses ancêtres le rendaient beaucoup moins libre qu'il ne le pensait.

    Son mécanisme en grinçait des dents ! Elle était si désappointée que personne ne l'écoutait... Son huile en rancissait d'amertume !

    "Boum, boum, boum" s'affola douloureusement le cœur qui se voulait polisson du jeune garçon de 15 ans.

    Il en avait marre de la Toquée du Tic-Tac qui passait sa vie à égrener le Temps ! ah, celle-là, le silence n'était pas son ami ! Un jour, il lui fera la peau, promis !

    Il voulait tout, ce jeune minot ! Progressivement, il retrouva ses ailes de jouissance... Oui, il se voulait puissant... surtout devant les copains ... et la petite Jeanne !

    "J'ai RV avec Jeanne" ! Il chantonnait sur le chemin qui menait à la mare derrière l'Eglise.

    Jeanne y était déjà, et pendant que sa Cane barbotait à grands bruits d'eau et d'ailes, Jeanne trempait ses petits pieds de reine dans l'eau trouble en égrenant une comptine de sa voix claire ;

    "Entrez dans la danse, voyez comme on danse... chantez, dansez, embrassez qui vous voudrez...."

    Tout en épiant sous ses paupières mi-closes le gamin soudain intimidé...

    "Coin-coin-coin" claironna la Cane ironique et jalouse, en symbiose avec sa grande amie.... qui , malicieusement, releva plus haut jupons et cotillons...

    Il coulait dans le cœur de Jules une chaude liqueur, une mâle vigueur....

    Et s'approchant de la Belle, plaqua sur sa joue de chastes baisers.

    "Coin-coin-coin" s'indigna violemment l'odieux volatile, à réveiller les morts du cimetière de l'Eglise.

    Et Monsieur le Curé de sa sieste... et là, c'en était fini de ses rêves de douceurs....

    Il s'agenouilla et entonna :

    "Je suis votre Chevalier, gente Demoiselle, et veux vous couvrir d'or, de rubis... (puis d'un ton plus bas) "de baisers...!

    Le petit pied nu de la Belle frappa l'herbe douce de la rive et elle s'écria fièrement, relevant la tête :

    "J'en suis bien aise, mon Chevalier, allons gambader dans les fleurettes..."

    Ils se tinrent par la main... Jules jubilait - Les copains vont en baver de jalousie !

    Un petit pont enjambait un ruisseau. Une idée le traversa :

    "Voulez-vous, ma Reine, que je vous porte pour ne pas gâter vos dentelles ?"

    "... Portasse, que je vous portasse... mon bel ami ! Mais faites donc, je vous en prie !"

    Pas facile ! Il s'embrouilla les bras dans le paquet de cotillons, puis raffermit sa prise et la souleva ! Elle se pendit à son cou.

    "Mazette, elle pèse, la Jeannette !" souffla lourdement Jules

    Et vite, loin de la Mare et de la Cane, l'entraîna vers l'abri des arbres sous la futaie. L'haleine de la Belle lui chatouillait voluptueusement le cou, provoquant maints frissons dans tout le corps !

    Il déposa le volumineux paquet, à bout de souffle, sur la mousse fraîche.

    "Savez-vous que l'on médit de vous et vous traite de voyou ?" susurra le petit diable au regard espiègle.

    Piqué, Jules lui baillonna la bouche à pleins bécots, pendant que sa mâle assurance flambait....

    Le Belle empourprée essaya de se reculer, mais se retrouva piégée contre le tronc d'un énorme chêne....

    "Monsieur.... monsieur..." pépiait elle effarouchée dans un joyeux remue-ménage de toutes ses dentelles.

    Mais ses petits bras battaient l'air sans le repousser. Il s'enhardit et lui mordilla les lèvres, la tendre chair du cou et .... descendit vers la lisière de son corsage.

    Et là, ahuri, Jules vit 2 mains sortir doucement du corsage les fruits défendus....

    "Ah, ça, elle n'y va pas par 4 chemins !" pensa t-il, soudain rempli de désarroi... pendant que la mutine le regardait, enjôleuse !

    Il prit feu, murmura des mots tendres impétueux et voulut toucher les rondeurs offertes....

    "Mais j'entends siffler le train, mais j'entends siffler le train...." hurlait à tue-tête une voix nasillarde qui fit chavirer les cœurs affolés des tourtereaux....

    Le petit prêtre, alerté par les criailleries de la Cane, fondait sur eux de ses courtes pattes en agitant un gourdin...

    Jeanne se réajusta vivement pendant que Jules se relevait et se postait bravement devant sa Belle afin de la protéger des regards furieux du prélat.

    Il entendit un violent bruit de jupons froissés et vit sa Jeanne s'enfuir à toutes jambes, les cotillons troussés à 2 mains, passer le petit pont et rejoindre la Cane courroucée qui l'attendait avec forces cancanages ....

    Jules avait le corps à feu et à sang ! Il rageait !

    "C'est bien mal fréquenté, ici" clama de sa voix haut-perchée le prêtre qui semblait s'amuser, les yeux plein de malice....

    "Va faire ta valise, vaurien... et ne reviens pas au village avant que d'avoir l'âge de raison... et une barbe drue !"

    "Tu prends le large par le prochain train. J'irai parler à tes parents !"

    Et c'était bien loin, là où le curé l'emmena, au grand soulagement des parents, inquiets des possibles représailles des parents de la gamine délurée...

    "Ding, ding, dong" soupira la Pendule du Salon, qui avait vu juste, une fois de plus !

     

    Luciole 83

     

    Jules, Jeanne et la Cane

    Georges BRASSENS

    Né à Sète (Languedoc) le 22/10/1921 

    Mort à St Gély-du Fesc le 29/10/1981

    Auteur-compositeur français

     

     

    Qui est la Jeanne de la Chanson "La Cane de Jeanne" ?

    http://www.telestar.fr/article/georges-brassens-france-3-qui-est-la-jeanne-de-la-chanson-la-canne-de-jeanne-photos-171466

    Un jeune délinquant de Sète décide de "monter à Paris" en Février 1940, envoyé  par ses parents  chez sa Tante Antoinette qui tient une pension de famille dans le 14è....

    Georges travaille (relieur, puis manœuvre chez Renault...)

    Antoinette a une amie chère qu'elle lui présente : Jeanne le Bonniec - 50 ans.

    Pendant la guerre, à 22 ans, il est envoyé de force aux alentours de Berlin comme travailleur dans la manufacture d'avion BMW.

    Pendant une permission, il s'enfuit chez Jeanne (pour protéger sa Tante de la Gestapo)... taudis sans eau chaude, ni gaz, ni électricité , ni tout-à-l'égout...) mais une vraie ménagerie dans la cour dont la fameuse Cane - dans lequel il restera 22 ans ...

    Jules, Jeanne et la Cane

    Chez Jeanne, 9 impasse Florimont

    L’impasse aujourd’hui fleurie, offre un aspect beaucoup plus pimpant
    que le coupe-gorge sordide, d’il y a 60 ans, aux façades lépreuses.

    Le ciment a  aujourd’hui remplacé la chaussée de pavés, sillonnée à l’époque par une rigole d’eaux usées.

    http://www.pariszigzag.fr/histoire-insolite-paris/7-impasse-florimond-sur-les-traces-de-georges-brassens

     

    Jules, Jeanne et la Cane

    Jules, Jeanne et la Cane

     

    Jules, Jeanne et la Cane

    Georges Brassens et Jeanne

    Jules, Jeanne et la Cane

     

    Jeanne est attirée par ce jeune gaillard de 22 ans, d'une grande gentillesse et doué d'une réelle sensibilité artistique, poétique et musicale..
    Jeanne est mariée à un doux alcoolique, Marcel, qui non seulement accepta ce ménage à 3, mais adopta Georges pas encore Brassens comme un fils. Georges lui dédiera sa chanson "l'Auvergnat".

    Jeanne lui achète une guitare avec ses maigres économies et aidera à la publication à compte d'auteur (avec la famille de Georges) son recueil de poésie " A la Venvole"...

    Mais voici que Georges Brassens tombe amoureux en 1947 de Joha Heinam, qu'il surnomme "Püppchen" puis "Pupchen" (petite poupée en allemand)... avec laquelle il ne vivra pas ni ne se mariera... mais restera fidèle ! Elle sera enterrée à ses côtés dans la tombe familiale de Sète.

    Pour elle, il compose "Je me suis fait tout petit devant une poupée".

    Cependant, malgré sa célébrité, il reste dans le taudis de Jeanne jusqu'au milieu des années 1960.

    Veuve de Marcel, Jeanne, âgée de 75 ans, se remarie avec un Homme de ... 37 ans ! Georges, refusant le ménage à 3, s'enfuit... Mais il gardera toujours une grande amitié pour sa Jeanne.

     

    Jules, Jeanne et la Cane

    Tombe de Georges Brassens aux côtés de ses parents et de "Pupchen"


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