•  GARE A L'EAU QUI DORT n° 35

     

    Damien - coma 1

     

    COMA DAMIEN 


    1ère Partie

     

     

    Hildegard von Bingen - Ave generosa

     

    "Décidemment, Louise aime jouer avec le feu" pensa Stan, brusquement confus, désorienté, devant cette amitié féminine spontanée... dont il se sentait exclu... presque jaloux... 

    Justine, quelque peu embarrassée, pressentit la femme d'affaires avisée sous le vernis mondain de Louise.... dont la trentaine se laissait à peine deviner.... Elle lui sourit chaleureusement, formidablement réconfortée... 

    "Comme nous allons nous entendre, toutes les deux !" s'exclama Louise, enchantée... Nous allons former un duo de choc, vous et moi ! Appelez moi Louise, je vous prie, vous me feriez tellement plaisir....Je vous suis tellement redevable, Justine, merci... merci infiniment !"  (Episode précédent n°34 - cliquez sur la phrase)

     

    Je suis brinquebalé par une ambulance lancée à toute vitesse vers l'Hôpital le plus proche... Puis  on me parque dans la pénombre d'une salle immense où s'entassent toute la misère du monde.. Des douleurs foudroyantes dans tout le corps,... Un mal de tête épouvantable, un grondement infernal y mugit... Un froid mortel me saisit progressivement des pieds à la tête.... 

    Enfin, une petite lumière s'éclaire sur un front, m'éblouie... un Homme en vert surgi du noir comme un diable d'une boite, pressé... Un visage masqué de vert se penche vers moi, des yeux vifs me scrutent... Des mains m'investiguent férocement, déclenchant des souffrances atroces... Je hurle ma haine... Mon hurlement me fouaille les entrailles... Une voix confuse me répond.... J'ai peur, une peur effroyable.... je me sens mourir... secoué de soubresauts, je meurs.... Stridence ! Sonnerie qui s'amplifie, s'amplifie.... 

    Damien - coma 1

    Vouivre, créature fantastique au corps de reptile surmonté de deux ailes de chauve-souris

     

    Soudain, dégringolade à une vitesse folle dans les profondeurs d'un noir dense.... Me retrouve au fond d'un vaste égout voûté baigné de mystérieuses clartés où grouillent toutes sortes de bêtes sauvages immondes, des marées de rats énormes qui fuient en poussant d'horribles cris suraigus, pourchassés par des hordes de Vouivres impressionnantes... 

    J'assiste, épouvanté, à des carnages effroyables... Mes hurlements stridents me vrillent les oreilles....je n'ai plus de corps, je suis une ombre dans la clarté diffuse... Une ombre piégée dans le labyrinthe nauséabond.... Des formes monstrueuses vaguement humaines se précipitent sur moi... Suis horrifié...  Une virulente culpabilité me transperce le ventre... Des souvenirs me terrifient.... Je voudrais me dissoudre dans le mystère impitoyable de ce cloaque, n'être plus rien.... L'épouvante me glace.... Je me débats avec ma conscience violemment éprouvée, je hurle ma peur... Au secours... Maaaaman..... 

     

    Damien - coma 1

     

     

    Une violente tornade de lumières me cueille... Me propulse à une vitesse vertigineuse dans un geyser de lumières vivement colorées qui flashent et crépitent autour de moi.... Des énergies colossales me traversent... Sensation d'un profond malaise au creux de mon estomac... Très étonné de sentir tous mes organes, alors que je n'ai plus de corps.... Les zones de turbulences s'ouvrent comme Mer rouge sur une sorte de large ruban argenté qui scintille comme diamant.... L'impression d'entrer dans un tunnel de lumières aux couleurs vives.... La course folle ralentit.... Une vive clarté m'éblouit... J'ai la légèreté d'une plume... Sensation agréable... Je flotte, indécis... J'ai conscience de me trouver à l'orée d'un lieu de Puissance et de Vérité... et m'aperçois brusquement que ma pensée dirigeait tout... Je peux me déplacer avec ma pensée... Je peux voler à une vitesse étourdissante... ou bien planer ... Je stoppe mon élan, refuse d'aller plus loin.... Je plante devant le Seuil... le Seuil de quoi ? le Seuil de quoi ??? Au-delà de l'Espoir ??? Solitude extrême ! 

     

    Damien - coma 1

     

    Je ne suis pas seul... je sens des contacts presque charnels, chaleureux, mais invisibles... presque rassurants... Pourtant, j'éprouve une peur atroce... Au-delà, c'est quoi ? 

    Dans la vive clarté, trois Êtres de lumière, tout vibrants d'amour, se dévoilent doucement... Pas de parole entre nous, juste des pensées qui me traversent... Télépathie ? Je ressens toutes leurs sensations, leurs émotions, leurs pensées.... leur chaude tendresse... Ils débordent d'une tendresse lumineuse.... Une onde de paix et d'amour m'enveloppe et me rassure... Je pénètre dans la Lumière Vivante avec eux.... Je comprends soudain qu'ils sont avec moi depuis toute éternité... Une joie indicible m'envahit... La Lumière Vivante est Sagesse, Savoir incommensurable... Elle connaît tout de moi... Une crainte respectueuse me saisit... Je n'ose plus avancer... Tout est Ténèbre en moi... Qu'ai-je à offrir ? 

    Pourtant, mon corps produit un doux rayonnement... Je ne comprends plus rien... Je suis si sale, si éprouvé par mes manques, mes refus, mes iniquités... Ma place n'est pas ici ! Je ne suis pas à ma place... La honte me terrasse... Je voudrais me dissoudre dans cette Lumière d'Amour et n'être plus rien que poussière de lumière....

     

    Damien - coma 1

     

    Toute la réalité de ma vie se déroule comme un film devant moi... Les trois Êtres de Lumière vêtus d'une longue robe d'un blanc éblouissant m'enlacent de leur amour inconditionnel et m'encouragent ... Vision panoramique instantanée de tous les plans de ma vie, de tous les évènements bons ou mauvais...

    Il n'y a pas de jugement dans les Êtres de Lumière... Ils se contentent de m'aider, de m'épauler... Je me sens si misérable...foudroyé de constater que  peu de bien émerge du mal absolu dans lequel j'ai pataugé lamentablement toute ma courte vie.... Je découvre toutes mes malhonnêtetés, mes lâchetés, mes actes violents, mes colères et mes actes immoraux.... 

    Je suis "colères,  peines, souffrances intolérables, douleurs morales et physiques" de mes "victimes"... Je suis tout cela pour l'éternité.... Mon propre jugement me rend incapable d'affronter la Présence Vivante qui régit tout.... et suis terrassé par mon propre jugement... Je ne suis pas digne d'aller "au-delà".... Comment soutenir la Présence de Miséricorde et de Pardon, moi qui n'ai jamais réussi à pardonner... Une phrase de  la prière apprise pendant l'enfance au caté défile dans ma tête... "Pardonnez moi mes offenses COMME j'ai pardonné à ceux qui m'ont offensé !" Où sont mes pardons ? De quel amour ai-je aimé ? L'amour n'a jamais fait partie de mon vocabulaire... Du plus loin de ma vie, dès ma naissance, j'ai refusé d'aimer....

    Et je m'aperçois avec stupeur que je n'ai pas connu l'amour dès ma naissance, pas même la tendresse...

    A ma décharge, je n'ai vécu qu'une vie de violences, d'humiliations et de frustrations... sans une once d'amour de la part de mes "parents"...

    Se dévoile doucement que ma "mère" n'était pas ma mère... Je ne connais pas ma mère biologique... Je n'ai eu qu'une mère de substitution... La réalité de ma naissance m'échappe ! La stupéfaction me coupe la respiration... Puis me submerge de joie... Ce n'était pas ma mère biologique ! La haine me foudroie pour cette femme atroce qui m'a dressé contre ce père violent et arrogant.... 

    Je supplie les Êtres spirituels de me révéler l'identité de ma mère biologique... Je veux l'aimer, elle, la chérir de tout mon coeur... 

    Ils m'annoncent doucement...

    "Elle a toujours voulu être à tes côtés, elle était avec toi dans toutes les circonstances de ta vie... Elle s'est dévouée auprès de toi corps et âme,  toi qui lui rendait bien mal le don total qu'elle a fait de sa vie pour toi, afin de te protéger... Elle a beaucoup donné, il lui sera rendu au centuple"

     

    Damien - coma 1

     

    Abasourdi, je cherche désespérément, je fouille ma mémoire... ??? et ne vois qu'Adèle, cette femme qui m'exaspérait tant, dont je ne supportais pas la présence... la maîtresse de mon père... Cette haine viscérale au plus profond de moi pour elle, entretenue depuis l'enfance par cette femme qui prétendait être ma mère.... 

    Un noeud se dénoua brutalement ! Je comprends enfin cette façon, que je jugeais indécente, de se coller à moi... Je prenais son amour pour de l'espionnage... Ainsi cette femme austère, rigide, potinière, caustique et désagréable... était ma mère biologique... Sensation d'étouffement, de désespoir... Comment l'aimer, cette femme redoutable qui m'effraie tant  ! J'en suis incapable !

    "Dis lui que tu l'aimes... et tu verras bien ! Elle n'attend que cela depuis que tu es né ! Tu seras ébloui par le changement que pourront provoquer ces simples petits mots... "Je t'aime, Maman !"... Alors tu retrouveras celle qui n'a jamais cessé de t'aimer et de te dorloter bien malgré toi.... "

    Quelle révélation ! Quelle extraordinaire révélation ! La stupéfaction me cloue sur place... Insensiblement, la joie afflue... Cette femme, ma mère, m'aime, moi : Je suis digne d'être aimé ! L'amour a toujours été à mes côtés et je n'ai rien vu, rien deviné, rien su... Si des humains m'avaient révélé cela, je les aurais tués sur le champ ! J'entrevis soudain ce don incroyable qu'elle m'avait fait d'elle-même ! Mais alors, pourquoi cette mascarade ?

    Les Êtres spirituels m'envoient cette vibrante pensée qui m'effraya brusquement :

    "Tu le sauras sur Terre ! Elle t'expliquera tout ! Aime-là, Damien, elle en vaut vraiment la peine, cette femme durement châtiée et malheureuse comme une pierre... Et, vois-tu, même une pierre est plus heureuse qu'elle  !"

    "Vais-je devoir retourner dans l'enfer terrestre ?" Une révolte me terrasse violemment... 

    "Où veux tu aller, Damien ?"

    Je ne sais plus ! L'idée de revenir sur mes pas me déconcerte totalement ! Et pourtant, je sais bien qu'une frontière me sépare de la Sagesse de la Lumière Vivante..? qu'il faudrait franchir ou bien retourner dans ce cloaque sans humanité... Une frontière spirituelle symbolique qui propose la Vie à venir, l'Enfer ou la vie terrestre dans de terribles conditions  ... Quel choix...  qui ne tient qu'à moi ... qu'à moi tout seul ?

    "Une chance m'est redonnée ? Mais c'est l'horreur de la prison qui m'attend en bas.... et la souffrance intolérable du corps et de l'âme, avant la guérison .... Comment vais-je me retrouver physiquement, ensuite ? Ma vie est finie, sur Terre, je suis fichu !"

    "Tu trouveras tout seul la solution, Damien... et Dieu seul le sait !"

    "La Lumière Vivante : c'est Dieu Tout-Puissant ?"

    "Mais oui, Damien, tu t'en es rendu compte de suite... C'est l'Amour qui ne te juge pas, mais t'aime d'un Amour absolu, infini....Appuie toi sur Lui, Il saura t'aider... Apprends qui est le Christ, et ta vie sera totalement bouleversée... Ta mère a besoin de ton amour comme tu as besoin de l'Amour du Christ.... Apprends à ta Famille à aimer le Christ ! Il est le Chemin, la Vérité et la Vie qui mène vers le Père.... A Dieu, Damien, et bonne vie lumineuse et remplie d'amour.... "

    Ils "s'éteignirent" brusquement ... Mais je continue à les ressentir... 

    Soudain, je me sens aspiré par une Force violente... me retrouve brusquement dans mon corps... et m'endors de suite.... 

    "A Dieu va !" furent mes dernières pensées remplies de paix et de douceur.... 

            

    Luciole

    Damien - coma 1

     

     

    ROMAN : "Gare à l'eau qui dort" - cliquez sur les phrases ci-dessous :

     1ère Partie : Justine cherche un emploi

    2ème Partie : Entretien d'embauche entre Damien et Justine

    3ème Partie :Portrait de Damien MAYER

    4ème Partie : Louise, épouse de Damien

    5ème Partie : Justine, secrétaire de Damien

    6ème Partie : Lou, fille de Louise 1

    7ème Partie : Lou, fille de Louise 2

    8ème Partie : "Le regard magique"

    9ème Partie : l'Empreinte (1)  

    10ème Partie : L'Empreinte (2)

    11ème Partie : Le Plogging

    12ème Partie : Les enfants perdus

    13ème Partie : Quel carburant voiture ?

    14ème Partie : L'Etang

    15ème Partie : Lettres anonymes

    16ème Partie : Dorian le détective privé

    17ème Partie : Réminiscences

    18ème Partie ; Filature

    19ème Partie : Le Poucave

    20ème Partie : Sous-marin (camion de filature) et pinholes (caméras minuscules)

    21ème Partie :Dignité bafouée 

    22ème Partie : La Charité fraternelle

    23ème Partie : "Le Constat d'adultère"

    24ème Partie : La "road rage" à 200 km à l'heure

    25ème Partie : Le fouille merde

    26ème Partie ; Le Daron engraine

    27ème Partie : Choc émotionnel

    28ème Partie : Prodigieuse Lumière

    29ème Partie : Inspecteur Stan Faure

    30ème Partie : Etrange entretien

     31ème Partie : Révélations fracassantes de Dorian

    32ème Partie Adèle coupable ?

    33ème Partie : Enjeux autour d'un bébé

    34ème Partie : Duo de choc Louise et Justine

    35ème Partie : Coma Damien

     

     

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    Les Souffleurs, commandos poétiques en résidence sur la Val Briard pendant 3 ans,
    à la rencontre des enfants du CP au CM2 pour faire vivre la parole littéraire et poétique (25/11/2019)
    https://actu.fr/ile-de-france/fontenay-tresigny_77192/seine-marne-troupe-souffleurs-chuchote-paroles-poetiques-dans-toutes-ecoles-val-briard_30353461.html

     

     

    Cliquez sur l'image 

     Pour le grand défi du lundi 23 novembre :

    Nous choisirons chacun(e) un tableau célèbre, si possible l’un des 22 exposés ici

    et dans un petit texte en prose ou en vers nous devrons l’évoquer sans le nommer, donc le faire deviner.

    Pour corser le défi, nous devrons glisser dans notre présentation au moins l’un des mots suivants (ou tous) :

    chaise-longue, oiseau, arrosoir.

     

     

     Chopin

     

    LES SOUFFLEURS DE MOTS

     

    J'ai passé toute la soirée, arrosoir à la main, à naviguer péniblement entre fontaine, arbres et plantes, accablée de chaleur et de fatigue. Il est tard ! Les oiseaux se sont tus, leurs sublimes arpèges ne m'accompagnent plus.

    C'est l'Heure de se faire belle et de partir à l'aventure. Déjà, je perçois, au loin, l'appel des voix, amplifié par les haut-parleurs ....

    Hier à la bibliothèque, j'ai lu l'affiche...

    Ô la merveilleuse idée !

    Munie de ma grosse veste en laine, les nuits sont fraîches par ici, j'arrive, essoufflée. 

    La nuit est tombée sur l'Esplanade illuminée de guirlandes et de flonflons...  Dans un désordre savamment élaboré, des chaises longues loufoques, éclaboussées de couleurs vives, de dessins rigolos, colonisent tout l'espace, ouvrent leurs bras bienveillants. 
    Surprise générale des villageois accourus en masse dès l'appel de la voix... Ils stoppent, indécis, déboussolés, aux abords de l'Esplanade... Truculentes réflexions de l'humain quand les codes habituels volent en éclats....

    "Depuis quand les transats détrônent ils les chaises ? C'est nouveau, ça ! Encore une riche idée de la Mairie !".....

    Et l'opposition, ravie, de parler de la dette abyssale et des impôts locaux, braves gens, réveillez vous :....."

    Mais la voix douce des haut-parleurs invite le peuple à un repos mérité dans ces transats toilés....

    C'est la ruée ! Les préposés sont débordés... Pourquoi une chaise longue plutôt qu'une autre ? ... Les familles, les amis, se regroupent, bousculent, colonisent.... Des petits vieux, à petits pas précipités, malhabiles, dérivent, hésitent, puis choisissent en s'installant avec moultes précautions et s'inquiètent soudain, une fois péniblement allongés dans l'esquif fragile : "Qui viendra les relever ?"

    Il est bien difficile d'assujettir une pensée originale dans la marche normale du quotidien ! 

    Pendant que s'affairent autour de soi des hommes et des femmes vêtus de noir, la curiosité dodeline... les corps sont accablés de fatigue et de chaleur.... On se délecte finalement avec gourmandise de l'excentricité.... 

    Des retardataires se pressent dans cet univers bourdonnant, cherchent le havre de paix qui reste et s'allongent avec de profonds soupirs de soulagement.... 

    Dans cet instant préparatoire, on se prend doucement à rêver... on farniente.... la léthargie complice se propage de siège en siège... On regarde le ciel, les étoiles scintillantes.... 

    Soudain, c'est la plongée dans la nuit noire ! Les luminaires s'éteignent, allumant des cris, des "ohoooo !", des "aaaah ?"... Les esprits s'éveillent brusquement ! Puis on retient son souffle...

    Les ombres noires balisent des chemins lumineux à l'aide de bougies aux flammes vacillantes... Les gens s'ébaubissent, amusés, inquiets... "C'est quoi, ce binz ?" crie la voix suraigüe d'une jeune beauté qui s'agite dangereusement sur son siège branlant.... Rire général ! Puis tout s'apaise... Dans le silence noir troué de petites lueurs, les silhouettes sombres, armées d'un long tube noir, s'activent ...

    Temps suspendu dans la douce féérie lumineuse sous le ciel divinement étoilé... Les tubes se tendent vers les oreilles intriguées des premiers rangs, et des bouches, à l'autre bout du tuyau, chuchotent des poèmes, des devinettes, des merveilles... Tout est tendresse, douceur, béatitude... 

    Les Souffleurs descendent, se coulent dans la nuit de rang en rang, leur "rossignol" cherche l'oreille attentive.... 

    Le Don est au coeur de leur démarche ! 

    Le souffle poétique se propage de bouche à oreille.... 

    Pourquoi  se détacher du rêve en ce monde  stressant ? L'instant est à l'amour et le rêve est si beau ! 

    Enfin, c'est mon tour... Mon coeur frissonne sous le souffle curieux, étrangement métallique qui chuchote :

    "Qui suis-je pour t'émerveiller ainsi ? Ecoute-bien ces quelques mots poétiques et réfléchis ! Si tu découvres le nom de ce peintre et l'intitulé de son oeuvre, tu gagneras un lot magique ... Ecoute :

    Sous le pinceau de l'étrange Génie impulsif,
    S'enlacent, se tordent en larges volutes chaotiques,
    Des nuages sauvages, débridés, pris de folie,
    Dans un ciel tourmenté où tournoient des astres ivres.
     

    Un croissant de lune orange en une folle danse au soleil s'unit,
    Tandis que la flamme noire d'un cyprès mystique
    S'élance, puissante, vers l'énergie cosmique.

    Comme détaché de ce Ciel sublime, un village tranquille,
    Pelotonné autour de son fier clocher élancé, qui,
    En flèche acérée, semble vouloir percer le mystère théologique...

    Sublime allégorie d'un poète mystique qui, sans bigoterie,
    Veut ramener la Foi au Centre de nos vies ?

     

    Mon esprit, parachuté dans l'univers inédit de la poésie, s'affole !Je n'ai pas tout saisi ! M'emparant doucement du bout métallique du tuyau collé à mon oreille, je souffle maladroitement

    "Puis-je réécouter ? Je n'ai pas bien compris ... merci !"

    Le rossignol se colle de nouveau à mon oreille, réédite et m'embarque dans le voyage... 

    Au rythme des mots projetés sur la toile vide de mon esprit se dévoile lentement une claire vision... 

    Je jubile ! J'ai trouvé ! C'est fantastique !

    Saisissant le tube, je crache d'excitation la réponse aux deux questions demandées.... 

    Le rossignol retrouve mon oreille et la voix étrange me félicite. La femme en noir me tend un papier avec un numéro de lot à quérir à la Mairie dès que possible ! 

    Vocaliser des oeuvres... allier les mots à la Beauté d'un tableau célèbre...  Quelle merveille ! Voilà qui va m'aider à affronter l'affreuse  chaleur des beaux jours à venir.... Je suis ravie, ravie ! Heureuse comme un coq en pâte dans mon transat branlant, sous la voûte rassurante des cieux... enveloppée de ma chaude veste en laine... 

    Dommage : c'est déjà fini ! Une à une les bougies s'éteignent... Les guirlandes s'illuminent.. Un orchestre s'installe et les chaises longues se replient .... 

    On réveille en douceur la foule des grands jours par un slow langoureux et les couples s'enlacent.... La terrasse du Bar se remplit... 

    On se lasse vite de l'inédit ! Et le quotidien, main dans la main, s'en revient au galop... 

    L'ambiance est à la fête. L'air embaume les sucreries offertes des boutiques ambulantes et les écoeurantes barbes à papa s'enroulent devant une file de bambins excités.... 

    Je m'en retourne à pas pressés vers mon havre de paix décentré... trop solitaire au milieu de cette foule qui s'amuse, crie et rie.... sous les décibels d'une musique moderne qui réclament la jeunesse... Les vieux se replient en hâte, exaspérés par le bruit assommant des sonos à plein régime..... 

    Luciole

     

    Les Souffleurs de mots

      "Une nuit étoilée" de Van Goghn  (un de mes peintres préférés avec Monet)

     

    Les Souffleurs de mots

     

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    OU ALLONS-NOUS ?

    2ème partie

     

     

    Tchaïkovsky 

     

     N'oubliez pas de double cliquer sur les photos, c'est tellement plus beau ! 

     

     

    Les étroits sentiers feutrés de feuilles d'or se referment soudain sur l'ombre, et nous rencontrons tout le long du chemin des épineux drapés de lichens, qui s'argentent sous la lumière diffuse.... (Il vaut mieux éviter de frotter les arbres envahis de lichens, c'est mauvais pour la santé ! )

    Des rochers affleurent ça et là, il ne fait pas bon lever les yeux des chemins caillouteux dans lesquels mes cannes  de marche se coincent sans cesse... Des brins de thym têtus s'obstinent et fixent leurs racines dans les fissures entre les roches... 

    "Nous ne pouvons souffrir ce qui s'écarte de nos vues étroites, de nos petites habitudes. De la mesure de nos idées, nous faisons la borne de celles des autres. Tout ce qui va au-delà nous blesse. Savons nous ce qui est Bien, ce qui est Mal ? La Société est jugée par l'amour-propre blessé !" (Victor Hugo)

    "Ce sont des nuées sans eau poussées par les vents ; des arbres d'automne sans fruits, deux fois morts, dé-racinés" (Jude 1,12)

    Tout comme le sont ces arbustes morts envahis par la lèpre du lichen... Futilités de nos vies envahies de la lèpre de nos vices qui s'ancrent dans l'orgueil, dans la vanité, dans la cupidité, dans la convoitise, dans la violence......,  et dans notre recherche insensée des plaisirs..... 

    Mon âme devrait être profondément enracinée en Christ, Lui qui a porté le fardeau de nos fautes, de nos faiblesses, de nos maladies.... Lui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie ! 
    Ainsi, tout comme le thym, dont les racines s'enfoncent profondément dans la Terre nourricière et lui permet de puiser humidité et nutriments, nous pourrions être beaux et résistants.... 

    Les racines du thym l'ancrent  fermement dans le sol, facilitent sa survie, face aux vents, sécheresse ou canicule, tempêtes de toutes sortes...... 

    En plantant nos racines, par l'étude et la prière,  dans la seule Source de subsistance de notre âme, le Christ, nous fortifions celle-ci au milieu des épreuves, des chemins caillouteux ..... 

     

     

    Dans nos forêts provençales, le cade est omniprésent ! Celui-ci, de forme buissonnante, est magnifique ! Ses fruits sont orange à brun rouillé... 

    Pendant des siècles, en Provence, on brûlait le bois du cade (Genévrier oxycèdre ou "cade", de la famille des conifères))  pour en extraire une huile médicinale, l'Huile de Cade ! 

    Huile de cade utilisée depuis longtemps pour ses vertus cicatrisantes... 

    Médecine : comme base de nombreuses pommades,  et onguents destinés au traitement du PSIORASIS, des eczémas chroniques... Encore actuellement utilisée pour traitement des kératoses du cuir chevelu, et des hyper-kératoses du psoriasis

    Vétérinaire : utilisée par bergers et vétérinaires des traitements de la gale des animaux, des fissures des sabots des équidés, des teignes animales, des eczémas, du météorisme des moutons par voie digestive... etc

    Phytosanitaire : antiseptique et cicatrisant, antiparasitaire (champignons....) fongicide (rouille), ovicide (puceron)

    Cosmétologie : diluée dans de l'eau, soin pour faire briller les cheveux après lavage. Elle entre encore dans certains shampoings et savons.

    https://fondation-plainedesmaures-environnement.fr/blog/2015/04/07/huile-de-cade-et-fours-a-cade-en-provence/

     

     

    Les études du Professeur Qing Li montrent que les bains de forêt boostent durablement notre humanité. En effet, les arbres secrètent des phytoncides, des composés organiques volatiles qui visent à se protéger contre les bactéries et les champignons.

    Quand nous respirons ces phytoncides, cela stimule nos cellules NK (Naturel killer, anti-cancer) qui, du coup, neutralisent notre système nerveux sympathique. 

    Le système sympathique, c'est celui qui nous fait réagir par la peur, la fuite ou l'attaque et que nous avons particulièrement sollicité pendant cette crise sanitaire, en générant nos angoisses. 

    Ces biomolécules sont un véritable cadeau de la Nature. Les arbres les sécrètent justement en ce moment (au printemps et à l'automne). C'est une période idéale pour aller prendre un bain de forêt. 

    Je prie le Seigneur d'accorder les mêmes bénéfices à ceux qui sont enfermés dans la solitude de leurs Tours ou de leurs petits appartements, en pleine ville sans espaces verts, ou dans les minuscules studios estudiantins. 

    "Si tu savais le Don de Dieu !!" dit Jésus à la Samaritaine....

    Conscients du Don qui nous est fait, gardons ferme notre foi et notre espérance. Continuons à prier avec ferveur.

    "Merci Seigneur de bénir et de protéger ton peuple dans sa marche au désert, et de rejoindre toutes ces personnes confinées sans possibilité de s'aérer, de s'évader.... , ainsi que tous les malades dispersés dans le monde entier et leurs familles.... "

     

    CHARBON'HIER ! 

    A un détour du sentier, le long d'un chemin forestier, nous tombons sur un ancien Four à charbon de bois. 
    De nos jours, le charbon de bois rime avec  barbecue et grillades...

    Dans le passé, depuis 2000 ans avant Jésus Christ jusqu'à la fin du 19ès, le charbon de bois fut une source d'énergie primordiale pour développer les activités économiques... 

    Il était l'un des moteurs des industrie anciennes de l'Homme : métallurgie, forges, verreries, cristalleries, ..... etc
    Certaines régions développèrent davantage la production de bois, comme la Provence !

    A partir de 1930 apparaissent les fours métalliques. L'empilement du bois y est plus facile !

    Une excellente balade à faire : le sentier des charbonniers à Baudinard sur Verdon .

    https://www.api-movie.fr/verdon/le-sentier-des-charbonni%C3%A8res/

    Vous saurez tout sur les fours à charbon de bois sur le magnifique site explicatif :

    http://randojp.free.fr/0-Diaporamas/Fours/Charbonniere_Provence.html

    1866-1877 - LA FOI DU CHARBONNIER
    " On entend par ces mots une foi simple et naïve, qui croit sans examen. On donne pour origine à cette locution le conte suivant :
    Le diable, déguisé en ermite, entra un jour dans la cabane d'un charbonnier, et lui dit pour le tenter
    - Que crois-tu ?
    Je crois ce que croit la sainte Eglise.
    - Et que croit la sainte Eglise ?
    - Elle croit ce que je crois.
    Notre homme se renferma dans ses réponses sans vouloir en sortir, et l'esprit malin, voyant échouer toutes ses ruses, fut obligé de renoncer à son projet. "

     

     

     Notre chemin nous mène à une prairie dans laquelle paissent souvent des moutons, gardés par leurs chiens protecteurs : les patous.... 

    Nous avons pris la précaution, dans la voiture, avant de nous engager dans la forêt, de nous assurer que le troupeau et les chiens n'étaient pas là ! Nous nous sommes fait prendre un jour et un des patous  s'est précipité sur nous en montrant les dents tout en grognant ! C'est très impressionnant ! Ses crocs énormes sont bigrement dissuasifs !
    Mon mari, qui connaît bien le berger, a gardé son calme... Nous nous sommes arrêtés et il a parlé doucement au chien : "bon chien, gentil chien, doucement, doucement, c'est bien, c'est bien...."
    Le berger, tout au loin, a rappelé le chien, mais je sais que nous l'avons échappé belle.... Si le chien avait été seul.....???? A 12 ans environ, j'ai vu ma cousine qui courait sur le chemin devant un troupeau de mouton, se faire attaquer et mordre vilainement la cuisse par un chien berger allemand.... Terrifiant !

    Ce chien des montagnes des Pyrénées est utilisé depuis très longtemps comme chien de protection du troupeau afin de défendre les bêtes des prédateurs, surtout du loup ! Dans cette forêt, justement, le loup rôde ! Je n'en ai jamais rencontré et, franchement, je n'y tiens pas !

    Le patou naît dans la bergerie avec les moutons. Les liens d'affection entre le chiot et l'éleveur qui représente pour lui le Chef de meute, sont limités afin qu'ils s'établissent en priorité avec les moutons.
    Dès 5 mois, le chiot peut commencer à sortir avec les moutons sur de petites parcelles.
    Ses puissants aboiements préviennent le berger et dissuadent l'intrus de pénétrer plus loin. Si ces avertissements ne sont pas pris au sérieux, il attaque !

    Gardez vos distances ! Contournez l'aire de pâturage... Evitez les au maximum !
    Face au chien, gardez votre calme et faites demi-tour immédiatement ... ou arrêtez vous de suite : le chien vous flairera, vous reconnaitra comme humain et vous accompagnera un moment pour s'assurer de vos bonnes intentions avant de retourner vers le troupeau.

     

     

    Le chemin longe la prairie et nous nous retrouvons dans l'ombre protectrice de la forêt. 

    Dernièrement, des discussions entre chercheurs ont dressé un parallèle entre l'émergence de la maladie du Covid 19 (et de bien d'autres maladies),  et de la destruction de la Nature, les pertes de biodiversité et la déforestation. 

    C'est la conclusion d'une équipe rassemblant l'INRAE, le Centre de coopération en recherche agronomique CIRAD, l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et 'Institut Pasteur de Guyane, après l'étude scientifique de 565 articles scientifiques 

    Une note de la Fondation Jean Janvier, publiée le 6 mai 2020, lance des pistes en vue d'une refondation forestière pionnière en France.
    Les chercheurs appellent au CONCEPT d'UNE SEULE et MËME SANTE humaine, animale et environnementale....

    Cette étude les conduit à mettre la forêt au 1er PLAN, face à l'onde de choc du Covid 19, précédée par d'autres crises comme la peste porcine africaine (non transmissible à l'homme)

    LA SANTE GLOBALE EST CELLE DES FORÊTS qui incite à instaurer une stratégie de BIOSECURITE

    https://www.forestopic.com/fr/foret/strategie/1090-crise-coronavirus-covid-19-voix-pour-repenser-foret

     

      

    Novembre argente le vert-gris de la broussaille échevelée des  genêts   .. Ce sont des genêts cendrés qui poussent en abondance dans l'arrière pays, sur les terrains secs exposés en pleine lumière.

    Ils abritent un cortège diversifié de petits mammifères, de lapins  ainsi que de petits insectes, et les serpents y déroulent leurs noeuds. Les araignées y exposent par endroits leurs dentelles aériennes....
    Des moucherons en ribambelles grouillent dans l'air et nous assaillent en nuées compactes... Je n'ose ouvrir ma bouche, de peur d'en avaler.... 
    Le genêt cendré est de la Famille des Fabiacées. Il est un fixateur d'azote atmosphérique au profit du chêne... Je pensais, vu leur prolifération, que les genêts concurrençaient les chênes, mais pas du tout !  Supprimer ces colons envahissants est une erreur.... IIls sont comme un pansement naturel des sols perturbés, en formant une couverture du sol limitant l'érosion par le vent et l'eau, et le décompactent par leur puissant système racinaire.

    Les végétaux sont apparus bien avant les animaux et les hommes... et leur survivront certainement ! Les animaux ont besoin des végétaux pour survivre mais les végétaux peuvent très bien se passer des animaux.... 

    Ces genêts cendrés feront place un jour aux chênes en couvrant le sol d'une épaisse couche de matière organique qui alimenteront les arbres... On dit qu'ils sont producteurs de biomasse !

    Dès le printemps, de mai à juin, la douce tristesse des genêts se transformera en une vive explosion de boules d'or au parfum énivrant, doux et suave évoquant l'odeur du miel... 

    Avec les arbres et les chênes, nos forêts varoises sont constituées le plus souvent de genévriers, de cades, de buis ou de genêts cendrés, sources de nourriture pour de nombreux oiseaux et de petits mammifères....

    L'Homme baigne dans l'indifférence envers ta magnifique et ingénieuse Création, Seigneur ! L'âme est faible et l'esprit insouciant.... Le prix de sa liberté coûte cher !
    Où ira-t-il étouffer le poids de ses soucis très bientôt ? 
    Ta radieuse  forêt et ses  splendides habitants se meurent...
    Cet insensé se vautrera bien vite dans l'esclavage
    De ses plaisirs et de ses imprévoyances.... à cause de son arrogance.... 

    Qui subsistera ? 

    Tu es la Clé, Seigneur, de la vie en abondance... Avec Toi, nous pouvons triompher et vaincre... Il suffit de T'écouter !  

    "Voici l'Homme !" ironisa Pilate en le présentant à la foule haineuse

    Sans le savoir, il nous désignait notre Modèle de Vie qui permet d'accéder aux objectifs les plus élevés de la vie.... 

    "Regardez Dieu et vivre !"

       

     

    Au détour du sentier, nous débouchons sur une haie de genêts au bord de la prairie,  sur laquelle coule à flot la lumière.. Une rouge Beauté jaillit de leur massif avec une mâle assurance dans l'ivresse du ciel ... que la photo rend bien mal... Ce tout jeune arbre étincelle comme un joyau...

    Pourtant l'oeuvre de la sève s'achève ! L'arbre rouge  couleur de sang, dont la vitalité est offerte,  annonce le début du déclin, même si tout prend un air de fête !

    Les nuages déjà sèment l'horizon.... 

    Novembre est doux comme un printemps, mais les froides matinées et les soirées bien fraîches ramènent à la raison : Décembre est à nos portes et Noël sera bien triste, tous confinés à la maison... 

    Pourtant, qui pourrait croire les feuilles mortes dans l'allégresse de l'air ? 

     

      

    La vigne rousse, qui se prépare au calme de l'hiver, annonce le début du lotissement...

    La route goudronnée est au bout du chemin vert... Je traîne les pieds ! Mon âme en robe vermeille a des Grâces de nouveau-né... Le lumineux Novembre a ranimé la flamme... 

    Si la lassitude de la vie se fait trop sentir, que le Covid assombrit trop le chemin, nous reviendrons dans la forêt, même si les sentiers sont boueux : bain de Jouvence garantie ! 

     

     

    Voilà, nous avons traversé la route muette, elle d'ordinaire si fréquentée, et nous retrouvons la voiture, garée près du Rucher de mon mari, où les ruches sont en hivernage... 

    Un kilomètre de route bordée de vignes chamarrées et nous seront au début du lotissement... 

    La petite maison n'est pas loin... A l'horizon, les nuages virent au gris... La pluie est toute proche...

    Les rues sont désertes : pas même un chat ! 

    Luciole

     

    Où allons-nous ? 2

     

     

     

     

     11/11/2020 : 181 visiteurs et   700 pages lues

    14/11/2020 : 140 visiteurs et 1 108 pages lues

    20/11/2020 : 400 visiteurs et    850 pages lues

     

     

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    Où allons-nous ?

     

     

    OU ALLONS-NOUS ? 

    1ère partie

     

    Il pleut du temps, et j'ai le moral qui rame ! Combien de nuits sombres de l'âme encore ? La vie est parsemée de sentiers obscurs, la réalité est comme une marée qui tente de nous noyer... 

    Où allons-nous ?

    Les mots vibrent intensément ! Absence de lumière.... :  comment oeuvrer pour Demain quand le Présent plonge dans un gouffre sans fin ? L'incertitude est un piège, qui flanque l'Homme dans une solitude immense, amère.... 

    Où allons-nous ?

    Question qui rebondit dans les rues vides, sur les murs des boutiques fermées.... L'économie est en berne ! 

    Nous n'avons plus la parole, les bouches sont masquées... et les rues pavées de morts... 

    L'Homme établit un territoire autour de lui... Pulsion animale primitive, qui revient au galop : sauver sa peau ! Les regards fuient, les visages se ferment, les saluts ne sont plus de mise.... 

    Où allons-nous ?

    Vers une Société de Haute Technologie sans contact physique : "tous aux abris", cachés derrière nos écrans ? 

    Invisibilité des mots qui réduit au silence, à la solitude, à l'isolement... Distanciation sociale qui plonge l'Homme dans la paranoïa.... 

    Sentiment profond d'aspiration vers le néant... Savons nous que nous réagissons tous par les sens les uns envers les autres.... ? La conséquence la plus lourde de ce virus minuscule est la perte du contact humain.... Il n'y a pas de gagnants, mais que des perdants.... 

    Et la tendresse ?

    La coprésence corporale a une place vitale... Souffrance silencieuse de la disparition de la tendresse... Le Confinement est une violence inouïe au corps et à l'âme... qui bouleverse tout l'édifice culturel... Toute notre culture devra être réinventée, tous nos comportements de civilité.... aussi ! 

    Comment retrouver un beau ciel clair ?

    Soutenir l'entraide, la coopération, la confiance, le bien-être, la joie...  Sinon, nous allons tous tout droit vers la violence.... 

    Ne plus entretenir ce cycle autodestructeur : rechercher la fin de la souffrance est un leurre ! Prendre de la distance, se libérer du désir de vouloir une sécurité totale et permanente, accepter la réalité, retrouver la paix..... et la lumière.

    Se chercher une ouverture dans cette Absence d'horizon.... Refuser les musiques abrutissantes, les films imbéciles, les regrets stériles, la routine lénifiante.... et ne plus perdre notre si précieux temps qui reste.... Sommes nous des automates hébétés ?

    Tenter de rester vivants en pensant à un lieu ressourçant ???

    LA FORÊT ! 

    Elle est là qui nous attend, au bout du lotissement !  Elle invite au rêve, à l'évasion... Ma boussole intérieure discerne toute la poésie en suspension de cet endroit magique....  Ma Conscience, qui sait tout, s'émerveille... et s'ouvre à l'Infini....

    L'instant présent devient soudain habité... 

     

    Chants d'oiseaux

     

     

     

    De verts chemins bordés de thyms odorants nous emmènent vers un horizon mordoré où mon âme se réfugie ... 

    "Nous ne sommes que brebis égarées, éloignés du troupeau, Jésus, protèges nous pendant la traversée...

    "Merci d'être venu nous dire que nous sommes aimés, et remplis nous  de Lumière, de confiance et de joie... 

    "Elargis nos coeurs pour Te livrer passage.... "  

     

      

     Les voix se taisent ! Rien ne trouble l'air et le silence vert, baignés d'un soleil chaleureux.. Je perçois seulement la chanson  de l'Automne qui frissonne dans les arbres.... Tout demeure en attente.... 

    "Toutes les religions ont, dans leur passé ou dans leur présent, oublié les Paroles Sacrées, les Paroles de Paix, les Paroles d'Amour.... 

    "Tu aimeras ton prochain comme toi-même

    "Tu ne tueras point... "

    La Parole, c'est l'Amour de la Vie ! Elle est Espérance.... Elle est Tolérance qui fait oublier les différences. et réclame un regard fraternel, un sourire bienveillant, une oreille attentive, de la compassion, de la commisération (Sentiment de pitié qui fait prendre part à la misère d'autrui.).... 

    Tous les Hommes sont égaux ! Pourquoi tuer son frère, sa soeur en humanité ? Au nom de qui ? Quelle fausse note, déguisée en note juste, dans la symphonie de l'Amour !

    Car Dieu est Amour et Vie ! Il pleure avec nous dans nos malheurs, et se réjouit de notre bonheur... 

    "Love" crie la Terre assoiffée, encore dans les douleurs de l'enfantement

    "Love, Love" lui claironne L'Amour du haut de son Ciel, ouvrant les bras à l'enfant prodigue  

    "Je rêve d'une grande Maison, partagée entre tous, où jamais n'entrent ni Faim, ni Misère, ni Froid , ni Haine...."

    Savons nous que  les enfants innocents porteront le fardeau des forfaits de leurs parents coupables ?  

    "Celui qui allume le feu de la guerre dévore la jeunesse !"

     

     

    Un arbre tout baigné de lumière s'illumine en feux d'artifice.... Il invite à dépasser les apparences... et offre à nos yeux éblouis tous les possibles contenus dans la somptueuse alchimie du rêve et de la réalité... 

    La vie continue et n'est plus accablée.... "La Beauté n'est que l'ombre annonçant la Lumière" (Alain Gagnon) 

    "Manifestation de la Gloire Divine qui irradie en permanence les Êtres et les Choses.... 

    "Présence Infinie qui transcende le réel... 

    Marcheront ils sans crainte vers Sa Lumière, un jour - bientôt ? - ces Hommes aux yeux voilés ?

    La vie est faite de moments précieux et uniques.

    Passerons nous à côté de notre existence par imprévoyance ? 

    Comme le furent les "femmes insouciantes" invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l'Epoux, sans prendre la précaution, par paresse, par négligence, d'emporter l'huile nécessaire afin que "leurs lampes ne s'éteignent pas"....  
    (Matthieur 25,1-13)

    [Il est possible de passer "à côté de sa vie" pour un problème de "timing"
    ( l’habileté de choisir un moment précis pour effectuer une action, en raison de son effet optimal)

    Ou de disponibilité ?

    La Vie en abondance est la capacité d'accueillir le Royaume de Dieu qui se présente à nous seconde après seconde dans la situation qui est la nôtre...

    Nous devons simplement être vigilants à ce qui se passe dans nos vies, dans nos relations aux autres...

    Chacun a fait des choix qui l'amènent à expérimenter la situation dans laquelle il se trouve..

    Le tout d'une vie peut se jouer en un instant.... et la porte se fermer brutalement sur le bonheur par  un choix mal-heureux !

    Nos décisions les plus quotidiennes, même les plus infimes, ont des répercussions fondamentales...

    La vigilance est une attention précieuse qui permet d'être présent à sa vie. Jésus en fait une porte pour entrer dans le Royaume.]
    (D'après "Prions en Eglise")

     

     

    L'air embaume le thym, écrasé sous nos pas... S'énivrer des senteurs de la Terre, s'y réfugier et s'en repaître avant que le mental bavard ne vienne tout étouffer.... L'esprit musarde et sourit, s'habille de mystères... 

    Novembre murmure dans les feuilles roussies... Les feuilles mortes craquent sous nos pas.... 

    Avant l'arrivée du froid, les arbres se mettent en veille pour mieux survivre. Ils n'envoient qu'une infime quantité de sève aux feuilles. Sans chlorophylle, les feuilles perdent peu à peu leurs teintes vertes pour une livrée plus chatoyante, qui peut aller du rouge intense vers le jaune vif... 

    L'or éclabousse les chênes pubescents qui vibrent et resplendissent comme soleil en secouant doucement leur crinière de fauve... 

    Fascinée, je les contemple en silence !......

    Luciole

    A SUIVRE 

    Où allons-nous ?

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • Rires et larmes de Novembre

    Défi n° 213 des Croqueurs de Mots

    Piloté par Colette

     

    Insérer les phrases suivantes :

    "Novembre a ses charmes

    Novembre a ses larmes

    Son décor fait rêver

    Son refrain fait pleurer"

     

    Rires et larmes de Novembre

     

    RIRES ET LARMES DE NOVEMBRE

     

    Splendeur et charmes de Novembre en ces forêts lambrissées d'or où triomphaient encore les embrasements pourpres et les tendresses charnelles des verts....

    La Forêt de Novembre s'offrait ainsi qu'une amante, toute fourmillante de vie, gazouillant au vent ses fringales d'amour qui déclenchaient les brames des cerfs et les fureurs enfiévrées des bêtes....

    Novembre s'enrageait d'aimer encore sous les cieux incandescents et les gaîtés mouillées des aquarelles, allumant des soleils dans les broderies humides des nuages fous, des nuages fauves, des nuages feux.... dans les senteurs âcres des brouillards gris qui roulaient parfois des vapeurs gluantes sur toutes choses....

    Novembre ne savait que faire ! Il se brûlait puis se noyait dans des caprices qui le jetaient dans des clameurs étranges, des jours houleux, des soirs tragiques.... en s'ébrouant en torrent de larmes sur des villages blottis aux pieds des monts, ou dans des cours d'eau qui débordaient de toute cette eau bue, ou sur des vignes écartelées de pourpres, ou sur des chemins boueux où l'homme s'engluait....

    Pourtant, Quelque Chose de Grandiose palpitait en lui, Quelque Chose d'ébouriffant ! 

    Dans son sein triomphait "une foule immense que nul ne pouvait dénombrer", une foule toute de blanc vêtue... qui racontait le Bonheur en Dieu et louait le Christ à belles claironnées....

    Large choeur qui résonnait longuement en l'Homme et façonnait sa vie, l'incitant à accueillir la Sainteté donnée par Dieu à qui consentait à se dépouiller.... comme la nature prépare à l'automne son printemps dans le silence, ce Printemps de Dieu dont la Fête de la Toussaint dit le Secret.... 

    Printemps annonciateur de Résurrection.... Emerveillement de l'Amour ! 

    Car l'Homme est appelé à la Résurrection, déjà à l'oeuvre dès sa naissance et qu'il goûtera après avoir ouvert la porte de la mort ... 

    La Résurrection, Novembre le savait, n'était que de la Vie renouvelée, la Vie en Plénitude, la Vie en Dieu.... 

     

    Novembre déployait ses rouges silences sur les massifs écarlates des superbes dahlias, des tapis de chrysanthèmes .... recouvrant d'obscurs caveaux où dormaient encore, peut être, de lourds secrets.... 

     

    L'Automne égrenait le babil des heures, des jours et des nuits.... Sur les vieux os du Temps chimérique, voici que son refrain, un soir, se couvrit de gel, de givre, de neige....  cernés de solitude....

    Le posthume Automne larmoya sa défaite.... L'Hiver, soudain, gluait les rêves !

    Les Heures alanguies se traînèrent à pas lents, se réchauffant les doigts gourds autour d'un chocolat brûlant , océan de douceur où se touillaient les peines.... ou attablant son ennui autour de boudins, de volailles et de vins clairs.... pour qu'enfin cascadent les rires et les humeurs badines.... à volets clos....

     

    Luciole

     

    11/12/2018 : 622 pages lues

    08/11/2020 : 146 visiteurs et  1 221 pages lues

     

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